Le contrat d’engagement jeune (CEJ) est un dispositif d’accompagnement intensif destiné aux jeunes de 16 à 25 ans sans emploi, ni études, ni formation. Proposé par France Travail ou les Missions locales depuis mars 2022, il remplace définitivement la Garantie Jeune. Le jeune bénéficie d’un suivi personnalisé de 15 à 20 heures hebdomadaires avec un référent dédié, pendant 6 à 18 mois.

Quelles sont les conditions pour bénéficier du CEJ ? Quel est le montant de l’allocation en 2026 ? Comment s’inscrire ?

Sous conditions de ressources, le CEJ ouvre droit à une allocation pouvant atteindre 566,17 € par mois depuis le 1er avril 2026. Ce montant est non imposable et versé mensuellement. La demande s’effectue auprès d’une Mission locale ou de France Travail, ou via le site 1jeune1solution.gouv.fr.


Qu’est-ce que le contrat d’engagement jeune ?

Le Contrat Engagement Jeune (CEJ) est un plan d’accompagnement approfondi destiné aux jeunes les plus éloignés du marché du travail. Ce parcours d’insertion professionnelle guide les jeunes en rupture qui, suite à un décrochage scolaire ou à une trajectoire de vie chaotique, se retrouvent sans emploi ni formation.

Lancé en mars 2022 dans le cadre du plan « 1 jeune, 1 solution », le CEJ est un contrat qui engage pleinement les deux parties : sa réussite repose sur la motivation du jeune et l’accompagnement de son conseiller référent. Il comprend trois piliers principaux qui structurent le parcours du bénéficiaire.

Un programme de mise en activité et de formation

Pendant 12 mois (pouvant aller jusqu’à 18 mois dans certains cas), le jeune est mis en activité de manière systématique et intensive, à raison de 15 à 20 heures hebdomadaires minimum. Plusieurs types d’activités peuvent lui être proposés :

    • Des formations qualifiantes ou pré-qualifiantes pour préparer l’entrée en formation
    • Une mission d’utilité sociale comme un service civique ou volontariat
    • Des stages ou immersions en entreprise
    • Un parcours d’alternance en contrat d’apprentissage ou de professionnalisation
    • Une formation en école de la deuxième chance (E2C), pour les jeunes sans qualification sortis du système scolaire

 

Un référent unique tout au long du parcours

Tout au long du CEJ, le jeune est suivi par un conseiller référent dédié, issu de la Mission Locale ou de France Travail. Ce conseiller accompagne le jeune même lorsque des étapes se déroulent à l’extérieur, dans un centre de formation (EPIDE, etc.).

Ce référent est un point d’ancrage essentiel pour les jeunes en décrochage, qui manquent souvent de repères stables. Il peut intervenir au-delà du strict cadre professionnel pour répondre aux besoins spécifiques liés à des situations de précarité.

 

Une application mobile pour suivre son parcours

Le jeune accède à un espace personnel en ligne et via une application dédiée lui permettant de suivre son parcours, consulter ses échéances et échanger avec son conseiller en continu. Elle donne également accès au montant de l’allocation, aux offres de stage et à des opportunités d’emploi.

Retrouvez le témoignage de Shana, bénéficiaire du Contrat d’engagement jeune :

 

Qui peut bénéficier du contrat d’engagement jeune ?

En France, plus d’un million de jeunes sont considérés comme NEET (Not in Education, Employment or Training) : ni en emploi, ni en études, ni en formation. Le CEJ cible spécifiquement cette population. Pour en bénéficier, le jeune doit remplir les conditions suivantes :

    • Avoir entre 16 et 25 ans révolus (jusqu’à 29 ans révolus pour les jeunes reconnus travailleurs handicapés)
    • Ne pas être étudiant ni inscrit dans une formation qualifiante
    • Être sans emploi durable ou en difficulté d’accès à l’emploi
    • S’engager activement à respecter les activités, stages et formations proposés

La condition fondamentale pour réussir son CEJ est la motivation et le plein engagement du jeune. En cas de désinvestissement ou de refus répétés d’activités sans motif légitime, le contrat peut être suspendu ou rompu.

Bon à savoir : en cas de refus répétés sans motif légitime, le Contrat Engagement Jeune peut être suspendu. Au troisième manquement constaté, le contrat est rompu. Cette décision est prise par le responsable de la Mission locale ou de France Travail, après que le jeune a pu présenter ses observations.

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Quel est le montant de l’allocation du CEJ en 2026 ?

Pour permettre au jeune de s’investir sereinement dans son parcours de retour vers l’emploi, une allocation mensuelle peut lui être versée sous conditions de ressources. Cette allocation — l’ACEJ (Allocation du Contrat d’Engagement Jeune) — est revalorisée chaque 1er avril. Depuis le 1er avril 2026, les montants sont les suivants :

Âge Situation fiscale Montant mensuel Mayotte
18 à 25 ans révolus (29 ans si handicap) Foyer non imposable 566,17 € 322,71 €
18 à 25 ans révolus (29 ans si handicap) Foyer imposable tranche 1 339,70 € 193,64 €
16 à 18 ans (mineur) Non imposable ou tranche 1 226,48 € 129,08 €

L’allocation est cumulable avec des revenus d’activité jusqu’à 300 € nets par mois. Au-delà, elle devient dégressive et s’annule lorsque les revenus du jeune atteignent 80 % du SMIC brut (environ 1 441 €). En revanche, l’ACEJ n’est pas cumulable avec le RSA ni avec la prime d’activité, sauf exceptions.

À retenir : le versement de l’allocation n’est pas automatique. Un jeune peut être accompagné en CEJ sans percevoir l’ACEJ s’il dépasse le plafond de ressources. Pour estimer votre montant, un simulateur est disponible sur 1jeune1solution.gouv.fr.

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Récapitulatif : le contrat d’engagement jeune (CEJ) en 2026

Séverine Burel
Maximum
Allocation CEJ
566,17 € /mois
Durée max
Accompagnement
18 mois
🎯

Public cible : jeunes de 16 à 25 ans (29 ans si travailleur handicapé), sans emploi ni formation.

⏱️

Intensité : 15 à 20 heures d’activités par semaine minimum, avec un référent unique dédié.

⚠️

Non cumulable avec : RSA, prime d’activité. Cumulable partiellement avec des revenus d’activité jusqu’à 300 €/mois.

💡

Mon conseil d’experte : l’allocation est revalorisée chaque 1er avril. Depuis le 1er avril 2026, le montant maximal est 566,17 € pour un majeur non imposable. Estimez votre montant personnalisé via le simulateur de 1jeune1solution.gouv.fr.

aide-sociale.fr

 

Comment s’inscrire au contrat d’engagement jeune ?

Le Contrat Engagement Jeune est proposé par les Missions locales, France Travail et certains organismes publics ou associatifs. C’est le jeune qui doit effectuer la démarche pour en bénéficier. La procédure se déroule en plusieurs étapes.

Tout d’abord, le jeune peut se rapprocher directement de sa Mission locale ou de son agence France Travail. Il est également possible de s’informer et de trouver la structure la plus proche via le portail 1jeune1solution.gouv.fr.

Dès qu’un premier contact est établi, un entretien de diagnostic est organisé pour évaluer la situation du jeune et vérifier son éligibilité. Si le profil correspond, le jeune signe son Contrat Engagement Jeune. À défaut, un autre parcours plus adapté peut lui être proposé, comme l’école de la deuxième chance pour les jeunes sans qualification, ou le PACEA (Parcours Contractualisé d’Accompagnement vers l’Emploi et l’Autonomie) pour les jeunes souhaitant un accompagnement plus souple sur 24 mois.

Documents à prévoir : pièce d’identité en cours de validité, RIB si vous demandez l’allocation, et avis d’imposition (ou celui de vos parents si vous êtes rattaché à leur foyer fiscal).

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CEJ en Mission locale ou France Travail : à qui s’adresser ?

Le CEJ est proposé par deux opérateurs : les Missions locales et France Travail. Les deux délivrent le même contrat avec les mêmes droits à l’allocation, mais ils s’adressent à des profils différents et leur périmètre d’accompagnement n’est pas identique.

Selon les données de la DREES (édition 2025), les Missions locales accompagnent environ 74 % des bénéficiaires du CEJ, contre 26 % pour France Travail. Les Missions locales prennent en charge davantage de jeunes très éloignés de l’emploi : sans diplôme, résidant en quartier prioritaire, ou cumulant plusieurs difficultés personnelles.

La différence clé tient au périmètre de l’accompagnement proposé :

    • France Travail oriente son suivi principalement vers la recherche d’emploi et l’accès à la formation professionnelle. Le CEJ via France Travail cible notamment les jeunes déjà inscrits comme demandeurs d’emploi avec un projet professionnel relativement défini.
    • La Mission locale dispose d’un mandat plus large : elle peut accompagner le jeune sur l’ensemble des obstacles qui compliquent son accès à l’emploi — logement, mobilité, santé, gestion du budget, remobilisation personnelle. C’est la structure à privilégier pour les jeunes en grande précarité ou en rupture multiple. Elle peut notamment solliciter le Fonds d’Aide aux Jeunes (FAJ) pour couvrir un besoin financier ponctuel non pris en charge par l’allocation CEJ.

Un élément pratique à connaître : depuis le 1er janvier 2025, tout jeune souhaitant bénéficier du CEJ — que ce soit via une Mission locale ou via France Travail — doit être inscrit comme demandeur d’emploi à France Travail. Cette condition s’applique aux deux voies.

Comment choisir ? Si votre principale difficulté est de trouver un emploi ou une formation, France Travail peut vous accompagner directement. Si vous cumulez plusieurs obstacles (logement instable, mobilité, santé, situation familiale complexe), la Mission locale est généralement mieux équipée pour vous apporter un soutien global et durable.

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Quelle est la durée du contrat d’engagement jeune ?

Le Contrat Engagement Jeune est conclu pour une durée maximale de 12 mois. Dans la pratique, la plupart des parcours durent entre 6 et 12 mois selon les besoins du jeune.

Une prolongation de 6 mois supplémentaires peut être accordée à titre exceptionnel, portant la durée totale à 18 mois maximum. Elle est possible lorsque le jeune est engagé dans un parcours de formation ou un dispositif éligible avant la fin de son contrat. La liste complète des parcours ouvrant droit à prolongation est disponible sur Légifrance.

À noter : si à l’issue de son CEJ le jeune souhaite en bénéficier à nouveau, il doit attendre au minimum 6 mois avant de signer un nouveau contrat d’engagement jeune.

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Quelle est la différence entre le CEJ et la Garantie Jeune ?

La Garantie Jeune, créée en 2017, avait pour but de favoriser l’accès à l’emploi des jeunes éloignés du marché du travail. Le CEJ en reprend l’esprit tout en approfondissant l’accompagnement. La Garantie Jeune a définitivement disparu en mars 2022, remplacée par le CEJ. Voici les principales différences entre ces deux dispositifs.

Un accompagnement plus intensif

Le Contrat Engagement Jeune s’étale sur une durée plus longue et offre un accompagnement personnalisé de bout en bout du parcours. L’accent est mis sur l’immersion concrète dans le monde du travail grâce à la mobilisation active des employeurs et des structures de formation locales.

 

Un suivi plus individualisé

Pendant son parcours, le jeune est suivi par un référent unique qui l’accompagne tout au long de son projet, y compris pour répondre à des besoins spécifiques liés à des situations d’exclusion ou de précarité. Ce suivi au plus près du bénéficiaire vise à stimuler l’autonomie et l’engagement du jeune. Pour aller plus loin, découvrez les aides financières disponibles pour les jeunes sans emploi.

 

Séverine Burel

L’erreur à éviter
Séverine Burel, conseillère en aides sociales
Beaucoup de jeunes pensent que le CEJ est une aide financière automatique, similaire au RSA. En réalité, c’est un dispositif exigeant : il impose entre 15 et 20 heures d’activités par semaine. Ne pas honorer ses engagements — refuser une proposition de stage, manquer un atelier — peut entraîner la suspension ou la rupture du contrat. Participez à tous vos rendez-vous, même quand une proposition vous semble éloignée de votre projet professionnel.

 

Questions fréquentes sur le contrat d’engagement jeune

Voici les questions que se posent le plus souvent les jeunes intéressés par le contrat d’engagement jeune, en complément des informations développées dans cet article.

Le CEJ donne-t-il droit à la prime de Noël ?

Non, l’allocation CEJ n’ouvre pas directement droit à la prime de Noël. Celle-ci est réservée aux bénéficiaires du RSA, de l’ASS ou de l’ATA. Si vous percevez par ailleurs l’une de ces allocations (cas exceptionnel), vous pourriez y être éligible. Renseignez-vous auprès de votre conseiller référent pour vérifier votre situation personnelle.

 

L’allocation CEJ est-elle imposable ?

Non, l’allocation versée dans le cadre du Contrat Engagement Jeune est exonérée d’impôt sur le revenu. Elle n’est pas à déclarer et n’entre pas dans le calcul des ressources pour les prestations soumises à conditions de ressources annuelles, conformément à l’article L5131-6 du Code du travail.

 

Que se passe-t-il à la fin du contrat d’engagement jeune ?

Le CEJ prend fin automatiquement si le jeune signe un CDI, un CDD de plus de 6 mois ou un contrat d’alternance. À l’issue du contrat sans emploi trouvé, le jeune peut solliciter un nouvel accompagnement auprès de France Travail ou d’une Mission locale. Un nouveau CEJ reste possible, mais uniquement après un délai minimal de 6 mois.

 

Le CEJ est-il accessible aux jeunes en grande précarité ou sans logement ?

Oui, les jeunes en grande précarité ou sans domicile fixe peuvent bénéficier du CEJ. Les Missions locales sont formées pour accompagner ces profils complexes. Le conseiller référent peut intervenir au-delà du cadre professionnel pour orienter vers des solutions de logement, de santé ou d’accompagnement social, dans une approche globale de la situation du jeune.

 

Peut-on travailler en parallèle du contrat d’engagement jeune ?

Oui, sous conditions. Un emploi à temps partiel peut être compatible avec le CEJ, à l’appréciation du conseiller référent, à condition de ne pas compromettre l’assiduité aux activités du parcours. L’allocation reste versée intégralement jusqu’à 300 € de revenus d’activité nets par mois, puis devient dégressive jusqu’à s’annuler lorsque les revenus atteignent environ 80 % du SMIC brut.

 

Le CEJ prend-il fin si l’on signe un contrat d’apprentissage ?

Oui. La signature d’un contrat d’apprentissage ou de professionnalisation constitue une sortie positive du CEJ : le contrat d’engagement jeune se termine automatiquement. C’est précisément l’un des objectifs visés par le dispositif. Le jeune ne perçoit plus l’allocation CEJ mais bénéficie de la rémunération d’alternant — et peut, selon sa situation, solliciter la subvention Mobili Jeune pour le paiement du loyer des jeunes en alternance, versée par Action Logement en complément de l’APL.

 

Peut-on quitter le CEJ avant son terme ?

Oui, un jeune peut demander la rupture de son contrat d’engagement jeune à tout moment, d’un commun accord avec son conseiller référent. Cette décision prend effet le premier jour du mois suivant la notification. Il pourra réintégrer un nouveau CEJ après un délai minimal de 6 mois, à condition d’avoir respecté ses engagements lors du premier contrat.

 

L’allocation CEJ est-elle cumulable avec l’AAH ?

Oui, l’Allocation aux Adultes Handicapés (AAH) et l’allocation du contrat d’engagement jeune sont totalement cumulables. Cette compatibilité est prévue pour permettre aux jeunes en situation de handicap — qui peuvent bénéficier du CEJ jusqu’à 29 ans — de s’engager pleinement dans leur parcours sans pénalité sur leur aide de compensation du handicap.

 


Crédit photo : © insta_photos / Adobe


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