L’école de la deuxième chance (E2C) s’adresse aux jeunes de 16 à 25 ans qui ont quitté le système scolaire depuis au moins un an, sans emploi ni qualification. Ce dispositif d’insertion propose une formation individualisée et gratuite, alternant remises à niveau et stages en entreprise, pour construire un projet professionnel concret.

Quelles sont les conditions exactes pour y accéder ? Combien perçoit-on pendant la formation ? Quels débouchés après l’E2C ? Quelles aides complémentaires peut-on mobiliser ?

L’école de la deuxième chance permet à tout jeune de 16 à 25 ans, sorti du système scolaire depuis au moins un an et sans emploi, de bénéficier d’une formation rémunérée : environ 200 € par mois avant 18 ans, environ 500 € au-delà. La formation est entièrement gratuite et débouche sur un emploi, une alternance ou une formation qualifiante dans plus de deux tiers des cas.


Une école de la deuxième chance : qu’est-ce que c’est ?

Contrairement à ce que son appellation pourrait laisser supposer, l’école de la deuxième chance n’est pas intégrée au système scolaire à proprement parler. Il s’agit d’un dispositif d’insertion pour les jeunes de 16 à 25 ans en décrochage scolaire qui ont quitté le système éducatif français sans diplôme ni qualification. Pour les 16-18 ans, intégrer une E2C permet notamment de respecter l’obligation de formation jusqu’à 18 ans, qui prend le relais de l’obligation scolaire. Elle fait partie des aides destinées aux jeunes sans emploi dont l’objectif est de favoriser l’insertion socio-professionnelle, un enjeu majeur face au chômage des jeunes en France.

L’objectif de l’école de la deuxième chance est de proposer à ces jeunes une possibilité de construire un projet professionnel en accédant à une formation qualifiante ou directement à un emploi.

Aujourd’hui, les E2C, créées en 1997, sont rassemblées au sein d’un Réseau national de plus de 130 sites. Une charte en fixe les principes fondamentaux. En 2024, ces écoles ont accompagné plus de 17 000 jeunes en difficulté d’insertion socio-professionnelle.

Les écoles de la deuxième chance fondent leur pédagogie sur des parcours individualisés. Les apprentissages portent en particulier sur :

    • Des remises à niveau en français, calcul et mathématiques, informatique
    • Des stages en entreprise qui permettent de découvrir des métiers
    • Un suivi personnalisé dans la construction du projet professionnel
    • Des activités culturelles et sportives favorisant la confiance en soi

Le but annoncé est de redonner confiance au jeune afin qu’il obtienne les compétences nécessaires à la construction de son projet professionnel.

À savoir : aucun diplôme n’est délivré à l’issue d’un cursus en école de la deuxième chance. En revanche, une attestation de compétences acquises est remise à chaque stagiaire à la sortie.

 

À qui s’adresse l’école de la deuxième chance ?

C’est aux jeunes de 16 à 25 ans, sans emploi ni diplôme ou qualification, que s’adresse une E2C. Contrairement aux idées reçues, il n’est pas nécessaire d’être sans aucun diplôme : même un bachelier éloigné durablement de l’emploi peut candidater.

Pour intégrer une école de la deuxième chance, le jeune doit remplir trois conditions cumulatives :

    • Avoir entre 16 et 25 ans (des dérogations existent jusqu’à 30 ans pour certains sites, notamment pour les bénéficiaires du RSA)
    • Avoir quitté le système scolaire depuis au moins un an
    • Être sans emploi au moment de la candidature

À noter : l’inscription dans une E2C est possible pour tous les jeunes qui remplissent ces critères, quelle que soit leur nationalité.

L’admission ne se fait pas sur dossier. Elle est accordée sur la base :

    • D’un entretien dont l’objectif est de vérifier la motivation et les attentes du candidat
    • D’une évaluation de ses besoins
    • De l’ébauche d’une première approche professionnelle

Le plus souvent, l’inscription à une école de la deuxième chance est liée à d’autres dispositifs d’insertion. La mission locale, qui accompagne les jeunes de 16 à 25 ans, peut orienter vers une E2C et assurer un accompagnement renforcé.

À savoir : il est possible d’intégrer une école de la deuxième chance à n’importe quel moment de l’année. Une première réunion collective d’information permet aux candidats de comprendre le dispositif avant de s’engager.

 

Séverine Burel

Notre conseil
Séverine Burel, conseillère en aides sociales
Beaucoup de jeunes pensent à tort qu’ils n’ont pas leur place en E2C parce qu’ils ont un diplôme ou parce qu’ils ont quitté l’école il y a seulement quelques mois. En réalité, la seule vraie condition d’accès, c’est la motivation. Si vous êtes sorti du système depuis moins d’un an, patientez et contactez en attendant votre mission locale : elle pourra préparer votre dossier et vous orienter vers l’E2C au bon moment.

 

Comment fonctionne une E2C ?

Combiner une remise à niveau avec une expérience en entreprise est ce que propose l’école de la deuxième chance à chaque jeune de façon différenciée, afin de construire petit à petit son insertion socio-professionnelle. Le parcours se déroule en cinq temps progressifs, de l’évaluation initiale jusqu’au suivi post-sortie.

 

Une prise en charge personnalisée

Dès qu’il intègre une E2C, le jeune est suivi par un référent qui l’accompagnera tout au long de son cursus. Ce référent a pour mission, en relation avec le jeune dont il a la charge, de déterminer ses besoins en fonction de son niveau et de lui permettre de mettre en place un projet professionnel réaliste.

Un suivi constant permet d’ajuster les objectifs à l’évolution du jeune. En pratique, les E2C prévoient également un pôle social pour trouver des solutions face aux problèmes concrets : logement, transport, garde d’enfants, santé, ou encore surendettement.

 

Alternance entre stages et formation théorique

Le principe d’une E2C repose sur une alternance entre des temps de remise à niveau et des stages en entreprises. Outre les matières fondamentales, la formation comprend aussi la découverte du savoir-être professionnel.

Les stages dans les entreprises partenaires représentent 40 % du temps passé en E2C. Ils permettent la découverte de métiers et l’affinage de l’orientation vers une profession, tout en offrant l’occasion d’une première expérience concrète valorisable sur un CV.

 

Quelle durée pour ce parcours de formation ?

La durée de cette formation n’est pas déterminée à l’avance. En général, elle varie entre 4 et 18 mois en fonction du profil et des objectifs du jeune. La durée moyenne constatée dans le réseau est d’un peu plus de 6 mois. L’acquisition des savoirs et des compétences peut demander plus de temps pour certains jeunes qui ont besoin d’un accompagnement prolongé.

 

L’insertion socio-professionnelle : l’objectif prioritaire

C’est l’objectif prioritaire pour une école de la deuxième chance. Ce parcours de formation doit déboucher sur l’emploi, une formation qualifiante ou un contrat en alternance. Selon les données 2024 du Réseau E2C, près des deux tiers des jeunes sortent du dispositif avec une solution positive (emploi, alternance ou formation qualifiante).

 

Quelle rémunération en E2C ?

Tout d’abord, il importe de savoir que formation et enseignements dispensés en E2C sont totalement gratuits.

Comme prévu par la loi à l’article L.6311-1 du Code du travail, l’intégration en E2C confère automatiquement le statut de stagiaire de la formation professionnelle. Un accompagnement financier est prévu tout au long du parcours.

Il s’agit d’une rémunération dont le montant est variable selon la situation :

    • Entre 16 et 18 ans : la gratification est en moyenne de 200 € par mois
    • À partir de 18 ans : la rémunération est en moyenne de 500 € mensuels
    • Situations spécifiques (jeune handicapé cherchant un premier emploi, parent isolé, personne ayant travaillé au moins 6 mois) : la rémunération peut atteindre davantage selon les barèmes régionaux

À savoir : la protection sociale (maladie, maternité, accident du travail) est incluse dans la rémunération du stagiaire. C’est la Région qui finance intégralement cette rémunération. Par ailleurs, si vous êtes demandeur d’emploi et percevez l’allocation d’aide au retour à l’emploi (ARE), vous pouvez continuer à la toucher pendant votre formation en E2C. En revanche, le RSA n’est pas cumulable avec la rémunération E2C.

 

École de la deuxième chance : les chiffres clés à retenir

Séverine Burel
16–18 ans
Rémunération
~200 € /mois
+18 ans
Rémunération
~500 € /mois
🎓

Formation gratuite, ouverte toute l’année, sans condition de diplôme. Le seul critère : la motivation.

📍

Plus de 130 sites en France. Pour trouver l’E2C la plus proche, consultez la cartographie du réseau.

📈

2 jeunes sur 3 sortent du dispositif avec une solution (emploi, alternance ou formation qualifiante).

💡

Mon conseil : Si vous touchez le RSA, sachez que vous ne pouvez pas le cumuler avec la rémunération E2C. Mais la mission locale peut vous aider à trouver les aides complémentaires adaptées à votre situation.

aide-sociale.fr

 

Quelles aides complémentaires pour un jeune inscrit en école de la deuxième chance ?

Outre la rémunération liée au statut de stagiaire, et afin de donner au jeune toutes les chances d’aller au bout de son cursus, d’autres aides peuvent être mobilisées. Elles ont pour objectif de sécuriser le parcours du jeune en levant les obstacles matériels qui freinent l’insertion.

Ce sont les missions locales qui, le plus souvent, coordonnent ces aides complémentaires et aident à la constitution des dossiers.

Ces aides complémentaires concernent :

    • La mobilité : des abonnements à tarif réduit, un soutien financier pour se rendre sur les lieux de stage, parfois même une aide au permis de conduire, sont accordés par les collectivités territoriales
    • L’hébergement : la CAF intervient via le versement des APL ou du FSL (Fonds de solidarité logement), attribué par le Département. De nombreux stagiaires sans solution de logement se tournent aussi vers un logement en foyer jeune travailleur, compatible avec le statut de stagiaire de la formation professionnelle
    • La restauration et les frais du quotidien : il est possible de déclencher les aides ponctuelles du FAJ (Fonds d’aide aux jeunes), accordé par le Conseil départemental
    • La prime d’activité : selon votre situation, la rémunération perçue en E2C peut ouvrir droit à la prime d’activité de la CAF — renseignez-vous auprès d’un conseiller

Ce soutien est particulièrement important pour les jeunes issus de milieux défavorisés ou sans ressources.

 

Quels sont les débouchés à la sortie d’une école de la deuxième chance ?

Plusieurs solutions s’offrent au jeune à l’issue de son parcours. Si l’E2C ne délivre pas de diplôme, elle fournit néanmoins une attestation de compétences acquises que le jeune peut présenter à un employeur ou pour intégrer une formation.

 

Avoir accès à l’emploi

Grâce aux stages en entreprise et au suivi assuré par l’école, il est possible de décrocher un emploi dès la sortie de l’E2C :

    • Soit en CDD (Contrat à durée déterminée)
    • Soit en CDI (Contrat à durée indéterminée)
    • Soit via un contrat d’aide à l’insertion ou un contrat de professionnalisation

À noter : l’expérience acquise au cours des stages est un point fort aux yeux des employeurs. Les jeunes sortant d’E2C ont souvent déjà tissé des liens avec des entreprises partenaires.

 

S’inscrire en formation diplômante

Continuer son parcours en s’inscrivant à une formation qualifiante est un autre débouché fréquent. Le jeune peut s’inscrire à :

    • Un bac professionnel ou un CAP
    • Un titre professionnel délivré par l’État
    • Une formation dans un CFA (Centre de formation des apprentis)

C’est une façon de renforcer ses acquis et ses perspectives d’embauche.

 

Choisir un apprentissage

À l’issue d’un parcours en E2C, l’apprentissage convient tout particulièrement. Il offre l’opportunité de se former à un métier en acquérant de l’expérience tout en étant rémunéré. C’est souvent la sortie la plus valorisée par les E2C, qui privilégient les parcours en alternance. Pour préparer cette transition, direction notre guide complet des aides pour les jeunes en contrat d’apprentissage, qui détaille les 16 dispositifs mobilisables dès la signature du contrat.

 

Prolonger l’accompagnement

Un jeune qui a terminé son parcours en école de la deuxième chance peut continuer à être accompagné par une structure comme la mission locale, tout en bénéficiant d’aides adaptées. Le réseau E2C prévoit d’ailleurs un suivi jusqu’à un an après la sortie du dispositif, pour s’assurer que le jeune ne se retrouve pas de nouveau sans solution.

 

Existe-t-il des alternatives à l’école de la deuxième chance ?

L’E2C ne constitue pas la seule possibilité pour les jeunes non diplômés en difficulté d’insertion socio-professionnelle. D’autres dispositifs peuvent leur venir en aide pour construire un projet et accéder à l’emploi.

 

Le CEJ, Contrat d’engagement jeune

Proposé par France Travail et en lien avec la mission locale, le CEJ s’adresse au même public que l’école de la deuxième chance. Il propose des ateliers professionnels, un suivi intensif dans la construction du projet professionnel et, sous conditions, une allocation mensuelle. À la différence de l’E2C, le CEJ n’implique pas de formation dans un établissement dédié.

 

Le PACEA, parcours contractualisé vers l’emploi

Le PACEA (Parcours Contractualisé d’Accompagnement vers l’Emploi et l’Autonomie) est mis en place par les missions locales. Il s’adresse aux jeunes de 16 à 25 ans et peut inclure une allocation financière. C’est souvent un tremplin avant ou après une E2C.

 

Divers services de volontariat

Afin d’obtenir de l’expérience et faciliter l’accès à l’emploi, un jeune peut se tourner vers des dispositifs de volontariat : le service civique, le volontariat dans les armées ou encore le service national universel. Ces missions permettent de se former tout en s’engageant dans des missions d’intérêt général et de toucher une indemnité.

 

En Île-de-France : le revenu jeune actif

Le revenu jeune actif Île-de-France est une aide régionale qui permet de soutenir les jeunes de 18 à 25 ans en situation de précarité, de leur procurer une aide financière et d’impulser l’accès à une formation ou à un emploi.

 

Séverine Burel

L’erreur à éviter
Séverine Burel, conseillère en aides sociales
Ne confondez pas l’école de la deuxième chance avec les formations en alternance classiques. L’E2C n’est pas une école au sens traditionnel : il n’y a pas de classe, pas d’emploi du temps fixe, et pas de diplôme à la clé. C’est un accompagnement sur-mesure. Certains jeunes abandonnent parce qu’ils s’attendaient à un cadre scolaire habituel. Renseignez-vous bien sur le fonctionnement concret de l’école proche de chez vous avant de candidater.

 

Questions fréquentes sur l’école de la deuxième chance

De nombreuses questions concrètes se posent souvent au sujet de l’école de la deuxième chance. Qui peut y accéder, comment la formation se déroule-t-elle, quelles possibilités après l’E2C : autant d’interrogations auxquelles nous répondons pour mieux comprendre ce dispositif.

 

Peut-on s’inscrire en E2C si l’on n’est pas encore sorti du système scolaire depuis un an ?

Non. Pour intégrer une E2C, il faut avoir quitté le système scolaire depuis au moins un an sans qualification ni diplôme. Si vous venez de décrocher, contactez dès maintenant votre mission locale : elle pourra vous accompagner dans l’attente et préparer votre orientation vers l’E2C au bon moment.

 

Peut-on garder son emploi quand on intègre une E2C ?

Il est très difficile de conserver un emploi régulier en parallèle. Cette formation implique un temps complet, partagé entre formation théorique et stages en entreprises. L’objectif est de permettre au jeune de se concentrer pleinement sur la construction de son projet professionnel.

 

Quel est le coût d’une formation en école de la deuxième chance ?

L’accès à l’E2C est totalement gratuit. Ce sont principalement les régions qui financent l’école de la deuxième chance, aussi bien les frais de formation que la rémunération des stagiaires. Cette gratuité est un soutien précieux pour les jeunes en situation de précarité.

 

Où trouver les écoles de la deuxième chance ?

Le réseau E2C compte plus de 130 sites qui couvrent l’ensemble du territoire français. La cartographie est disponible sur le site du Réseau E2C. Certaines zones rurales peuvent être un peu éloignées d’une école : la question de la mobilité est alors à évoquer dès l’inscription.

 

Est-il possible de changer d’orientation en cours de formation ?

Oui. Les stages en entreprise permettent de découvrir différents métiers, et il est naturel que le jeune ajuste son projet professionnel au fil de la formation. L’accompagnement personnalisé est justement conçu pour s’adapter à cette évolution.

 

Un jeune en situation de handicap peut-il s’inscrire en E2C ?

Oui. Les écoles de la deuxième chance sont adaptées pour recevoir des jeunes en situation de handicap. Des aménagements peuvent être envisagés en fonction des besoins particuliers de chaque stagiaire.

 

Une école de la deuxième chance peut-elle exclure un jeune en formation ?

Oui. L’assiduité et l’implication sont des conditions essentielles au succès du parcours. Si ces conditions ne sont pas remplies, une exclusion peut être décidée. Cependant, l’accompagnement personnalisé vise aussi à prévenir ce type de situation grâce à un dialogue continu avec les stagiaires.

 

Est-il possible de suivre une formation en E2C à distance ?

Non. L’accompagnement individualisé, les activités collectives et les stages imposent la présence physique du stagiaire sur place. L’E2C est un dispositif en présentiel.

 

Obtient-on un diplôme à la sortie d’une formation en E2C ?

Non, l’école de la deuxième chance ne délivre pas de diplôme. En revanche, chaque stagiaire reçoit une attestation des compétences acquises. Celle-ci permet de continuer le parcours vers l’emploi ou une formation qualifiante tout en redonnant confiance au jeune.

 

Qu’advient-il d’un stagiaire qui abandonne sa formation avant la fin ?

Un jeune peut quitter l’E2C avant la fin de sa formation soit parce qu’il a trouvé un emploi ou une formation (sortie positive), soit parce qu’il renonce à sa formation. Dans le premier cas, c’est une réussite. Dans le second, la mission locale peut prendre le relais afin d’éviter une rupture durable.

 

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Sources officielles et références

Crédit photo : © Krakenimages.com / Adobe Stock


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