La rupture de la période d’essai par le salarié (on parle aussi de démission pendant la période d’essai) est libre, en CDI, en CDD comme en intérim : aucun motif à donner, aucune indemnité à verser. Il faut seulement respecter un délai de prévenance de 24 heures si vous êtes présent depuis moins de 8 jours dans l’entreprise, de 48 heures au-delà. C’est bien plus souple que la démission classique, avec préavis et indemnités.

Le revers : quitter son poste pendant l’essai équivaut à une démission, qui n’ouvre en principe pas droit au chômage, sauf exceptions précises.


Rupture de la période d’essai par le salarié : procédure à suivre

En tant que salarié, vous pouvez mettre fin à votre période d’essai d’un CDI, d’un CDD ou d’une mission d’intérim à tout moment, y compris lorsque l’employeur a prolongé l’essai. Chaque contrat ayant ses propres règles, retrouvez les différents contrats de travail et leurs spécificités, ainsi que l’ensemble des droits du salarié en cours de contrat.

Une fois la période d’essai achevée, les règles de rupture changent : direction notre article sur la durée et la rupture d’un CDD pour connaître les modalités applicables après cette phase initiale. Pour comparer avec les autres solutions de départ (démission, rupture conventionnelle, licenciement…), retrouvez aussi toutes les façons de rompre un contrat de travail dans notre article de référence. Si vous êtes en CDI, les règles applicables après l’essai sont détaillées dans notre article sur le fonctionnement du contrat CDI et ses cas de rupture.

Attention : il faut bien distinguer la période probatoire, qui peut s’appliquer quand un salarié change de poste au sein d’une même entreprise, et la période d’essai qui peut être mise en place au début d’un contrat de travail quand un salarié arrive dans une entreprise.

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La procédure est volontairement allégée : pas d’entretien préalable, pas de motif, un seul délai à respecter. Voici le détail, du cadre légal aux documents à récupérer avant votre départ.

 

Ce que la loi prévoit pour le salarié qui rompt sa période d’essai

Voici ce qu’il faut savoir sur la rupture d’une période d’essai à l’initiative du salarié :

    • Vous pouvez rompre votre période d’essai à tout moment
    • Vous pouvez démissionner sans avoir à donner un motif à votre employeur
    • La loi n’impose aucune lettre de démission ni aucun formalisme, sauf si votre contrat ou votre convention collective le prévoit. Service-public.gouv.fr conseille toutefois de prévenir l’employeur par lettre recommandée avec accusé de réception, ou par mail avec accusé de réception, pour éviter tout litige
    • Votre employeur ne sera pas tenu de vous recevoir en entretien préalable (contrairement à la procédure qui s’applique en cas de licenciement pour motif personnel)

Ainsi, la procédure à suivre pour rompre une période d’essai est assez souple. Seule obligation légale dans ce type de situation : respecter un délai dit « de prévenance ».

 

Délai de prévenance : 24 ou 48 heures selon votre temps de présence

Pour une rupture à l’initiative du salarié, l’article L. 1221-26 du Code du travail impose de prévenir l’employeur avant de quitter votre poste dans un délai de :

    • 24 heures si vous êtes présent.e dans l’entreprise depuis moins de 8 jours
    • 48 heures si vous êtes présent.e dans l’entreprise depuis 8 jours ou plus

Exemple : vous travaillez dans l’entreprise depuis trois semaines et annoncez votre départ le lundi à 9 h. Vous pouvez cesser de travailler le mercredi à 9 h, une fois les 48 heures écoulées. Si vous n’étiez là que depuis cinq jours, 24 heures auraient suffi.

Le délai dépend aussi de la personne qui met fin à l’essai : celui de l’employeur s’allonge avec votre ancienneté, pas le vôtre.

Durée de présence dans l’entreprise Rupture par le salarié Rupture par l’employeur
Moins de 8 jours 24 heures 24 heures
De 8 jours à 1 mois 48 heures 48 heures
De 1 à 3 mois 48 heures 2 semaines
Plus de 3 mois 48 heures 1 mois

 

Documents, salaire et congés payés : ce que l’employeur doit vous remettre

Selon le ministère du Travail, la période d’essai peut être rompue librement par le salarié, sans motivation et sans indemnité, sauf disposition conventionnelle contraire. En revanche, à l’issue du délai de prévenance, l’employeur doit vous remettre :

Le solde de tout compte comprend le salaire jusqu’au dernier jour travaillé, ainsi que les primes dues. Il inclut aussi l’indemnité compensatrice de congés payés pour les jours acquis et non pris : elle est versée quelle que soit l’origine de la rupture, y compris pendant la période d’essai. Pour vérifier vos droits, consultez nos règles sur les congés payés.

En bref :

    • Un salarié a le droit de rompre librement sa période d’essai, sans motif ni indemnité
    • Pour démissionner pendant une période d’essai, il suffit de prévenir son employeur et de respecter un délai de 24 ou 48h selon la durée de présence dans l’entreprise
    • Cette rupture équivaut à une démission : elle n’ouvre en principe pas droit au chômage (voir les exceptions plus bas)


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Lettre de démission en période d’essai : modèle de lettre de rupture (facultatif)

Comme expliqué ci-dessus, la rupture d’une période d’essai est une procédure très simple. La rédaction d’une lettre pour avertir votre employeur de votre décision n’est donc pas obligatoire, sauf clause contraire de votre contrat ou de votre convention collective.

Elle reste pourtant utile : une lettre date précisément votre décision et prouve que vous avez respecté le délai de prévenance. En cas de désaccord sur votre dernier jour de travail, c’est elle qui fera foi. Remettez-la en main propre contre décharge ou envoyez-la en recommandé avec accusé de réception. Pour un autre contrat ou un autre cas de figure, retrouvez nos modèles de lettre de démission.

Voici un modèle de lettre de rupture de période d’essai :

[Votre Prénom et Nom]
[Votre Adresse]
[Code Postal] [Ville]

[Nom de l’entreprise]
[Adresse de l’entreprise]
[Code Postal] [Ville]

[Lieu], le [Date]

Objet : Rupture de ma période d’essai

Madame, Monsieur,

Je vous informe de ma décision de mettre un terme à ma période d’essai, commencée le [date de début du contrat] pour le poste de [intitulé du poste].

Conformément à l’article L. 1221-26 du Code du travail, je respecterai un délai de prévenance de [24 heures / 48 heures]. Mon dernier jour de travail sera donc le [date].

Je vous remercie de bien vouloir me remettre, à l’issue de ce délai, mon certificat de travail, mon reçu pour solde de tout compte et mon attestation destinée à France Travail.

Je vous remercie pour l’opportunité et l’accueil au sein de votre entreprise.

Veuillez agréer, Madame, Monsieur, l’expression de mes salutations distinguées.

[Votre Prénom et Nom]
[Signature, si lettre imprimée]

 

Rupture de période d’essai et chômage : règle générale et exceptions

C’est la question qui préoccupe le plus les salariés qui envisagent de partir : peut-on toucher le chômage après avoir rompu sa période d’essai ? La réponse dépend de votre situation avant l’embauche. Voici la règle, puis les deux exceptions à connaître.

 

Pourquoi la rupture par le salarié n’ouvre pas droit au chômage

La réponse est non dans la majorité des cas. Pour l’assurance chômage, la rupture de la période d’essai par le salarié s’apparente à une démission, c’est-à-dire à une perte d’emploi volontaire. Selon France Travail, vous n’aurez donc pas droit à l’allocation chômage, sauf si votre départ entre dans l’un des cas de démission considérés comme légitimes. Découvrez le droit à l’allocation chômage en détail, ainsi que toutes les situations qui peuvent être considérées comme des démissions légitimes pour le chômage.

Si votre situation n’entre dans aucune exception, tout n’est pas perdu : après 121 jours sans emploi (environ quatre mois), vous pouvez demander à France Travail un réexamen de votre dossier par l’instance paritaire régionale. Si la décision est favorable, l’allocation est versée à partir du 122e jour.

Dans tous les cas, pensez à vous inscrire à France Travail après la rupture : l’inscription doit intervenir dans les 12 mois suivant la fin du contrat.

 

Exception n°1 : moins de 65 jours travaillés après une perte d’emploi

Vous pouvez percevoir le chômage si vous retrouvez un emploi juste après un licenciement, une rupture conventionnelle ou une fin de CDD, puis que vous le quittez en cours d’essai. Selon l’Unédic, deux conditions s’appliquent :

    • Vous ne vous êtes pas inscrit.e à France Travail entre les deux emplois
    • Vous rompez l’essai avant d’avoir travaillé plus de 65 jours, soit environ trois mois

Exemple : vous êtes licencié en mars, vous signez un CDI en avril sans vous être inscrit à France Travail, puis vous rompez l’essai après 40 jours travaillés. Votre départ peut être traité comme une démission légitime et vous pouvez demander l’ARE, si les autres conditions sont remplies. Après 70 jours travaillés, ce ne serait plus le cas.

 

Exception n°2 : moins de 88 jours travaillés en cours d’indemnisation

Si vous touchez déjà l’ARE et reprenez un emploi, la rupture de l’essai ne coûte pas forcément vos allocations. Depuis le 1er avril 2025, France Travail indique que vos allocations repartent si vous rompez l’essai avant d’avoir retravaillé quatre mois, soit 88 jours travaillés ou 610 heures (le seuil était de 65 jours ou 455 heures auparavant). Ces quatre mois se calculent en cumulant tous les contrats occupés depuis l’ouverture de vos droits. Pour le contexte, voir notre article sur les nouvelles règles du chômage entrées en vigueur en 2025.

Le versement reprend aussi si le contrat quitté a duré moins de 6 jours travaillés, ou représentait moins de 17 heures par semaine.

Exemple : vous êtes indemnisé, vous reprenez un CDI et vous rompez l’essai après deux mois, sans autre activité depuis l’ouverture de vos droits. Vous êtes sous le seuil des 88 jours : le versement de vos allocations reprend.

Séverine Burel

L’erreur à éviter selon SÉVERINE BUREL

” N’annoncez pas votre départ avant d’avoir compté vos jours travaillés. Les deux exceptions se jouent sur des détails : le nombre de jours travaillés (65 depuis la reprise d’emploi dans le premier cas, 88 depuis l’ouverture de vos droits dans le second, avec 5 jours comptés au maximum par semaine) et, pour la première exception, l’absence d’inscription à France Travail entre les deux contrats. Vérifiez vos bulletins de paie et, au moindre doute, interrogez France Travail avant d’envoyer votre lettre : une fois l’essai rompu, il est trop tard pour corriger.”

Récapitulatif : rupture de la période d’essai

✓
Vérifié par Séverine Burel
Séverine Burel
Obligatoire
Délai de prévenance
24 h ou 48 h selon la présence
Exception chômage
Seuil d’exception
65 jours travaillés au maximum
✅

Une procédure libre : aucun motif ni formalisme imposé par la loi. Un écrit daté (recommandé ou mail avec accusé de réception) reste conseillé pour prouver votre délai de prévenance.

⚠️

Chômage : en principe non. La rupture par le salarié vaut démission. Exceptions : moins de 65 jours travaillés après une perte d’emploi, ou moins de 88 jours si vous étiez déjà indemnisé.

🧾

À votre départ : certificat de travail, attestation France Travail et solde de tout compte, avec les congés payés acquis et non pris.

💡

Mon conseil d’experte : comptez vos jours travaillés avant d’annoncer votre départ. C’est ce chiffre, et non la date de signature du contrat, qui décide de votre droit au chômage !

aide-sociale.fr

 

Questions fréquentes sur la rupture de la période d’essai

Les questions ci-dessous complètent les règles vues plus haut : arrêt maladie, non-respect du délai, chômage quand c’est l’employeur qui rompt, attestation France Travail et signature.

 

Un salarié en arrêt maladie peut-il rompre lui-même sa période d’essai ?

Oui. D’après Service-public.gouv.fr, un contrat suspendu par un arrêt maladie peut être rompu dans les conditions simplifiées de la période d’essai, à l’initiative du salarié comme de l’employeur. Le délai de prévenance reste à respecter. Après un accident du travail ou une maladie professionnelle, la rupture anticipée n’est possible qu’à votre retour dans l’entreprise.

 

Que risque-t-on si l’on ne respecte pas le délai de prévenance ?

Le Code du travail ne prévoit aucune sanction contre le salarié qui part avant la fin du délai, précise le Code du travail numérique. Certaines conventions collectives autorisent toutefois l’employeur à demander une indemnisation : vérifiez la vôtre. À l’inverse, la loi sanctionne l’employeur qui ne respecte pas son propre délai : il doit verser une indemnité compensatrice.

 

Peut-on toucher le chômage si l’employeur met fin à la période d’essai ?

En principe oui : vous perdez votre emploi contre votre gré, ce qui peut ouvrir droit à l’ARE si vous avez suffisamment travaillé avant. Si vous aviez démissionné d’un CDI pour ce poste, après trois ans d’affiliation continue, et que l’employeur rompt l’essai avant 65 jours travaillés, cette démission est jugée légitime.

 

Que faire si l’employeur ne remet pas l’attestation France Travail ?

À la fin du contrat, l’employeur doit tenir l’attestation France Travail à votre disposition : elle n’est pas envoyée d’office par courrier. Si elle manque ou arrive en retard et retarde votre allocation, réclamez-la par lettre recommandée. À défaut, vous pouvez saisir le conseil de prud’hommes, qui peut accorder des dommages et intérêts si votre préjudice est reconnu.

 

Faut-il signer un document pour que la rupture de la période d’essai soit valable ?

Non. La loi n’impose aucun formalisme pour rompre l’essai : ni lettre, ni signature. Refuser de signer le document remis par l’employeur n’empêche donc pas la rupture d’être valable. Votre signature sert surtout à prouver la date de remise. En cas de doute, demandez une copie datée ou un accusé de réception.


Crédit photo : © Syda Productions / Adobe


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