Le burn-out, également appelé syndrome d’épuisement professionnel, s’inscrit de plus en plus fréquemment dans les motifs des arrêts maladie en France. Pourtant, sur le plan juridique, ce n’est pas une maladie professionnelle. Résultat : les démarches pour obtenir un arrêt, être indemnisé par la CPAM ou la faire reconnaître en tant que telle obéissent à des règles souvent méconnues.

En pratique, un médecin peut vous arrêter pour burn-out sans durée minimale ; depuis le 1er septembre 2026, l’arrêt initial est plafonné à 1 mois, puis 2 mois par renouvellement. Les indemnités journalières s’élèvent à 50 % du salaire dès le 4e jour, dans la limite de 42,97 € par jour. La reconnaissance en maladie professionnelle exige un taux d’incapacité d’au moins 25 %.

Pour tout savoir sur l’arrêt maladie burn-out, poursuivez simplement votre lecture, ou consultez directement notre article si vous cherchez des informations plus générales sur l’arrêt de travail.


Le burn-out : un motif d’arrêt maladie ?

Avant d’envisager des démarches, il est utile de comprendre ce que recouvre exactement le burn-out sur le plan médical, et son statut particulier au regard du droit.

Ce qu’est le burn-out

Le burn-out ou syndrome d’épuisement professionnel est lié à une surcharge de travail et/ou un surinvestissement personnel durant plusieurs semaines ou mois. Cet épuisement n’est pas une simple « fatigue » qui ne nécessiterait qu’un peu de repos pour passer : il mène à un véritable effondrement psychique et physique. La personne « se grille », « se brûle », « se consume » littéralement (= burnout en français).

 

Un statut juridique particulier

Sur le plan administratif, le burn-out n’est pas (encore ?) une pathologie clairement définie.

On en connait bien évidemment les symptômes puisqu’il existe notamment le Test de Maslach Burn out Inventory (MBI test), mais elle n’apparait dans aucun tableau de maladies professionnelles alors même que le travail en est l’origine. Cette inexistence a des conséquences directes sur sa reconnaissance comme nous le verrons un peu plus bas.

Toutefois, cette absence n’empêche pas votre médecin traitant de vous mettre en arrêt maladie pour burn-out. Et pour cause : c’est votre état de santé qui justifie cet arrêt, et non pas l’étiquette « burn-out » en tant que telle.

 

Qui peut prescrire l’arrêt maladie pour burn-out ?

L’arrêt de travail pour épuisement professionnel peut être prescrit par votre médecin traitant ou un psychiatre (ou n’importe quel médecin spécialisé).

Si le médecin du travail, lui, ne peut pas faire d’arrêt maladie, en revanche, il a un véritable rôle à jouer en amont : vous avez le droit de demander un rendez-vous avec ce professionnel de santé, sans avoir à attendre la visite périodique obligatoire et sans avoir besoin de l’accord de votre employeur. Il est également important après le burn-out et notamment pour que la reprise se passe bien, sans rechute.

 

Comment obtenir un arrêt maladie pour burn-out

Obtenir un arrêt de travail pour épuisement professionnel suit un parcours précis, de la consultation médicale jusqu’à la transmission des documents à la CPAM et à votre employeur.

La consultation médicale

Comme pour n’importe quelle affection, vous devez tout d’abord aller chez le médecin afin qu’il puisse évaluer votre état et établir un diagnostic. S’il le juge nécessaire, il rédigera alors un arrêt de travail initial. À ce stade, il n’y a pas besoin de « prouver le burn-out » à proprement parler comme pour faire reconnaître une maladie professionnelle : ici, c’est le praticien de santé qui va s’appuyer sur vos symptômes et sur sa propre évaluation pour justifier l’arrêt maladie.

Bon à savoir : il est possible d’obtenir un arrêt maladie pour burn-out en téléconsultation (= consultation en visio). Toutefois, la durée dudit arrêt de travail est limitée à 3 jours lorsque le professionnel de santé consulté n’est pas votre médecin traitant.

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Les démarches administratives auprès de la CPAM et de l’employeur

Une fois l’arrêt maladie prescrit, vous devez respecter des délais de transmission :

    • Si l’arrêt est dématérialisé : votre médecin l’envoie directement à votre CPAM. En revanche, le volet 3 destiné à votre employeur est imprimé, signé et vous est remis en main propre. Vous avez ensuite 48 heures pour le lui transmettre.
    • Si l’arrêt est au format papier : c’est à vous d’adresser les volets 1 et 2 à votre CPAM, et le volet 3 à votre employeur dans les 48 heures.

Du respect de ce délai découle le versement de votre indemnisation !

 

Quelle durée pour un arrêt maladie burn-out ?

La durée d’un arrêt maladie pour burn-out n’est jamais figée à l’avance : elle dépend de votre état de santé, tout en s’inscrivant désormais dans un nouveau cadre légal.

Pas de durée légale fixe

Il n’existe pas de durée minimum pour un arrêt lié à un épuisement professionnel. C’est votre médecin qui décidera du temps nécessaire pour vous reposer en fonction de votre état et son évolution, ainsi que de votre poste et ses impératifs.

Bon à savoir : à partir du 1er septembre 2026, la Loi des finances de la Sécurité sociale (LFSS 2026) impose une durée maximale par arrêt de 1 mois pour l’arrêt initial, puis 2 mois par prolongation.

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Retrouvez le détail de cette réforme et de ses autres mesures dans notre article dédié à la réforme des arrêts maladie 2026.

Dans les faits, la durée d’un arrêt maladie pour burn-out est très variable : de quelques semaines lorsque la prise en charge est précoce jusqu’à plusieurs mois, voire une à deux années complètes pour les effondrements les plus avancés. Les études (source) démontrent surtout qu’il n’y a pas de durée moyenne de récupération, car de nombreux facteurs entrent en jeu (gravité de l’épuisement au moment du diagnostic, possibilité de modifier les conditions de travail qui ont conduit au burn-out, qualité du soutien médical, psychologique et social, qualité du sommeil et la récupération physique, etc.).

 

Renouvellement et prolongation d’un arrêt de travail pour burn-out

L’arrêt initial (c’est-à-dire le premier arrêt de travail prescrit par le médecin) peut être prolongé autant de fois que nécessaire. En principe, les arrêts maladie suivants doivent être établis par le même professionnel de santé (hors situations exceptionnelles : absence du médecin traitant, prise en charge par un psychiatre par exemple).

Bon à savoir : vous n’avez pas besoin de reprendre le travail pour bénéficier d’une prolongation. Et à l’inverse, après une reprise de moins de 48 heures, aucun nouveau délai de carence ne sera appliqué par la CPAM.

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Enfin, quand l’arrêt de travail pour burn-out se prolonge sur la durée (+ de 9 mois par exemple), la question de l’invalidité peut se poser. Si votre capacité de travail est durablement réduite, le médecin-conseil de la CPAM peut envisager une mise en invalidité. L’indemnisation est différente de l’arrêt maladie « classique ». N’hésitez donc pas à en parler au professionnel de santé qui vous suit. Si cette voie est envisagée, mieux vaut connaître à l’avance comment constituer un dossier de demande de pension d’invalidité (formulaire, pièces à joindre et délais de réponse).

 

L’indemnisation pendant un arrêt pour burn-out

Pendant votre arrêt, plusieurs sources viennent compenser la perte de salaire, avec des règles de calcul et de durée qui varient selon votre statut.

Les indemnités journalières de la Sécurité sociale

Pendant votre arrêt de travail, vous allez percevoir des indemnités journalières de la Sécurité sociale (IJSS) pour compenser la perte de votre salaire. Pour un panorama complet de leur fonctionnement (montants selon votre statut, durée de versement, démarches à suivre), consultez notre guide sur les indemnités journalières en arrêt maladie.

Quelques points à retenir :

    • Le délai de carence : pour les salariés, les IJSS ne sont versées qu’à compter du 4e jour d’arrêt. Les 3 premiers jours constituent donc une période sans revenus ni ressources.
    • Le montant des IJSS : la CPAM verse environ 50 % de votre salaire journalier de base. Celui-ci est calculé sur la moyenne des salaires bruts des 3 derniers mois.
    • Le plafond : la rémunération prise en compte pour le calcul des IJSS est soumise à un plafond correspondant à 1,4 fois le SMIC. À partir du 1er juillet 2026, cette limite correspond à 2 613,83 € brut, pour des IJSS à 42,97 € par jour maximum.
    • La limite de durée : vous pouvez recevoir maximum 360 jours d’indemnité sur une période de 3 années consécutives. Cela signifie que si vous êtes arrêté pendant 2 ans, vous ne toucherez en réalité qu’un an d’IJSS. En revanche, si votre burn-out est pris en charge au titre d’une affection de longue durée (ALD), typiquement lorsqu’il a entraîné une dépression, les indemnités journalières peuvent être versées pendant une durée maximale de 3 ans, calculée de date à date.

 

Le maintien de salaire par l’employeur

Selon l’article L. 1226-1 et l’article D. 1226-1 du Code du travail, l’employeur est tenu de verser un complément aux indemnités journalières de la CPAM sous condition de justifier d’au moins un an d’ancienneté dans l’entreprise.

Le maintien de salaire débute au 8e jour d’arrêt et se calcule pour atteindre : 90 % de la rémunération brute pendant les 30 premiers jours, puis 66,66 % (2/3) pendant les 30 jours suivants.

De nombreuses conventions collectives prévoient des conditions plus favorables (= délai de carence de 7 jours supprimé, rémunération à 100 %, durée de versement allongée, etc.). Pour en savoir plus sur le sujet, n’hésitez pas à lire notre guide complet sur le maintien de salaire en cas d’arrêt maladie.

 

Les cas particuliers des indépendants et fonctionnaires en burn-out

Certains statuts ont des règles particulières concernant l’indemnisation de leur arrêt-maladie pour burn-out :

    • Les agents publics : dans la fonction publique, le congé de maladie ordinaire est rémunéré à hauteur de 90 % du traitement indiciaire pendant 3 mois, puis 50 % pendant les 9 mois suivants. Viennent ensuite des dispositifs de longue maladie ou de longue durée selon la situation de l’agent, avec un maintien de traitement qui décroît avec le temps. Du côté du délai de carence, celui-ci est limité à 1 jour (contre 3 dans le privé).
    • Les travailleurs indépendants : les artisans, commerçants et professions libérales peuvent également percevoir des IJSS après le même délai de carence de 3 jours que les salariés. En revanche, le montant des indemnités reçu est calculé sur ce qu’ils ont cotisé par le biais de l’URSSAF.

 

Le burn-out reconnu comme maladie professionnelle

Si le burn-out n’est pas automatiquement considéré comme une maladie professionnelle, sa reconnaissance reste possible sous certaines conditions strictes.

Une reconnaissance par le système complémentaire

Contrairement à ce qu’on pourrait penser, le burn-out ne figure dans aucun tableau de maladies professionnelles, alors qu’il est pourtant lié à l’environnement professionnel. Résultat, la seule solution pour faire reconnaître son burn-out en maladie professionnelle est de passer par le système complémentaire via le CRRMP (Comité régional de reconnaissance des maladies professionnelles).

Pour ce faire, et avant de vous lancer dans cette démarche, deux conditions doivent impérativement être réunies :

    • Le burn-out doit être directement causé par votre travail.
    • Le burn-out doit entraîner un taux d’incapacité permanente partielle (IPP) d’au moins 25 %.

Dans les faits, c’est ce seuil de 25 % qui pose le plus souvent problème.

 

Comment prouver un burn-out ?

Prouver un burn-out pour obtenir un simple arrêt maladie ou une prolongation est relativement facile : il suffit de décrire à votre médecin traitant ce que vous vivez au quotidien, sans exagérer, mais sans minimiser non plus. Vous pouvez ainsi expliquer les symptômes que vous avez repérés (épuisement qui ne passe pas au repos, troubles du sommeil, difficultés de concentration, etc.) et le lien avec votre emploi (surcharge, pression, sentiment d’être débordé, etc.). N’hésitez pas à donner des exemples concrets de ce que vous ressentez (« Je me réveille à 4 h en pensant au travail », « Je pleure avant de partir le matin », etc.).

En revanche, pour faire reconnaître votre burn-out en maladie professionnelle, l’exigence n’est pas la même.

Vous allez devoir monter un dossier solide à présenter à la CRRMP avec :

    • les certificats médicaux et comptes-rendus des praticiens de santé (médecin traitant, psychiatre, psychologue, etc.) ;
    • les preuves d’un suivi régulier (consultations, éventuelle hospitalisation, traitement médicamenteux, etc.) ;
    • des éléments objectifs sur vos conditions de travail (objectifs intenables, conflits, échanges écrits, témoignages de collègues, alertes du médecin du travail ou des représentants du personnel, etc.).

Le lien entre votre état de santé et votre activité professionnelle doit être le plus objectif et le plus documenté possible pour que votre dossier soit pris au sérieux.

Séverine Burel

L’erreur à éviter
Séverine Burel, conseillère en aides sociales
Beaucoup pensent qu’un arrêt maladie mentionnant « burn-out » suffit, à lui seul, à prouver l’origine professionnelle devant le CRRMP. C’est faux : ce certificat initial n’établit aucun lien de causalité étayé. Seul un dossier distinct et solide (certificats détaillés, preuves des conditions de travail, témoignages) permet d’espérer une reconnaissance en maladie professionnelle.

 

Comment faire reconnaître le burn-out en maladie professionnelle ?

Concrètement, la démarche se déroule ainsi :

    • Dépôt d’une demande auprès de la CPAM : il n’est pas possible de saisir directement le CRRMP, c’est à la Caisse primaire d’assurance maladie de s’en charger. Vous devrez donc adresser à l’organisme une déclaration maladie professionnelle accompagnée de votre dossier complet.
    • Évaluation par le service du contrôle médical : le médecin-conseil de la CPAM évalue votre taux d’IPP. Si ledit taux atteint ou dépasse 25 %, votre dossier est transmis au CRRMP.
    • Examen par le CRRMP : le comité vérifie le lien entre votre pathologie et le travail. Les délais sont longs : entre 4 et 6 mois. Des examens complémentaires peuvent vous être demandés.

Bon à savoir : en cas de refus de reconnaissance de maladie professionnelle, vous pouvez saisir la Commission de recours amiable (CRA). Vous avez également des recours pour contester le taux d’IPP.

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N’hésitez pas à lire notre article complet sur le sujet !

 

Ce que change la reconnaissance

Si votre burn-out est reconnu maladie professionnelle, vos IJSS seront majorées, et selon votre taux d’incapacité, vous pourrez potentiellement prétendre à une rente pour incapacité permanente. Enfin, la reconnaissance ouvre des droits spécifiques pour votre retraite comme nous le verrons dans la partie suivante.

 

Arrêt pour burn-out et retraite : quelles conséquences ?

Un arrêt maladie prolongé pour burn-out a aussi des répercussions sur vos droits à la retraite, qu’il est préférable d’anticiper : nous détaillons ce sujet dans notre article sur l’arrêt maladie et la retraite.

La validation des trimestres

Même en arrêt maladie pour burn-out, vous continuez à valider des trimestres pour votre retraite. Ainsi, pour chaque période de 60 jours d’indemnisation par la Sécurité sociale, un trimestre est validé (dans la limite de 4 trimestres par an).

Attention : ces trimestres sont dits « assimilés » et non pas « cotisés. Ils sont reportés sur votre relevé de carrière et comptent pour l’obtention du taux plein et la durée d’assurance. En revanche, ils ne sont pas toujours pris en compte pour certains dispositifs de départ anticipé, notamment la retraite pour carrière longue.

 

L’impact sur le montant de la pension de retraite

Si vous validez des trimestres pendant votre arrêt de travail, en revanche, les IJSS perçues, elles, ne rentrent pas dans le calcul de votre salaire annuel moyen qui sert de base au calcul de votre pension de retraite. En d’autres termes, plusieurs mois d’arrêt pour épuisement professionnel peuvent à terme faire baisser le montant de votre future pension.

 

Le cas de la maladie professionnelle reconnue

Si vous avez réussi à faire reconnaître votre burn-out comme maladie professionnelle, et notamment si vos démarches débouchent sur une incapacité durable, vous êtes davantage protégé. Certes, la validation des trimestres obéit à la même règle (= un trimestre pour 60 jours d’IJSS dans la limite de 4 par an). Cependant, l’incapacité permanente, si elle a été reconnue, peut ouvrir à une retraite anticipée pour inaptitude au travail, avec taux plein quel que soit le nombre de trimestres acquis. Cela signifie que le montant de votre pension sera fixé à 50 % du salaire annuel moyen, sans aucune décote.

 

Burn-out et reprise du travail : un retour en douceur

La reprise du travail après un burn-out se prépare en amont, notamment grâce aux visites médicales prévues par la loi et aux aménagements de poste possibles.

Les visites avec le médecin du travail

Avant le retour sur votre poste, et surtout après un arrêt prolongé, vous devrez passer par deux rendez-vous avec le médecin du travail :

    • La visite de pré-reprise : bien qu’elle soit facultative aux yeux de la loi, elle reste vivement recommandée après un burn-out. Et pour cause, elle permet notamment d’anticiper les aménagements de poste à envisager. Elle peut être organisée pour tout arrêt de plus de 30 jours de votre propre initiative ou à celle de votre médecin traitant.
    • La visite de reprise : elle est obligatoire pour tout arrêt maladie d’au moins 60 jours (article R. 4624-31 du Code du travail) et à la charge de votre employeur. Elle sera à programmer le jour de la reprise ou dans les 8 jours qui suivent. Attention : même si vous vous êtes rendu à une visite de pré-reprise, la visite de reprise reste impérative dans le cas général.

Un assouplissement récent à connaître : depuis un décret du 12 juin 2026, applicable aux arrêts de travail prescrits à compter du 15 juin 2026, la visite de reprise n’est plus automatiquement obligatoire si deux conditions sont réunies : la visite de pré-reprise a eu lieu dans les 30 jours précédant votre retour effectif, et le médecin du travail n’a préconisé aucune mesure d’aménagement de poste ou du temps de travail. En dehors de ce cas précis, la visite de reprise reste la règle par défaut. Pour connaître les démarches concrètes afin de solliciter une visite de pré-reprise ou de reprise, consultez notre article dédié à comment contacter la médecine du travail.

Séverine Burel

Date importante
Séverine Burel, conseillère en aides sociales
📅 À retenir
15 juin 2026
Entrée en vigueur du décret assouplissant l’obligation de visite de reprise après un arrêt maladie, sous conditions (pré-reprise réalisée moins de 30 jours avant le retour, aucun aménagement de poste nécessaire).

 

Les aménagements possibles

Un burn-out est sujet à récidive, surtout si vous reprenez dans les conditions qui y ont mené. Par conséquent, deux types d’aménagements sont envisageables :

    • le temps partiel thérapeutique qui permet de recommencer à travailler progressivement tout en conservant une partie des indemnités de la CPAM ;
    • l’aménagement de votre poste ou de vos missions (sur recommandation du médecin du travail).

Pour connaître les règles de durée applicables selon votre statut (salarié, fonctionnaire, indépendant), consultez notre article sur la durée du mi-temps thérapeutique. Sachez également que l’employeur, comme la CPAM, peuvent refuser cette demande d’aménagement : nous détaillons les motifs valables et vos recours dans notre article sur le refus de mi-temps thérapeutique par l’employeur ou la CPAM.

Si vous êtes toujours dans l’impossibilité physique ou psychique de reprendre votre ancien emploi, même avec ces solutions, c’est-à-dire déclaré inapte totalement ou partiellement, un reclassement devra être discuté avec le médecin du travail.

 

Vos droits en tant que salarié

Selon les articles L. 4121-1 et L. 4121-2 du Code du travail, l’employeur est tenu de prendre toutes les mesures nécessaires pour assurer la protection de la santé mentale des travailleurs.

Un manquement à cette obligation légale (par exemple avec une surcharge connue et non traitée, du harcèlement, etc.) et vous pouvez engager sa responsabilité :

    • Devant le Conseil des prud’hommes : afin de faire reconnaître le manquement de votre employeur et d’obtenir des dommages et intérêts, la résiliation judiciaire du contrat aux torts de l’employeur (= mêmes conséquences qu’un licenciement sans cause réelle et sérieuse) et à la contestation du licenciement en cas de licenciement pour inaptitude.

    ET/OU

    • Devant le pôle social du tribunal judiciaire (uniquement si le burn-out est reconnu maladie professionnelle) : afin de faire reconnaître la faute inexcusable de l’employeur et d’obtenir une majoration de votre rente et la réparation d’un ou plusieurs préjudices personnels.

Dans les deux cas, nous vous recommandons très chaudement de vous faire accompagner par un avocat ou un syndicat dans vos démarches.

 

Questions fréquentes sur l’arrêt maladie burn-out

Voici les réponses aux questions les plus posées sur l’arrêt de travail pour burn-out, son quotidien et vos droits pendant cette période.

 

Peut-on être licencié pendant un arrêt pour burn-out ?

Oui, mais pas pour n’importe quel motif. Votre employeur n’a pas le droit de vous licencier à cause de votre état de santé. Ce serait discriminatoire. En revanche, il peut tout à fait rompre votre contrat de travail pour un motif distinct du burn-out comme une raison économique ou une faute sans lien avec votre arrêt maladie. Idem si vos absences prolongées et/ou répétées désorganisent durablement l’entreprise. Pour aller plus loin, consultez notre article dédié au licenciement en arrêt maladie.

 

Est-il possible de sortir lorsqu’on est en arrêt maladie pour burn-out ?

Tout dépend de ce que votre médecin a noté sur votre arrêt de travail :

    • Si les sorties sont autorisées avec restriction : vous devez être présent à votre domicile de 9 h à 11 h et de 14 h à 16 h, y compris les week-ends et jours fériés, sauf pour des soins ou examens médicaux.
    • Si les sorties sont autorisées sans restriction (c’est le cas le plus fréquent en burn-out) : vous pouvez sortir quand vous le souhaitez, sans restriction d’horaire, à condition de pouvoir justifier ladite sortie par un motif médical.
    • Si les sorties ne sont pas autorisées : vous n’avez pas le droit de quitter votre domicile.

Pour en savoir, lisez notre article sur les heures de sortie en arrêt maladie.

 

Puis-je partir en vacances en burn-out ?

C’est possible, mais sous certaines conditions. En premier lieu, même en vacances, vous avez l’obligation de respecter les horaires de sortie autorisés par votre médecin. Ensuite, si vous partez en vacances hors de votre département, vous devez impérativement en informer votre CPAM afin d’obtenir un accord préalable. Enfin, un voyage à l’étranger est envisageable, mais toujours avec l’accord de l’organisme. Sur le fond, un séjour reposant peut tout à fait être cohérent pour soigner un burn-out.

Bon à savoir : l’Assurance maladie dispose d’un délai de 15 jours à compter de la réception de la demande d’accord préalable pour vous donner une réponse. Anticipez !

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Mon employeur peut-il connaître le motif de mon arrêt maladie (burn-out) ?

Non, le secret médical protège le motif exact de votre arrêt. L’avis d’arrêt de travail transmis à votre employeur (volet 3) ne mentionne jamais le diagnostic, uniquement les dates et la durée de l’absence. Votre employeur ignore donc officiellement qu’il s’agit d’un burn-out, sauf si vous choisissez vous-même de lui en parler.

 

L’employeur peut-il contester mon arrêt maladie par une contre-visite médicale ?

Oui, tout employeur qui maintient tout ou partie du salaire peut mandater un médecin contrôleur pour vérifier la réalité de votre état de santé, à votre domicile ou en cabinet. En cas d’avis défavorable, il peut suspendre le complément de salaire, mais cela ne remet pas en cause vos indemnités journalières versées par la CPAM.

 

Le médecin traitant peut-il refuser de me prescrire un arrêt pour burn-out ?

Oui, la prescription d’un arrêt maladie reste une décision médicale : le praticien peut estimer que votre état ne le justifie pas, ou préférer un accompagnement sans interruption de travail. N’hésitez pas à décrire précisément vos symptômes, ou à consulter un autre médecin, notamment un psychiatre, si le dialogue s’avère difficile.

 

Le burn-out est-il compatible avec une rupture conventionnelle ?

Oui, rien n’empêche de signer une rupture conventionnelle pendant ou après un arrêt maladie pour burn-out, à condition que le consentement du salarié reste libre et éclairé. Attention toutefois : si le burn-out découle d’un manquement grave de l’employeur, une résiliation judiciaire ou une prise d’acte peut s’avérer plus protectrice financièrement.



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