La prime de mariage employeur est un bonus financier facultatif que certaines entreprises versent à un salarié qui se marie ou se pacse, à condition qu’elle soit prévue par la convention collective, un accord de branche ou le contrat de travail. Aucune loi n’impose ce versement : le Code du travail encadre uniquement le congé pour mariage, fixé à 4 jours minimum. Quand la prime existe, son montant est librement déterminé par l’employeur, sauf précision contraire dans le texte applicable. Les salariés pacsés bénéficient exactement des mêmes droits que les mariés, sous peine de discrimination sanctionnée par les tribunaux.


Récapitulatif : la prime de mariage employeur

Séverine Burel
Obligatoire
Congé mariage/PACS
4 jours minimum
Plafond URSSAF 2026
Chèque-cadeau exonéré
200 € /an
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Prime facultative : elle n’existe que si votre convention collective, accord de branche ou contrat de travail la prévoit expressément.

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PACS et mariage : mêmes droits garantis par la jurisprudence — exclure les pacsés est une discrimination sanctionnée par les tribunaux.

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Fonction publique : pas de prime de mariage, mais une autorisation d’absence qui deviendra un droit automatique dès 2027 (décret du 6 juillet 2026).

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Mon conseil d’experte : avant votre mariage, consultez votre convention collective ou votre service RH par écrit — c’est le seul moyen de connaître vos droits réels à cette prime.

aide-sociale.fr

 

Prime de mariage employeur : une prime facultative, pas un droit légal

La rémunération des salariés en entreprise ne se compose pas toujours de leur seul salaire. Des primes peuvent venir le compléter. Il en existe de différentes sortes, elles apparaissent souvent dans les offres d’emploi dans la formulation “fixe + primes”. Les primes constituent la part variable du salaire.

Ces primes peuvent être soit :

    • En relation avec le travail comme la prime de risque, prime de nuit, prime de panier, de froid ou d’insalubrité…
    • En lien direct avec l’entreprise, qu’il s’agisse de la PPV (communément appelée prime Macron) ou d’une incitation au rendement comme la prime d’intéressement par exemple, ou bien de la vie quotidienne du salarié comme la prime de transport, ou encore d’évènements dans la vie du salarié comme une naissance ou un déménagement… La prime de mariage entre dans cette dernière catégorie

Cette prime lors d’un mariage n’existe pas dans toutes les entreprises. En effet, aucune disposition légale ne prévoit la prime de mariage et le Code du travail n’en fait aucune mention. À ce titre, cette prime reste facultative. Seul le congé pour mariage ou Pacs, fixé à 4 jours minimum, est lui garanti par la loi à tous les salariés du secteur privé.

 

Qui peut bénéficier de la prime de mariage en tant que salarié ?

En principe la prime de mariage peut concerner tous les salariés sans distinction ni condition d’ancienneté. Cependant, n’espérez pas en bénéficier si vous êtes fonctionnaire dans la fonction publique territoriale, de santé ou d’enseignement : aucun texte ne prévoit d’équivalent pour les agents publics.

En revanche si vous êtes salarié dans le secteur privé, vous pouvez être concerné. La prime de mariage n’est pas entièrement à la discrétion du chef d’entreprise. Afin d’en bénéficier, un salarié qui vient de se marier doit pouvoir cocher l’une de ces cases :

    • Son employeur s’est engagé par écrit à lui verser cette prime à l’occasion de son mariage
    • La prime de mariage est expressément prévue dans son contrat de travail
    • La convention collective ou l’accord collectif la prévoit

Qu’il s’agisse de convention collective ou d’accord collectif de branche, les dispositions prises sont toujours le résultat de négociations entre un ou plusieurs employeurs d’une part et des organisations syndicales de salariés d’autre part. Il est toujours possible de consulter ces documents afin d’en vérifier les termes et de s’assurer de la possibilité par exemple de pouvoir percevoir une prime de mariage.

Séverine Burel

L’erreur à éviter
Séverine Burel, conseillère en aides sociales
Réserver la prime de mariage aux seuls salariés mariés, en excluant ceux qui se pacsent, est une erreur juridique : la Cour de cassation (9 juillet 2014, n°10-18.341) et la Cour de justice de l’Union européenne (arrêt Hay, 12 décembre 2013) ont jugé qu’une telle exclusion constitue une discrimination fondée sur la situation de famille. Employeurs comme salariés doivent donc appliquer les mêmes règles aux deux situations.

 

Il existe cependant d’autres voies pour accéder à cette prime de mariage :

    • Si d’autres salariés en ont déjà bénéficié et en dehors de toute disposition écrite, un salarié peut l’exiger de son patron. En effet ce dernier ne peut verser cette prime à certains salariés et pas à d’autres, car cela correspondrait à un acte de discrimination au travail. Peut-être même cette situation équivaudrait à un refus de verser une prime d’usage de l’entreprise
    • Enfin un salarié a toujours la possibilité de solliciter auprès de sa direction une prime exceptionnelle à l’occasion de son mariage, mais dans ce cas la décision reste à l’entière discrétion du chef d’entreprise

Si la prime de mariage est prévue de façon formelle, soit dans le contrat de travail du salarié, soit dans la convention collective ou l’accord collectif de branche, ou encore si d’autres salariés de l’entreprise ont déjà perçu cette prime, un chef d’entreprise ne peut en aucun cas rejeter la demande d’un salarié qui se marie. La prime étant une partie du salaire elle doit être versée au salarié.

Si le cas se produisait malgré tout, un recours existe : s’il n’obtient pas satisfaction après avoir fait une demande écrite en recommandé avec accusé de réception auprès de son patron, le salarié peut engager une action auprès du Conseil des Prud’hommes.

À noter : quand elle existe, la prime de mariage peut se cumuler avec un congé pour évènement familial comme une naissance, une adoption…

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Quel est le montant de la prime de mariage versée par l’employeur ?

La prime de mariage n’étant pas une obligation légale, l’employeur reste libre de fixer son montant. Cependant, en présence d’une convention collective d’entreprise ou de branche, l’attribution et le montant de la prime de mariage ou PACS doivent être mentionnés. C’est ce document qui servira de référence en cas de contestation.

La prime de mariage est accordée par l’employeur au moment de l’évènement et doit apparaître sur le bulletin de salaire de l’employé au même titre que les autres primes.

Puisque la prime de mariage employeur n’a pas de caractère obligatoire, il n’est pas possible d’en indiquer un montant de référence unique. Celui-ci est librement déterminé par l’employeur, mais certains textes conventionnels donnent des ordres de grandeur concrets : le statut national du personnel des industries électriques et gazières prévoit par exemple une prime égale à 1/36e du salaire mensuel par mois de présence dans l’entreprise, plafonnée au salaire mensuel entier à partir de trois ans d’ancienneté. D’autres branches, comme celle de la grande distribution, privilégient plutôt un congé supplémentaire (jusqu’à une semaine) plutôt qu’une prime en numéraire.

Dès lors que la prime de mariage fait l’objet du versement d’une somme d’argent au salarié, cette aide financière, qui constitue un complément de salaire, est soumise à l’impôt sur le revenu ainsi qu’aux cotisations de sécurité sociale, à la CSG et à la CRDS. Si l’employeur préfère offrir un chèque-cadeau plutôt qu’une somme d’argent, celui-ci reste exonéré de cotisations sociales dans la limite de 5 % du plafond mensuel de la Sécurité sociale, soit environ 200 € en 2026, à condition d’être clairement affecté à l’événement (mobilier, habillement, voyage de noces…).

Si vous ne pouvez pas bénéficier d’une prime de mariage versée par votre employeur, sachez cependant que d’autres avantages existent :

    • Le Comité social et économique (CSE), quand il existe, peut prévoir un avantage pour les salariés, notamment sous forme de chèque-cadeau
    • Le déblocage anticipé, sous conditions, de votre épargne salariale. Cela concerne les primes de participation ou d’intéressement ou les versements volontaires effectués par le salarié sur un Plan d’épargne entreprise, PEE

Point important : les mêmes droits doivent être accordés aux personnes qui optent pour le PACS. De plus, mariage ou PACS, la loi interdit toute discrimination. C’est-à-dire que si une prime de mariage est prévue, elle bénéficie à tous les salariés et pour un même montant, que les employés choisissent de se marier ou de se pacser, avec une personne du même sexe ou de sexe différent.

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Questions fréquentes sur la prime de mariage employeur

Vous avez encore des questions sur la prime de mariage versée par un employeur ? Voici les réponses aux interrogations les plus fréquentes des salariés qui se marient ou se pacsent.

 

Un salarié en CDD ou en période d’essai a-t-il droit à la prime de mariage ?

Oui, si l’employeur, le contrat de travail ou la convention collective prévoit la prime, aucun texte ne réserve cet avantage aux seuls CDI. Un salarié en CDD, en période d’essai ou en alternance peut y prétendre dans les mêmes conditions, sauf condition d’ancienneté fixée par l’accord applicable — rare pour ce type de prime événementielle.

 

La prime de mariage est-elle due en cas de remariage ?

Cela dépend du texte qui l’instaure. Certaines conventions collectives, comme celle des industries électriques et gazières, excluent explicitement le versement d’une nouvelle prime au salarié qui se remarie après en avoir déjà bénéficié une première fois. En l’absence de précision dans l’accord applicable, la prime reste normalement due à chaque mariage.

 

Existe-t-il un équivalent de la prime de mariage dans la fonction publique ?

Non, aucun texte ne prévoit de prime de mariage pour les fonctionnaires. Ils bénéficient en revanche d’une autorisation spéciale d’absence de 5 jours ouvrables (FPE et FPH), soumise aux nécessités de service. Le décret du 6 juillet 2026 prévoit qu’à partir du 1er janvier 2027, cette autorisation deviendra un droit que l’administration ne pourra plus refuser.

 

Le chèque-cadeau offert pour un mariage est-il soumis à cotisations sociales ?

Non, tant qu’il reste dans la limite de 5 % du plafond mensuel de la Sécurité sociale, soit environ 200 € en 2026, et qu’il est clairement affecté à l’événement (mobilier, voyage de noces, habillement…). Au-delà de ce plafond, ou sans lien avec le mariage, il est réintégré dans l’assiette des cotisations sociales.

 

Sous quel délai faut-il demander sa prime de mariage à son employeur ?

Aucun délai légal n’encadre cette demande, la prime n’étant pas elle-même prévue par la loi. Il est toutefois conseillé de se référer aux modalités fixées par la convention collective ou l’accord applicable, et de transmettre sa demande par écrit accompagnée d’un justificatif (acte de mariage ou de Pacs) dès que possible après l’événement.

 

Le montant de la prime de mariage peut-il varier d’un salarié à l’autre ?

Il peut varier selon des critères objectifs prévus par le texte applicable, comme l’ancienneté ou le coefficient de salaire, mais jamais selon des critères discriminatoires (sexe, orientation sexuelle, type d’union). À situation comparable, deux salariés remplissant les mêmes conditions doivent percevoir le même montant, sous peine de contentieux devant le conseil de prud’hommes.

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