SOMMAIRE
Chômage et validation des trimestres de retraite
Le chômage est l’une des situations les plus courantes où des trimestres assimilés peuvent être validés. Les règles varient selon la période et le type d’indemnisation.
Le calcul de validation des trimestres varie selon la période de chômage (avant ou après 1980) et selon votre indemnisation :
- Période de chômage avant 1980 : toutes les périodes de chômage avant 1980 sont considérées comme des périodes d’assurance. Elles sont donc comptées pour votre retraite : 50 jours de chômage permettent de valider 1 trimestre.
- Période de chômage indemnisé après 1980 : si vous avez été au chômage après le 01/01/1980 et perceviez l’ARE, l’ASS, l’ASP ou une indemnité d’activité partielle, ces périodes permettent de valider des trimestres selon le même calcul (50 jours = 1 trimestre, dans la limite de 4 par an). Les périodes de différé d’indemnisation et de délai d’attente sont également prises en compte.
- Période de chômage non indemnisé après 1980 : sous conditions, vous pouvez valider des trimestres même sans allocation (voir tableau ci-dessous).
Ce qu’il faut retenir :
| Situation | Validation des trimestres |
|---|---|
| Chômage avant 1980 (indemnisé ou non) | 1 trimestre pour 50 jours — maximum 4 par an |
| Chômage indemnisé après 1980 (ARE, ASS, ASP, activité partielle…) | 1 trimestre pour 50 jours — maximum 4 par an |
| Chômage non indemnisé — 1ère période de la carrière | Prise en compte dans la limite de 1 an et demi (6 trimestres maximum) |
| Chômage non indemnisé suivant directement une période indemnisée | Limite d’1 an (4 trimestres) — portée à 5 ans (20 trimestres) si vous avez :
-Au moins 55 ans à la date de fin d’indemnisation -Au moins 20 ans de cotisation tous régimes confondus -Pas de nouveau régime obligatoire d’assurance vieillesse |
À noter : les trimestres validés au chômage sont des trimestres assimilés. Ils comptent pour le taux plein (durée d’assurance) mais ne génèrent aucun salaire reporté sur votre relevé de carrière, ce qui peut légèrement réduire le montant de votre pension calculée sur les 25 meilleures années.
Chômage partiel et retraite : quel calcul ?
Avant la crise sanitaire liée à la Covid-19, les périodes de chômage partiel n’étaient pas comptabilisées pour la validation des trimestres de retraite. Les règles ont évolué depuis mars 2020.
Pour toutes les personnes qui ont pris leur retraite à partir du 12 mars 2020 et qui ont connu des périodes de chômage partiel (activité partielle) après mars 2020, ces périodes sont comptabilisées de la manière suivante :
- Chaque période de 220 heures en chômage partiel donne droit à un trimestre assimilé
- Dans certains cas, le chômage partiel peut également permettre d’acquérir des points de retraite complémentaire Agirc-Arrco, à partir de la 61ème heure de chômage partiel
Allocation de Solidarité Spécifique (ASS) et cotisation retraite
L’ASS (Allocation de Solidarité Spécifique), versée aux chômeurs en fin de droits, est sur le point d’être supprimée. Toutefois, les périodes durant lesquelles vous avez bénéficié de cette aide vous ont permis de valider des trimestres de retraite.
Depuis 1980, les périodes de chômage indemnisées en ASS entrent dans le calcul du nombre de trimestres validés pour la retraite. L’ASS permet d’obtenir des trimestres assimilés :
- 1 trimestre pour 50 jours d’indemnisation
- Dans la limite de 4 trimestres par an
- Eligible également à des points de retraite complémentaire Agirc-Arrco dans certains cas
Le RSA permet-il de valider des trimestres pour la retraite ?
C’est une question fréquente et la réponse est claire : le RSA (Revenu de Solidarité Active) ne permet pas, en règle générale, de valider des trimestres pour la retraite. Contrairement à l’ASS, le RSA n’est pas une allocation de remplacement de revenu d’activité.
Toutefois, des exceptions existent : si vous percevez le RSA en complément d’un faible revenu d’activité, les trimestres peuvent être validés au titre de ce revenu — et non du RSA lui-même. Dans ce cas, il faut que votre revenu annuel atteigne le seuil minimum (1 803 € en 2026 pour un trimestre).
En cas de doute sur votre situation, rapprochez-vous de votre caisse de retraite pour un examen personnalisé de votre relevé de carrière.
Arrêt maladie et validation de trimestres de retraite
Un arrêt maladie de courte durée n’a généralement pas d’impact sur vos droits à la retraite si vous êtes salarié, votre employeur continuant à cotiser sur votre salaire de base. En revanche, pour les arrêts maladie de longue durée, des règles spécifiques s’appliquent.
Règles de validation pour les arrêts maladie avec indemnités journalières (IJ) :
- Le trimestre civil au cours duquel tombe le 60ème jour d’indemnisation est validé
- Ensuite, 1 trimestre est validé tous les 60 jours d’IJ supplémentaires
- Dans la limite de 4 trimestres par an
Ces trimestres sont des trimestres réputés cotisés : ils comptent également pour les dispositifs de retraite anticipée pour carrière longue, dans la limite de 4 trimestres sur l’ensemble de la carrière.
Accidents du travail, maladie professionnelle et retraite
En cas d’accident du travail ou de maladie professionnelle, le calcul des trimestres validés pour la retraite dépend du type d’incapacité :
- Incapacité temporaire donnant droit à des IJ : même calcul que pour un arrêt maladie (1 trimestre tous les 60 jours d’indemnisation, dans la limite de 4 par an)
- Incapacité permanente d’au moins 66 % : chaque trimestre civil au cours duquel vous percevez une rente d’incapacité permanente est validé pour la retraite, dans la limite de 4 par an
Par ailleurs, une incapacité permanente d’origine professionnelle peut également ouvrir des droits à une retraite anticipée pour pénibilité, dès 60 ans selon le taux d’incapacité et les conditions remplies. Bon à savoir : en cas de maladie professionnelle liée à une exposition à l’amiante, un dispositif spécifique existe en complément de la validation de trimestres, l’Acaata, la préretraite dédiée aux travailleurs de l’amiante, accessible dès 50 ans.
Mi-temps thérapeutique et retraite : quel calcul ?
Les personnes en mi-temps thérapeutique perçoivent à la fois un salaire réduit de leur employeur et des indemnités journalières (IJ) de la CPAM.
Comment s’effectue le calcul des trimestres pour la retraite en mi-temps thérapeutique ?
- Vous continuez à valider des trimestres cotisés sur la base de votre revenu salarié, soumis aux cotisations sociales. Si votre salaire partiel reste inférieur au seuil de validation (1 803 € par trimestre en 2026), vous validez des trimestres assimilés au titre de l’arrêt maladie (1 trimestre pour 60 jours d’IJ)
- Les IJ perçues de la CPAM, en revanche, ne sont pas prises en compte pour la retraite
Congé maternité, congé de naissance et congé d’adoption : trimestres validés
Les périodes de congé maternité et de congé d’adoption permettent de valider des trimestres assimilés pour la retraite. La LFSS 2026 a également créé un nouveau congé de naissance.
Congé maternité :
- Naissance avant 2014 : le trimestre civil correspondant à l’accouchement est validé
- Naissance à partir de 2014 : 1 trimestre est validé tous les 90 jours d’IJ maternité
Congé d’adoption :
- 1 trimestre validé tous les 90 jours d’IJ (le congé doit s’être terminé après le 31/12/2013)
Nouveau congé de naissance (à partir du 1er juillet 2026) :
- Créé par la LFSS 2026, ce congé supplémentaire de 1 à 2 mois s’ajoute au congé maternité ou paternité, pour les enfants nés à partir du 1er janvier 2026
- Il peut générer 1 trimestre assimilé si la période indemnisée atteint 90 jours
- Le trimestre est validé mais aucun revenu n’est reporté sur le relevé de carrière
Bon à savoir : chaque enfant peut vous permettre de valider jusqu’à 8 trimestres au total : 4 pour la maternité/adoption et 4 pour l’éducation de l’enfant. Depuis septembre 2026, jusqu’à 2 trimestres liés aux enfants peuvent être pris en compte pour la retraite anticipée pour carrière longue.
Congé parental et retraite : quelle validation de trimestres ?
Un parent qui prend un congé parental d’éducation et cesse son activité professionnelle peut valider des trimestres assimilés pour sa retraite.
Règle de validation : 1 trimestre validé tous les 90 jours de congé parental, dans la limite de 12 trimestres sur l’ensemble de la carrière (3 ans au total).
Ces trimestres comptent pour la durée d’assurance (taux plein), mais pas pour le calcul du revenu moyen servant à déterminer le montant de la pension.
Attention : pour obtenir la validation de ces trimestres, vous devez transmettre à votre caisse de retraite une attestation de congé parental délivrée par votre employeur, précisant les dates exactes. Cette démarche n’est pas automatique.
Cas particulier : si vous êtes demandeur d’emploi et souhaitez prendre un congé parental, des règles spécifiques s’appliquent quant à la gestion de vos droits au chômage pendant un congé parental — notamment la suspension des ARE et les conditions de la PreParE.
AVPF : l’assurance vieillesse des parents au foyer
L’Assurance Vieillesse des Parents au Foyer (AVPF) est un dispositif méconnu qui permet à certains parents de valider des trimestres de retraite gratuitement, pris en charge par la CAF ou la MSA, sans avoir à cotiser directement.
Le principe est simple : si vous réduisez ou cessez votre activité professionnelle pour vous occuper de vos enfants et que vous percevez certaines prestations familiales, la CAF cotise pour vous auprès du régime général.
Qui peut bénéficier de l’AVPF ? Les parents qui perçoivent l’une des prestations suivantes, sous conditions de ressources :
- La PreParE (Prestation Partagée d’Éducation de l’Enfant) à taux plein — c’est-à-dire en cessant totalement leur activité
- Le complément familial (pour les familles d’au moins 3 enfants dont l’aîné a moins de 3 ans)
- L’allocation de présence parentale (APP) ou le complément de l’AEEH — pour les parents d’enfant handicapé
La cotisation est calculée sur la base du SMIC, ce qui permet de valider jusqu’à 4 trimestres par an au titre de l’AVPF, et ces trimestres sont des trimestres cotisés (et non simplement assimilés) — un avantage non négligeable pour le calcul du montant de la pension.
Attention : l’affiliation à l’AVPF n’est pas automatique dans tous les cas. Si vous bénéficiez de la PreParE à taux partiel (réduction d’activité), les conditions sont plus restrictives. Vérifiez votre relevé de carrière sur lassuranceretraite.fr pour vous assurer que ces périodes y figurent bien.
Proche aidant d’un malade ou handicapé : calcul de la durée d’assurance
Si vous avez cessé ou réduit votre activité professionnelle pour vous occuper d’un proche malade ou en situation de handicap, vous pouvez, sous conditions, valider des trimestres de retraite gratuitement grâce à l’Assurance Vieillesse des Aidants (AVA).
Depuis septembre 2023, sont concernées par ce régime :
- Les personnes en congé de proche aidant, bénéficiant ou non de l’allocation journalière de proche aidant (AJPA)
- Les personnes en congé de présence parentale bénéficiant de l’AJPP
- Les personnes accompagnant un proche en fin de vie et percevant l’allocation journalière d’accompagnement (AJAP)
- Les personnes ayant cessé ou réduit leur activité pour s’occuper d’un enfant handicapé à charge de moins de 20 ans (incapacité permanente ≥ 80 %)
- Les personnes dont l’enfant handicapé bénéficie du complément de l’AEEH
- Les personnes percevant la PCH volet aide humaine
Pension d’invalidité et trimestres de retraite
La pension d’invalidité ne donne pas lieu à des cotisations retraite directes. Cependant, chaque trimestre civil au cours duquel vous percevez une pension d’invalidité vous permet de valider un trimestre assimilé pour votre retraite.
Il est important de savoir que lorsque vous atteignez l’âge légal de départ à la retraite, le versement de la pension d’invalidité est automatiquement stoppé, mais remplacé par une pension de retraite pour inaptitude. Cette substitution n’est pas automatique : vous devez en faire la demande à votre caisse de retraite, idéalement 4 mois avant d’atteindre l’âge légal.
Questions fréquentes sur les aides sociales et la validation de trimestres de retraite
Vous trouverez ci-dessous les réponses aux interrogations les plus courantes que nous rencontrons sur ce sujet.
Les trimestres assimilés comptent-ils autant que les trimestres cotisés ?
Les trimestres assimilés (chômage, maladie, maternité…) comptent pour votre durée d’assurance et vous permettent d’atteindre le taux plein. En revanche, ils ne génèrent pas de salaire inscrit sur votre relevé de carrière. Cela peut donc légèrement réduire le montant de votre pension, calculé sur les 25 meilleures années de revenus cotisés. À noter que si ces trimestres ne suffisent pas à atteindre le taux plein, une décote sera appliquée sur le montant de votre pension de base, potentiellement jusqu’à -25 %.
Peut-on valider des trimestres de retraite en percevant l’AAH ?
L’Allocation aux Adultes Handicapés (AAH) ne permet pas en elle-même de valider des trimestres de retraite. Cependant, si vous percevez l’AAH et que vous exercez une activité professionnelle, même partielle, vous pouvez valider des trimestres cotisés si votre revenu atteint le seuil requis (1 803 € par trimestre en 2026). Par ailleurs, certains bénéficiaires de l’AAH peuvent relever de l’AVA ou d’autres dispositifs selon leur situation.
Comment vérifier que mes périodes de chômage ou maladie sont bien comptabilisées ?
Connectez-vous sur info-retraite.fr avec votre compte France Connect pour accéder à votre relevé de situation individuelle (RSI). Toutes les périodes assimilées doivent y figurer. En cas d’anomalie ou de période manquante, contactez directement la caisse de retraite concernée avec vos justificatifs (attestations France Travail, bulletins de salaire, relevés d’IJ…). Une régularisation reste possible jusqu’à la liquidation de vos droits.
Le congé de proche aidant permet-il de valider des trimestres gratuitement ?
Oui, grâce à l’AVA (Assurance Vieillesse des Aidants), le congé de proche aidant permet de valider des trimestres de retraite sans cotiser directement. L’État prend en charge les cotisations. Cette affiliation se fait via votre CAF ou MSA selon votre situation. Elle n’est pas toujours déclenchée automatiquement, il faut parfois en faire la demande auprès de votre organisme payeur.
Peut-on valider plus de 4 trimestres par an grâce aux aides sociales ?
Non. Qu’ils soient cotisés ou assimilés, le nombre de trimestres validés est plafonné à 4 trimestres par année civile, tous régimes de base confondus. Il est donc impossible de valider plus de 4 trimestres en cumulant plusieurs situations (chômage + maladie par exemple) sur une même année.
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Sources officielles et références
- Service-Public.gouv.fr – Périodes de chômage et retraite : Règles de validation des trimestres pour les chômeurs indemnisés et non indemnisés
- L’Assurance Retraite (lassuranceretraite.fr) – Circulaire CNAV 2025-33 : Seuils 2026 de validation des trimestres et barèmes AVA
- Unédic.org – Trimestres et points de retraite : Règles de validation et d’acquisition de points Agirc-Arrco pour les allocataires chômage
- France Travail (francetravail.fr) – Retraite et chômage : Conditions de maintien de l’ARE jusqu’à la retraite à taux plein
- LFSS 2026 – Loi de financement de la Sécurité sociale : Congé de naissance, trimestres enfants pour carrière longue, revalorisation 2026
Crédit photo : © HJBC / Adobe

Journaliste et rédactrice web avec plus de dix ans d’expérience, Dorothée Pierry a collaboré avec Aide-Sociale.fr de 2017 à 2025. Sa connaissance approfondie des questions juridiques et du dispositif administratif et social en France lui a permis de rédiger 491 articles pour aider les lecteurs à connaître leurs droits et à effectuer leurs démarches.
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