SOMMAIRE
Qu’est-ce que l’assurance vieillesse des aidants (AVA) ?
L’assurance vieillesse des aidants est un dispositif de protection sociale qui garantit la continuité des droits à la retraite des personnes qui cessent ou réduisent leur activité professionnelle pour s’occuper d’un proche dépendant ou en situation de handicap.
Concrètement, la CAF ou la MSA cotise à votre place auprès de l’Assurance retraite (CNAV), sur la base d’une assiette forfaitaire. Vous n’avez rien à payer : ces cotisations sont financées par la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA), qui consacre 453 millions d’euros en 2025 à l’AVPF et à l’AVA.
L’AVA, une réforme qui élargit les droits des aidants
Avant le 1er septembre 2023, seuls les aidants familiaux proches (conjoint, ascendant, descendant) pouvant justifier d’une cohabitation avec la personne aidée pouvaient bénéficier de la protection retraite. La création de l’AVA a changé la donne sur plusieurs points importants :
- Suppression de la condition de cohabitation : vous n’avez plus besoin de vivre avec la personne aidée ;
- Ouverture aux aidants non familiaux : un ami ou un voisin apportant une aide régulière peut désormais en bénéficier ;
- Extension aux parents d’enfants avec handicap modéré : les enfants avec un taux d’incapacité entre 50 % et 79 % sont désormais concernés s’ils bénéficient d’un complément AEEH ou de la PCH.
AVA et AVPF : quelles différences ?
L’AVPF (assurance vieillesse du parent au foyer) continue d’exister pour les bénéficiaires de certaines prestations familiales (allocation de base, PAJE, complément familial…). L’AVA, elle, couvre spécifiquement les situations d’aidance liées au handicap ou à la perte d’autonomie. Depuis le 1er septembre 2023, les nouveaux dossiers d’aidants sont traités sous le régime de l’AVA.
Qui peut bénéficier de l’Assurance vieillesse des aidants ?
L’assurance vieillesse des aidants distingue plusieurs profils d’aidants. Les conditions varient selon la personne aidée.
Les aidants d’une personne âgée en perte d’autonomie
Vous pouvez être affilié à l’AVA si vous aidez une personne dont la perte d’autonomie est évaluée en GIR 1 à 4 (bénéficiaire de l’APA, l’allocation personnalisée d’autonomie) ou reconnue invalide avec une majoration tierce personne. Vous devez :
- Être salarié, demandeur d’emploi, travailleur indépendant ou agent public ;
- Avoir cessé ou réduit votre activité professionnelle pour vous consacrer à cet aidage ;
- Disposer de ressources inférieures à 63 % du plafond annuel de la Sécurité sociale, soit environ 29 673 € annuels en 2025.
Les aidants d’un adulte en situation de handicap
Si vous aidez un adulte handicapé, la personne aidée doit justifier :
- D’un taux d’incapacité permanente d’au moins 80 %, reconnu par la CDAPH ;
- Et d’une décision de la CDAPH reconnaissant la nécessité d’une assistance ou présence d’une tierce personne.
Ici aussi, le plafond de ressources de 63 % du plafond de la Sécurité sociale s’applique. En revanche, aucun lien de parenté et aucune cohabitation ne sont exigés depuis 2023.
Les parents d’un enfant handicapé
Les parents d’un enfant de moins de 20 ans sont concernés dans les cas suivants :
- L’enfant présente un taux d’incapacité d’au moins 80 % et n’est pas admis en internat ;
- Ou l’enfant présente un taux entre 50 % et 79 % et bénéficie d’un complément AEEH ou de la PCH ;
- Ou le parent perçoit l’AJPP (allocation journalière de présence parentale) lors d’une cessation temporaire d’activité.
Pour ces situations, aucun plafond de ressources n’est applicable et l’affiliation est souvent automatique.
Les bénéficiaires du congé de proche aidant
Si vous bénéficiez d’un congé de proche aidant (CPA) et percevez l’allocation journalière du proche aidant (AJPA), votre affiliation à l’AVA est automatique, sans aucune démarche supplémentaire. Elle couvre :
- Les 66 premiers jours indemnisés par l’AJPA (par personne aidée, jusqu’à 264 jours sur la carrière depuis janvier 2025) ;
- La période de congé non indemnisé qui suit, dans la limite de 3 mois renouvelables, plafonnée à 1 an sur l’ensemble de la carrière.
Les profils exclus de l’AVA
Les fonctionnaires, militaires et magistrats qui prennent un CPA, perçoivent l’AJPA ou l’AJPP ne peuvent pas bénéficier de l’AVA : leurs périodes de congé sont assimilées à du service actif dans leur régime spécial.
Quels trimestres de retraite l’AVA permet-elle de valider ?
Jusqu’à 4 trimestres par an
L’AVA permet de valider des trimestres assimilés dans le régime général, qui comptent pour la durée d’assurance. Un aidant à temps plein peut valider jusqu’à 4 trimestres par an. Un aidant à temps partiel en valide 1 à 3 selon la durée effective de réduction d’activité.
Ces trimestres permettent notamment de :
- Éviter la décote (minoration de la pension pour durée insuffisante) ;
- Faciliter l’accès au dispositif carrières longues ;
- Améliorer le calcul du minimum contributif.
L’assiette forfaitaire : sur quelle base sont calculées les cotisations ?
Les cotisations sont calculées sur une assiette forfaitaire, c’est-à-dire un montant de référence fixé par décret, et non sur votre salaire réel. Ce forfait varie selon votre situation :
- Pour les parents d’enfants handicapés (AVPF) : assiette équivalente à 169 fois le SMIC horaire, soit environ 2 080 € mensuels depuis le 1er juin 2026 ;
- Pour les aidants d’adultes (AVA proprement dite) : assiette basée sur le SMIC temps plein, soit environ 1 867 € mensuels depuis le 1er juin 2026 ;
- Pour les bénéficiaires de l’AJPA : assiette calculée à la demi-journée, proportionnelle aux jours de congé effectivement pris.
Le taux de cotisation applicable au 1er janvier 2026 est de 17,96 % (taux cumulé employeur + salarié). Ces cotisations sont intégralement prises en charge par la CAF ou la MSA — vous ne débourserez rien.
Comment faire une demande d’affiliation à l’AVA ?
Les cas d’affiliation automatique
Dans certaines situations, vous n’avez aucune démarche à effectuer : la CAF ou la MSA vous affilient automatiquement à l’AVA. C’est le cas si :
- Vous percevez l’AJPA (allocation journalière du proche aidant) ;
- Vous percevez l’AJPP (allocation journalière de présence parentale) ;
- Vous êtes parent d’un enfant handicapé avec un taux d’incapacité reconnu d’au moins 80 % et que la CDAPH a déjà statué sur la nécessité de votre présence.
Les cas nécessitant une démarche auprès de la CAF ou de la MSA
Si vous n’entrez pas dans les cas d’affiliation automatique, vous devez faire une demande explicite. Voici les étapes à suivre :
- Contactez votre CAF (ou votre MSA si vous relevez du régime agricole) ;
- Remplissez le formulaire de demande d’affiliation à l’AVA, disponible dans votre espace personnel CAF sous « Mes démarches > Vie personnelle > Parentalité » ;
- Joignez les pièces justificatives : attestation d’APA ou décision CDAPH, justificatif d’aide régulière, déclaration de ressources si la condition de plafond s’applique.
Exemple concret : le cas de Marie
Marie, 47 ans, salariée à temps partiel, accompagne depuis 2 ans son père de 78 ans bénéficiaire de l’APA en GIR 2. Elle a réduit son activité professionnelle de 50 % pour pouvoir l’aider quotidiennement. Ses revenus annuels (environ 16 000 €) sont bien en dessous du plafond de 29 673 €.
En faisant une demande d’affiliation à l’AVA auprès de sa CAF, Marie obtient la validation de 2 trimestres de retraite par an sur ces périodes d’activité réduite, cotisations prises en charge par la CAF. Sur 5 ans d’aidance, ce sont potentiellement 10 trimestres supplémentaires qui s’ajouteront à son relevé de carrière — soit l’équivalent de 2,5 années de cotisation.
AVA et cumul avec d’autres aides pour les aidants
Avec l’AJPA et le congé de proche aidant
L’AVA est parfaitement compatible avec l’AJPA. Mieux : si vous bénéficiez du congé de proche aidant indemnisé par l’AJPA, l’affiliation à l’AVA est automatique et sans démarche. L’AJPA est versée dans la limite de 66 jours par proche aidé (264 jours au total sur la carrière depuis 2025) à raison de 66,64 € par jour au 1er janvier 2026.
Avec l’AEEH et la PCH
Si vous êtes parent d’un enfant handicapé bénéficiaire de l’allocation d’éducation de l’enfant handicapé (AEEH) ou de la PCH, votre affiliation à l’AVA est possible, voire automatique selon le taux d’incapacité de l’enfant. Ces dispositifs sont cumulables.
Impact sur la retraite : ce que l’AVA change vraiment
Les trimestres validés via l’AVA comptent pour la durée d’assurance totale, ce qui peut avoir plusieurs effets positifs :
- Éviter une décote sur le montant de la pension ;
- Atteindre plus tôt le taux plein ;
- Ouvrir l’accès au dispositif carrières longues et à une meilleure validation des trimestres de retraite.
En revanche, ces trimestres ne sont pas réputés cotisés au sens strict, ce qui signifie qu’ils n’ouvrent pas droit à la surcote (majoration pour les assurés qui prolongent leur activité au-delà de l’âge légal avec une durée complète).
Questions fréquentes sur l’assurance vieillesse des aidants
Retrouvez ci-dessous les questions les plus fréquemment posées sur l’AVA, pour compléter ce que vous venez de lire.
Un aidant peut-il cumuler l’AVA avec une activité professionnelle à temps partiel ?
Oui, l’AVA est accessible aux aidants qui exercent une activité professionnelle à temps partiel, à condition que leurs ressources restent inférieures au plafond de 63 % du plafond annuel de la Sécurité sociale (environ 29 673 € en 2025). Le nombre de trimestres validés sera alors proportionnel à la durée de réduction d’activité.
Que se passe-t-il si je reprends une activité professionnelle à temps plein ?
L’affiliation à l’AVA cesse dès que vous dépassez le plafond de ressources ou reprenez une activité à temps plein. Les trimestres déjà acquis restent définitivement inscrits à votre relevé de carrière. Il vous suffit de contacter la CAF pour signaler le changement de situation.
L’AVA est-elle accessible si j’aide une personne résidant à l’étranger ?
Non. L’une des conditions de l’AVA est que l’aidant et la personne aidée résident tous deux en France de façon stable et régulière. Si la personne aidée réside à l’étranger, l’affiliation à l’AVA n’est pas possible.
Puis-je bénéficier de l’AVA si j’aide plusieurs personnes en même temps ?
Un seul droit à l’AVA est ouvert par situation d’aidance. Si vous aidez simultanément plusieurs proches, la loi prévoit qu’un seul aidant par situation peut être affilié à l’AVA pour chaque personne aidée. En revanche, si vous aidez deux personnes distinctes et remplissez les conditions pour chacune, deux affiliations distinctes peuvent en principe être étudiées.
Les trimestres AVA comptent-ils pour partir à la retraite anticipée pour carrière longue ?
Les trimestres validés via l’AVA comptent dans la durée totale d’assurance, mais ne sont pas réputés cotisés. Ils ne sont donc pas pris en compte pour le dispositif de retraite anticipée pour carrière longue, qui exige un nombre minimal de trimestres cotisés. Pour plus de détails sur la validation des trimestres, consultez notre guide sur la validation des trimestres de retraite.
Comment vérifier que mes trimestres AVA sont bien enregistrés ?
Rendez-vous sur le site Info Retraite (info-retraite.fr) avec France Connect pour consulter votre relevé de situation individuelle (RIS). Les périodes d’affiliation à l’AVA y apparaissent comme « périodes assimilées ». En cas d’anomalie, contactez votre caisse de retraite principale.
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Responsable de la publication d’Aide-Sociale.fr depuis 2015, je participe à la vérification et la publication des articles du site avec plus de 10 ans d’expérience dans le domaine des aides sociales. Ancien étudiant en chimie reconverti par conviction pour l’intérêt général, j’ai appris sur le terrain les rouages de l’administration et des organismes sociaux. Je supervise également la conception et la mise à jour des simulateurs de droits du site.
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