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Combien d’heures pour toucher le chômage : la règle générale
En France, les personnes salariées sont couvertes par l’assurance chômage, les employeurs du secteur privé étant tenus de s’affilier à ce régime (art. L. 5422-13 du Code du travail).
Les jours et les heures de travail comptabilisés pour savoir si vous avez le droit de toucher des allocations chômage correspondent à vos périodes d’affiliation, c’est-à-dire la durée durant laquelle vous avez cotisé pour le chômage.
En d’autres termes, vous devez justifier de périodes d’affiliation ou d’une durée de cotisation minimum pour toucher l’allocation de retour à l’emploi (voir toutes les conditions pour toucher le chômage).
Ainsi, vous devez avoir travaillé au minimum :
- 910 heures (environ 6 mois) ou 130 jours durant les 24 derniers mois (moins de 55 ans)
- 910 heures (environ 6 mois) ou 130 jours durant les 36 derniers mois si vous avez 55 ans et plus
À noter : depuis le 1er avril 2025, la borne d’âge permettant de bénéficier d’une période de référence allongée à 36 mois a été relevée de 53 à 55 ans. Si votre contrat a pris fin avant cette date, les anciennes règles (53 ans) s’appliquent toujours.
Votre décompte doit commencer à partir du premier jour suivant la fin de votre contrat de travail. Votre durée de cotisation déterminera aussi le nombre de mois au cours duquel vous serez indemnisé. Pour en savoir plus, consultez notre article sur la durée d’indemnisation chômage.
Nombre d’heures pour le chômage : comment faire le calcul ?
Pour savoir si votre situation vous ouvre des droits au chômage, il est nécessaire de faire votre calcul selon les règles en vigueur. Certaines heures ne sont pas prises en compte, et des durées maximums d’affiliation sont appliquées.
Ne sont pas prises en compte dans le calcul de vos droits, les heures :
- Ayant déjà été comptabilisées lors de périodes d’indemnisation chômage précédentes : chaque période travaillée ne peut ouvrir des droits qu’une seule fois
- Comprises dans d’éventuelles périodes de suspension de votre contrat de travail : vous devez retirer 7 heures par jour de suspension. Par exemple, pour 4 jours de suspension, 4 × 7 = 28 heures ne seront pas comprises dans votre décompte
- Effectuées au-delà de 260 heures d’affiliation par mois : il s’agit du maximum pouvant être pris en compte pour vous ouvrir des droits au chômage
Par ailleurs, les indemnités de congés payés ainsi que celles perçues dans le cadre de la fin d’un CDD ne sont pas prises en compte dans l’évaluation de vos revenus.
Enfin, les périodes suivantes n’ouvrent pas droit au chômage et sont à exclure de votre décompte :
- Les jours de suspension de votre contrat de travail durant lesquels vous avez eu une activité professionnelle non salariée, sauf trois exceptions : congé sabbatique, mobilité volontaire sécurisée ou interruption pour créer votre entreprise
- Les périodes de disponibilité pour les fonctionnaires
Les heures de formation professionnelle comptent-elles pour le chômage ?
Oui, sous certaines conditions. Vous pouvez inclure vos périodes de formation professionnelle (AREF) de la même manière que vos heures classiques de travail, dans la limite de 2/3 du nombre de jours travaillés.
Ainsi, si vous avez travaillé 120 jours et effectué 90 jours de formation, votre période de formation peut être assimilée à hauteur de 2/3 des 120 jours, soit 80 jours. L’affiliation est donc de 120 + 80 = 200 jours travaillés.
En revanche, notez qu’une fois au chômage, vous pouvez continuer à percevoir l’ARE pendant une formation : c’est l’ARE-F (ARE formation). Pour les personnes dont les droits ARE s’épuisent avant la fin d’une formation qualifiante, une rémunération de fin de formation (RFF) peut prendre le relais.
Travail saisonnier, intermittent : des règles d’assurance chômage spécifiques
Dans certains cas, les durées minimales de cotisation diffèrent de celles de la règle générale.
Travailleurs saisonniers : depuis le 1er avril 2025, une condition dérogatoire s’applique. Il suffit d’avoir travaillé 5 mois, soit 108 jours ou 758 heures, exclusivement via des contrats saisonniers, dans les 24 derniers mois (ou 36 mois pour les 55 ans et plus).
Mayotte : les règles d’assurance chômage sont spécifiques à ce département. Les conditions générales de l’ARE (durée, taux) ne s’y appliquent pas directement.
Intermittents du spectacle : le nombre d’heures minimum s’élève à 507 heures au cours des 12 derniers mois (annexes 8 et 10 de la convention Unédic).
Si vous ne remplissez pas les conditions : quelles alternatives ?
Si vous n’atteignez pas les 130 jours ou 910 heures requises, vous n’avez pas droit à l’ARE. Cependant, d’autres dispositifs peuvent prendre le relais selon votre situation :
- Le RSA (Revenu de solidarité active) si vos revenus sont insuffisants
- L’ATI (Allocation des travailleurs indépendants) si vous êtes indépendant
- Le Contrat d’engagement jeune (CEJ) pour les moins de 26 ans sans emploi ni formation
- La Rémunération de formation France Travail (RFFT) si vous entrez en formation
Questions fréquentes sur le nombre d’heures pour toucher le chômage
Voici les questions que se posent le plus souvent les demandeurs d’emploi sur les conditions d’affiliation à l’assurance chômage.
Combien de temps faut-il travailler pour percevoir le chômage ?
Il faut avoir travaillé au moins 130 jours ou 910 heures (environ 6 mois) au cours des 24 derniers mois avant la fin de votre contrat, si vous avez moins de 55 ans. Pour les 55 ans et plus, la période de référence est portée à 36 mois. Ces seuils s’appliquent aux fins de contrat depuis le 1er avril 2025.
La réforme du chômage a-t-elle modifié le nombre d’heures requises ?
Le nombre d’heures minimum reste fixé à 910 heures ou 130 jours. Ce qui a changé au 1er avril 2025, c’est la borne d’âge pour bénéficier de la période de référence allongée : elle est passée de 53 à 55 ans. Les travailleurs saisonniers bénéficient depuis cette date d’une règle dérogatoire à 5 mois (108 jours ou 758 heures).
Les heures passées en formation comptent-elles pour ouvrir des droits au chômage ?
Oui, partiellement. Les périodes de formation professionnelle peuvent être assimilées à des jours travaillés, dans la limite de 2/3 des jours effectivement travaillés. Elles ne se substituent pas au travail salarié mais viennent s’y ajouter pour atteindre le seuil requis.
Peut-on toucher le chômage après un CDD de courte durée ?
Oui, à condition que la somme de tous vos contrats (CDI, CDD, missions intérimaires) sur la période de référence atteigne 130 jours ou 910 heures. France Travail additionne l’ensemble de vos périodes d’affiliation, y compris les contrats courts consécutifs ou alternés.
Qu’est-ce que le délai de carence au chômage ?
Le délai de carence est la période pendant laquelle vous ne percevez pas encore vos allocations après la fin de votre contrat. Il comprend un délai d’attente fixe de 7 jours, auquel peut s’ajouter un différé d’indemnisation lié à vos indemnités de départ ou congés payés. Pour en savoir plus, consultez notre article sur le délai de carence Pôle emploi.
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Journaliste et rédactrice web avec plus de dix ans d’expérience, Dorothée Pierry a collaboré avec Aide-Sociale.fr de 2017 à 2025. Sa connaissance approfondie des questions juridiques et du dispositif administratif et social en France lui a permis de rédiger 491 articles pour aider les lecteurs à connaître leurs droits et à effectuer leurs démarches.
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