Être aidant familial permet de soutenir un proche en perte d’autonomie ou en situation de handicap au quotidien, que ce soit pour la toilette, les repas ou les démarches administratives. Ce statut peut donner lieu à une rémunération ou un dédommagement selon votre lien avec la personne aidée, tout en ouvrant des droits sociaux : validation de trimestres retraite, chômage sous conditions, avantages fiscaux. Il s’inscrit souvent en complément des dispositifs de maintien à domicile mis en place pour la personne aidée.

Nous détaillons dans cet article comment être reconnu aidant familial, la différence entre salariat et dédommagement, les avantages et inconvénients de ce statut, ainsi que les droits qui y sont liés (assurance vieillesse, chômage, fiscalité).

✔ Contenu vérifié par Séverine Burel, experte en accompagnement des usagers et décryptage des droits sociaux.


Devenir aidant familial : les règles à connaître

Lorsqu’une personne est en perte d’autonomie ou souffre d’une maladie chronique nécessitant la présence d’une tierce personne, il arrive fréquemment qu’un proche doive lui apporter une aide quotidienne ou très régulière.

Pour soutenir cette implication, le statut “d’aidant familial” a été créé. Ce dernier ouvre alors droit à des aides financières et des congés spécifiques. Il peut vous permettre d’être rémunéré ou dédommagé par la personne que vous aidez (voir la différence ci-dessous).

Les aides liées à ce statut varient en fonction de l’âge, du lien familial et de la situation familiale, sociale, professionnelle de votre proche, mais aussi de votre situation personnelle.

L’aidant familial, aussi appelé le “proche aidant”, est la personne qui assiste une personne dépendante de manière :

    • Régulière
    • Non professionnelle
    • Permanente ou non

L’aide apportée par le proche aidant peut prendre plusieurs formes : soins divers, aide administrative, activités domestiques, gestes de la vie quotidienne, courses, etc.

Attention toutefois : le statut d’aidant familial ne confère, à lui seul, aucun pouvoir de représentation légale. Pour signer des documents, gérer un compte bancaire ou accomplir des actes administratifs au nom du proche aidé lorsqu’il n’est plus en mesure de le faire lui-même, il faut passer par une mesure de protection dédiée comme l’habilitation familiale.

Toute personne salariée peut ainsi être amenée un jour à être aidant familial pour l’un de ses proches, qu’il s’agisse d’un parent, d’un conjoint, d’un enfant handicapé, d’un frère ou d’une sœur.

 

Être dédommagé ou être salarié en tant qu’aidant familial : quelle différence ?

Certains proches ne peuvent pas être salariés par la personne qu’ils aident. C’est le cas des conjoints, concubins et partenaires de Pacs. Ils peuvent en revanche toucher un dédommagement comme cela peut être le cas, par exemple, avec la Prestation de Compensation du Handicap (PCH). Pour anticiper les dates de paiement, consultez notre calendrier de versement PCH 2026.

Dans le cas d’un dédommagement, l’aidant familial est défrayé et non salarié : il perçoit une compensation pour sa fonction d’aidant familial, mais aucun contrat de travail n’est signé.

Le dédommagement versé est plafonné et les sommes perçues sont à déclarer aux impôts. En revanche, contrairement au salariat familial, le système du dédommagement n’entraîne pas de paiement de charges patronales par le proche aidé et ne donne aucun droit social particulier à l’aidant.

Il est par ailleurs possible de continuer à exercer son activité professionnelle à temps partiel et de percevoir en plus un dédommagement en tant qu’aidant familial. Enfin, un proche peut à la fois vous verser un salaire et un dédommagement pour l’aide que vous lui apportez.

Pour comprendre le fonctionnement au cas par cas, vous pouvez consulter :

 

Statut aidant familial : avantages et inconvénients

Dégager du temps pour s’occuper d’un proche et percevoir un salaire ou un dédommagement pour cette prise en charge comporte des avantages et des inconvénients.

Le premier aspect positif, bien sûr, c’est le soutien que vous offrez à votre proche, et le “confort” temporaire que cela peut apporter à l’un comme à l’autre. Votre proche est pris en charge par une personne qu’il connaît bien, et de votre côté vous valorisez financièrement l’aide que vous lui apportez.

Cependant, mesurez bien l’impact d’une telle organisation sur le long terme. En effet, lorsque vous interrompez votre activité professionnelle pour vous occuper d’un parent malade, certains risques existent, à savoir :

    • Une perte de revenus malgré les aides perçues : faites bien votre calcul avant de quitter votre emploi pour vous occuper d’un proche malade. Si votre proche est en fin de vie, sachez qu’un congé de solidarité familiale vous permet de suspendre votre activité tout en percevant une allocation. Renseignez-vous également sur les dons de jours de repos entre collègues afin de vous absenter temporairement sans perte de salaires.
    • Un retour difficile à l’emploi lorsque vous ne serez plus aidant : il est important d’envisager votre situation de proche aidant sur le long terme. Si vous avez plus de 55 ans, renseignez-vous sur les règles spécifiques du chômage des seniors qui s’appliqueront à votre retour sur le marché du travail, notamment les durées d’indemnisation allongées.
    • Un risque de conflits avec les autres membres de la famille : mieux vaut discuter avec vos proches de cette éventuelle rémunération d’aidant familial avant de prendre votre décision.
    • Un manque de compétences : même si des formations sont proposées pour les aidants familiaux, mesurez bien la difficulté de la tâche à accomplir avant de vous lancer. Les personnes en perte d’autonomie ont souvent besoin d’un accompagnement réalisé par des professionnels.

Notre conseil
Avant de réduire ou d’arrêter votre activité professionnelle, chiffrez précisément la perte de revenus par rapport aux aides que vous percevrez (dédommagement, AJPA). Demandez aussi conseil à votre employeur sur les dispositifs de temps partiel ou de congé proche aidant, souvent plus protecteurs sur le long terme qu’une rupture complète de contrat.

 

Besoin d’informations sur le proche aidant : qui contacter ?

Ainsi, avant de vous engager dans cette démarche, prenez le temps de bien considérer l’engagement nécessaire et rapprochez-vous si besoin des interlocuteurs concernés par ce sujet, à savoir :

 

Être reconnu aidant familial : quels sont vos droits ?

Un aidant familial bénéficie de plusieurs droits liés à son statut comme l’assurance vieillesse, le chômage, mais aussi des avantages fiscaux.

 

L’affiliation gratuite à l’assurance vieillesse pour les aidants familiaux

Lorsque vous cessez de travailler ou que vous exercez une activité à temps partiel pour aider un parent handicapé ou malade, ces périodes peuvent être prises en compte pour la retraite.

On parle d’affiliation gratuite à l’assurance vieillesse, dans la mesure où vous avez la possibilité d’être affilié à l’assurance vieillesse des parents au foyer (l’AVPF) sans verser de cotisations. Vous validez ainsi vos trimestres pour votre retraite gratuitement pendant tout le temps où vous vous occupez de votre proche.

Conditions : les conditions pour bénéficier de cette affiliation gratuite varient selon votre situation.

Contact et démarches : rapprochez-vous de votre CAF ou de votre Caisse de Mutualité Sociale Agricole (CMSA) selon votre régime.

 

Droit au chômage pour les aidants familiaux salariés

Si vous êtes un aidant familial et que vous n’étiez pas salarié avant de venir en aide à votre proche, vous pouvez acquérir un droit au chômage si :

Attention : si vous hébergez votre proche dépendant et que vous le déclarez fiscalement comme personne à charge, aucun contrat de travail ne peut être reconnu entre vous deux (circulaire Unedic n° 2006-03 du 24 janvier 2006).

Enfin, sachez qu’une personne qui quitte son emploi pour s’occuper d’un parent n’a pas droit au chômage. Il peut cependant demander de faire étudier son dossier à nouveau après quatre mois. Des règles particulières encadrent par ailleurs le retour à l’emploi après 55 ans, avec une durée d’indemnisation allongée en cas de rupture liée à l’aidance.

Récapitulatif : le statut d’aidant familial

Statut
Salarié ou dédommagé
Selon le lien avec la personne aidée
Retraite
Affiliation AVPF
Gratuite trimestres validés
💶

Dédommagement : versé sans contrat de travail, plafonné et imposable, sans charges patronales ni droits sociaux propres.

📋

Chômage : possible uniquement si un contrat de travail (salariat familial) a été établi avec la personne aidée.

🧾

Fiscalité : déduction des frais d’accueil ou de la pension alimentaire versée à un ascendant, sous conditions.

💡

Notre conseil : discutez en amont avec votre famille de l’organisation retenue (salariat ou dédommagement) pour éviter les tensions liées à cette rémunération.

aide-sociale.fr

 

Statut des aidants familiaux : avantages et déductions fiscales

Si vous accueillez chez vous de manière permanente un parent âgé de plus de 75 ans autre qu’ascendant (père ou mère ou beaux-parents) et que celle-ci ne bénéficie pas d’une pension alimentaire, sachez que vous pouvez déduire de vos impôts les frais d’accueil.

Par ailleurs, il est possible de déduire de vos impôts la pension alimentaire versée à un ascendant que vous aidez, au titre des obligations alimentaires, sous certaines conditions. En revanche, vous ne pouvez pas déduire de pension alimentaire si vous avez déjà une réduction d’impôt en raison de l’emploi d’un salarié chez votre ascendant.

Il existe aussi une réduction ou un crédit d’impôt si vous employez un salarié à domicile pour votre proche dépendant. Cette aide à domicile peut aussi ouvrir droit à l’exonération partielle ou totale de charges sociales.

Pour toute question sur les avantages fiscaux dont vous pourriez bénéficier en tant qu’aidant familial, rapprochez-vous de la DGFIP.

 

Questions fréquentes sur les aidants familiaux

Vous vous interrogez sur les droits liés au statut d’aidant familial ou sur les démarches à entreprendre pour être reconnu comme tel ? Cette foire aux questions répond aux interrogations les plus fréquentes sur la reconnaissance, la rémunération et l’accompagnement des proches aidants.

 

Peut-on cumuler le statut d’aidant familial avec une activité professionnelle ?

Oui, il est tout à fait possible de rester salarié tout en étant aidant familial, notamment à temps partiel. Le congé de proche aidant permet justement d’aménager son temps de travail sans rompre son contrat. Renseignez-vous auprès de votre employeur et de votre CAF pour connaître les dispositifs compatibles avec votre situation professionnelle.

 

Le dédommagement perçu en tant qu’aidant familial est-il imposable ?

Oui, les sommes perçues au titre du dédommagement d’aidant familial doivent être déclarées aux impôts, contrairement à certaines idées reçues. Elles sont imposées dans la catégorie des bénéfices non commerciaux (BNC) pour la personne qui les reçoit, tandis que la personne aidée peut, sous conditions, en déduire une partie de ses revenus imposables.

 

Un aidant familial peut-il être rémunéré par plusieurs proches à la fois ?

Oui, si vous accompagnez plusieurs membres de votre famille en perte d’autonomie ou en situation de handicap, chacun peut, sous réserve de remplir les conditions, vous verser un dédommagement ou vous salarier séparément. Chaque situation doit néanmoins être déclarée individuellement auprès des organismes concernés (impôts, CAF, MSA).

 

Existe-t-il une formation pour devenir aidant familial ?

Oui, plusieurs associations et Conseils départementaux proposent des formations gratuites aux aidants familiaux : gestes de premiers secours, prévention de l’épuisement, accompagnement psychologique. Renseignez-vous auprès de votre CLIC ou de l’Association française des Aidants pour connaître les sessions disponibles près de chez vous.


Crédit photo : © Africa Studio / Adobe


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