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Chômage des seniors : les règles spécifiques depuis le 1er avril 2025
La réforme du chômage d’avril 2025 a décalé de 2 ans les bornes d’âge permettant aux seniors de bénéficier de conditions dérogatoires, en cohérence avec le report de l’âge légal de la retraite à 64 ans. Résultat concret : ce qui était accessible à partir de 53 ans l’est désormais à partir de 55 ans.
Ces dispositions restent pleinement en vigueur en 2026, sans nouvelle modification majeure. Voici ce qui change pour les demandeurs d’emploi seniors.
Les conditions pour percevoir le chômage en tant que senior
Pour bénéficier de l’ARE (Allocation d’aide au retour à l’emploi), vous devez d’abord remplir les critères d’éligibilité de droit commun. La principale règle dérogatoire pour les seniors concerne la période de référence d’affiliation : si vous avez 55 ans et plus, France Travail recherche vos périodes de travail sur les 36 derniers mois (contre 24 mois pour les autres demandeurs d’emploi). Dans les deux cas, il faut avoir travaillé au minimum 130 jours ou 910 heures (environ 6 mois).
Cette souplesse est précieuse pour les seniors dont les carrières comportent des interruptions ou du temps partiel : une période d’affiliation plus longue augmente les chances d’ouvrir des droits.
La durée d’indemnisation chômage selon l’âge en 2026
Quelle que soit votre situation, la durée minimale d’indemnisation est de 6 mois (182 jours). Mais la durée maximale varie selon votre âge au moment de la fin de votre dernier contrat de travail :
- Moins de 55 ans : 548 jours (18 mois), régime général.
- 55 ou 56 ans : 685 jours (22,5 mois).
- 57 ans et plus : 822 jours (27 mois).
Attention : les demandeurs d’emploi de 53-54 ans ont perdu le bénéfice de la durée allongée depuis le 1er avril 2025 et sont désormais alignés sur le régime général (18 mois). C’est l’un des effets les plus concrets de la réforme pour cette tranche d’âge, souvent déjà fragilisée.
La loi prévoit par ailleurs un complément de fin de droit lorsque la conjoncture économique est défavorable :
- Moins de 55 ans : +182 jours, soit 730 jours au total.
- 55 ou 56 ans : +228 jours, soit 913 jours au total.
- 57 ans et plus : +273 jours, soit 1 095 jours au total.
Prolonger son indemnisation grâce à une formation
Depuis le 1er avril 2025, les allocataires de 55 ans et plus peuvent bénéficier d’un allongement de leur période d’indemnisation en suivant une formation validée par France Travail. Cette prolongation est de 137 jours supplémentaires (4,5 mois), voire 182 jours pour les résidents des départements et régions d’outre-mer.
Ce dispositif, appelé ARE-F (Allocation d’aide au retour à l’emploi-formation), est particulièrement utile pour les seniors qui souhaitent se reconvertir ou renforcer leur employabilité. C’est un levier souvent méconnu mais très concret pour éviter la fin de droits prématurée.
Fin de la dégressivité de l’allocation chômage à partir de 55 ans
Depuis le 1er avril 2025, si vous avez 55 ans ou plus, votre allocation chômage ne peut plus être dégressive, même si vous percevez une allocation journalière supérieure à 92,12 € (soit environ 2 760 € d’indemnité mensuelle). Avant la réforme, il fallait avoir au moins 57 ans pour bénéficier de cette protection.
Pour rappel, la dégressivité est un mécanisme qui réduit le montant de l’allocation de 30 % maximum à partir du 7e mois d’indemnisation. Les demandeurs d’emploi de moins de 55 ans dont l’allocation journalière dépasse 92,12 € restent soumis à cette règle.
Peut-on percevoir le chômage en attendant la retraite ?
Oui, sous certaines conditions, il est possible de maintenir le versement de ses allocations chômage jusqu’à l’obtention d’une retraite à taux plein. Ce dispositif, appelé « maintien des droits », est particulièrement important pour les seniors qui n’ont pas encore validé tous leurs trimestres.
Être indemnisé par France Travail permet d’ailleurs de valider des trimestres pour la retraite : pour 50 jours de chômage indemnisés (consécutifs ou non), vous cumulez 1 trimestre au régime de base, dans la limite de 4 trimestres par an. Ces trimestres entrent directement dans le calcul de votre pension de retraite, au même titre que les trimestres cotisés en activité. Pour connaître toutes les règles de validation de trimestres retraite au chômage — y compris les cas particuliers du chômage non indemnisé et des périodes avant 1980 — consultez notre article dédié. Pour en savoir plus sur le minimum de pension, consultez notre article sur le minimum retraite et les périodes sans emploi.
À l’inverse, si vous avez déjà tous vos trimestres requis et atteignez l’âge légal, il peut être stratégiquement intéressant de reprendre un emploi plutôt que de rester indemnisé : chaque trimestre travaillé supplémentaire au-delà du taux plein ouvre droit à une majoration de pension par surcote de +1,25 %, appliquée définitivement à votre pension de base. Si vous avez encore quelques années devant vous avant la retraite et souhaitez réduire progressivement votre activité tout en commençant à percevoir une fraction de pension, la retraite progressive peut constituer une alternative à examiner. Une fois votre retraite liquidée, sachez qu’il est également possible de cumuler un emploi avec votre pension de retraite, dans la limite d’un plafond de revenus selon votre situation. Dans tous les cas, pensez à anticiper vos démarches : notre guide détaille étape par étape comment déposer votre dossier de retraite dans les délais. Pour ne pas vous retrouver sans ressources entre la fin de vos allocations et votre première pension, renseignez-vous sur quand faire votre demande de retraite selon votre caisse : les délais varient entre 4 et 9 mois selon les régimes.
À partir de quel âge peut-on bénéficier du maintien des droits chômage ?
Depuis la réforme de 2025, l’âge d’accès au maintien des droits est progressivement décalé selon l’année de naissance, en cohérence avec le report de l’âge légal de la retraite :
| Année de naissance | Âge requis pour le maintien des droits |
|---|---|
| 1961 | 62 ans et 3 mois |
| 1962 | 62 ans et 6 mois |
| 1963 | 62 ans et 9 mois |
| 1964 | 63 ans |
| 1965 | 63 ans et 3 mois |
| 1966 | 63 ans et 6 mois |
| 1967 | 63 ans et 9 mois |
| 1968 et après | 64 ans |
Les conditions pour maintenir ses droits chômage jusqu’à la retraite
Atteindre l’âge indiqué dans le tableau ci-dessus est une condition nécessaire, mais pas suffisante. Vous devez également remplir l’ensemble des critères suivants :
- être indemnisé par France Travail depuis au moins 1 an (360 jours) ;
- justifier d’au moins 12 ans d’affiliation à l’assurance chômage ;
- avoir travaillé 12 mois continus ou 24 mois en discontinu durant les 5 dernières années de travail ;
- avoir validé au moins 100 trimestres auprès du régime de retraite de base.
Si vous cochez toutes ces conditions, vos allocations vous seront versées jusqu’à ce que vous ayez acquis le nombre de trimestres nécessaires pour une retraite à taux plein.
Vous êtes éligible à la retraite anticipée pour carrière longue ? Dans cette situation spécifique, il n’est pas possible de percevoir les allocations chômage : seule une pension de retraite peut vous être versée.
Les démarches pour toucher le chômage en tant que senior
Si vous êtes inscrit à France Travail avant votre âge légal de départ à la retraite, la procédure est simplifiée. Deux mois avant la fin de vos droits aux allocations chômage, France Travail vous transmettra un questionnaire pour vérifier que vous remplissez bien les conditions du maintien. Renvoyez-le sans attendre pour éviter toute interruption de versement.
Si vous perdez votre emploi après votre âge légal de départ à la retraite sans avoir cumulé suffisamment de trimestres, vous pouvez vous inscrire à France Travail. Nous avons rédigé un guide complet sur l’inscription à France Travail pour vous accompagner dans cette démarche.
ARE ou ASS : quelle allocation choisir après 50 ans ?
À partir de 50 ans, les demandeurs d’emploi peuvent choisir entre l’ARE (Allocation d’aide au retour à l’emploi) et l’ASS (Allocation de solidarité spécifique). Ces deux dispositifs ne s’adressent pas aux mêmes situations, et il est important de comparer les montants pour opter pour le plus avantageux.
L’ASS est une aide de solidarité versée aux personnes ayant épuisé leurs droits à l’ARE. Son montant 2026 de l’ASS est de 19,48 € par jour (soit environ 584 € par mois), sous condition de ressources. Pour estimer votre ARE avant de faire votre choix, utilisez le simulateur ARE de France Travail — gratuit, accessible sans inscription. N’hésitez pas ensuite à contacter votre conseiller France Travail pour affiner la comparaison selon votre situation personnelle.
Depuis la réforme, le calcul mensuel de l’ARE est lissé sur 30 jours par mois quel que soit le nombre réel de jours dans le mois. Cela génère une perte de 5 à 6 jours indemnisés par an pour les allocataires qui n’épuisent pas tous leurs droits avant la fin de l’année.
Si vous n’êtes éligible ni à l’ASS ni au RSA, d’autres solutions existent. Notre guide détaille les alternatives disponibles quand on se retrouve sans chômage ni RSA, ainsi que les aides financières disponibles pour les demandeurs d’emploi : mobilité, formation, complémentaire santé et bien d’autres dispositifs cumulables avec l’ARE ou l’ASS. Pensez également à vérifier vos droits à l’APL pendant votre période de chômage.
La dispense de recherche d’emploi : toujours en vigueur ?
Non. Le Code du travail impose à toute personne inscrite à France Travail de rechercher activement un emploi, y compris les seniors. La dispense de recherche d’emploi, autrefois en vigueur, a été abrogée en 2012 (article L5411-8 du Code du travail). Elle ne peut pas être rétablie par votre conseiller France Travail.
En revanche, France Travail a mis en place des dispositifs d’accompagnement renforcé spécifiquement pour les plus de 50 ans :
- Le dispositif Boost 50+ : ateliers collectifs et coaching individuel pour accélérer le retour à l’emploi des 50 ans et plus.
- Le dispositif Atout Senior de France Travail : accompagnement soutenu en formation pour se réintégrer dans le monde du travail (expérimentation en Île-de-France avant déploiement national).
- Le contrat PEC (Parcours Emploi Compétences) : un contrat aidé accessible en priorité aux demandeurs d’emploi seniors dès 58 ans.
Questions fréquentes sur le chômage des seniors
Voici les questions que nos lecteurs posent le plus souvent sur le fonctionnement du chômage pour les plus de 55 ans, auxquelles nous apportons des réponses claires et vérifiées.
Quels droits au chômage après 60 ans en 2026 ?
Après 60 ans, les conditions d’accès à l’ARE sont identiques à celles des 55-59 ans : période de référence de 36 mois, durée d’indemnisation pouvant aller jusqu’à 27 mois (si vous avez 57 ans ou plus à la fin du contrat). La principale spécificité concerne le maintien des droits jusqu’à la retraite, accessible progressivement à partir de 62 ans selon votre année de naissance.
La dégressivité s’applique-t-elle au chômage après 55 ans ?
Non. Depuis le 1er avril 2025, la dégressivité de l’allocation chômage (réduction de 30 % à partir du 7e mois) ne s’applique plus aux demandeurs d’emploi de 55 ans et plus dont l’allocation journalière est supérieure à 92,12 €. Avant cette date, le seuil était fixé à 57 ans. Les moins de 55 ans percevant plus de 92,12 € par jour restent soumis à cette règle.
Peut-on cumuler chômage et retraite en tant que senior ?
Non, il n’est pas possible de percevoir l’ARE et une pension de retraite de façon simultanée. Si vous êtes éligible à la retraite (y compris anticipée pour carrière longue), vous devez liquider votre retraite : le versement de l’ARE s’arrête. En revanche, le chômage indemnisé vous permet de valider des trimestres pour la retraite : 50 jours de chômage = 1 trimestre, dans la limite de 4 par an.
Que se passe-t-il en cas de fin de droits chômage avant la retraite ?
Si vos droits à l’ARE s’épuisent avant que vous atteigniez votre retraite à taux plein, vous pouvez basculer vers l’ASS (Allocation de solidarité spécifique) si vous remplissez les conditions de ressources. Un complément de fin de droit peut également prolonger votre indemnisation en cas de conjoncture économique défavorable. Consultez notre guide sur la fin de droits au chômage pour connaître toutes les options.
Le bonus emploi senior existe-t-il toujours en 2026 ?
Le bonus emploi senior est un dispositif permettant, lors de la reprise d’une activité, de cumuler partiellement son salaire avec le maintien d’une partie de l’allocation chômage. Ce mécanisme vise à encourager les seniors à accepter un emploi, même moins bien rémunéré que leur précédent poste. Renseignez-vous auprès de votre conseiller France Travail pour savoir si vous êtes éligible selon votre situation individuelle. Pour le détail des règles de cumul ARE et salaire, ainsi que les autres cumuls possibles (RSA, pension d’invalidité, portage salarial…), consultez notre guide sur le cumul ARE et autres ressources.
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Crédit photo : © fizkes / Adobe

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