SOMMAIRE
Taxe foncière : l’essentiel à savoir
Il s’agit d’un impôt local, à l’instar de la taxe d’habitation sur les résidences secondaires (la taxe d’habitation sur la résidence principale ayant été supprimée en 2023).
Cet impôt foncier s’applique uniquement aux propriétaires ou aux usufruitiers de biens immobiliers, qu’ils soient bâtis (logements, locaux professionnels…) ou non bâtis (terrains agricoles, bois, étangs…).
Pour calculer son montant, il faut multiplier la valeur locative cadastrale du bien, réduite de 50 %, par le taux d’imposition fixé par les collectivités locales (communes, départements, intercommunalités).
Enfin, la taxe foncière doit être payée tous les ans au mois d’octobre, mais il existe des exonérations et des dégrèvements pour certaines catégories de contribuables ou de biens.
Qui doit payer la taxe foncière et sur quels biens ?
Les contribuables assujettis à la taxe foncière
Seuls certains contribuables sont redevables de la taxe foncière :
- Les propriétaires d’un logement au 1er janvier
- Les usufruitiers d’un logement au 1er janvier
Ainsi, les locataires ne sont jamais imposables sur ce type de taxe.
Il est crucial de noter que la taxe foncière est calculée pour l’année entière en fonction de votre situation au 1er janvier. En pratique, si vous êtes propriétaire au 1er janvier 2026, vous devrez la payer pour toute l’année 2026, même si vous vendez votre propriété en cours d’année.
Bon à savoir : la taxe foncière est due même si vous louez votre bien immobilier ou même si le bien est une résidence secondaire où vous séjournez de manière occasionnelle.
Quels types de biens immobiliers sont concernés ?
La taxe foncière s’applique à toute propriété qui répond à deux conditions :
- Être attachée au sol (les mobile homes et les cabanes mobiles ne sont pas soumis à la taxe foncière).
- Avoir l’aspect d’un vrai bâtiment.
De manière générale, vous serez soumis à la taxe foncière pour :
- une maison ou un appartement
- un parking ou une cave
- un bateau (s’il est aménagé pour l’habitation ou le commerce)
- un terrain, un hangar ou un atelier
- etc.
Taxe foncière et location : peut-on la refacturer au locataire ?
Dans certains cas, le locataire d’un bien commercial peut être amené à payer la taxe foncière au propriétaire. C’est ce que prévoient certains contrats de location (baux commerciaux).
Rassurez-vous : il s’agit d’une situation particulière ! Pour une location résidentielle classique sans activité professionnelle, votre propriétaire n’a pas le droit de vous demander de payer cet impôt foncier ni d’augmenter votre loyer pour en compenser le poids financier.
Calcul de la taxe foncière : formule et exemple chiffré
La formule de calcul de la taxe foncière
Pour calculer la taxe foncière, le Centre des finances publiques s’appuie sur deux éléments :
- La base d’imposition : il s’agit de 50 % de la valeur locative cadastrale du bien. Cette valeur représente le loyer annuel théorique que vous pourriez percevoir si vous mettiez le bien en location.
- Le taux d’imposition : il est décidé par chaque collectivité territoriale (commune, département, intercommunalité…).
La formule complète est donc la suivante :
Taxe foncière = Valeur locative cadastrale × 50 % × Taux d’imposition local
Exemple concret : Votre logement a une valeur locative cadastrale de 6 000 €. La base imposable est de 3 000 € (6 000 × 50 %). Si votre commune applique un taux global de 25 %, vous paierez 750 € de taxe foncière (hors taxe d’ordures ménagères).
Bon à savoir : si vous réalisez des travaux dans votre habitation, la valeur locative ne changera qu’au 1er janvier de l’année suivante. Votre taxe foncière n’augmentera donc que l’année d’après.
Zoom sur la valeur locative cadastrale
Pour rappel, la valeur locative cadastrale est le loyer annuel théorique que vous pourriez percevoir si vous mettiez votre logement en location. Elle est calculée à partir de sa surface et de celle de ses parties annexes (cave, garage, jardin jusqu’à 500 m², piscine…). La surface obtenue est ensuite ajustée selon plusieurs critères :
- Le standing du bien
- Le confort du bien
- L’état général du bien
- L’emplacement du bien (proximité des écoles, des commerces ou des transports)
La taille ainsi corrigée est appelée « surface pondérée » et est multipliée par un prix communal basé sur les loyers du 1er janvier 1970. Depuis 1981, ce prix est mis à jour chaque année avec un coefficient national pour suivre l’évolution des loyers.
Bon à savoir : vous pouvez demander plus de détails au service du cadastre et contester, si besoin, la catégorie de votre bien ou sa surface pondérée. En revanche, vous n’aurez aucun recours contre le prix communal et les taux votés par les collectivités. À noter que la construction d’une piscine fixe entre dans le calcul de la valeur locative cadastrale et peut donc augmenter votre taxe foncière.
Pourquoi la taxe foncière augmente-t-elle en 2025 et 2026 ?
Depuis la loi de finances pour 2018 (n° 2017-1837) du 30 décembre 2017, les valeurs locatives cadastrales sont réévaluées chaque année à partir de l’IPCH (indice des prix à la consommation harmonisé) publié par l’INSEE en novembre. En d’autres termes, les valeurs locatives cadastrales évoluent avec l’inflation de la vie quotidienne.
Voici l’historique récent des revalorisations :
- 2023 : +7,1 % — pic lié à la forte inflation post-Covid
- 2024 : +3,9 %
- 2025 : +1,7 %
- 2026 : +0,8 % (IPCH de novembre 2025 — hausse la plus modérée depuis 2022)
En 2025, la quasi-totalité des communes ont maintenu leurs taux inchangés, notamment en raison des élections municipales de mars 2026. Cette tendance a fortement limité la hausse supplémentaire liée aux taux locaux pour les contribuables.
Par ailleurs, les collectivités locales ont la possibilité de fixer librement leurs taux de taxe foncière en fonction de leurs besoins de financement. Certaines grandes villes (Paris, Bordeaux, Lyon, Grenoble, Metz) ont fortement augmenté leurs taux ces dernières années.
Point réforme 2026 : une révision des valeurs locatives intégrant les éléments de confort (eau courante, électricité, sanitaires…) devait concerner 7,4 millions de logements en 2026, avec une hausse moyenne estimée à 63 €. Elle a été suspendue par le Premier ministre en novembre 2025. Une nouvelle méthode de calcul est en concertation avec les élus locaux. La refonte globale du système est désormais repoussée à 2031.
Paiement, exonérations et dégrèvements de la taxe foncière
Le paiement de la taxe foncière doit être effectué au mois d’octobre chaque année. Il est possible d’opter pour la mensualisation (10 prélèvements de janvier à octobre) en en faisant la demande sur votre espace particulier impots.gouv.fr, avant le 15 décembre de l’année précédente.
Que faire en cas de difficultés financières ?
Vous rencontrez des problèmes financiers ? Sachez que vous pouvez demander à votre Centre des Impôts une exonération exceptionnelle de la taxe foncière.
Pour ce faire, vous devez remplir le formulaire Cerfa n° 15507*01 avec toutes les informations demandées (revenus de votre foyer, dépenses, raisons de votre demande).
Bon à savoir : selon votre situation, la réduction accordée peut être partielle ou totale.
Une fois le formulaire complété, envoyez-le à votre Centre des finances publiques avec tous les justificatifs nécessaires. Si votre demande est acceptée, vous obtiendrez une réponse dans un délai de 2 mois. Au-delà de ce délai, sans retour, considérez que votre requête a été rejetée.
N’hésitez pas à lire notre article sur la demande d’exonération de la taxe foncière.
Exonérations et dégrèvements de la taxe foncière : qui en bénéficie ?
Les exonérations et dégrèvements de la taxe foncière sont des dispositifs qui permettent de réduire ou de supprimer le montant de cet impôt local. Ils sont accordés sous certaines conditions, notamment en fonction de la situation personnelle du contribuable, du type de bien ou de la localisation géographique.
Les principales exonérations et dégrèvements en vigueur :
- Exonération totale pour les bénéficiaires de l’Aspa (allocation de solidarité aux personnes âgées) ou de l’ASI (allocation supplémentaire d’invalidité), et pour les titulaires de l’AAH (allocation adultes handicapés), sous condition de ressources (revenu fiscal de référence à ne pas dépasser — montant à vérifier chaque année sur impots.gouv.fr).
- Exonération totale pour les contribuables âgés de plus de 75 ans au 1er janvier de l’année d’imposition, sous condition de ressources.
- Dégrèvement de 100 € pour les propriétaires de leur résidence principale dont le revenu fiscal de référence ne dépasse pas certains plafonds (notamment les titulaires de l’AAH ou les personnes de 65 à 75 ans sous conditions).
- Plafonnement de la taxe foncière en fonction des revenus (résidence principale uniquement).
- Exonérations temporaires pour les constructions nouvelles (2 ans), les logements ayant subi des travaux d’économie d’énergie (3 à 5 ans selon délibération communale), ou les logements labellisés BBC 2005 (5 ans).
- Exonérations permanentes pour certains biens affectés à des usages spécifiques (enseignement, santé, culture, sport…).
Si vous n’entrez dans aucun cas d’exonération, il est possible de demander un délai de paiement, voire une remise gracieuse de la taxe foncière.
Questions fréquentes sur la taxe foncière
Voici les réponses aux questions les plus courantes sur la taxe foncière, en complément des informations développées dans cet article.
La taxe foncière est-elle déductible de l’impôt sur le revenu ?
Non, la taxe foncière n’est pas déductible de l’impôt sur le revenu pour une résidence principale ou secondaire. En revanche, si le bien est mis en location, elle constitue une charge déductible des revenus fonciers (régime réel d’imposition), ce qui réduit votre imposition sur les loyers perçus.
Peut-on contester le montant de sa taxe foncière ?
Oui. Si vous estimez que la valeur locative cadastrale de votre bien est erronée (surface mal comptée, classement incorrect, erreur sur les éléments pris en compte), vous pouvez déposer une réclamation auprès du service des impôts fonciers, jusqu’au 31 décembre de l’année suivant la mise en recouvrement. En cas d’erreur reconnue, un dégrèvement peut être accordé rétroactivement.
La réforme des valeurs locatives cadastrales est-elle applicable en 2026 ?
Non. La révision des bases cadastrales intégrant les éléments de confort (eau courante, électricité, sanitaires…) devait concerner 7,4 millions de logements en 2026. Elle a été suspendue par le gouvernement en novembre 2025, suite aux inquiétudes suscitées par la hausse estimée à 63 € en moyenne. Une nouvelle méthode est en cours de discussion. La refonte globale du système est désormais prévue pour 2031.
La taxe d’enlèvement des ordures ménagères est-elle incluse dans la taxe foncière ?
La taxe d’enlèvement des ordures ménagères (TEOM) est calculée sur la même base que la taxe foncière, avec un taux spécifique voté par la commune. Elle apparaît sur le même avis d’imposition mais constitue une taxe distincte. Contrairement à la taxe foncière, la TEOM peut être récupérée auprès du locataire, car elle est considérée comme une charge locative récupérable.
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- Direction générale des finances publiques (DGFiP) – Calcul de la taxe foncière : Explication officielle du calcul et des revalorisations annuelles
- Service-public.gouv.fr – Taxe foncière : Conditions, exonérations et modalités de paiement
- Légifrance – Loi de finances 2018 (n° 2017-1837) : Texte de référence sur la revalorisation annuelle des valeurs locatives cadastrales
Crédit photo : © Andrey Popov / Adobe

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