Le mi-temps thérapeutique permet à un salarié de reprendre son travail progressivement après une maladie ou un accident, tout en conservant une partie de ses indemnités journalières. Ce dispositif, prévu par l’article L.323-3 du Code de la Sécurité sociale, peut pourtant faire l’objet d’un refus de mi-temps thérapeutique, aussi bien par l’employeur que par la CPAM.

Un refus n’est légal que s’il repose sur un motif légitime (désorganisation du service, absence de poste adapté…) côté employeur, ou sur l’avis du médecin-conseil côté CPAM. Quels sont les délais de recours (CRA, CMRA, prud’hommes) et comment contester efficacement une décision de refus ? On fait le point dans cet article.

✔ Contenu vérifié par Séverine Burel, experte en accompagnement des usagers et décryptage des droits sociaux.

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Mi-temps thérapeutique refus par l’employeur : a-t-il le droit et quels recours ?

Selon l’article L4624-6 du Code du travail, votre employeur a tout à fait le droit de refuser votre demande de temps partiel thérapeutique… mais à une seule condition : invoquer un motif légitime !

Mais qu’est-ce qu’un motif légitime aux yeux de la loi ? Plusieurs cas sont concevables :

    • La désorganisation de l’entreprise ou du service entravant son bon fonctionnement
    • L’absence de poste adapté à l’état de santé de l’employé demandant en mi-temps thérapeutique
    • L’impossibilité d’organiser une reprise à temps partiel sur le poste qu’occupait le salarié avant le mi-temps thérapeutique

Le refus du mi-temps thérapeutique par l’employeur doit obligatoirement être formel : généralement, vous recevrez une lettre avec accusé de réception afin d’avoir une trace écrite. Il en va de même pour le médecin du travail qui sera également informé de la décision.

Bon à savoir : si, à la lecture de votre courrier, vous estimez que la raison invoquée par votre employeur pour refuser votre demande n’est pas un motif légitime, vous pouvez saisir le tribunal des Prud’hommes.

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Face à ce retour négatif, vous avez trois solutions :

    • Rester en arrêt de travail jusqu’à ce que vous puissiez retrouver votre emploi comme avant. Pour cela, vous devrez vous rapprocher du médecin qui vous a mis initialement en arrêt maladie afin de lui expliquer la situation. Prenez garde toutefois à la fin de vos indemnités journalières de l’Assurance maladie !
    • Demander à être sur un poste adapté au temps partiel thérapeutique en attendant d’être capable de regagner votre ancien emploi. Pour ce faire, vous pouvez contacter le médecin du travail afin de mettre en place un aménagement de poste. Dans cette situation très spécifique, et même si le nouveau poste a un statut inférieur, votre ancienne rémunération reste maintenue.
    • Être déclaré inapte à reprendre votre poste. C’est la mesure ultime. Après plusieurs étapes bien encadrées par la loi, le médecin du travail atteste qu’aucune possibilité d’aménagement, d’adaptation ou de transformation de votre poste n’est envisageable et votre état de santé ne vous permet pas de continuer votre travail. Votre employeur procédera alors à un reclassement dans un nouvel emploi ou, si ce n’est pas possible non plus, ce sera le licenciement pour inaptitude.

Un exemple concret avec D., en conflit avec son employeur, qui a peur que ce dernier en profite pour refuser sa demande de mi-temps thérapeutique.

Tout d’abord, il est crucial de noter qu’une mésentente n’est pas un motif légitime. À moins que son employeur invoque une autre raison, quant à elle, bien légale (comme une désorganisation par exemple), sa requête sera validée.

Toutefois, au vu des tensions entre eux, la mise en place d’un temps partiel thérapeutique n’est pas forcément la solution idéale pour D. Et pour cause, cette reprise risque de mal se passer et cela n’améliorera pas l’état de santé de D. Mieux vaut, si cela est possible financièrement, prolonger l’arrêt maladie jusqu’à pouvoir revenir directement à temps plein, ou si le conflit est irrémédiable, proposer une rupture conventionnelle.

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Lorsque le mi-temps thérapeutique n’aboutit pas et qu’une pension d’invalidité est reconnue par la suite, il reste possible de reprendre un travail à temps partiel avec la pension d’invalidité, un dispositif encadré par ses propres règles de cumul, distinct du temps partiel thérapeutique.

 

Refus mi-temps thérapeutique par la CPAM : que faire quand le médecin-conseil rejette votre demande ?

Si la très grande majorité des refus de temps partiel thérapeutique sont du fait des employeurs, dans une proportion moindre, c’est la CPAM qui peut rejeter la requête.

En effet, lorsque le médecin-conseil de l’Assurance maladie estime que votre demande n’est pas justifiée ou que vous ne respectez pas certaines règles administratives, il est en droit de refuser votre dossier. Et ce, même si votre employeur et le médecin qui vous a mis en arrêt initialement ont donné leur accord ! Dans ce cas, vous ne percevrez plus d’indemnités journalières de la part de la Sécurité sociale.

Deux possibilités s’offrent alors à vous :

    • Contester la décision du médecin-conseil et tenter de faire valoir votre droit au temps partiel thérapeutique.
    • Demander à votre employeur un temps partiel « traditionnel » ou la reprise à temps plein.

Si vous choisissez la voie du recours, sachez que les démarches diffèrent légèrement selon si le refus est d’ordre administratif ou d’ordre médical. Ainsi :

    • Pour contester une décision d’ordre administratif, vous devrez saisir la CRA (Commission de recours amiable) de votre assurance maladie.
    • Pour contester une décision d’ordre médical, c’est la CMRA (Commission médicale de recours amiable) de votre région qu’il faudra saisir.

Dans les deux cas, la procédure est gratuite, mais doit être réalisée dans un délai de 2 mois à partir de la date de notification de refus de mi-temps thérapeutique.

Pour saisir la CRA, une simple lettre suffit. Vous trouverez ses coordonnées sur la notification de rejet. Vous n’avez pas à vous déplacer : la décision de la commission vous parviendra par courrier.

Bon à savoir : si vous n’avez rien reçu au bout de 2 mois, cela signifie que votre demande est rejetée.

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Si la CRA refuse également votre requête, vous pouvez aller plus loin en saisissant le tribunal judiciaire (pôle social).

Du côté de la CMRA, les démarches sont relativement identiques. Vous trouverez aussi les coordonnées de l’organisme dont vous dépendez sur la lettre de refus de temps partiel thérapeutique de la CPAM. Adressez une nouvelle demande par lettre recommandée avec accusé de réception en indiquant les motifs qui vous poussent à faire cette demande et en ajoutant la copie de la notification du refus.

À noter : la CMRA peut exiger un examen supplémentaire. Dans ce cas, vous recevrez une convocation au moins 15 jours avant et vous pourrez vous faire accompagner par un médecin si vous le souhaitez.

Vous recevrez ensuite la décision de la commission par courrier.

Bon à savoir : l’absence de réponse de la Commission médicale de recours amiable 4 mois après votre demande signifie que votre requête a été rejetée.

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Si la CMRA refuse votre demande, vous pouvez saisir le tribunal judiciaire (pôle social).

À nouveau, vous trouverez l’adresse de cette instance sur la lettre de refus ou en contactant directement la CPAM. Une audience est obligatoire. Vous pouvez y comparaître seul ou vous faire représenter ou assister par un avocat ou un représentant syndical si vous le souhaitez. Vous recevrez ensuite une notification de la décision du tribunal judiciaire.

Enfin, en cas de refus, votre dernier recours sera la saisine de la cour d’appel et/ou le pourvoi en cassation.

 

L’erreur à éviter
Ne confondez pas les deux circuits de recours. En cas de refus par l’employeur, c’est le Conseil de prud’hommes qu’il faut saisir. En cas de refus par la CPAM (médecin-conseil), il faut obligatoirement passer par la CRA ou la CMRA avant toute saisine du tribunal judiciaire. Se tromper de circuit fait perdre un temps précieux, alors que le délai de saisine (2 mois) court dès la notification du refus.

Récapitulatif : refus de mi-temps thérapeutique

Employeur
Motifs légitimes de refus
3 motifs reconnus par la loi
CPAM
Délai pour saisir la CRA/CMRA
2 mois après la notification
🚫

Refus employeur : désorganisation du service, absence de poste adapté ou impossibilité d’aménager le poste. Refus notifié par écrit obligatoirement.

⚖️

Refus employeur contesté : saisine du Conseil de prud’hommes si le motif invoqué n’est pas légitime.

🏥

Refus CPAM (médecin-conseil) : CRA pour une décision administrative, CMRA pour une décision médicale.

📅

Silence de la commission : vaut rejet implicite après 2 mois pour la CRA, après 4 mois pour la CMRA.

💡

Le conseil d’experte : conservez une trace écrite de chaque échange (courrier, e-mail, accusé de réception) dès la demande initiale. Ce sont ces preuves qui font la différence devant une commission de recours ou le Conseil de prud’hommes.

aide-sociale.fr

 

Questions fréquentes sur le refus de mi-temps thérapeutique

Le refus de mi-temps thérapeutique peut poser de nombreuses questions pratiques pour les salariés et salariées. Dans cette FAQ, nous répondons aux interrogations les plus fréquentes sur vos droits, les recours possibles et les conséquences sur votre salaire et vos indemnités. Ces réponses vous aideront à mieux comprendre vos options et à agir efficacement en cas de refus.

 

Un employeur peut‑il refuser un mi‑temps thérapeutique plusieurs fois ?

Oui, un employeur peut refuser plusieurs demandes de mi-temps thérapeutique tant qu’il invoque un motif légitime à chaque fois (désorganisation du service, impossibilité d’aménagement du poste, etc.). Cependant, si le salarié conteste le refus et que le motif n’est pas fondé, il peut saisir le Conseil de prud’hommes. Chaque nouvelle demande doit être justifiée par l’état de santé actuel du salarié.

 

Un refus de mi‑temps thérapeutique peut‑il conduire à un licenciement ?

Le refus en lui-même ne constitue pas un motif de licenciement. En revanche, si l’état de santé du salarié empêche toute reprise normale du poste et qu’aucun aménagement n’est possible, l’employeur peut engager une procédure d’inaptitude. Cette procédure peut aboutir à un reclassement ou, en dernier recours, à un licenciement pour inaptitude, mais le simple refus n’est pas suffisant pour licencier.

 

Existe‑t‑il un délai minimum ou maximum pour déposer une nouvelle demande après un refus ?

Il n’existe pas de délai minimum pour déposer une nouvelle demande. Le salarié peut refaire une demande dès que son état de santé justifie le mi-temps thérapeutique. Il n’y a pas non plus de délai maximum légal, mais les demandes doivent rester cohérentes avec l’évolution médicale et administrative de la situation. Pour en savoir plus sur les règles de renouvellement selon votre statut, consultez notre article sur la durée du mi-temps thérapeutique.

 

Le refus de mi-temps thérapeutique peut-il affecter mes indemnités journalières ?

Oui :

    • Si le refus provient de la CPAM (médecin-conseil), le salarié peut perdre ses indemnités journalières pour la période où le mi-temps thérapeutique aurait dû être appliqué.
    • Si le refus vient uniquement de l’employeur, cela n’impacte pas les indemnités versées par la Sécurité sociale, mais le salarié peut se retrouver sans revenu partiel si aucune alternative n’est mise en place. C’est pour cela qu’il est essentiel de connaître ses droits et contester un refus injustifié.

 

Puis-je cumuler mi-temps thérapeutique et télétravail si mon employeur refuse une reprise sur site ?

Le télétravail n’est pas automatique dans le cadre du mi-temps thérapeutique. Toutefois, si le poste peut être adapté pour le télétravail, un accord avec l’employeur est possible. Si l’employeur refuse sans motif légitime, le salarié peut solliciter le médecin du travail pour étudier un aménagement ou contester la décision via les voies légales (Conseil de prud’hommes).

 

Quel est le délai de réponse de l’employeur à une demande de mi-temps thérapeutique ?

Le Code du travail ne fixe aucun délai légal unique pour la réponse de l’employeur dans le secteur privé. En pratique, un délai de 3 mois sert souvent de référence lorsque la convention collective ne prévoit rien de plus précis. En l’absence de réponse prolongée, une relance écrite par lettre recommandée reste la meilleure option avant d’envisager un recours.

 

Les règles de refus sont-elles les mêmes pour les fonctionnaires ?

Non. Les fonctionnaires relèvent du temps partiel thérapeutique de la fonction publique, un dispositif distinct. Depuis un décret entré en vigueur le 1er août 2026, l’administration dispose d’un délai maximal de 30 jours pour statuer sur une première demande, et tout refus (initial, de renouvellement ou interruption à l’initiative de l’administration) doit désormais être motivé.

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Sources officielles et références

Crédit photo : © Anastasiya / Adobe


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