Un cadre du secteur privé ou public peut prétendre au chômage, à condition de remplir les critères d’éligibilité fixés par France Travail. La condition essentielle est d’avoir perdu involontairement son emploi suite à un licenciement, une rupture conventionnelle ou une fin de CDD.

Vous vous interrogez sur vos droits en tant que cadre au chômage ? Quel montant pouvez-vous percevoir, comment est calculée l’ARE, et à partir de quel seuil la dégressivité s’applique-t-elle ?

Le chômage d’un cadre fonctionne selon les mêmes règles que pour tout salarié : l’ARE est calculée à partir du salaire journalier de référence, avec deux formules dont la plus avantageuse est retenue. Une dégressivité de 30 % peut s’appliquer dès le 7e mois pour les cadres de moins de 55 ans dont l’allocation dépasse 92,57 € par jour.


Un cadre peut-il toucher le chômage ?

Un cadre, qu’il soit salarié du privé ou agent de la fonction publique, peut prétendre au chômage. Toutefois, le droit aux allocations d’aide au retour à l’emploi (ARE) implique certains critères d’éligibilité. La perte involontaire de votre emploi est la première condition à remplir pour toucher le chômage.

Voici les situations qui permettent le versement de l’ARE :


    En outre, d’autres critères sont nécessaires à l’éligibilité aux allocations chômage d’un cadre :

    • être inscrit comme demandeur d’emploi dans les 12 mois qui suivent la fin de votre contrat de travail ;
    • résider en France ;
    • être physiquement apte à exercer une activité professionnelle.

 

Séverine Burel

L’erreur à éviter
Séverine Burel, conseillère en aides sociales
Beaucoup de cadres pensent qu’en raison de leur statut, ils bénéficient automatiquement d’une durée d’indemnisation plus longue ou d’un montant supérieur à celui d’un salarié non cadre. C’est faux : le calcul de l’ARE est strictement identique pour tous les salariés. La seule spécificité des cadres réside dans la dégressivité, qui s’applique plus souvent à eux en raison de leurs salaires plus élevés.

 

Quelle période travaillée est prise en compte pour le chômage d’un cadre ?

Une fois que les conditions sont réunies pour bénéficier des allocations chômage, un cadre doit justifier d’une période travaillée minimale comme tous les demandeurs d’emploi. Depuis le 1er avril 2025, les règles ont évolué, notamment pour les seniors.

 

La durée d’affiliation pour les droits au chômage d’un cadre

Il est indispensable de justifier d’une période d’activité professionnelle minimale pour prétendre au chômage. Ainsi, un cadre doit avoir travaillé minimum 6 mois (130 jours ou 910 heures), au cours des 24 derniers mois, au moment de la rupture du contrat. Pour les cadres âgés de 55 ans et plus, cette période de référence est étendue aux 36 derniers mois. Cette période est appelée durée d’affiliation.

 

L’intégration du dernier poste occupé

Dans l’hypothèse où la durée d’affiliation est insuffisante, un emploi antérieur peut être pris en compte. Vous devez être inscrit à France Travail dans les 12 mois qui suivent la rupture de ce précédent contrat de travail.

Attention, cela est incompatible avec la perception de l’ARE en lien avec ce contrat antérieur. Il doit s’agir d’une demande initiale.

 

Les périodes de formation

Excepté celles qui sont rémunérées par France Travail, les périodes de formation sont considérées comme des heures travaillées. Dans certains cas, elles peuvent même être intégrées à la durée d’affiliation, dans la limite des deux tiers de jours (ou d’heures) d’affiliation considérée. À noter que depuis le 1er avril 2025, la possibilité d’allonger la durée d’indemnisation grâce à une formation est réservée aux allocataires de 55 et 56 ans (elle ne s’applique plus aux 53-54 ans).

 

La suspension du contrat de travail

Lorsqu’un contrat de travail est suspendu – congé maternité ou paternité, maladie professionnelle ou accident du travail – cette période est prise en compte par France Travail. Ainsi, chaque journée de suspension du contrat de travail est considérée comme une journée d’affiliation.

Si vous avez exercé une activité professionnelle non salariée, ces périodes ne sont pas intégrées à la durée d’affiliation, à l’exception des cas suivants :

 

Le droit d’option sur les droits rechargeables

Il est tout à fait possible de choisir entre votre reliquat et vos nouveaux droits. Il s’agit du droit d’option, qui permet d’opter pour l’ARE associée à votre dernière période travaillée, plutôt qu’un droit au chômage antérieur.

Pour ce faire, vous devez avoir exercé une nouvelle activité pendant au moins 6 mois, et vos allocations journalières doivent être inférieures à 20 €. Si vous percevez de nouvelles allocations journalières, du fait de votre dernière situation salariale, elles doivent excéder d’au moins 30 % celles du solde.

Bon à savoir : vous bénéficiez de 21 jours de réflexion pour informer France Travail de votre choix. Dès que cette décision est prise, celle-ci est irrévocable.

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Comment se calcule le chômage d’un cadre ?

Le montant prévisionnel du chômage d’un cadre peut être estimé par le biais d’un simulateur en ligne sur le site de France Travail. Plusieurs éléments sont pris en compte pour calculer les droits. Depuis le 1er avril 2025, le versement de l’ARE est mensualisé sur une base fixe de 30 jours calendaires, quel que soit le nombre de jours dans le mois. Pour un aperçu plus complet du calcul, consultez notre article dédié au calcul de l’allocation chômage.

 

Le salaire de référence pour le calcul du chômage d’un cadre

Le montant brut des allocations journalières est calculé en tenant compte de votre salaire de référence.

Le salaire de référence prend en compte l’ensemble de vos rémunérations brutes, c’est-à-dire les salaires, primes, avantages en nature, gratifications ou indemnités. Les primes liées à d’autres contrats de travail de la période de référence sont intégralement prises en compte pour le calcul de l’allocation, même lorsqu’elles sont versées après cette période.

Certaines rémunérations n’entrent pas en compte dans le calcul du salaire de référence :

    • Indemnités liées à la rupture du contrat de travail (indemnités de licenciement, de rupture conventionnelle, primes de précarité, indemnités compensatrices de congés payés, etc.).
    • Salaires intrinsèques aux contrats de travail n’appartenant pas à la période de référence.
    • Rémunérations perçues durant les périodes non déclarées à France Travail.

Bon à savoir : le salaire journalier de référence (SJR) est égal au salaire de référence, divisé par le nombre de jours de la période de référence. Depuis le 1er avril 2025, les jours non travaillés pris en compte sont plafonnés à 70 % des jours travaillés (contre 75 % auparavant).

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Calcul chômage cadre : comment ça marche ?

Le SJR est la base du calcul de l’ARE, lequel est réalisé de deux façons différentes :

    • 1er calcul : 40,4 % de votre SJR + partie fixe de 13,18 € (valeur au 1er juillet 2025) ;
    • 2e calcul : 57 % de votre SJR.

Le calcul retenu est celui qui donne le montant le plus élevé, l’objectif étant de vous verser la somme la plus avantageuse. Vous pouvez consulter des exemples de calcul concrets sur notre article dédié.

Bon à savoir : le montant de l’ARE est plafonné à 75 % de votre SJR. Il ne peut être inférieur à un plancher de 32,13 € par jour (valeur au 1er juillet 2025). Si vous suivez une formation validée par France Travail, le montant minimal de l’AREF est fixé à 22,99 € par jour.

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Récapitulatif : Chômage cadre en 2026

Séverine Burel
Plancher
ARE minimale
32,13 € /jour
Dégressivité
Plancher dégressif
92,57 € /jour
📐

Formule retenue : la plus avantageuse entre 57 % du SJR et 40,4 % du SJR + 13,18 €. Plafonnée à 75 % du SJR.

⚠️

Dégressivité dès le 7e mois pour les moins de 55 ans si l’ARE dépasse 92,57 €/jour. Réduction de 30 %, plancher à 92,57 €.

📅

Durée max d’indemnisation : 18 mois (< 55 ans) · 22,5 mois (55-56 ans) · 27 mois (57 ans et +).

💡

Conseil : depuis le 1er avril 2025, le versement est mensualisé sur 30 jours fixes. Votre budget mensuel est désormais plus prévisible !

aide-sociale.fr

 

Chômage dégressif cadre : comment ça fonctionne ?

Certaines situations induisent une réduction du montant de l’indemnisation au chômage à l’issue de 6 mois de versement, c’est ce que l’on appelle “la dégressivité”. Cette règle concerne particulièrement les cadres, qui perçoivent généralement des salaires plus élevés. Depuis le 1er avril 2025, le seuil d’âge a été abaissé à 55 ans (contre 57 ans auparavant).

Les cadres concernés par la dégressivité :

    • Vous devez avoir moins de 55 ans au moment de la fin de votre contrat de travail (depuis le 1er avril 2025 ; auparavant, le seuil était de 57 ans).
    • Votre allocation journalière est supérieure à 92,57 € brut par jour (valeur au 1er juillet 2025, soit environ 2 777,10 € brut par mois).

Si vous répondez à ces 2 critères, vos allocations chômage seront réduites après 6 mois d’indemnisation. Voici comment fonctionne le chômage dégressif :

    • Si votre allocation journalière est comprise entre 92,57 € et 162,40 € : à partir du 7e mois d’indemnisation, votre allocation journalière sera fixée à 92,57 € (plancher de dégressivité, valeur au 1er juillet 2025).
    • Si votre allocation journalière est supérieure à 162,40 € par jour (soit un SJR supérieur à 4 939,67 € brut mensuel) : votre indemnisation sera réduite de 30 %, sans pouvoir descendre en dessous de 92,57 €.

Bon à savoir : certaines périodes peuvent suspendre ou retarder l’application de la dégressivité. C’est le cas notamment des périodes de formation prescrite par France Travail, ou encore de reprise d’emploi suivie d’une nouvelle perte d’emploi. Le compteur s’arrête pendant ces événements.

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Quelle est la durée de versement de l’allocation pour un cadre ?

La durée d’indemnisation dépend de votre âge et de la période au cours de laquelle vous avez travaillé. Depuis le 1er avril 2025, les bornes d’âge ont été modifiées par la réforme du chômage. Une règle de modulation s’applique également : en période de faible chômage (taux inférieur à 9 %), la durée théorique est réduite d’un coefficient de 0,75. Voici les durées maximales :

    • Vous avez moins de 55 ans : période de référence de 24 derniers mois, indemnisation maximale de 548 jours (18 mois).
    • Vous avez 55 ou 56 ans : période de référence de 36 derniers mois, indemnisation maximale de 685 jours (22,5 mois).
    • Vous avez 57 ans et plus : période de référence de 36 derniers mois, indemnisation maximale de 822 jours (27 mois).
    • Vous avez plus de 62 ans et percevez l’ARE depuis au moins un an : l’allongement de la période d’indemnisation est possible jusqu’à l’obtention d’une retraite à taux plein, sous conditions de cotisation (12 ans à l’assurance chômage dont 1 an continu ou 2 ans discontinus sur les 5 dernières années, et 100 trimestres de retraite). Pour en savoir plus, consultez notre article sur le chômage des seniors.

Si vous avez atteint la durée maximum d’indemnisation, vous pouvez peut-être prétendre au complément de fin de droit qui rétablit à la normale votre durée de versement. Concrètement, si la situation économique est jugée défavorable lorsque vous arrivez en fin de droits, vous bénéficiez d’une augmentation de 25 % de votre durée d’indemnisation. Pour un aperçu des règles de durée d’indemnisation chômage, vous pouvez consulter notre article dédié.

 

Fin de droits au chômage d’un cadre

Le versement de votre allocation chômage s’interrompt dès lors que vous êtes concerné par les situations suivantes :

    • Vous retrouvez une activité professionnelle (salariée ou non), en France ou à l’étranger. Pour la trouver, Apec, Cadremploi et autres sites d’emploi pour cadres sont un bon point de départ. Il est possible, si France Travail vous y autorise, de cumuler ce revenu d’activité avec l’ARE.
    • Vous bénéficiez de l’aide à la reprise ou à la création d’entreprise.
    • Vous percevez des indemnités journalières versées par l’Assurance maladie suite à un arrêt de travail. Ces revenus ne sont pas compatibles avec les allocations chômage.
    • Vous touchez la prestation partagée d’éducation de l’enfant (PreParE).
    • Vous bénéficiez de l’allocation journalière de présence parentale (AJPP).
    • Vous vous engagez dans un service civique.
    • Vous atteignez l’âge limite pour cesser votre activité, ou remplissez les conditions pour partir en retraite à taux plein.
    • Vous n’êtes plus résident français.
    • Vous avez effectué une fausse déclaration auprès de France Travail, dans l’intention de percevoir des versements injustifiés.

Dans certains cas, si vous avez épuisé vos droits au chômage, vous pouvez percevoir l’allocation de solidarité spécifique (ASS). Une radiation de France Travail peut également mettre fin à vos droits en cas de manquement à vos obligations de demandeur d’emploi.

 

Séverine Burel

Notre conseil
Séverine Burel, conseillère en aides sociales
Si vous approchez la fin de vos droits et que vous n’avez pas retrouvé d’emploi, ne restez pas sans agir : renseignez-vous sur l’ASS (allocation de solidarité spécifique) dès les deux derniers mois d’indemnisation. Les délais d’instruction peuvent être longs. De même, si vous avez plus de 62 ans, vérifiez avec votre conseiller France Travail si vous remplissez les conditions pour un maintien de vos droits jusqu’à la retraite à taux plein : c’est un dispositif souvent méconnu qui peut éviter une période sans aucun revenu.

 

Questions fréquentes sur le chômage d’un cadre

Vous trouverez ci-dessous les réponses aux questions les plus souvent posées sur les droits au chômage des cadres, au-delà des aspects déjà abordés dans cet article.

 

Quelle est la différence entre le chômage d’un cadre et d’un non-cadre ?

Sur le plan du calcul de l’ARE, il n’existe aucune différence : les formules et plafonds sont identiques pour tous les salariés. La vraie distinction vient de la dégressivité, qui s’applique statistiquement plus souvent aux cadres en raison de leurs salaires plus élevés. Le statut de cadre n’ouvre pas de droits supplémentaires à ce titre.

 

Un cadre en forfait jours est-il impacté différemment pour le calcul de son chômage ?

Le calcul de l’ARE pour un cadre en convention de forfait jours repose sur les mêmes bases : salaires bruts, primes et avantages en nature sur la période de référence. Toutefois, la conversion en jours travaillés peut être plus complexe. France Travail dispose de règles spécifiques pour cette situation, il est conseillé de se rapprocher de son conseiller pour obtenir une estimation personnalisée.

 

La dégressivité s’applique-t-elle si l’on reprend une activité partielle pendant le chômage ?

Une reprise d’emploi, même partielle, suspend le compteur de dégressivité. Si vous cumulez ARE et activité réduite, les 6 mois déclenchant la dégressivité ne s’écoulent que pendant les périodes où vous percevez l’allocation sans reprendre d’emploi. Une formation prescrite par France Travail produit le même effet suspensif.

 

Peut-on percevoir l’ARE et créer une entreprise en même temps ?

Oui, sous conditions. France Travail propose deux dispositifs pour les créateurs d’entreprise : le maintien partiel de l’ARE (CAPE) ou le versement en capital sous forme d’ARCE, égal à 60 % du capital restant des droits. Ce second mécanisme permet de financer le démarrage de votre activité, mais met fin à votre indemnisation mensuelle. Consultez notre article sur le congé pour création d’entreprise pour en savoir plus.

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Sources officielles et références

Crédit photo : © Drazen / Adobe


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