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Qui est considéré comme primo-entrant à l’assurance chômage ?
Pour être considéré comme primo-entrant par France Travail, il faut avoir été privé d’emploi et, selon la convention d’assurance chômage du 15 novembre 2024, n’avoir bénéficié d’aucune admission à l’ARE au cours des 20 années précédant son inscription comme demandeur d’emploi.
Aucun droit ouvert au cours des 20 dernières années
La notion d’« admission » (ou de « droit ouvert ») est très importante : ce n’est pas le versement de l’ARE (allocation de retour à l’emploi) qui compte, mais le fait de s’être vu ouvrir un droit par France Travail. Autrement dit, une personne qui a fait toutes les démarches pour bénéficier des allocations chômage, qui a reçu l’accord de l’organisme et qui, parce qu’elle a retrouvé un emploi aussitôt, n’a finalement pas été indemnisée, perd son statut de primo-entrant et ce, même si elle n’a pas touché un euro.
Bon à savoir : l’âge n’entre pas en compte.
Par exemple :
- Johan, 43 ans, a ouvert des droits à l’ARE en 2005 après un CDD. Il dépose une nouvelle demande en 2026, soit 21 ans plus tard : il est de nouveau primo-entrant.
- Julie, 35 ans, a ouvert des droits à l’ARE en 2010 après plusieurs contrats courts. C’était il y a moins de 20 ans. Elle n’est donc pas primo-entrante.
Primo-entrant et première inscription à France Travail : deux notions différentes
Dans cet article et de manière générale sur le web, vous retrouverez indifféremment les deux termes. Cependant, être inscrit à France Travail ne fait pas perdre le statut de primo-entrant : seule compte l’ouverture d’un droit à l’ARE. Si vous avez fait des démarches auprès de l’Assurance chômage à la fin de vos études, mais que vous n’avez rien reçu faute d’avoir assez travaillé, vous restez primo-entrant.
Bon à savoir : depuis le 1er janvier 2025, en application de la loi Plein emploi, les bénéficiaires du RSA et les jeunes suivis par une mission locale sont automatiquement inscrits à France Travail. Mais comme cela n’ouvre aucun droit à l’ARE, ils peuvent tout de même être considérés comme primo-entrants.
La nouveauté 2026 : 5 mois de travail au lieu de 6 pour toucher l’allocation chômage
Un primo-entrant à France Travail peut bénéficier de l’Allocation de retour à l’emploi s’il justifie de 108 jours ou 758 heures travaillés (soit 5 mois de travail) contre 130 jours ou 910 heures (soit 6 mois) pour les demandeurs d’emploi « classiques ». Cette règle s’applique aux personnes dont le contrat de travail prend fin à compter du 1er avril 2026.
Prévue dès la convention de novembre 2024, cette mesure n’avait pas pu être agréée à l’époque faute de base légale suffisante. Elle l’a finalement été par l’arrêté du 28 mars 2026, complété par le décret n° 2026-214 du 28 mars 2026 qui fixe la durée minimale d’indemnisation.
Bon à savoir : France Travail retient le calcul le plus favorable pour vous entre les jours et les heures. Ainsi, pour celles et ceux qui sont à temps partiel, c’est souvent le décompte en jours qui est le plus avantageux.
Ces 108 jours sont recherchés dans les 24 mois précédant la fin du dernier contrat pour les moins de 55 ans et dans les 36 mois pour les 55 ans et plus. L’âge retenu est celui à la date de fin de contrat. Ils n’ont pas besoin d’être consécutifs : ils peuvent provenir de plusieurs contrats (CDD, missions d’intérim, contrats saisonniers, alternance…).
Vous n’avez aucune démarche particulière à faire. Selon l’Unédic, France Travail vérifie d’abord si vous atteignez les 6 mois de travail de la règle générale. Si ce n’est pas le cas et que vous êtes primo-entrant, l’organisme recherche ensuite les 5 mois sur la même période. L’ordre est important : une personne qui a atteint les 130 jours relèvera du régime « classique » des demandeurs d’emploi avec une durée d’indemnisation plus longue, même si c’est sa première inscription à l’Assurance chômage.
Exemple :
Léa a 23 ans. Elle a travaillé en CDD à temps plein de février à début mai 2026, soit 65 jours travaillés. Elle a ensuite enchaîné avec des missions d’intérim entre juin et août 2026 pendant 45 jours travaillés. Avec 110 jours, Léa n’atteint pas les 6 mois de la règle générale. En revanche, elle dépasse le seuil de 108 jours et peut être indemnisée en tant que primo-entrante.
Les autres conditions d’accès à l’ARE : identiques pour tous les demandeurs d’emploi
Pour recevoir les allocations chômage, vous devez respecter d’autres critères d’éligibilité (qui restent les mêmes pour tous les demandeurs d’emploi, comme le détaille France Travail) :
- avoir perdu votre emploi involontairement (= fin de CDD ou de mission d’intérim, licenciement, rupture conventionnelle, etc. ; la démission n’ouvre droit que dans certains cas) ;
- être inscrit comme demandeur d’emploi à France Travail ;
- rechercher activement un emploi ;
- être apte à travailler ;
- ne pas avoir atteint l’âge de départ à la retraite à taux plein ;
- résider en France de manière stable et régulière.
Le montant et la durée de l’allocation de retour à l’emploi pour un primo-entrant
Le montant de l’ARE se calcule de la même manière pour tous les demandeurs d’emploi. En revanche, la durée minimale d’indemnisation est diminuée : 152 jours au lieu de 182.
Une formule de calcul identique pour tous les demandeurs d’emploi indemnisés
France Travail a besoin d’un salaire journalier de référence (SJR). C’est sur cette base que sera calculée votre allocation journalière.
Pour ce faire, l’organisme additionne les salaires bruts sur la période de référence (= 24 ou 36 mois). Il divise ensuite ce total par le nombre de jours calendaires écoulés entre le début de votre premier contrat et la fin du dernier (voir l’exemple de Léa plus bas).
À partir du SJR, deux possibilités d’indemnisation :
- 40,4 % du SJR + 13,18 €
- 57 % du SJR.
OU
L’Assurance chômage versera le montant le plus favorable entre les deux calculs, tout en respectant le minimum plancher de 32,13 € par jour. Ces montants sont inchangés depuis juillet 2025 : l’Unédic n’a pas revalorisé les allocations au 1er juillet 2026.
Pour en savoir plus, n’hésitez pas à lire notre article complet sur le calcul de l’ARE.
Une durée minimale de 152 jours (au lieu de 182) pour les allocataires primo-entrants
En tant que primo-entrant à France Travail, vous toucherez vos allocations chômage pendant 152 jours au minimum (environ 5 mois) contre 182 jours pour les autres demandeurs d’emploi. En pratique, la durée de vos droits à l’ARE correspond au nombre de jours calendaires entre le premier jour du premier contrat et le dernier jour du dernier contrat sur la période de référence, diminué de 25 % (coefficient appliqué tant que la conjoncture économique est jugée favorable). L’Unédic détaille ce mode de calcul, et vous pouvez retrouver les règles générales dans notre article sur la durée du chômage.
Bon à savoir : les jours sans contrat de travail, entre deux emplois, sont retenus dans la limite de 70 % des jours sous contrat.
Exemple : Tom a travaillé en CDD du 4 mai au 4 octobre 2026, soit 154 jours calendaires et 110 jours travaillés. Après réduction des 25 %, il n’obtient que 115 jours d’indemnisation. Grâce au plancher, il recevra les allocations chômage pendant 152 jours.
Exemple allocation chômage : l’indemnisation de Léa
Reprenons l’exemple de Léa. Elle a travaillé :
- en CDD du 2 février au 3 mai 2026 (= 91 jours calendaires)
- en missions d’intérim du 29 juin au 28 août 2026 (= 61 jours calendaires)
- pour 10 200 € de salaire brut cumulé.
Pour calculer la durée de versement de son allocation chômage, France Travail se base sur 208 jours (entre le 2 février et le 28 août). Les 56 jours sans contrat (entre le CDD et la première mission d’intérim) restent sous le plafond de 70 % des 152 jours sous contrat (= 106 jours). Sur ces 208 jours, l’organisme applique une réduction de 25 %, ce qui donne 156 jours, soit un peu plus de 5 mois.
Pour calculer le montant de son allocation de retour à l’emploi, France Travail calcule son SJR : 10 200 € ÷ 208 jours = 49,04 €. Puis, l’organisme compare les deux formules pour conserver la plus intéressante pour Léa :
- 40,4 % x 49,04 € + 13,18 € = 32,99 €
- 57 % x 49,04 € = 27,95 €.
Léa touchera donc 32,99 € brut par jour, soit environ 990 € brut ou 964 € net par mois.
Sans cette mesure pour les primo-entrants, Léa n’aurait perçu aucune ARE.
Première inscription à France Travail : les démarches
La première inscription à France Travail se fait uniquement en ligne, via le site France Travail, dès le lendemain du dernier jour de travail.
Bon à savoir : pour recevoir l’ARE, vous devez vous inscrire à France Travail au plus tard 12 mois après la fin de votre dernier contrat de travail. C’est le délai de forclusion : passé ce délai, vous perdez votre droit.
Lors de cette première inscription, vous devrez remplir le formulaire complet. Il existe bel et bien une procédure allégée, mais elle est réservée aux personnes déjà inscrites au cours des 6 dernières années. Vous devrez déclarer vos activités professionnelles des 5 dernières années et joindre vos attestations employeur, y compris si vous avez enchaîné les contrats courts. Suite à la validation de ce formulaire, vous serez convié à un entretien obligatoire avec un conseiller.
Pour connaître toute la procédure pas à pas, n’hésitez pas à lire notre guide complet sur l’inscription à France Travail !
Si vous remplissez toutes les conditions d’éligibilité à l’Allocation de retour à l’emploi, vous recevrez un premier versement après un délai de carence et d’éventuels différés liés aux indemnités de congés payés et aux indemnités de rupture.
Chômage au bout de 5 mois de travail : une avancée en demi-teinte
Cette mesure en faveur des primo-entrants a fait l’objet d’une étude d’impact de l’Unédic, qui permet de mesurer à la fois ses effets positifs et ses limites.
Assouplir l’accès aux allocations chômage : objectif réussi
D’après l’étude d’impact de l’Unédic, la mesure profite surtout aux jeunes. Parmi les 16-24 ans qui ouvrent un droit à l’Assurance chômage, environ 1 sur 10 (10,3 %) y accède grâce au seuil de 5 mois, contre 3,6 % pour l’ensemble des allocataires. Les 16-24 ans représentent d’ailleurs 64 % des bénéficiaires de la mesure. Pour les moins de 25 ans, cette réforme est primordiale : ils n’ont pas droit au RSA (hors rares exceptions). Sans allocation chômage, ils n’ont souvent aucun revenu. Pour en savoir plus sur leur situation, consultez notre article sur le chômage des jeunes.
Les intérimaires sont aussi plus concernés : ils représentent 35 % des bénéficiaires alors qu’ils ne pèsent que 14 % des allocataires. L’idée derrière était d’aligner les primo-entrants aux travailleurs saisonniers qui profitaient déjà du seuil de 5 mois depuis avril 2025.
Une portée modeste
L’Unédic estime que pour 6 bénéficiaires sur 10, cette nouvelle mesure permet juste d’être indemnisé quelques mois plus tôt (ils auraient fini par atteindre les 6 mois de travail un peu plus tard). Pour les 4 autres, elle ouvre un droit qui n’aurait jamais existé avant. Au total, ces nouvelles couvertures ne concernent que… 1,5 % des allocataires qui ouvrent un droit (3,6 % en comptant celles et ceux qui auraient été indemnisés plus tard) !
Ce faible pourcentage coûte de l’argent : en 2026, son coût est estimé à 100 millions d’euros, puis 130 millions d’euros par an. Cependant, cela ne représente que 0,4 % des dépenses d’indemnisation.
Un seuil toujours plus exigeant qu’avant 2019
Il nous semblait pertinent tout de même de rappeler que jusqu’en novembre 2019, 4 mois de travail sur 28 mois suffisaient pour ouvrir droit aux allocations chômage. La réforme de 2019 a porté ce seuil à 6 mois sur 24 mois. Il a été temporairement ramené à 4 mois pendant la crise sanitaire, puis rétabli à 6 mois le 1er décembre 2021. Les dernières évolutions sont à retrouver dans notre article sur la réforme du chômage.
Ce passage à 5 mois n’est pas un cadeau, pas vraiment en tout cas ! Il reste plus dur pour les demandeurs d’emploi. Dans un amendement déposé en juin 2025, des députés ont d’ailleurs réclamé le retour à 4 mois de travail sur 36 mois pour tous les demandeurs d’emploi. Sans succès…
Première inscription au chômage : la FAQ
Voici les réponses aux questions les plus fréquentes sur le décompte des jours travaillés et sur les cas particuliers des primo-entrants.
Un stage gratifié compte-t-il dans les 108 jours travaillés ?
Non, un stage même rémunéré n’est pas encadré par un contrat de travail et, par conséquent, n’ouvre aucun droit au chômage. Si, durant vos études, vous avez enchaîné 6 mois de stage à 3 mois de CDD, seuls les jours de CDD sont pris en compte par France Travail. Vous êtes sous le seuil de 108 jours et n’êtes donc pas éligible aux allocations chômage.
Les périodes en contrat d’apprentissage ou de professionnalisation sont-elles prises en compte par France Travail ?
Oui ! L’apprenti et le salarié en contrat de professionnalisation ont un contrat de travail : l’alternance compte comme des jours travaillés, y compris les jours passés en centre de formation. Et la fin d’un contrat d’apprentissage constitue bien une perte involontaire d’emploi. En bref, un apprentissage de 6 mois achevé en juin suffit à ouvrir droit au chômage.
Les 108 jours travaillés doivent-ils être consécutifs ?
Non. France Travail additionne tous les jours travaillés sur la période de référence (24 ou 36 mois), quel que soit le nombre de contrats ou d’employeurs. Un CDD, quelques missions d’intérim et un contrat saisonnier peuvent donc se cumuler, comme dans l’exemple de Léa. Les périodes sans contrat entre deux emplois ne sont pas un obstacle.
Un job d’été ou un CDD étudiant compte-t-il pour devenir indemnisable ?
Oui, s’il est encadré par un contrat de travail : chaque jour travaillé est pris en compte. En revanche, un job d’été d’un mois ne suffit pas à lui seul pour atteindre 108 jours. Il faut le cumuler avec d’autres contrats dans les 24 derniers mois. Avant de vous lancer, découvrez l’impact d’un job d’été sur vos aides (bourse, APL, prime d’activité).
Peut-on être indemnisé après une démission quand on est primo-entrant ?
En principe, non. L’ARE est réservée aux personnes qui ont perdu leur emploi involontairement. La démission n’ouvre droit au chômage que dans des cas précis, dits de « démission légitime ». Le statut de primo-entrant n’y change rien : il n’abaisse que la durée de travail exigée. Retrouvez le détail dans notre article sur le chômage après démission.
Que faire si je n’ai pas atteint les 108 jours travaillés ?
Vous n’avez pas droit à l’ARE pour le moment, mais d’autres aides existent selon votre âge et votre situation : le Contrat d’engagement jeune, la PACEA, le RSA ou encore la prime d’activité si vous travaillez. Nous les avons détaillées dans notre article « Pas de chômage, pas de RSA ». Si vous retravaillez ensuite, vos nouveaux jours s’ajoutent à ceux déjà acquis dans la période de référence.
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