Oui, il est possible de cumuler emploi et retraite en France, comme le confirme notre guide sur l’emploi et la retraite. Deux régimes existent : le cumul intégral, sans aucun plafond de revenus, et le cumul plafonné, où vos pensions et votre salaire ne doivent pas dépasser 2 916,85 € brut par mois en 2026 (160 % du Smic), sous peine d’écrêtement. Depuis la réforme de 2023, reprendre une activité peut aussi vous ouvrir droit à une seconde pension de retraite. Vous devez déclarer cette reprise d’activité à votre caisse de retraite dans le mois suivant son démarrage.


Récapitulatif : le cumul emploi-retraite

Séverine Burel
Cumul plafonné
Plafond mensuel 2026
2 916,85 € /mois
Depuis 2023
Seconde pension max.
2 403 € /an
♾️

Cumul intégral : aucun plafond de revenus si toutes vos pensions sont liquidées et que vous êtes au taux plein (âge légal + trimestres requis, ou 67 ans).

🏠

Revenus non concernés : loyers, dividendes et plus-values ne comptent pas dans le plafond du cumul emploi-retraite.

⚠️

À anticiper : à partir du 1er janvier 2027, de nouvelles règles fondées sur l’âge s’appliqueront aux premières liquidations de pension.

💡

Mon conseil d’experte : avant de liquider votre retraite, vérifiez sur info-retraite.fr que toutes vos caisses sont identifiées, même un ancien emploi de courte durée ou à l’étranger.

aide-sociale.fr


Cumul emploi-retraite : quelles sont les conditions pour en bénéficier ?

Il est possible de cumuler votre pension de retraite avec des revenus d’activité si vous êtes retraité(e) du régime général de la sécurité sociale.

La condition pour bénéficier de ce cumul est :

Une fois que vous avez fait valoir vos droits à la retraite (liquidé), vous avez la possibilité de reprendre une activité professionnelle. Cette nouvelle activité peut être aussi bien dans le secteur privé que public, et peut être une activité salariée ou non salariée.

Cependant, certaines activités ne sont pas concernées par cette obligation. Vous pouvez poursuivre les activités professionnelles suivantes tout en disposant de votre retraite :

    • Les activités artistiques, scientifiques, littéraires, juridictionnelles
    • Les activités d’élu local
    • Les activités d’hébergement en milieu rural (chambre d’hôte, gite rural…)
    • Les activités de jury de concours publics
    • Les activités de garde d’enfants ou d’assistante maternelle
    • Les activités professionnelles à l’étranger
    • Les fonctions de tierce personne auprès d’une personne âgée, handicapée ou invalide
    • Les activités non salariées : dans ce cas, le régime de retraite de base correspondant doit prévoir que l’activité peut être continuée

Séverine Burel

Notre conseil
Séverine Burel, conseillère en aides sociales
Avant de demander votre retraite, vérifiez sur votre relevé de carrière (disponible sur info-retraite.fr) que vous avez bien identifié toutes vos caisses de retraite, y compris celles d’anciens emplois de courte durée ou d’un séjour à l’étranger. C’est l’oubli le plus fréquent : s’il reste une seule pension à liquider, vous basculez automatiquement en cumul plafonné, même si vous remplissez par ailleurs toutes les autres conditions du cumul intégral.

 

Cumul intégral ou plafonné : quelles sont les règles de calcul ?

Vous pouvez cumuler vos pensions de retraite et vos nouveaux revenus professionnels intégralement ou partiellement selon votre situation. Pour les personnes n’ayant pas ou insuffisamment cotisé pour la retraite, il est possible de faire appel à l’ASPA.

 

Le cumul intégral : aucun plafond de revenus

Pour pouvoir bénéficier intégralement de vos pensions de retraite (de base et complémentaire) et des revenus de votre nouvelle activité, vous devez respecter l’ensemble des conditions suivantes :

    • Vous devez avoir atteint l’âge légal de départ à la retraite : selon votre année de naissance, cet âge est actuellement compris entre 62 ans et 64 ans (64 ans pour les générations nées à partir de 1969). La progression de cet âge légal est provisoirement suspendue entre le 1er septembre 2026 et le 1er janvier 2028
    • Vous remplissez les conditions permettant une retraite à taux plein : vous devez avoir cotisé le nombre de trimestres requis selon votre année de naissance (entre 167 et 172 trimestres), ou avoir atteint l’âge de 67 ans, âge d’obtention automatique du taux plein quel que soit le nombre de trimestres validés
    • Vous avez liquidé l’ensemble de vos retraites personnelles, de base et complémentaires, dans tous les régimes français et étrangers auxquels vous avez cotisé

Dans cette situation, les revenus de vos activités professionnelles s’ajoutent à 100 % à vos pensions de retraite, sans aucun plafond. Le cumul intégral vous permet également, depuis 2023, de vous constituer de nouveaux droits à la retraite (voir le détail plus bas).

 

Le cumul plafonné : un plafond de revenus à respecter

Si vous ne respectez pas les conditions du cumul intégral (voir ci-dessus), vous pouvez tout de même cumuler pensions et revenus d’activité, dans la limite d’un plafond de revenus. Les règles diffèrent légèrement entre votre retraite de base et votre retraite complémentaire Agirc-Arrco.

Retraite de base (CNAV) : le plafond de revenus bruts

    • Est égal soit au montant équivalent à 160 % du Smic (2.916,85 euros par mois en 2026)
    • Soit à la moyenne mensuelle de vos trois derniers salaires (montants soumis à CSG)

Le plafond de revenus bruts retenu est le plus élevé de ces deux montants. Par exemple, si vous avez perçu 2.200 euros brut en moyenne lors de vos 3 derniers salaires avant la liquidation de vos pensions de retraite, le plafond retenu sera de 2.916,85 euros, car ce montant est supérieur à celui de vos derniers salaires.

Si le cumul de vos pensions de retraite avec vos revenus professionnels dépasse le plafond de revenus retenu, le montant de votre ou vos pensions de base sera diminué afin de ne pas dépasser le plafond de revenu. Cette diminution est appelée un écrêtement de votre pension.

Retraite complémentaire Agirc-Arrco : le plafond de revenus bruts

    • Est équivalent soit au montant égal à 160 % du Smic
    • Soit égal au dernier salaire normal d’activité revalorisé
    • Soit au salaire moyen de vos dix dernières années d’activité

Le plafond de revenus bruts retenu est le plus élevé de ces trois montants. Si le cumul de vos pensions de retraite avec vos revenus professionnels dépasse le plafond de revenus retenu, le montant de vos pensions complémentaires sera suspendu et non diminué. Vous ne percevrez plus de pensions de retraite complémentaire tant que vous dépassez ce plafond.

Exemple de calcul d’un cumul plafonné (chiffres 2026) :

Vous touchez des pensions de retraite de 1.600 euros bruts : 1.150 euros de pension de base et 450 euros de pension complémentaire. Vous reprenez une activité avec un salaire de 1.500 euros brut.

La moyenne des montants de vos 3 derniers salaires avant la liquidation de votre droit à la retraite était de 1.600 euros bruts, un montant inférieur au plafond de 160% du Smic.

    • Votre plafond de revenus bruts retenu est donc de 2.916,85 euros (160% du Smic brut 2026), ce montant étant plus avantageux que celui de vos derniers salaires (1.600 euros bruts)
    • Le cumul de vos pensions de retraite avec vos revenus professionnels est de 3.100 euros bruts (soit 1.600 + 1.500). Ce montant dépasse le plafond de revenus retenu de 183,15 euros (3.100 – 2.916,85)
    • Votre pension de retraite de base sera déduite de cette différence, soit 183,15 euros

Vous recevez donc une pension de retraite de base d’un montant de 966,85 euros (1.150 – 183,15)

Au final, vous recevez donc mensuellement 2.916,85 euros (1.500 euros de revenus + 966,85 euros de pension de base + 450 euros de pension complémentaire) contre 1.600 euros de pension sans reprise d’activité.

Si le montant de la déduction est égal ou supérieur au montant de votre retraite, votre retraite n’est pas versée.

Important : Les règles de versement diffèrent si vous reprenez une activité professionnelle à l’issue de votre retraite chez votre ancien employeur. Si cela est votre cas, le cumul (intégral ou plafonné) de votre revenu d’activité et de votre retraite ne pourra se faire qu’au 7ème mois suivant votre départ à la retraite. Lors des 6 premiers mois, votre retraite n’est pas versée. Ce délai ne s’applique pas si vous reprenez une activité chez un nouvel employeur.

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Cumul emploi-retraite : comment déclarer votre reprise d’activité ?

Si vous reprenez une activité pendant votre retraite, vous devez prévenir votre caisse de retraite du régime général des salariés, la CNAV (caisse nationale d’assurance vieillesse) dès le mois suivant votre reprise d’activité.

Vous pouvez désormais effectuer cette déclaration en ligne, depuis votre espace personnel sur lassuranceretraite.fr, pièces justificatives à l’appui. Si vous préférez la voie postale, voici les éléments à transmettre à votre caisse de retraite :

    • Nom et adresse de votre employeur
    • Date de votre début d’activité
    • Montant et nature de vos revenus d’activités
    • Le ou les régimes de sécurité sociale auxquels vous êtes affilié(e)
    • Bulletin de salaire ou justificatif de vos revenus si vous n’exercez pas une activité salariée
    • Coordonnées (nom et adresses) des autres organismes de retraite de salariés, de base et complémentaires, qui vous versent une pension

Retrouvez un modèle de lettre à transmettre à votre caisse de retraite régionale (CARSAT). Pour les retraités de l’Ile de France, le courrier est à transmettre directement à la CNAV (voir comment contacter la CNAV). Vous pouvez l’adresser par voie postale ou en vous rendant directement dans un point d’accueil.

Vos nom et prénom
Vos coordonnées complètes

Nom et Coordonnées de votre caisse de retraite

Lieu, date du courrier

Objet : Déclaration d’une reprise d’activité rémunérée

Ci-joint : Copie de bulletin de salaire / justificatif de revenus

Madame, Monsieur,

Depuis le (date de votre reprise d’activité), j’ai repris une activité professionnelle. Mon employeur est (nom de l’employeur) domicilié au (adresse de l’employeur). Pour cette activité, je suis affilié au (nom du régime social).

Le montant de ma rémunération mensuelle est de (montant de la rémunération).

Pour information, les organismes de retraite suivants me versent également une pension :

– (Noms et adresses des organismes de retraite de salariés, de base et complémentaire)

Je vous prie d’agréer, Madame, Monsieur, mes sincères salutations.

Signature

Afin de garder une trace de votre envoi si vous optez pour le courrier, il est conseillé de l’adresser par lettre recommandée avec accusé de réception. Votre caisse de retraite est chargée de transmettre les éléments d’informations aux autres organismes qui vous versent une pension.

À noter : Vous devez déclarer vos nouveaux revenus sur votre feuille d’imposition. Ces revenus sont imposables et peuvent donc augmenter vos impôts. Pour bien comprendre comment sont imposées vos pensions de retraite — notamment l’abattement de 10 % applicable à vos pensions — et optimiser votre fiscalité, consultez nos guides dédiés. Par ailleurs, la retraite entraîne souvent une perte de revenus. Pour découvrir toutes les aides accessibles, découvrez cette page. Il s’agit également d’une période où repenser sa garantie santé peut être important. Nous vous proposons un article consacré au choix d’une mutuelle retraité.

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Cumul emploi-retraite : obtenez-vous de nouveaux droits à la retraite ?

Depuis la réforme des retraites de 2023, la réponse a changé : si vous êtes en cumul intégral, votre activité reprise depuis le 1er janvier 2023 peut désormais vous ouvrir droit à une seconde pension de retraite, distincte de votre première pension et sans incidence sur son montant.

    • Si vous êtes en cumul intégral : les cotisations versées au titre de votre nouvelle activité vous permettent d’acquérir des droits à une seconde pension de retraite de base, plafonnée à 5 % du plafond annuel de la Sécurité sociale (PASS), soit 2.403 euros par an en 2026 (environ 196 euros par mois). Cette seconde pension bénéficie automatiquement du taux plein, mais sans aucune majoration (ni surcote, ni majoration pour enfants). Votre activité peut également générer des droits à la retraite complémentaire Agirc-Arrco, sur la tranche 1 de vos rémunérations
    • Si vous êtes en cumul plafonné : les cotisations vieillesse versées dans le cadre de votre nouvelle activité ne vous ouvrent aucun nouveau droit à la retraite, quel que soit le régime concerné

Cette seconde pension n’est pas automatique : vous devez en faire la demande explicite auprès de votre caisse de retraite, une fois votre activité définitivement arrêtée (service en ligne « Demander ma retraite après un cumul emploi-retraite » sur lassuranceretraite.fr). Une fois cette seconde pension liquidée, vous ne pourrez plus acquérir de nouveaux droits en cas de reprise d’activité ultérieure.

Point de vigilance : si vous reprenez une activité chez votre dernier employeur, un délai de 6 mois après le point de départ de votre retraite doit être respecté pour que cette activité ouvre droit à la seconde pension. Ce délai ne s’applique pas en cas de reprise chez un nouvel employeur.

Si vous préférez progresser en douceur vers la retraite plutôt que cumuler un emploi à temps plein, la retraite progressive constitue une autre option : accessible dès 60 ans (depuis le 1er septembre 2025) sous condition de trimestres, elle permet de travailler à temps partiel tout en touchant une fraction de sa pension et en continuant à cotiser normalement.

 

Cumul emploi-retraite : ce qui va changer au 1er janvier 2027

La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 (loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025, article 102) refond en profondeur le cumul emploi-retraite. Cette réforme ne concerne que les assurés dont la toute première pension de retraite de base prend effet à compter du 1er janvier 2027 : si vous avez déjà liquidé une pension avant cette date, vous restez soumis aux règles actuelles décrites plus haut, même si vous reprenez une activité après 2027.

Le critère du taux plein disparaît au profit d’un critère unique : l’âge. Trois tranches sont prévues :

    • Avant l’âge légal de départ à la retraite : vos revenus d’activité (et vos revenus de remplacement, comme les indemnités journalières) seront déduits intégralement de votre pension, dès le premier euro
    • Entre l’âge légal et 67 ans : un cumul partiel sera possible librement jusqu’à un seuil annuel fixé par décret (de l’ordre de 7.000 euros bruts par an selon les annonces gouvernementales), puis votre pension sera réduite de 50 % du montant dépassant ce seuil
    • À partir de 67 ans : le cumul redevient intégral et libre, sans aucun plafond, avec acquisition de nouveaux droits sans limite ni délai de carence chez le dernier employeur

Si votre départ à la retraite est prévu autour de cette date, ce changement de règles est à anticiper avant de choisir votre date de départ, en particulier si vous prévoyez de continuer à travailler ensuite.

 

Questions fréquentes sur le cumul emploi-retraite

Voici quelques réponses aux questions les plus fréquemment posées sur le cumul emploi-retraite, en complément des explications données plus haut.

 

Les revenus locatifs sont-ils pris en compte dans le plafond du cumul emploi-retraite ?

Non. Seuls les revenus d’activité professionnelle (salaires, BIC, BNC) entrent dans le calcul du plafond de cumul emploi-retraite. Les revenus fonciers issus d’un bien loué, nu ou meublé, ainsi que les dividendes ou plus-values, ne sont pas concernés et n’ont donc aucun impact sur le versement de vos pensions. Ils restent toutefois imposables et s’ajoutent à vos autres revenus lors de votre déclaration.

 

Existe-t-il un simulateur officiel pour connaître mon plafond de cumul emploi-retraite ?

Oui, service-public.gouv.fr propose un simulateur officiel qui estime, à partir du montant de votre pension et de vos revenus d’activité, le plafond maximal cumulable sans écrêtement. Munissez-vous de votre dernier bulletin de pension et, si possible, d’un bulletin de salaire pour obtenir une estimation fiable.

 

Que se passe-t-il si vous dépassez le plafond de revenus autorisé ?

En cas de dépassement, votre pension de base est réduite (écrêtée) à hauteur du dépassement, tandis que votre pension complémentaire Agirc-Arrco est totalement suspendue, et non diminuée progressivement. Le versement reprend automatiquement dès que vos revenus repassent sous le plafond retenu, sans démarche particulière de votre part.

 

Le cumul emploi-retraite est-il compatible avec l’Aspa (minimum vieillesse) ?

C’est possible, mais l’Aspa étant une allocation sous conditions de ressources, vos revenus d’activité repris s’ajoutent à vos autres ressources pour apprécier le plafond d’attribution. Une reprise d’activité peut donc réduire, voire suspendre temporairement, le versement de l’Aspa si le total de vos ressources dépasse ce plafond.

 

Faut-il attendre un délai avant de reprendre une activité après son départ à la retraite ?

Aucun délai n’est imposé si vous reprenez une activité chez un nouvel employeur : vous pouvez commencer dès le lendemain de votre départ. Chez votre dernier employeur en revanche, un délai de 6 mois s’applique avant de pouvoir reprendre, pour bénéficier du cumul et des nouveaux droits associés.

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