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Reprendre des études en formation initiale : la bourse étudiante du CROUS
Chaque année, le CROUS (Centre régional des œuvres universitaires et scolaires) verse des bourses sur critères sociaux aux étudiants qui en font la demande et remplissent les conditions d’éligibilité. Ces bourses sont accessibles si vous reprenez vos études, sous réserve des conditions d’âge suivantes :
- Première demande : avoir moins de 28 ans au 1er septembre de l’année universitaire
- Renouvellement : possible jusqu’à 35 ans (ou 40 ans en situation de handicap)
Pour pouvoir bénéficier d’une bourse sur critères sociaux, il faut également :
- Être de nationalité française ou d’un pays européen selon les situations
- Être détenteur du Bac au minimum
- Suivre des études à temps plein
L’attribution d’une bourse par le CROUS est également subordonnée aux revenus du foyer fiscal de l’étudiant, au nombre d’enfants à charge de la famille et à l’éloignement du lieu des études.
Montant des bourses : les critères évalués procurent des points qui déterminent l’échelon correspondant à l’étudiant, entre 0 bis et 7. La bourse est versée en 10 mensualités et va de 1 454 € à 6 335 € par an. Consultez le tableau des montants de la bourse par échelon pour connaître précisément ce à quoi vous avez droit selon vos ressources et votre situation. Chaque versement est effectué avant le 5 de chaque mois.
Démarches : la demande auprès du CROUS doit être faite entre le 15 janvier et le 15 mai précédant l’année universitaire, par internet, en même temps que le DSE (Dossier social étudiant). La bourse sur critères sociaux est cumulable avec l’aide d’urgence pour étudiants et l’aide à la mobilité internationale.
Si vous êtes dans le secteur sanitaire ou social, consultez également notre article sur la bourse sanitaire et sociale.
Formation continue pour ceux qui ont déjà travaillé
Contrairement à la formation initiale qui s’adresse plutôt aux jeunes, la formation continue concerne ceux qui souhaitent acquérir de nouvelles compétences, obtenir une certification ou se reconvertir vers un nouveau métier.
La formation continue s’adresse aux salariés, aux demandeurs d’emploi, aux entrepreneurs, aux jeunes diplômés et aux jeunes de 18 à 25 ans sous contrat de professionnalisation. La condition principale est d’avoir déjà travaillé.
Pour s’inscrire, il faut contacter l’établissement qui dispensera la formation afin qu’une convention soit établie entre le financeur (employeur ou organisme) et cet établissement. La formation continue prend en charge les frais de scolarité. Selon les cas, le Compte personnel de formation (CPF) ou une aide de France Travail peuvent compléter ce financement.
La plateforme Parcoursup : s’orienter lors d’une reprise d’études
La plateforme Parcoursup permet également aux adultes en reprise d’études de rechercher des formations adaptées à leur situation. Les formations accessibles en reprise d’études sont différentes de celles proposées aux jeunes lycéens et comprennent notamment :
- Formations continues diplômantes
- Formations courtes qualifiantes
- Formations à distance, en alternance, à l’université ou en école
Les secteurs concernés sont nombreux : santé, social, agriculture, communication, industrie… Il n’est jamais trop tard pour reprendre des études : certaines personnes commencent des études de médecine à 39 ans après une reconversion.
Le Compte Personnel de Formation (CPF) pour financer une reprise d’études
En vigueur depuis le 1er janvier 2015, le CPF permet de financer une reprise d’études dans le cadre de la formation professionnelle. Alimenté en euros (500 €/an en général, plafond 5 000 €), il est accessible aux salariés et aux demandeurs d’emploi pour toute formation certifiante inscrite au RNCP.
Pour accéder à ses droits, il convient de se connecter au site internet du CPF avec son numéro de sécurité sociale.
À savoir : le CPF est cumulable avec les droits acquis via le CEC (Compte d’engagement citoyen, alimenté par le bénévolat associatif) et le C2P (Compte professionnel de prévention, pour les salariés exposés à des risques professionnels). Ces trois comptes constituent le CPA (Compte personnel d’activité) qui recense l’ensemble des droits à formation.
N’oubliez pas de demander une attestation de formation prouvant votre assiduité, utile auprès de votre employeur ou de France Travail.
Le Projet de transition professionnelle (PTP) pour se reconvertir
Mis en place en janvier 2019, le PTP (anciennement CPF de transition ou CIF — congé individuel de formation) permet aux salariés de financer une reconversion en suivant une formation longue, avec maintien de la rémunération pendant toute la durée de la formation.
Conditions : avoir été salarié au moins 2 ans, dont 1 an dans la même entreprise. La demande s’effectue par écrit auprès de l’employeur, puis via une demande de prise en charge à la commission paritaire interprofessionnelle régionale (CPIR).
À savoir : les frais annexes liés à la formation (déplacements, restauration, hébergement, frais de garde d’enfants) peuvent être pris en charge par la CPIR. Tous vos droits sont maintenus pendant la formation (congés payés, prestations de la CPAM).
Financement des frais annexes pour les salariés
Le coût d’une formation se décline en frais pédagogiques et en frais annexes. Pour une formation en dehors des horaires habituels de travail, certaines conventions collectives ou accords de branche prévoient une aide pour financer les frais annexes découlant de la formation :
- Restauration
- Hébergement
- Déplacement
- Frais de garde d’enfants ou de parents à charge
Le CPF peut également être mobilisé pour financer ces frais annexes liés à une formation. Renseignez-vous auprès de votre service RH ou de votre OPCO.
Reprendre une formation au chômage : les aides France Travail
France Travail (ex Pôle emploi) a pour mission de permettre aux demandeurs d’emploi de retrouver un travail. Il est possible de percevoir une rémunération durant la formation. Un effort particulier est porté sur la possibilité pour chacun d’accéder à une formation afin de compléter ses connaissances ou d’acquérir de nouvelles compétences.
Les dispositifs d’aide sont multiples et répondent à des situations spécifiques. La condition principale est que la formation soit validée par France Travail dans le cadre de votre projet professionnel :
- La RFFT (rémunération des formations de France Travail)
- L’AIF (aide individuelle à la formation)
- La RFF (rémunération de fin de formation)
- L’AFPR et le POE (action de formation préalable au recrutement et préparation opérationnelle à l’emploi)
- L’allocation AREF versée pendant votre formation (pour les demandeurs d’emploi indemnisés à l’ARE)
- L’aide à la mobilité (prise en charge du transport, des repas et de l’hébergement)
- Le bilan de compétences
- Un accompagnement financier pour faire une VAE
- L’inscription gratuite à la formation en ligne OpenClassrooms
- Le PEC (parcours emploi compétences)
- Une aide financière pour passer un permis poids lourd
- Une prime pour les chômeurs qui entrent en formation (demandeurs d’emploi de longue durée uniquement)
Conditions : outre le fait d’être demandeur d’emploi, il faut que la formation visée soit validée par France Travail. Chaque aide répond par ailleurs à des conditions d’éligibilité spécifiques. Rapprochez-vous de votre conseiller France Travail qui vous orientera utilement.
Valider son expérience professionnelle avec la VAE
La VAE (validation des acquis de l’expérience) permet à chacun et à tout âge de décrocher un diplôme ou une certification sans devoir suivre une formation. De très nombreux diplômes sont accessibles par cette voie. Depuis la réforme de 2022, la démarche est centralisée sur le portail France VAE (vae.gouv.fr) et aucune durée minimale d’expérience n’est exigée : seule la pertinence de vos compétences par rapport au référentiel du diplôme compte.
Les activités prises en compte peuvent être professionnelles, bénévoles ou volontaires, sportives de haut niveau, syndicales ou électives.
Démarches : elles sont nombreuses et il vaut mieux se faire accompagner pour mener à bien une telle démarche. Un architecte-accompagnateur de parcours vous guide gratuitement depuis la plateforme France VAE, de la candidature jusqu’au jury.
À savoir : il existe bien des moyens de financer une VAE. France Travail, le CPF ou le conseil régional peuvent vous aider dans cette démarche.
La formation à distance : reprendre ses études à moindre coût
Quel que soit votre statut, salarié ou non, la formation à distance est une solution pour reprendre ses études qui présente de nombreux avantages. Cette formation peut être dispensée en ligne ou sous forme de cours papier reçus à domicile. L’offre de formation est très variée et l’investissement financier est de moindre coût puisqu’il concerne essentiellement les frais pédagogiques, les frais annexes étant quasiment inexistants.
Les organismes qui proposent de la formation à distance sont nombreux et permettent d’accéder à des diplômes reconnus par l’État :
- Le CNED (Centre national d’enseignement à distance)
- Les universités proposant des formations en ligne
- Les MOOC (Massive Open Online Courses) — gratuits, seules les certifications sont payantes
- Des centres privés sous contrôle pédagogique de l’État (EDUCATEL, CNFDI…)
À savoir : il est possible de s’adresser à différents organismes — CPF, France Travail, conseil régional ou OPCO — pour financer votre formation à distance selon votre situation.
Reprendre des études hors du travail : les cours du soir
Les cours du soir permettent de se former en dehors du temps de travail et s’adressent à tout le monde, adultes et jeunes, salariés et demandeurs d’emploi. Les cours en présentiel se déroulent généralement de 18 heures à 22 heures et parfois aussi le samedi matin.
Les cours du soir pour adultes sont dispensés par de nombreux organismes comme des universités, les chambres des métiers ou de commerce. Les plus connus pour leurs cours du soir sont :
- Le CNAM (Conservatoire national des arts et métiers)
- Les Greta (groupements d’établissements)
- Les centres AFPA (Association pour la formation professionnelle des adultes) — contacter l’AFPA
Conditions : il est nécessaire de se renseigner auprès de l’organisme choisi, car les conditions varient. Pour s’inscrire en cours du soir auprès du CNAM, il faut par exemple occuper un emploi, ce qui n’est pas le cas si vous optez pour une université.
À savoir : différents types de financements peuvent être sollicités selon les situations et combinés entre eux. Que vous soyez salarié ou demandeur d’emploi, le mieux est de vous renseigner auprès de la structure qui dispense votre formation.
Préparer un concours de la fonction publique : les bourses Talents
Pour préparer les concours de la fonction publique, des aides financières existent sous conditions de ressources. L’ancienne “allocation pour la diversité” a été remplacée par les bourses Talents, attribuées aux personnes préparant des concours de catégorie A, B ou C dans des IPAG (instituts de préparation à l’administration générale) ou CPAG, selon des critères sociaux définis par chaque ministère.
Pour prétendre à ces aides, il faut notamment être sans emploi ou en contrat temporaire / CDI à temps partiel, et être en possession des diplômes permettant de se présenter au concours visé.
À savoir : vous êtes tenus de vous présenter aux concours pour lesquels vous avez été aidé par l’État, à défaut de quoi vous devrez rembourser l’aide perçue. Pour connaître les montants et conditions actuels, renseignez-vous auprès de votre préfecture ou consultez la fiche dédiée sur service-public.fr.
Les aides locales et régionales pour financer une reprise d’études
Un certain nombre de régions et de municipalités peuvent participer au financement de la reprise d’études. Ces aides locales sont diverses et leurs montants variables. Il est possible d’obtenir une formation payée par la région pour les jeunes et les demandeurs d’emploi.
À titre d’exemple, l’Île-de-France a mis en place une aide de 1 000 € pour la préparation d’un DAEU (diplôme d’accès aux études universitaires) pour les adultes qui reprennent des études supérieures sans le baccalauréat. D’autres régions ont des dispositifs équivalents pour répondre aux besoins de formation locaux et aux métiers en tension.
Démarches : il faut s’adresser aux instances de la région ou à la municipalité et choisir une formation éligible à une aide financière. Retrouvez les coordonnées des conseils régionaux via l’annuaire service-public.fr.
Financement d’une reprise d’études en situation de handicap
Afin de permettre aux personnes handicapées d’être maintenues dans leur emploi ou d’en retrouver un, l’AGEFIPH propose une aide financière pour une reprise d’études. Ces études peuvent être de remise à niveau, pré-qualifiantes ou qualifiantes.
Pour solliciter une aide de l’AGEFIPH, il faut avoir un handicap reconnu et être en recherche d’emploi, inscrit ou non à France Travail. Si aucun autre financement ne vient faciliter la reprise d’études, l’AGEFIPH peut financer en totalité le montant des frais pédagogiques de la formation.
Démarches : adressez-vous à France Travail ou à votre mission locale. Des conseillers vous prescriront une formation et vous aideront à monter votre dossier de demande à transmettre à l’agence régionale de l’AGEFIPH.
Questions fréquentes sur la reprise d’études
Voici les questions les plus posées sur les aides et dispositifs pour reprendre ses études en tant qu’adulte.
Peut-on reprendre ses études à 25, 30 ou 40 ans avec une aide financière ?
Oui, quel que soit votre âge. La bourse CROUS n’est accessible qu’aux moins de 28 ans (première demande), mais de nombreux autres dispositifs n’ont pas de limite d’âge : CPF, projet de transition professionnelle, aides France Travail, aides régionales. Un demandeur d’emploi de 40 ans peut financer une reconversion complète en combinant plusieurs de ces aides.
Peut-on reprendre ses études en travaillant ?
Oui. Les cours du soir (CNAM, Greta, AFPA…) permettent de se former sans quitter son emploi. La formation à distance offre une flexibilité maximale. Pour une formation longue en journée, le projet de transition professionnelle permet de s’absenter avec maintien de la rémunération, sous conditions d’ancienneté.
Peut-on reprendre ses études au chômage et continuer à toucher ses allocations ?
Oui, sous conditions. Si votre formation est validée par France Travail dans le cadre de votre projet professionnel, vous pouvez percevoir l’AREF (allocation d’aide au retour à l’emploi formation) pendant toute la durée de la formation. Si vos droits ARE s’épuisent avant la fin, la rémunération de fin de formation (RFF) peut prendre le relais.
Comment reprendre ses études sans le baccalauréat ?
La VAE permet d’obtenir une certification sans formation ni diplôme préalable. Le DAEU (diplôme d’accès aux études universitaires) permet d’accéder à l’enseignement supérieur sans le bac. Certaines régions financent sa préparation (1 000 € en Île-de-France). Renseignez-vous auprès de votre université ou de votre conseil régional.
Le bénévolat compte-t-il pour une reprise d’études ?
Oui, dans deux cas. D’une part, les activités bénévoles sont reconnues dans le cadre d’une VAE depuis le décret du 4 juillet 2017. D’autre part, le bénévolat associatif alimente le Compte d’engagement citoyen (CEC), qui vient s’ajouter au CPF pour financer une formation. Chaque année de bénévolat reconnu peut rapporter jusqu’à 240 € sur le CEC.
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Rédactrice sur Aide-Sociale.fr depuis 2018, je mets au service du site une double expertise acquise comme professeure dans l’enseignement spécialisé et élue syndicaliste du personnel. Mon engagement auprès des personnes en situation de vulnérabilité m’a permis de comprendre de l’intérieur les difficultés d’accès aux droits sociaux. J’ai rédigé plus de 185 articles pour rendre les démarches administratives accessibles à tous.
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