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Comment se calcule la durée du chômage en 2026 ?
A l’image du calcul des allocations chômage, la durée d’indemnisation par France Travail résulte de deux réformes successives : l’une intègre les jours non travaillés au calcul, l’autre fait intervenir la conjoncture économique. Voici les étapes.
Étape 1 — La période de référence affiliation (PRA)
France Travail détermine d’abord la période de référence affiliation (PRA), c’est-à-dire la fenêtre temporelle sur laquelle vos droits sont calculés. Elle varie selon votre âge :
- Moins de 55 ans : les 24 mois précédant la fin de votre dernier contrat
- 55 ans et plus : les 36 mois précédant la fin de votre dernier contrat
Bon à savoir : tous les types de contrats sont pris en compte (CDI, CDD, intérim, temps partiel, temps plein), quelle que soit leur durée, y compris les contrats d’apprentissage et de professionnalisation (voir la durée du chômage après une alternance). En cas de licenciement, France Travail retient comme date de fin de contrat la date d’engagement de la procédure.
Étape 2 — Le décompte des jours pris en compte
France Travail décompte ensuite les jours calendaires écoulés entre le début de votre premier contrat et la fin de votre dernier contrat sur la PRA. Sont inclus :
- Les jours travaillés (5 jours maximum par semaine civile)
- Les jours non travaillés (intercontrats), plafonnés à 70 % des jours travaillés
- Les samedis, dimanches et jours fériés
En revanche, les périodes suivantes sont exclues du calcul :
- Les arrêts maladie de plus de 15 jours consécutifs
- Les congés maternité, paternité et d’adoption
- Les accidents du travail et maladies professionnelles
- Les périodes de formation (PPAE ou CPF, sauf exception)
- Les activités non déclarées à France Travail
Étape 3 — Le calcul de la durée brute
France Travail effectue deux calculs et retient le résultat le plus petit :
- Formule 1 : nombre de jours calendaires entre le début du premier contrat et la fin du dernier
- Formule 2 : nombre de jours travaillés × 1,4 × 1,75 (arrondi à l’entier supérieur) — le coefficient 1,75 correspond au plafonnement à 70 % des jours non travaillés
Étape 4 — Le coefficient de conjoncture (période verte / rouge)
Deux types de périodes sont définies par arrêté ministériel :
- Période verte : conjoncture favorable — taux de chômage en dessous de 9 % et hausse inférieure à 0,8 point sur le trimestre
- Période rouge : conjoncture défavorable — taux au-dessus de 9 % ou hausse de plus de 0,8 point sur le trimestre
En période verte, votre durée d’indemnisation est réduite de 25 % sans possibilité de rattrapage. En période rouge, cette réduction s’applique également, mais le complément de fin de droits (CFD) peut vous permettre de récupérer ces jours si vous n’avez pas retrouvé d’emploi avant la fin de vos droits.
Situation en 2026 : le taux de chômage atteint 8,1 % au T1 2026, en hausse de +0,7 point sur un an (source : INSEE, mai 2026). Le seuil de période rouge (hausse de +0,8 point) n’est pas encore atteint. La période est donc actuellement verte, mais la tendance est à surveiller.
Ne sont pas concernés par la réduction de 25 % :
- Les demandeurs d’emploi des DOM-COM
- Les marins pêcheurs
- Les ouvriers dockers occasionnels
- Les intermittents du spectacle
- Les bénéficiaires d’un Contrat de sécurisation professionnelle
Exemple — 1 an de travail, combien de chômage ?
Paul, 35 ans, s’inscrit à France Travail après 12 mois de travail continu. Entre le début et la fin de son contrat : 365 jours calendaires.
France Travail effectue les deux calculs :
- Formule 1 : 365 jours (calendaires)
- Formule 2 : 365 × 1,4 × 1,75 = 893 jours
France Travail retient le plus petit : 365 jours, puis applique le coefficient 0,75 → 365 × 0,75 = 274 jours, soit environ 9 mois.
Si vous trouvez un emploi avant d’avoir épuisé vos droits, vous pouvez bénéficier du rechargement des droits France Travail. Pensez également à actualiser votre situation chaque mois. Si vous épuisez vos droits, des aides de fin de droits peuvent prendre le relais.
Durée minimale et maximale d’indemnisation chômage
Quel que soit votre âge, si vous remplissez les conditions pour percevoir le chômage, votre durée d’indemnisation ne peut être inférieure à 6 mois (182 jours). Pour 6 mois de travail, vous avez donc droit à 6 mois d’indemnisation.
La durée maximale varie selon votre âge à la fin de votre dernier contrat, depuis la réforme du 1er avril 2025 :
- 548 jours (18 mois) pour les moins de 55 ans
- 685 jours (22,5 mois) pour les 55 et 56 ans
- 822 jours (27 mois) pour les 57 ans et plus
Les demandeurs d’emploi de 55 ans et plus bénéficient donc de durées d’indemnisation allongées. Les cadres à haut salaire doivent par ailleurs anticiper la dégressivité de l’allocation chômage cadre, qui peut réduire leur ARE de 30 % à partir du 7e mois.
En période rouge, le complément de fin de droits (CFD) peut prolonger votre indemnisation :
- + 182 jours pour les moins de 55 ans → durée maximale totale : 730 jours (24 mois)
- + 228 jours pour les 55-56 ans → durée maximale totale : 913 jours (30 mois)
- + 273 jours pour les 57 ans et plus → durée maximale totale : 1 095 jours (36 mois)
Prolongements exceptionnels de la durée d’indemnisation chômage
Deux catégories de demandeurs d’emploi peuvent prolonger leur durée d’indemnisation sous conditions :
- Les moins de 62 ans qui perçoivent l’ARE depuis au moins un an et ne peuvent pas encore prétendre à une retraite à taux plein (prolongement possible jusqu’à 67 ans au plus tard)
- Les 55 ans et plus ayant suivi des formations indemnisées au titre de l’ARE-F, dans le cadre de leur PPAE ou financées par leur CPF (prolongement de 182 jours maximum)
Si vous pensez y avoir droit, rapprochez-vous de votre conseiller France Travail pour une réponse personnalisée.
Vidéo explicative sur la durée d’indemnisation du chômage (Unédic TV) :
Questions fréquentes sur la durée d’indemnisation chômage
Voici les questions les plus posées sur la durée du chômage et le calcul de l’indemnisation.
Quelle est la durée d’indemnisation chômage pour 1 an de travail ?
Avec 1 an de travail continu (365 jours), le coefficient de conjoncture de 0,75 s’applique : la durée brute de 365 jours est réduite à environ 274 jours, soit environ 9 mois. Si vous avez eu des intercontrats, la durée peut varier. Pour les moins de 55 ans, le plafond de 18 mois ne sera pas atteint avec seulement 12 mois travaillés.
La période rouge ou verte change-t-elle ma durée d’indemnisation ?
Non, pas directement. Le coefficient de 0,75 s’applique dans tous les cas. La distinction verte/rouge ne joue que sur le complément de fin de droits (CFD) : en période rouge, si vous arrivez à moins de 30 jours de la fin de vos droits, France Travail peut prolonger votre indemnisation. En période verte, ce complément n’est pas disponible.
Peut-on prolonger ses droits au chômage ?
Oui, dans plusieurs cas. En période rouge, le complément de fin de droits prolonge l’indemnisation de 25 %. Les seniors proches de la retraite sans taux plein peuvent aussi bénéficier d’un maintien jusqu’à 67 ans. Enfin, trouver un emploi puis le perdre à nouveau ouvre droit au rechargement des droits. Reprendre une activité tout en cumulant ARE et salaire permet aussi de faire durer vos droits : les jours où l’allocation est réduite par votre salaire ne sont pas décomptés, ce qui repousse la date de fin de vos droits.
Peut-on partir en vacances pendant le chômage sans perdre ses droits ?
Oui. Tout demandeur d’emploi peut s’absenter pour des congés au chômage dans la limite de 35 jours calendaires par année civile, tout en continuant à percevoir son allocation. Toute absence de plus de 7 jours doit être déclarée à France Travail au moins 72 heures avant le départ. Ces jours de congés ne réduisent pas la durée totale de vos droits.
Combien de temps peut-on toucher le chômage après une démission ?
La démission ouvre rarement droit au chômage, sauf dans des cas précis (démission légitime, reconversion professionnelle validée par la Commission paritaire). Si les conditions sont remplies, les mêmes règles de durée s’appliquent : entre 6 et 27 mois selon votre âge et votre parcours.
Que se passe-t-il quand on arrive en fin de droits chômage ?
À l’épuisement de vos droits ARE, plusieurs dispositifs peuvent prendre le relais : l’Allocation de solidarité spécifique (ASS), le RSA selon votre situation, ou encore des aides de fin de droits France Travail. Un bilan avec votre conseiller est recommandé dès que vous approchez de la fin de vos droits.
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Rédacteur et chargé des relations extérieures d’Aide-Sociale.fr depuis 2018, je suis au contact quotidien des collectivités territoriales, des administrations et des organismes sociaux. Après un cursus de lettres modernes, j’ai rejoint le projet par conviction pour l’accès aux droits. Je participe à la vérification des articles, à la mise à jour des simulateurs et je réponds aux questions des lecteurs sur le forum.
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