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SOMMAIRE
Quel est le montant de la retraite moyenne en France ?
Le montant brut moyen au 31 décembre 2024
C’est LA référence officielle : la DREES (Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques) qui interroge chaque année l’ensemble des caisses de retraite. Les derniers chiffres sont tombés en mai 2026 : au 31 décembre 2024, la retraite moyenne en France s’établit à 1 705 € brut par mois pour les pensionnés résidant sur le territoire. Un montant en progression de 0,8 % par rapport à 2023.
Néanmoins, trois précisions sont indispensables à garder en tête pour bien comprendre ce chiffre :
- Il s’agit d’un montant tous régimes confondus : il additionne retraite de base et retraite complémentaire, ainsi que les pensions des fonctions publiques. Il ne correspond donc pas à ce que verse une caisse en particulier.
- Il ne concerne que les pensions de droit direct : cela signifie uniquement celles acquises au titre de votre propre carrière. Les pensions de réversion, versées au conjoint, ou encore la majoration accordée aux parents de 3 enfants et + en sont exclues.
- Il ne se focalise que sur les retraités vivant en France de manière stable et régulière : fin 2024, 17,3 millions de personnes touchent une pension de retraite de droit direct, mais seulement 16,4 millions résident dans l’Hexagone.
Brut ou net : ce qui est réellement versé
Le montant de 1 705 € est un montant brut, c’est-à-dire un montant avant prélèvements sociaux. La somme réellement perçue est inférieure.
Pour rappel, quatre prélèvements s’appliquent aux pensions de retraite :
- la contribution sociale généralisée (CSG) ;
- la contribution pour le remboursement de la dette sociale (CRDS) ;
- la contribution additionnelle de solidarité pour l’autonomie (CASA) ;
- la cotisation d’assurance maladie de 1 % (uniquement sur les retraites complémentaires).
Pour vous donner un ordre de grandeur, la DREES avait mesuré fin 2023 qu’une pension moyenne de 1 666 € brut correspondait à 1 541 € net. L’écart entre brut et net était tout de même de 125 € par mois. Le montant net moyen pour 2024 n’a pas encore été publié.
Bon à savoir : l’écart entre brut et net n’est pas le même pour tous. Depuis 2019, il existe 4 taux de CSG différents, appliqués selon le revenu fiscal de référence du foyer. Ainsi, un retraité modeste peut en être totalement exonéré alors qu’un retraité aisé se voit appliquer le taux plein de 8,3 %. Par conséquent, il n’y a pas de règle universelle de conversion pour tous. C’est pour cette raison que nous ne pouvons pas vous fournir le montant net de la retraite moyenne en France de 2024.
Attention à ne pas confondre moyenne et médiane !
Une moyenne est tirée vers le haut par les chiffres les plus élevés. Et c’est particulièrement vrai pour les retraites, où quelques pensions très importantes déforment le résultat final.
La DREES l’avait clairement démontré fin 2020 : 34 % des retraités résidant en France percevaient alors une pension inférieure ou égale à 1 000 € brut par mois. Mais à l’autre extrémité, 8 % des retraités dépassaient 3 000 € brut par mois. Et 1 % touchait plus de 5 150 € brut (source : DREES). Résultat, la moyenne s’affichait à 1 532 € brut ! Autrement dit, plus d’un tiers des retraités se situaient à plus de 500 € en dessous de cette moyenne, pendant qu’une minorité la survolait de plusieurs milliers.
La médiane, quant à elle, représente le montant qui sépare les retraités en deux moitiés égales ce qui serait l’indicateur le plus parlant. Malheureusement, la DREES ne la publie pas la médiane pour les pensions de droit direct.
Ce qu’il faut retenir, c’est que la retraite moyenne en France de 1 705 € brut n’est pas aussi représentative qu’il y parait puisqu’une part importante des retraités est très en dessous de la moyenne nationale. Il aurait été plus intéressant de se focaliser sur la médiane.
Cette même limite explique pourquoi la classe moyenne en France se définit à partir du salaire médian, et non de la moyenne, afin d’éviter cet effet de distorsion.
Pourquoi ce montant ne dit rien de votre future pension
Cette retraite moyenne mélange surtout des carrières de longueurs très différentes. Fin 2023, elle s’élevait à 1 670 € brut pour l’ensemble des retraités, alors que la moyenne des retraités qui avaient travaillé assez longtemps pour valider tous leurs trimestres franchissait la barre des 2 000 €… Soit un écart de près de 330 € ! (source : DREES)
C’est clairement le facteur qui pèse le plus lourd, avant même le métier exercé ou le salaire perçu. Une carrière interrompue, des années à temps partiel, une entrée tardive dans la vie active… Chaque trimestre manquant rogne sur la pension — l’écart peut même dépasser 50 % pour une carrière limitée à 20 ans. D’où l’importance, avant de vous comparer à la moyenne nationale, de regarder d’abord combien de trimestres vous avez validés, et pourquoi pas, d’estimer votre propre retraite grâce au simulateur officiel qui s’appuie sur vos données réelles !
Retraite moyenne des femmes et des hommes : un écart de 36 %
Les montants comparés
L’écart entre les pensions de retraite des femmes et celles des hommes est d’une inégalité criante. Fin 2024, la pension moyenne de droit direct des femmes est inférieure de 36 % à celles des hommes (toujours selon la DREES).
Les montants publiés pour l’année précédente donnent une mesure concrète de cet écart : fin 2023, les femmes retraitées résidant en France percevaient en moyenne 1 306 € brut par mois contre 2 089 € brut pour les hommes.
Les causes de l’écart des pensions de retraite homme/femme
Cet écart se traduit surtout par les différences de parcours professionnel :
- carrières plus courtes ;
- interruptions liées aux enfants ;
- temps partiel plus fréquent ;
- secteurs d’activité moins rémunérateurs.
Cet écart se réduit lentement mais sûrement : il atteignait encore 50 % en 2004, contre 36 % aujourd’hui.
Deux dispositifs viennent également compenser (en partie) ces interruptions de carrière : l’assurance vieillesse des parents au foyer (AVPF) et les trimestres de majoration de durée d’assurance pour l’accouchement et l’éducation des enfants.
L’effet de la pension de réversion
La pension de réversion réduit sensiblement cet écart entre hommes et femmes retraités. En intégrant ladite pension, la différence passe de 36 % à 25 % (source : DREES).
En effet, ce dispositif profite très majoritairement aux femmes : elles représentent 87 % des 4,4 millions de bénéficiaires. Et 32 % des femmes titulaires d’un droit direct percevaient aussi une réversion, contre seulement 6 % des hommes. Plus frappant, parmi les 884 000 personnes dont la réversion constitue l’unique pension, 96 % sont des femmes (source : DREES).
Des écarts importants selon le régime de retraite
Tableau comparatif des pensions selon le régime de retraite
Comme vous allez le découvrir en poursuivant votre lecture, le régime de retraite est d’une importance capitale quand on parle de retraite moyenne.
Voici la pension moyenne de droit direct selon le régime principal d’affiliation, mesurée fin 2023 par la DREES (source). Ces montants intègrent l’ensemble des pensions perçues (= base + complémentaire).
| Régime principal d’affiliation | Pension brute moyenne (fin 2023) |
|---|---|
| Professions libérales | 2 740 € |
| Régimes spéciaux | 2 580 € |
| Fonction publique d’État (civils) | 2 440 € |
| Fonction publique d’État (militaires) | 2 160 € |
| CNRACL (territoriale et hospitalière) | 1 760 € |
| MSA salariés agricoles | 1 650 € |
| Régime général | 1 530 € |
| MSA exploitants agricoles | 910 € |
| Ensemble des retraités | 1 670 € |
Retraite des salariés du privé : régime général et Agirc-Arrco
Salariés du privé, artisans et commerçants… La très grande majorité des retraités sont sous le régime général.
Les anciens salariés du privé perçoivent aussi une retraite complémentaire, versée par l’Agirc-Arrco. Cette dernière représente souvent une part importante de leur pension totale. Or, faute d’accord entre les partenaires sociaux le 17 octobre 2025, ces pensions complémentaires n’ont pas été revalorisées au 1er novembre 2025. On dit qu’elles ont été « gelées ». Une situation inédite depuis la fusion des régimes en 2019. Les retraités du privé n’ont donc bénéficié en 2026 que de la hausse de 0,9 % appliquée aux régimes de base, autrement dit sur une partie seulement de leur retraite.
Retraite de la fonction publique : des situations très contrastées
Selon le versant de la fonction publique, la retraite moyenne varie considérablement. D’un côté, il y a les anciens fonctionnaires de l’État avec 2 280 € en moyenne (militaires et civils confondus) et les anciens fonctionnaires territoriaux et hospitaliers et leur 1 760 € en moyenne.
Cette différence s’explique par les niveaux de qualification : dans la FPE, la proportion de cadres (= catégorie A) est nettement plus élevée que dans les autres versants.
La DREES apporte d’ailleurs une précision utile. Plutôt que de comparer les montants, on peut regarder quelle part de son ancien salaire chaque retraité conserve : c’est ce qu’on appelle le taux de remplacement. Et de ce point de vue, fonctionnaires et salariés du privé sont logés à la même enseigne.
En bref, et contrairement aux idées reçues, les fonctionnaires ne bénéficient pas de règles de calcul plus avantageuses. S’ils perçoivent en moyenne des pensions plus élevées, c’est d’abord parce qu’ils étaient mieux payés en fin de carrière.
Retraite des indépendants, artisans, commerçants et agriculteurs
C’est du côté des exploitants agricoles que les pensions sont les plus faibles. Un point important à souligner : les retraites agricoles ont connu une revalorisation ciblée ces dernières années grâce aux lois Chassaigne (2020 puis 2022), qui garantissent aux exploitants ayant une carrière complète un montant plancher de 85 % du Smic net, soit 1 175,62 € par mois en 2023 — alors que la pension moyenne des exploitants agricoles ne dépassait pas 880 € cette année-là avant ce complément (source).
Pour les artisans et les commerçants, ils ont intégré le régime général (= celui des salariés du privé) en 2020. Et cette intégration a contribué à niveler la moyenne vers le bas.
Les polypensionnés
Les montants indiqués dans le tableau récapitulatif correspondent au régime principal (= au régime dans lequel le retraité a validé le plus de trimestres). Or, fin 2023, un quart des retraités sont dits « polypensionnés », c’est-à-dire qu’ils touchent au moins deux pensions de régimes de base. Ce peut être le cas d’un salarié devenu fonctionnaire, d’un cadre passé indépendant ou encore d’un salarié agricole reconverti dans l’industrie. Et là, aucun chiffre officiel n’est disponible.
Pension de retraite inférieure à la moyenne : quelles aides mobiliser ?
Être sous la moyenne nationale ne relève pas de l’exception : c’est le cas d’une part considérable de retraités. Les pouvoirs publics ont donc prévu des dispositifs pour soutenir les personnes âgées en situation de précarité.
Le minimum contributif
Le minimum contributif (MICO) garantit un montant plancher de retraite de base aux assurés du régime général ayant liquidé leur pension au taux plein. Il ne s’agit pas d’une aide sociale à proprement parler, mais d’un complément de pension qui vient s’ajouter à ce vous recevez de l’Assurance retraite afin de vous faire atteindre ledit plancher.
Au 1er janvier 2026, le montant du minimum contributif est de 756,29 € par mois ou 903,93 € par mois avec majoration (cette dernière n’est réservée qu’aux assurés justifiant d’un certain nombre de trimestres cotisés). Attention, ces chiffres ne sont pas versés tels quels à votre pension de retraite. Concrètement, votre caisse calcule votre pension puis, si elle est inférieure au montant du minimum contributif, vous recevez la différence. Si elle est supérieure, vous n’aurez rien.
Le MICO est attribué automatiquement au moment de la liquidation : vous n’avez donc aucune démarche à faire.
Pour en savoir plus, n’hésitez pas à lire notre article sur le minimum contributif.
L’ASPA
L’Allocation de solidarité aux personnes âgées (ASPA) est destinée aux retraités de 65 ans et + disposant de faibles ressources (l’âge minimum peut être abaissé en cas d’inaptitude au travail ou de handicap).
Au 1er janvier 2026, elle garantit un revenu de 1 043,59 € par mois pour une personne seule et 1 620,18 € par mois pour un couple.
Attention, l’ASPA est une allocation différentielle : elle ne s’ajoute pas à votre pension, mais la complète jusqu’au seuil garanti. Par exemple : si vous touchez 700 € de retraite, vous recevrez 343,59 € d’ASPA.
En outre, l’ASPA est récupérable sur succession. Cela signifie qu’à votre décès, les sommes versées doivent être remboursées (hors exceptions).
Enfin, et contrairement au MICO, l’ASPA n’est jamais attribuée automatiquement : elle doit être demandée auprès de votre caisse de retraite.
Pour plus de renseignements, consultez notre guide sur l’Allocation de solidarité des personnes âgées.
La pension de réversion
Si votre conjoint est décédé, vous pouvez percevoir une fraction de sa propre retraite. Les conditions d’âge, de ressources et de situation matrimoniale varient d’un régime à l’autre. Pour les pensions de base du régime général, un minimum de réversion est garanti par l’organisme. Son montant est de 334,92 € par mois au 1er janvier 2026 (sous condition que le défunt ait cotisé au moins 15 ans).
Pour comprendre le mécanisme, connaître les critères d’éligibilité qui s’appliquent à votre cas et les démarches à faire, rendez-vous sur notre article sur la retraite de réversion.
Les autres aides ouvertes aux retraités modestes
Plusieurs aides peuvent se cumuler avec les dispositifs présentés ci-dessus, comme :
- la Complémentaire santé solidaire (CSS) ;
- les aides au logement (APL, ALS, ALF) ;
- l’Allocation personnalisée d’autonomie (APA) ;
- le chèque énergie ;
- l’allocation simple versée par le CCAS, pour les personnes âgées sans autre solution ;
- etc.
Retrouvez-les toutes sur notre guide complet des aides pour les personnes avec une petite retraite ! Et n’oubliez pas non plus notre simulateur gratuit : en quelques minutes, vous pouvez tester votre éligibilité à plus de 1 000 aides.
Questions fréquentes sur la retraite moyenne en France
Voici les réponses aux questions les plus posées sur la retraite moyenne en France, sur des points qui ne sont pas toujours détaillés plus haut dans l’article.
Peut-on cumuler une pension du régime général et une pension de la fonction publique ?
Oui, c’est même une situation fréquente : on parle de « polypensionné ». Un salarié devenu fonctionnaire, par exemple, touchera une pension du régime général pour ses années de salariat et une pension de la fonction publique pour le reste de sa carrière, chacune calculée séparément selon ses propres règles.
La retraite moyenne inclut-elle les décotes et les surcotes ?
Oui. Le montant de 1 705 € publié par la DREES est une moyenne brute qui intègre toutes les pensions de droit direct liquidées, qu’elles aient été réduites par une décote (trimestres manquants) ou majorées par une surcote (départ après l’âge du taux plein). Aucun retraité n’est exclu de ce calcul.
Où trouver le montant exact de sa future pension avant de partir à la retraite ?
Deux outils gratuits permettent de l’estimer : votre relevé de carrière, consultable sur votre espace personnel Info Retraite, qui liste vos trimestres validés, et le simulateur officiel M@rel, qui calcule une estimation chiffrée de votre pension selon votre situation réelle.
La retraite moyenne va-t-elle continuer à augmenter dans les prochaines années ?
C’est probable à court terme, car les pensions sont revalorisées chaque année en fonction de l’inflation. Mais l’évolution réelle de la moyenne dépendra aussi du renouvellement des générations de retraités, aux carrières et niveaux de salaire différents de leurs aînés.
Le montant de la retraite moyenne varie-t-il selon la région ?
Oui, sensiblement. Selon la DREES, les retraités résidant en Île-de-France perçoivent une pension supérieure de 23 % à la moyenne nationale, notamment en raison de carrières plus qualifiées et de salaires plus élevés dans cette région. À l’inverse, les régions à dominante rurale ou agricole affichent des moyennes plus faibles.
Qu’est-ce que le taux de remplacement et pourquoi est-il plus pertinent que le montant brut ?
Le taux de remplacement mesure la part de votre dernier salaire que vous conservez à la retraite. Il est plus parlant qu’un montant brut isolé car il tient compte de votre niveau de vie antérieur : deux retraités touchant la même pension peuvent avoir vécu une baisse de revenus très différente.
Sources officielles et références
- DREES : fiche 5, le niveau des pensions
- DREES : en Île-de-France, les retraités perçoivent une pension supérieure de 23 % à la moyenne nationale
- Service-public.fr : montant de l’Aspa
Crédit photo : © Lumos SP / Adobe

Rédactrice web SEO certifiée et freelance depuis 2017, j’écris pour Aide-Sociale.fr depuis 2019. Diplômée d’un BTS Communication et formée aux spécificités de la rédaction web et du SEO, j’ai rédigé plus de 314 articles avec un objectif constant : vulgariser le “langage CAF” et rendre les démarches administratives accessibles à tous. Mon crédo : des contenus sourcés, précis et sans fake news !
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