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Prime d’ancienneté : de quoi s’agit-il ?
La prime d’ancienneté vise à récompenser les efforts fournis par un salarié du secteur privé et sa fidélité dans l’entreprise.
Dans la majorité des situations, elle a la forme d’une somme d’argent versée en complément du salaire, soit une contrepartie pécuniaire. Toutefois, il peut aussi arriver que cette prime se caractérise par :
- Des congés payés attribués en supplément de ceux prévus dans le contrat de travail
- Des avantages en nature
Il faut bien comprendre que la prime d’ancienneté n’est pas prévue par la loi ou le Code du travail. Ainsi, ses conditions de versement, son fonctionnement et ses modalités de calcul varient d’une entreprise à l’autre.
Toutefois, les entreprises qui versent ces primes doivent respecter plusieurs normes. En effet, l’employeur n’a pas le droit :
- De réserver le versement de la prime à quelques salariés seulement
- De modifier le mode de calcul d’une année sur l’autre selon son bon vouloir
- D’aller à l’encontre des règles liées à cette prime et prévues dans une convention collective, une clause du contrat de travail ou un accord d’entreprise : si votre employeur ne respecte pas ces obligations, vous êtes en droit de saisir le conseil de prud’hommes
- De refuser le versement de la prime aux apprentis : les apprentis bénéficient des mêmes droits que tout autre salarié. A condition qu’elle soit encadrée dans le contrat d’apprentissage et adaptée au temps des apprentis passé en entreprise, les employeurs peuvent donc percevoir ce type de prime.
Bon à savoir : l’ancienneté d’un salarié est prise en compte dès le premier jour de travail dans une entreprise.
Prime d’ancienneté : obligatoire ou non ?
Est-ce que tous les employeurs sont tenus de verser la prime d’ancienneté ? La réponse est non : comme évoqué plus haut, elle n’est pas imposée par la loi ou le Code du travail. À l’inverse, d’autres dispositifs de partage des bénéfices sont devenus une véritable obligation légale pour certaines entreprises : c’est le cas de la loi partage de la valeur, qui impose depuis 2025 un dispositif de redistribution aux entreprises de 11 à 49 salariés réalisant un bénéfice net suffisant.
Si votre employeur refuse malgré tout de revaloriser votre rémunération, sachez que le refus d’augmentation de salaire par un employeur obéit à des règles précises, qu’il s’agisse d’une prime d’ancienneté ou d’une augmentation de salaire classique.
En revanche, un employeur est obligé de vous accorder une telle prime dans les cas suivants :
- Cela est prévu par votre convention collective ou votre accord d’entreprise
- Cela est mentionné dans votre contrat de travail
- Il est d’usage qu’elle soit versée dans l’entreprise, c’est-à-dire qu’elle est versée de façon constante, fixe et générale depuis plusieurs années
- Elle résulte d’une décision unilatérale de l’employeur : dans ce cas, il ne peut pas la supprimer du jour au lendemain, une procédure formelle de dénonciation (information des salariés et des représentants du personnel, délai de prévenance) est nécessaire
Pour savoir si vous pouvez bénéficier de la prime d’ancienneté dans votre entreprise, vous devez donc consulter ces documents (voir où trouver votre convention collective). Cela vous permet d’obtenir les renseignements utiles concernant les modalités exactes du versement de la prime (souvent, comme son nom l’indique, la prime est versée à partir d’une durée d’ancienneté minimum dans l’entreprise).
Prime d’ancienneté : calcul, montant, versement
Les entreprises dans lesquelles est versée cette prime se réfèrent à un barème spécifique mis en place en interne et progressif selon l’ancienneté des salariés.
Selon les cas, le calcul peut se baser sur :
- Un pourcentage du salaire de base du bénéficiaire
- Un salaire forfaitaire identique pour tous les salariés
- Un pourcentage du salaire brut total
- Un pourcentage du salaire minimal conventionnel de l’entreprise
Le barème exact dépend entièrement de la convention collective applicable, identifiable par son numéro IDCC sur le bulletin de paie. À titre d’exemple :
| Convention collective (IDCC) | Mode de calcul | Seuil de déclenchement | Plafond |
|---|---|---|---|
| Métallurgie (3248) | % du salaire selon la classe d’emploi (1,45 % à 3,8 %) | 3 ans | 15 ans d’ancienneté |
| Chimie (44) | % du salaire de base (3 % puis +1 %/an) | 3 ans | 15 % à 15 ans |
| Hospitalisation privée à but non lucratif (CCN51) | % progressif du salaire de base | 2 ans | 34 % à 35 ans et plus |
| Services à la personne (3127) | Centimes par heure travaillée | 2 ans | 0,25 €/h à 10 ans |
Exemples de barèmes conventionnels non exhaustifs — vérifiez toujours l’IDCC indiqué sur votre bulletin de paie pour connaître le barème qui vous est applicable.
Par ailleurs, si vous travaillez à temps partiel, la somme qui peut vous être versée au titre de prime d’ancienneté sera proportionnelle au temps de travail prévu dans votre contrat.
Informations complémentaires sur le montant de la prime d’ancienneté :
- Le montant peut être versé mensuellement ou en une seule fois en fin d’année
- Il doit figurer distinctement sur votre fiche de paie
- La somme perçue au titre de la prime d’ancienneté doit être déclarée aux Impôts et est soumise aux cotisations sociales
- Les sommes perçues au titre de la prime sont prises en compte pour le calcul de la pension de retraite
Si votre employeur ne vous verse pas une prime pourtant due, vous disposez de 3 ans pour réclamer un rappel de salaire (article L.3245-1 du Code du travail) devant le conseil de prud’hommes. Depuis le 1er mars 2026, la saisine est soumise à un timbre fiscal de 50 € (sauf pour les bénéficiaires de l’aide juridictionnelle), à régler exclusivement en ligne avant le dépôt de la requête.
Questions fréquentes sur la prime d’ancienneté
Voici les réponses aux questions complémentaires les plus posées sur la prime d’ancienneté.
Existe-t-il un simulateur pour calculer sa prime d’ancienneté ?
Il n’existe pas de simulateur officiel unique, car le calcul dépend entièrement de la convention collective applicable (pourcentage, points ou montant forfaitaire). La meilleure méthode consiste à identifier l’IDCC sur votre bulletin de paie, puis à consulter le barème correspondant sur code.travail.gouv.fr ou à demander un chiffrage à votre service RH.
La prime d’ancienneté est-elle versée aux salariés en CDD ou en intérim ?
Oui, dès lors que la convention collective, l’accord ou l’usage applicable ne réserve pas la prime aux seuls CDI. Le principe d’égalité de traitement interdit à l’employeur d’exclure un salarié en CDD ou en intérim du bénéfice de la prime au seul motif de la nature de son contrat, s’il remplit la condition d’ancienneté requise.
Un employeur peut-il supprimer une prime d’ancienneté déjà en place ?
Non, pas du jour au lendemain. Si la prime résulte d’un usage ou d’une décision unilatérale, l’employeur doit respecter une procédure de dénonciation formelle : information des représentants du personnel, délai de prévenance suffisant, puis information individuelle de chaque salarié concerné. À défaut, la suppression est irrégulière.
Faut-il payer des frais pour réclamer sa prime d’ancienneté aux prud’hommes ?
Oui, depuis le 1er mars 2026. La saisine du conseil de prud’hommes est désormais soumise à un timbre fiscal de 50 €, réglé en ligne sur timbres.impots.gouv.fr, sauf pour les bénéficiaires de l’aide juridictionnelle qui en sont exonérés. Aucun avocat n’est en revanche obligatoire pour engager la procédure.
Sources officielles et références
- Code du travail numérique : conditions et montants de la prime d’ancienneté
- Service-public.gouv.fr : saisir le conseil de prud’hommes
- Légifrance : article L.3245-1 du Code du travail (prescription des salaires)
- Impots.gouv.fr : paiement du timbre fiscal de 50 € pour la saisine prud’homale
Crédit photo : © fizkes / Adobe Stock

Journaliste et rédactrice web avec plus de dix ans d’expérience, Dorothée Pierry a collaboré avec Aide-Sociale.fr de 2017 à 2025. Sa connaissance approfondie des questions juridiques et du dispositif administratif et social en France lui a permis de rédiger 491 articles pour aider les lecteurs à connaître leurs droits et à effectuer leurs démarches.
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