En tant que propriétaire, vous êtes redevable de plusieurs taxes liées à votre logement : taxe foncière, taxe d’habitation sur les résidences secondaires ou logements vacants, et parfois la CFE si vous louez en meublé. Depuis janvier 2023, la taxe d’habitation sur la résidence principale est supprimée pour tous, mais d’autres impôts restent dus selon votre situation. Certaines de ces taxes peuvent aussi être répercutées sur vos locataires. Que payez-vous exactement ? Qui peut être exonéré ? Réponse dans cet article.

Quelles taxes doit payer un propriétaire en 2026 ? La taxe foncière s’applique à tous les propriétaires. La taxe d’habitation subsiste pour les résidences secondaires et les logements vacants. La CFE concerne les locations meublées. Enfin, la TEOM, la taxe de balayage et la taxe de séjour sont dues par le propriétaire mais récupérables sur le locataire.

Pour connaître en détail les impôts dont vous êtes redevable en tant que propriétaire ou bailleur, poursuivez la lecture de cet article.


Impôt logement : de quoi s’agit-il ?

Lorsqu’on est locataire ou propriétaire d’un logement, il n’est pas toujours facile de savoir quelles taxes on doit régler en fonction de sa situation. Chaque personne doit s’acquitter de certains impôts en lien avec son bien immobilier, même s’il est parfois possible d’en être exonéré. La majeure partie d’entre eux sont des impôts locaux qui permettent de financer en partie les budgets des collectivités territoriales.

On distingue trois grandes catégories d’impôts liés au logement.

    • Les taxes dues directement par le propriétaire : la taxe foncière, la CFE pour les logements loués meublés, la taxe d’habitation sur les résidences secondaires ou sur les logements vacants.
    • Les taxes dues par le locataire : aucune depuis le 1er janvier 2023, la taxe d’habitation et la redevance audiovisuelle ayant été supprimées.
    • Les taxes réglées par le propriétaire et récupérables sur le locataire : la taxe d’enlèvement des ordures ménagères (TEOM), la taxe de balayage, et la taxe de séjour pour les locations saisonnières.

Vous trouverez le détail de chacune de ces taxes ci-dessous ainsi que les informations utiles pour savoir comment en être exonéré lorsque cela est possible.

 

Taxe locative : les impôts liés au logement ont-ils disparu pour les locataires ?

Depuis le 1er janvier 2023, deux impôts qui incombaient aux locataires ont été définitivement supprimés.

 

La taxe d’habitation : supprimée pour les locataires depuis 2023

La taxe d’habitation était un impôt local destiné à financer les dépenses des collectivités territoriales (services sportifs, voirie, espaces verts, etc.). Elle était due par toute personne occupant un logement au 1er janvier, qu’elle en soit locataire, propriétaire ou logée à titre gratuit.

La suppression progressive a débuté en 2018 pour aboutir à une suppression totale pour les résidences principales en 2023. Depuis cette date, aucun locataire ne doit payer la taxe d’habitation sur sa résidence principale. En revanche, si vous êtes locataire d’une résidence secondaire, la taxe d’habitation reste due.

Pour en savoir plus sur les cas particuliers, consultez notre article sur la suppression de la taxe d’habitation.

 

La contribution à l’audiovisuel public (redevance TV) : supprimée depuis 2022

Cet impôt permettait de financer les chaînes et radios publiques (France Télévisions, RFI, etc.). Il était dû par les personnes assujetties à la taxe d’habitation disposant d’un poste de télévision. Son montant s’élevait à 138 € en métropole et 88 € dans les DOM. La contribution à l’audiovisuel public a été définitivement supprimée à compter du 1er août 2022 et n’est plus due depuis lors.

 

Taxe propriétaire : quels impôts liés au logement ?

En tant que propriétaire, plusieurs taxes vous incombent directement, qu’il s’agisse de votre résidence principale, secondaire ou d’un bien mis en location. Voici le détail de chacune.

Séverine Burel

Notre conseil
Séverine Burel, conseillère en aides sociales
Avant d’acheter un bien immobilier, pensez à estimer le montant cumulé de toutes les taxes auxquelles vous serez soumis : taxe foncière, taxe d’habitation sur résidence secondaire le cas échéant, et éventuellement la majoration en zone tendue qui peut atteindre 60 % dans certaines communes. Ces charges récurrentes s’ajoutent aux mensualités de crédit et peuvent représenter plusieurs centaines d’euros par an.

 

Taxe foncière : un impôt incontournable pour tous les propriétaires

Qu’est-ce que la taxe foncière ?

La taxe foncière (TF) est un impôt local fixé par les communes qui sert à financer leurs dépenses ainsi que celles du département. Elle existe en deux versions : la taxe foncière sur les propriétés bâties (TFPB) pour les maisons, appartements et autres constructions, et la taxe foncière sur les propriétés non bâties (TFPNB) pour les terrains.

Qui doit payer la taxe foncière ?

En France, toutes les personnes qui sont propriétaires, usufruitières ou en charge de l’administration d’un bien au 1er janvier sont redevables de la TF sur les propriétés bâties (TFPB). Vous devez vous acquitter de la taxe foncière même si le logement est en location ou s’il s’agit de votre résidence secondaire. Ainsi, si vous êtes propriétaire de votre résidence principale et d’une résidence secondaire, vous payez la TF sur ces deux logements.

Quel est le montant de la taxe foncière ?

Le montant est fixé par la commune où se situe votre logement. Le calcul se base sur la valeur locative cadastrale du bien, sur laquelle est appliqué un abattement de 50 %. La commune fixe son taux d’imposition et l’applique sur ce montant abattu. Pour 2026, les valeurs locatives cadastrales sont revalorisées de +0,8 %. Le taux moyen national de taxe foncière se situe autour de 27 %, mais peut dépasser 40 % dans certaines communes.

À savoir : si vous effectuez des travaux dans votre jardin (piscine, abri de jardin…), vous devrez également vous acquitter de la taxe d’aménagement, à l’image de la taxe sur une cabane de jardin. De plus, ces travaux augmentent souvent la valeur locative du bien et donc le montant de la taxe foncière.

Quand faut-il payer la taxe foncière ?

Vous devez régler cet impôt en fin d’année (généralement en octobre). Le montant et le délai figurent sur votre avis d’imposition. Vous pouvez opter pour un prélèvement mensuel. Pour connaître les dates exactes, consultez notre article sur le paiement de la taxe foncière.

Peut-on être exonéré de la taxe foncière ?

Oui, il est possible dans certains cas de ne pas payer cette taxe ou de bénéficier d’un dégrèvement. Retrouvez toutes les informations utiles dans notre article sur l’exonération de la taxe foncière. En cas de difficultés financières, des solutions existent également pour obtenir un délai ou une remise gracieuse.

icone info

 

La cotisation foncière des entreprises (CFE) : un impôt spécifique aux locations meublées

Qu’est-ce que la CFE ?

Il s’agit d’un impôt dû par les propriétaires sur leurs logements loués meublés. Elle est une des composantes de la contribution économique et territoriale qui a remplacé l’ancienne taxe professionnelle supprimée par la loi de finances 2010.

Qui doit payer la CFE ?

Si vous êtes propriétaire d’un logement que vous louez en meublé, vous devez vous acquitter de cette taxe. Selon l’article 1447 du Code général des impôts, toutes les locations et sous-locations d’immeubles en meublé sont réputées exercées à titre professionnel.

Quel est le montant de la CFE ?

Le montant de la CFE dépend de la valeur locative des biens en question. Son taux est fixé par la commune.

Quand faut-il payer la CFE ?

Vous ne recevrez pas d’avis d’imposition classique. Il vous faudra consulter votre compte fiscal en ligne sur impots.gouv.fr pour connaître son montant. Vous devrez ensuite payer la CFE en deux tranches : une première en juin si votre CFE est supérieure à 3 000 €, puis le reste en décembre.

Peut-on être exonéré de la CFE ?

Oui, il est possible dans certains cas de ne pas payer cette taxe de manière temporaire ou permanente. Vous trouverez toutes les informations utiles sur service-public.gouv.fr.

icone info

 

Taxe sur les logements vacants : TLV et THLV

Qu’est-ce que la taxe sur les logements vacants ?

La taxe sur les logements vacants s’applique sur les logements non meublés, inoccupés depuis au moins 1 an dans certaines communes. Elle se décompose en deux types de taxes selon la zone géographique.

    • La taxe sur les logements vacants (TLV) : pour les logements situés en zone tendue (communes avec déséquilibre marqué entre offre et demande). Son produit est versé à l’Agence nationale de l’habitat (Anah).
    • La taxe d’habitation sur les logements vacants (THLV) : pour les logements non situés en zone tendue, dans les communes ayant délibéré pour l’instituer.

Pour savoir si votre logement est en zone tendue, utilisez ce simulateur officiel.

Qui doit payer la taxe sur les logements vacants ?

La TLV est due si vous êtes propriétaire ou usufruitier d’un logement non meublé, inoccupé depuis au moins 1 an au 1er janvier dans une commune en zone tendue. Si vous avez plusieurs logements vacants, vous devez régler la TLV pour chacun d’entre eux.

La THLV est due si vous possédez ou avez l’usufruit d’un logement non meublé vacant depuis plus de 2 ans, situé dans une commune hors zone tendue qui a délibéré pour l’instaurer.

Quel est le montant de la taxe sur les logements vacants ?

Le montant de la TLV est calculé à partir de la valeur locative cadastrale du logement. Son taux est de 17 % la première année d’imposition, puis 34 % les années suivantes.

Le montant de la THLV est lui aussi calculé sur la valeur locative du logement. Son taux est le même que celui de la taxe d’habitation sur les résidences secondaires de la commune concernée.

Quand faut-il payer la taxe sur les logements vacants ?

Pour la TLV ou la THLV, vous recevrez un avis vous indiquant le montant à régler. Le paiement s’effectue en fin d’année (mi-décembre, ou le 20 décembre pour les paiements en ligne).

Peut-on être exonéré de la taxe sur les logements vacants ?

Oui, plusieurs cas d’exonération existent : logement vacant indépendamment de votre volonté (mis en vente ou location sans preneur), logement occupé plus de 90 jours consécutifs, logement nécessitant des travaux importants dépassant 25 % de sa valeur. Vous pouvez faire une réclamation auprès de votre direction des finances publiques (en savoir plus sur service-public.gouv.fr).

icone info

 

Taxe d’habitation sur les résidences secondaires (THRS)

Si la taxe d’habitation sur les résidences principales est supprimée depuis 2023, celle liée aux résidences secondaires reste due par les propriétaires.

Qu’est-ce que la taxe d’habitation sur les résidences secondaires ?

La taxe d’habitation sur les résidences secondaires (THRS) est un impôt perçu par les collectivités territoriales. Elle concerne tout logement meublé affecté à une habitation autre que principale, que vous en soyez propriétaire ou locataire au 1er janvier.

Quel est le montant de la THRS ?

Le montant est calculé sur la valeur locative cadastrale du bien selon le taux voté par la commune. Contrairement à l’ancienne taxe d’habitation, la THRS ne bénéficie d’aucun abattement. En 2025, la taxe moyenne se situait autour de 1 000 € par an.

De plus, dans les communes situées en zone tendue, les mairies peuvent voter une majoration de 5 % à 60 % de la part communale. En 2025, près de 44 % des 3 690 communes éligibles appliquaient cette majoration, avec un taux moyen de 41,4 %. Paris, Lyon, Bordeaux, Nice, Marseille, La Rochelle, Rennes et de nombreuses villes touristiques appliquent déjà le taux maximum de 60 %.

Quand faut-il payer la THRS ?

La taxe d’habitation sur les résidences secondaires est à régler en décembre (15 décembre, ou 20 décembre en cas de paiement en ligne). Un prélèvement mensuel est possible.

Peut-on être exonéré ?

Des cas d’exonération existent, notamment si vous avez une résidence principale à faibles revenus et que la résidence secondaire est occupée par un proche. Renseignez-vous auprès de votre centre des finances publiques. Retrouvez plus de détails sur service-public.gouv.fr.

icone info

Récapitulatif : les taxes du propriétaire

Séverine Burel
Tous propriétaires
Taxe foncièreValeur locative × taux Abattement 50 % appliqué
Résidence secondaire
Taxe d’habitation (THRS)+ majoration jusqu’à 60 % En zone tendue
🏘️

Logement vacant (TLV) : 17 % la 1re année, puis 34 % les suivantes. S’applique aux logements non meublés inoccupés depuis au moins 1 an en zone tendue.

🪑

Location meublée (CFE) : impôt dû par tout propriétaire-bailleur en meublé. Montant fixé par la commune selon la valeur locative.

♻️

Taxes récupérables sur le locataire : TEOM (ordures ménagères), taxe de balayage, taxe de séjour pour les locations saisonnières.

💡

Conseil de Séverine : Vérifiez systématiquement si votre commune est en zone tendue avant d’acheter une résidence secondaire. La majoration de la taxe d’habitation peut significativement alourdir la facture.

aide-sociale.fr

 

Impôt location : des taxes récupérables sur le locataire

En tant que propriétaire-bailleur, certaines taxes que vous avancez peuvent être récupérées auprès de votre locataire au moment de la régularisation annuelle des charges. Il s’agit de trois taxes principales.

    • La taxe d’enlèvement des ordures ménagères (TEOM) : cet impôt apparaît sur votre avis de taxe foncière. Il peut être remboursé par le locataire au moment de la régularisation annuelle des charges, uniquement pour la période où le logement est loué.
    • La taxe de balayage : il s’agit d’un impôt mis en place par les communes assurant le balayage des voies publiques. Son montant est calculé à partir de la surface de voie publique et du droit de façade de la propriété concernée. Son tarif est fixé par délibération du Conseil municipal. Comme pour la TEOM, le propriétaire peut en réclamer le remboursement au locataire lors de la régularisation des charges.
    • La taxe de séjour : dans la plupart des cas, le coût d’une location saisonnière comprend le montant de la taxe de séjour. Cette taxe est payée par le propriétaire qui la répercute ensuite sur le locataire. Son montant est compris entre 0,20 et 4,40 € par personne et par nuit selon la catégorie du logement et la commune.

Séverine Burel

L’erreur à éviter
Séverine Burel, conseillère en aides sociales
Une erreur fréquente consiste à croire que la TEOM (taxe d’ordures ménagères) est incluse automatiquement dans les charges récupérées chaque mois. En réalité, elle doit faire l’objet d’une régularisation annuelle spécifique avec justificatif. Ne pas la mentionner dans le bail ou omettre la régularisation peut vous priver de ce remboursement, qui peut représenter plusieurs dizaines d’euros par an.

 

Questions fréquentes sur les taxes immobilières pour les propriétaires

Vous trouverez ci-dessous les réponses aux questions les plus courantes sur les impôts liés au logement pour les propriétaires et les locataires.

 

Qu’est-ce que la taxe locative et qui la paie ?

La taxe locative est un terme générique qui regroupe les différents impôts liés à la location d’un bien immobilier. Depuis 2023, les locataires ne paient plus de taxe directe (ni taxe d’habitation, ni redevance TV). Ce sont désormais exclusivement les propriétaires qui supportent les taxes immobilières, certaines étant toutefois récupérables sur le locataire (TEOM, taxe de balayage).

 

Un propriétaire doit-il payer la taxe d’habitation ?

Depuis 2023, la taxe d’habitation sur la résidence principale est supprimée pour tous, propriétaires compris. En revanche, si vous êtes propriétaire d’une résidence secondaire ou d’un logement vacant, vous devez bien payer la taxe d’habitation (THRS pour les résidences secondaires, TLV ou THLV pour les logements vacants). La THRS peut de surcroît faire l’objet d’une majoration pouvant atteindre 60 % en zone tendue.

 

Que paye un propriétaire qui loue son appartement ?

Un propriétaire-bailleur s’acquitte de la taxe foncière sur le bien loué, et de la CFE s’il s’agit d’une location meublée. Il peut récupérer sur le locataire la taxe d’enlèvement des ordures ménagères (TEOM) et la taxe de balayage si la commune en prévoit une. Pour les locations saisonnières, la taxe de séjour est également répercutable sur le locataire.

 

Quelles sont les taxes récupérables sur le locataire ?

Trois taxes avancées par le propriétaire peuvent légalement être récupérées sur le locataire : la TEOM (taxe d’ordures ménagères figurant sur l’avis de taxe foncière), la taxe de balayage lorsqu’elle existe dans la commune, et la taxe de séjour pour les locations de courte durée. Ces remboursements s’effectuent lors de la régularisation annuelle des charges locatives.

 

La majoration de la taxe d’habitation sur les résidences secondaires s’applique-t-elle partout ?

Non, la majoration ne s’applique que dans les communes situées en zone tendue ayant délibéré en ce sens. En 2025, environ 44 % des communes éligibles (soit plus de 1 600 communes) appliquaient cette majoration, avec un taux moyen de 41,4 %. Des grandes villes comme Paris, Lyon, Bordeaux ou des villes touristiques comme Biarritz appliquent le taux maximum de 60 %. Vérifiez la situation de votre commune via le simulateur officiel en ligne.

🏛️
Sources officielles et références

Crédit photo : © David / Adobe


 

Vous voulez partager votre expérience ?

Notre forum est là pour ça !
Autres articles intéressants

À quelles aides
avez-vous droit ?