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Le congé paternité : des jours pour les pères, mais pas que…
Depuis le mois de janvier 2013, le congé de paternité ne s’adresse plus uniquement au père biologique de l’enfant, mais également à toute personne vivant maritalement avec la mère de l’enfant (Article L1225-35 du Code du travail). Cette mesure a été mise en place afin de s’adapter à l’évolution des modèles familiaux.
Voici les personnes pouvant bénéficier d’un congé de paternité et d’accueil de l’enfant :
- Le père biologique
- Toute personne vivant maritalement avec la mère
- Le conjoint salarié de la mère de l’enfant
- La personne liée avec la mère par un PACS (découvrez où et comment se pacser)
- Le père même s’il ne réside pas dans la même ville ou pays que l’enfant venant de naître
Notez bien que cela s’applique également dans le cas d’un couple homosexuel. La compagne de la mère (quelle que soit leur situation familiale) pourra bénéficier d’un congé paternité et d’accueil de l’enfant en cas de naissance, y compris en cas de reconnaissance conjointe anticipée pour un couple de femmes. Cela signifie que 2 congés paternité pourront être pris et indemnisés pour un même enfant.
Bon à savoir : si vous êtes salarié du secteur du Bâtiment et des Travaux Publics (BTP), vous pouvez également prétendre, en complément de votre congé paternité, à la prime de naissance versée par Pro BTP, une aide financière cumulable avec vos indemnités journalières.
Qui peut prétendre au congé de paternité (salarié, chômeur, indépendant) ?
Ce congé s’adresse à tous les salariés, quelle que soit la nature de leur contrat, ainsi qu’aux personnes à la recherche d’un emploi, aux travailleurs indépendants ou en formation. Aucune condition d’ancienneté n’est exigée pour en bénéficier.
Qui peut bénéficier du congé paternité :
- Tous les salariés : CDI, CDD, contrat temporaire et saisonnier. Durant cette période, le contrat de travail est suspendu. Par contre dans le cas d’un CDD, cela ne peut pas prolonger sa durée. En effet, la date de fin du CDD restera la même malgré les 25 ou 32 jours que dure le congé de paternité et d’accueil de l’enfant.
- Les demandeurs d’emploi peuvent également bénéficier du congé paternité : le versement des allocations chômage sera suspendu durant cette période au profit des indemnités journalières (à condition de respecter les critères d’éligibilité pour en bénéficier). La durée d’indemnisation au chômage sera rallongée d’autant.
- Les travailleurs indépendants (auto-entrepreneurs, professions libérales) peuvent aussi en bénéficier, dans les mêmes conditions de durée que les salariés.
- Les stagiaires de la formation professionnelle continue rémunérée par l’État ou la Région.
De plus dès la naissance de l’enfant, le père bénéficie d’une période de protection de dix semaines durant laquelle il ne peut être licencié, sauf pour motif économique ou pour faute grave n’ayant aucun rapport avec la naissance de l’enfant. Cela s’applique que le salarié ait pris ou non son congé paternité.
Quelle est la durée du congé pour une naissance simple ou multiple ?
De 25 à 32 jours de congé paternité
Il ne faut pas confondre le congé de paternité avec le congé de naissance, qui ne dure que 3 jours. Ce dernier est à prendre soit le jour de l’accouchement soit à partir du 1er jour ouvrable suivant la naissance en accord avec l’employeur.
Le congé de paternité est plus long. Il varie entre 25 et 32 jours selon le nombre d’enfants à naître (30 jours en plus en cas d’hospitalisation de l’enfant).
Il peut être posé jusqu’à 6 mois après l’accouchement.
Congé paternité de 25 jours lors de la naissance d’un enfant
Lors de la naissance d’un seul enfant (pas de grossesse multiple), le père de l’enfant et/ou le conjoint de la mère peuvent prendre un congé paternité de 25 jours consécutifs.
Ce congé peut être pris de manière fractionnée en deux périodes dont la durée minimale doit être de cinq jours chacune.
À noter, cette période comprend également les jours non travaillés (dimanche, jours fériés, jours de repos…).
Vous pouvez le prendre à la suite du congé naissance de 3 jours et des 4 jours de congés paternité minimums (soit 7 jours) et ainsi obtenir 28 jours de congés consécutifs. Vous pouvez également prendre un congé paternité dont la durée est inférieure à 25 jours, mais les jours non posés ne pourront être utilisés ultérieurement.
Sachez également que le père de l’enfant peut prétendre à un congé parental grâce auquel il réduit son temps de travail ou cesse son activité afin de pouvoir s’occuper de l’enfant. Durant ce congé, il peut être rémunéré au titre de la Prestation partagée d’éducation de l’enfant (PreParE). S’il souhaite continuer à travailler tout en réduisant ses heures, il peut se tourner vers le congé parental à temps partiel, qui permet de conserver une partie de son salaire. Si vous êtes agent de la fonction publique, les règles diffèrent sur certains points (impossibilité du temps partiel, délais de demande) : consultez notre article dédié au congé parental dans la fonction publique pour connaître les spécificités applicables aux titulaires et contractuels. Dans les faits, peu de pères sollicitent ce congé parental une fois le congé paternité terminé : moins de 1 % y ont recours à taux plein, contre 14 % des mères.
Qu’en est-il du congé pour une naissance multiple ?
Dans le cas d’une naissance multiple (jumeaux, triplés…), la durée du congé paternité est de 32 jours (soit 7 jours de plus que pour la naissance d’un seul enfant).
De la même manière que pour l’arrivée d’un seul enfant, les 32 jours doivent être pris consécutivement (ou fractionnés en deux périodes d’au moins 5 jours) et comprennent les jours non travaillés.
Vous pouvez également cumuler ce congé paternité jumeaux avec le congé naissance et ainsi profiter de 35 jours consécutifs à la naissance des enfants.
30 jours supplémentaires en cas d’hospitalisation immédiate de l’enfant
Depuis 2019, un congé supplémentaire est accordé si l’enfant est hospitalisé immédiatement à la suite de l’accouchement dans une unité spécialisée.
Dans ce cas, 30 jours supplémentaires de congé paternité sont accordés (les jours comptabilisés sont ceux du lundi au dimanche). Ils viennent s’ajouter aux 25 jours d’un congé classique (soit 55 jours au total).
Dans le cadre d’une naissance multiple (jumeaux, triplés…), le parent peut également obtenir 30 jours supplémentaires si l’un des enfants est hospitalisé (soit 62 jours au total).
L’employeur ne peut pas refuser ce congé de 30 jours suite à une hospitalisation. Pour cela, transmettez une attestation d’hospitalisation de l’enfant à votre employeur. Vous devez également prendre contact avec la CPAM afin d’adresser une copie de cette même attestation.
Le nouveau congé supplémentaire de naissance depuis le 1er juillet 2026
Depuis le 1er juillet 2026, un nouveau congé supplémentaire de naissance vient s’ajouter au congé paternité classique. Créé par la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026, il permet à chaque parent de bénéficier d’1 à 2 mois de congé indemnisé supplémentaires, à prendre en une fois ou fractionnés en deux périodes d’un mois.
Ce congé concerne les parents d’un enfant né ou adopté à partir du 1er janvier 2026. Pour en bénéficier, il faut au préalable avoir épuisé l’intégralité de son congé de paternité et d’accueil de l’enfant (25 ou 32 jours). Le congé supplémentaire doit ensuite débuter dans les 9 mois suivant la naissance (ou jusqu’au 31 mars 2027 pour les enfants nés entre janvier et juin 2026).
L’indemnisation est dégressive : 70 % du salaire net antérieur le premier mois, puis 60 % le second mois, versée par la CPAM dans la limite du plafond de la Sécurité sociale. Les travailleurs indépendants perçoivent quant à eux une indemnité forfaitaire d’environ 46,09 € par jour le premier mois et 39,50 € le second (2026). Comme pour le congé paternité, l’employeur doit être prévenu au moins un mois avant le début du congé (15 jours seulement s’il suit immédiatement le congé paternité).
Pour tout savoir sur ce nouveau dispositif, son calendrier de mise en œuvre et ses modalités pratiques, consultez notre article dédié au congé de naissance et au congé supplémentaire de naissance.
Quand faire la demande de congé paternité à l’employeur ?
La demande du congé doit être adressée au moins 1 mois avant son début à votre employeur (voir ici un modèle de lettre), soit un mois avant la date de naissance prévisionnelle.
Vous devez également préciser les dates de début et de fin du congé. Si ce délai n’est pas respecté, votre employeur n’est pas dans l’obligation d’accepter votre demande.
Vous disposez des 6 mois suivant la naissance pour prendre vos 25 jours de congé paternité (ou 32 jours pour une naissance multiple). Notez tout de même que certains cas particuliers vous octroient un délai supplémentaire pour demander votre congé de paternité.
Les cas particuliers où vous disposez de plus de 6 mois après la naissance de l’enfant :
- En cas d’hospitalisation de l’enfant : la période durant laquelle vous pouvez prendre votre congé paternité est prolongée à 6 mois après la sortie de l’enfant de l’hôpital.
- En cas de décès de la mère : la période durant laquelle vous pouvez prétendre au congé de paternité est prolongée dans les 6 mois suivant la fin du congé postnatal accordé au père (plus d’infos).
Notez bien que votre employeur ne peut pas refuser votre demande de congé de paternité et d’accueil de l’enfant si vous respectez les délais imposés, à savoir le demander au moins 1 mois avant le début du congé.
Comment faire une demande de congé paternité : modèle de lettre
Il est possible de faire la demande de congé paternité par oral ou par écrit. Cependant afin de conserver une trace de vos échanges, il est vivement conseillé d’envoyer un courrier stipulant les dates de votre congé (25 ou 32 jours consécutifs) par lettre recommandée avec accusé de réception. Si vous préférez la remettre en main propre, demandez un écrit attestant de cette remise.
Si vous suivez ces règles, votre employeur ne pourra pas vous refuser votre congé (si vous respectez les délais indiqués ci-dessus pour le prendre).
Voici un exemple de lettre de congé paternité que vous soyez le père de l’enfant ou non :
Si vous n’êtes pas le père de l’enfant, vous devrez justifier de votre situation de concubinage. Pour cela, vous pouvez joindre à votre lettre de congé paternité l’un des documents suivants :
- Un extrait d’acte de mariage
- La copie du Pacs
- Un certificat de vie commune ou de concubinage datant de moins d’un an
- Une attestation sur l’honneur de vie maritale signée par la mère de l’enfant
Si vous avez plusieurs employeurs, la lettre de congé paternité accompagnée des justificatifs nécessaires doit être adressée à chacun.
À noter : Pour les demandeurs d’emploi, il est préférable de contacter directement son conseiller pour la demande de congé paternité. Il pourra vous informer sur les modalités précises à accomplir, vos droits et devoirs durant cette période. Retrouvez comment prendre RDV avec France Travail.
Indemnité congé paternité : par qui, combien et quand ?
Lors des 25 ou 32 jours de votre congé, votre contrat de travail est suspendu. Cela est également valable pour les 30 jours supplémentaires en cas d’hospitalisation. Ce n’est donc plus votre employeur qui vous rémunère. Lorsque votre supérieur hiérarchique prend connaissance de votre congé de paternité et d’accueil de l’enfant, il est dans l’obligation de transmettre à la Caisse Primaire d’Assurance Maladie (CPAM) une attestation de salaire.
Grâce à cette attestation, la CPAM calculera les indemnités journalières que vous percevrez et c’est elle qui est chargée de vous indemniser durant votre congé paternité.
Point important : Si vous cumulez plusieurs activités professionnelles, vous devez demander à tous vos employeurs votre congé de paternité aux mêmes dates. Dans le cas contraire, la CPAM pourrait vous réclamer les indemnités journalières versées.
Les conditions pour être indemnisé durant les 25 jours paternité
Dans la mesure où ce n’est plus votre employeur qui vous rémunère durant le congé paternité, il vous faudra respecter certaines conditions afin de pouvoir bénéficier d’indemnités journalières.
Conditions à remplir pour bénéficier du congé de paternité dans le cas d’un CDI ou d’un CDD :
- Posséder un numéro de sécurité sociale depuis au moins 10 mois à la date du début du congé
- Avoir travaillé au moins 150h durant les 3 mois précédents le début du congé (ou avoir cotisé sur un salaire au moins égal à 1 015 fois le Smic horaire en vigueur, sur les 6 mois précédents)
Dans le cas d’une activité saisonnière ou discontinue (intérim par exemple) les conditions sont les suivantes :
- Posséder un numéro de sécurité sociale depuis au moins 10 mois à la date du début du congé
- Avoir travaillé au moins 600h au cours des 12 mois précédents le début du congé (ou avoir cotisé sur un salaire au moins égal à 2 030 fois le Smic horaire en vigueur, sur l’année précédente)
Les demandeurs d’emploi devront respecter les conditions suivantes :
- Être indemnisés par France Travail
- Ou être bénéficiaires au cours des 12 derniers mois d’une allocation versée par France Travail
- Ou avoir cessé son activité salariale depuis moins de 12 mois
Les stagiaires de la formation professionnelle continue pourront quant à eux prétendre à une indemnisation correspondant à 90 % de leur rémunération journalière de stage versée par l’État ou par la région.
Montant et versement des indemnités journalières par la CPAM
Les indemnités journalières (IJ) sont déterminées à partir du salaire journalier de base calculé en prenant en compte le total des 3 derniers salaires bruts perçus avant la date du début de votre congé de paternité, divisé par 91,25 (pour les salariés mensualisés).
La CPAM retire aux indemnités journalières un taux forfaitaire de 21 % correspondant aux cotisations et contributions salariales.
Notez bien que le salaire pris en compte ne peut pas dépasser le plafond mensuel de la sécurité sociale en vigueur lors du dernier jour du mois précédent le début du congé de paternité (4 005 € par mois en 2026).
Le montant des indemnités journalières ne peut excéder 104,02 € par jour et son montant minimum est fixé à 11,12 €. Sachez que la CPAM vous propose d’effectuer une simulation en ligne des indemnités journalières auxquelles vous pouvez prétendre durant votre congé paternité. Pour ce faire, consultez notre article sur la simulation des indemnités du congé paternité.
Les IJ sont versées par la CPAM tous les 14 jours à compter du début de votre congé paternité, selon que vous ayez 25 jours (naissance d’un enfant seul) ou 32 jours (pour une naissance multiple).
Point important : les travailleurs indépendants peuvent également prétendre au congé paternité dans les mêmes conditions que pour un salarié « classique ». Cependant, la rémunération diffère légèrement pendant le congé. En effet, un travailleur indépendant bénéficie d’une indemnité journalière forfaitaire dont le montant est de 65,84 € en 2026 (réduite à environ 10 % de ce montant, soit près de 6,58 € par jour, si sa rémunération annuelle moyenne des 3 dernières années est inférieure à 4 582 €).
Voici en vidéo tout ce qu’il faut retenir du congé paternité :
Questions fréquentes sur le congé paternité
Voici les réponses aux questions les plus posées sur le congé paternité, au-delà des points déjà abordés dans cet article.
Peut-on prendre un congé paternité avec plusieurs employeurs ?
Oui, si vous avez plusieurs employeurs, vous devez cesser toute activité salariée chez chacun d’eux pendant votre congé paternité. Chaque employeur doit transmettre une attestation de salaire à la CPAM, qui calculera vos indemnités journalières sur l’ensemble de vos revenus. Si vous continuez à travailler chez l’un d’eux, la CPAM peut réclamer le remboursement des sommes versées.
Le congé paternité est-il soumis à une condition d’ancienneté ?
Non, aucune condition d’ancienneté n’est exigée pour bénéficier du congé paternité, quel que soit votre type de contrat (CDI, CDD, intérim, apprentissage). En revanche, pour percevoir les indemnités journalières de la CPAM, vous devez justifier d’une affiliation à la Sécurité sociale depuis au moins 10 mois et d’un minimum d’heures travaillées.
Peut-on cumuler le congé paternité avec le nouveau congé supplémentaire de naissance ?
Oui, les deux congés sont cumulables et même complémentaires : le congé supplémentaire de naissance, accessible depuis le 1er juillet 2026, ne peut être demandé qu’une fois le congé paternité entièrement consommé. Vous pouvez ainsi enchaîner jusqu’à 25 ou 32 jours de congé paternité, puis 1 à 2 mois de congé supplémentaire indemnisé.
Que se passe-t-il si l’enfant naît avant la date prévue ?
Si la naissance survient avant la date prévue, le délai d’un mois de prévenance auprès de l’employeur ne peut évidemment pas être respecté. Dans ce cas, informez votre employeur dès que possible, par tout moyen à votre disposition. La loi ne prévoit pas de sanction pour le salarié dans cette situation particulière liée à un événement imprévisible.
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Responsable de la publication d’Aide-Sociale.fr depuis 2015, je participe à la vérification et la publication des articles du site avec plus de 10 ans d’expérience dans le domaine des aides sociales. Ancien étudiant en chimie reconverti par conviction pour l’intérêt général, j’ai appris sur le terrain les rouages de l’administration et des organismes sociaux. Je supervise également la conception et la mise à jour des simulateurs de droits du site.
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