SOMMAIRE
Disponibilité fonction publique : qui peut demander une mise en dispo ?
Partir de la fonction publique sans démissionner et avoir la possibilité de reprendre son poste ultérieurement : c’est le principe de la disponibilité. Mais pour bénéficier de ce dispositif particulier, il faut impérativement être fonctionnaire titulaire, quelle que soit votre branche (fonction publique d’État, territoriale ou hospitalière).
Par conséquent, si vous êtes fonctionnaire stagiaire, il est impossible de demander une mise en disponibilité, tout comme pour les agents contractuels (même si ces derniers peuvent opter pour un congé sans solde).
Mise en disponibilité fonction publique : quels sont les motifs valables ?
La mise en disponibilité est une situation administrative qui permet à un fonctionnaire titulaire de suspendre son activité pour une durée déterminée, tout en conservant le droit de réintégrer son corps d’origine. Encore faut-il pouvoir la justifier par l’un des motifs prévus par les textes, qui se répartissent en deux catégories : les disponibilités accordées sous réserve des nécessités du service, et celles accordées de droit.
Les motifs personnels et professionnels
Ces disponibilités peuvent être refusées par votre administration si l’intérêt du service l’exige :
- Convenances personnelles : vous n’avez pas à expliquer les raisons de votre demande. Une nuance toutefois : si vous êtes soumis à un engagement de servir (après une formation rémunérée par l’État, par exemple) et que vous envisagez d’exercer une activité dans le secteur privé pendant votre disponibilité, vous devez justifier de 4 ans de service depuis votre titularisation.
- Créer ou reprendre une entreprise : l’activité envisagée doit être compatible avec vos fonctions. Vous pouvez consulter la liste des activités compatibles sur le site Service-Public. La même condition de 4 ans de service s’applique si vous êtes soumis à un engagement de servir.
- Études ou recherches présentant un intérêt général : ce motif reste peu connu, mais il permet de suspendre son activité pour se consacrer à un projet d’études ou de recherche.
Les motifs familiaux, accordés de droit
Ces disponibilités ne peuvent pas vous être refusées :
- Suivre votre conjoint (époux/épouse ou partenaire de Pacs) : vous pouvez obtenir une disponibilité s’il doit s’éloigner du domicile pour des raisons professionnelles. Attention, si vous vivez en concubinage, vous ne pouvez pas vous appuyer sur ce motif.
- Élever un enfant de moins de 12 ans : qu’il s’agisse de votre enfant biologique, adoptif ou recueilli.
- Adopter un enfant : si vous vous rendez dans un DROM, une collectivité d’outre-mer, en Nouvelle-Calédonie ou à l’étranger pour adopter un ou plusieurs enfants, vous pouvez demander une disponibilité. Vous devez cependant être titulaire d’un agrément délivré par un service de l’ASE.
- Devenir proche aidant : vous pouvez vous occuper d’un proche (enfant à charge, époux/épouse, partenaire de Pacs ou ascendant uniquement) dont l’état de santé nécessite la présence d’une tierce personne, à la suite d’un accident, d’une maladie grave ou en raison d’un handicap.
D’autres cas, plus rares, existent : par exemple l’exercice d’un mandat d’élu local, pour la durée de ce mandat.
Si votre enfant est encore jeune (avant ses 3 ans en cas de naissance), le congé parental dans la fonction publique reste une alternative à envisager avant la disponibilité : il ne nécessite pas de justifier d’un motif particulier et vous garantit de retrouver automatiquement votre poste à l’issue de cette période.
Durée de la disponibilité fonctionnaire : combien de temps et est-elle renouvelable ?
Selon le motif de votre demande, la durée varie et peut être renouvelée dans certains cas. En revanche, aucun texte ne fixe de durée minimale. Voici les durées maximales pour chaque motif :
- Convenances personnelles : 5 ans maximum par période, renouvelable dans la limite de 10 ans sur l’ensemble de la carrière. Depuis le décret du 5 décembre 2025, applicable aux demandes et renouvellements prenant effet à compter du 7 décembre 2025, il n’est plus nécessaire de réintégrer la fonction publique pendant au moins 18 mois après 5 années consécutives avant de renouveler (source : Service-Public). Si vous cumulez création d’entreprise et convenances personnelles, la durée totale ne peut pas dépasser 5 ans lors de votre première disponibilité (par exemple 2 ans pour créer une entreprise, puis 3 ans pour convenances personnelles).
- Suivre son conjoint : 3 ans, renouvelables par périodes de 3 ans maximum tant que votre conjoint reste éloigné de votre résidence habituelle.
- Créer ou reprendre une entreprise : 2 ans maximum, non renouvelable.
- Études ou recherches d’intérêt général : 3 ans, renouvelables une seule fois pour la même durée.
- Élever un enfant de moins de 12 ans : 3 ans pour la première période, puis renouvellement par périodes de 3 ans maximum jusqu’aux 12 ans de l’enfant.
- Adopter un enfant : une durée très courte, de 6 semaines maximum par agrément.
- Devenir proche aidant : 3 ans maximum, renouvelables par périodes de 3 ans tant que la présence d’une tierce personne est nécessaire auprès de votre proche.
- Mandat d’élu local : la durée du mandat.
Il est possible d’enchaîner plusieurs disponibilités, à condition que chacune repose sur un motif différent. Dans certains cas, la durée cumulée reste limitée (source : Service-Public).
Lettre de demande de disponibilité fonction publique : modèle et démarches
Première distinction essentielle : celle entre les disponibilités accordées de droit, que votre administration ne peut pas vous refuser, et les autres. Elle détermine vos chances d’obtenir gain de cause.
Disponibilité de droit ou sous réserve des nécessités du service
Si vous faites une demande de disponibilité pour l’un des motifs suivants, vous êtes certain de l’obtenir :
- élever un enfant de moins de 12 ans ;
- devenir proche aidant ;
- suivre votre conjoint ;
- adopter un enfant.
Dans les autres situations (convenances personnelles, création ou reprise d’entreprise, études ou recherches), votre employeur-administration peut refuser une demande de disponibilité pour des motifs liés à l’intérêt du service. Vous recevrez alors une notification de refus et pourrez le contester par la voie du recours administratif, puis devant le tribunal administratif.
Bon à savoir : si vous ne recevez aucune réponse de votre administration dans les 2 mois qui suivent la réception de votre demande, cela vaut pour acceptation.
Comment adresser votre demande
Concrètement, il suffit d’envoyer un courrier recommandé avec accusé de réception à l’autorité dont vous dépendez (chef de service, maire ou président de la collectivité, directeur de l’établissement) en précisant le motif, la durée et la date souhaitée de votre absence. Joignez tous les justificatifs qui permettront à votre administration de comprendre votre situation, en particulier si la disponibilité n’est pas accordée de droit.
La loi ne prévoit pas de délai à respecter avant votre départ, mais mieux vaut s’y prendre le plus tôt possible. Pour les disponibilités pour convenances personnelles et pour création ou reprise d’entreprise, votre administration peut exiger un préavis de 3 mois : il faut donc l’intégrer à votre calendrier.
Enfin, sachez que durant toute votre disponibilité, votre administration peut procéder à des enquêtes ou réclamer des justificatifs prouvant que le motif invoqué est bien respecté.
Modèle de lettre de demande de disponibilité
Modèle de lettre — demande de disponibilité fonction publique (convenance personnelle ou autre motif) :
Ce modèle convient aux trois versants de la fonction publique : adaptez simplement le destinataire (direction des ressources humaines, mairie, direction de l’établissement hospitalier) et, pour une demande de renouvellement, remplacez l’objet par « Demande de renouvellement de ma mise en disponibilité ».
Disponibilité fonction publique : quelle rémunération, peut-on travailler ou toucher le chômage ?
Pendant votre disponibilité, vous n’êtes plus rémunéré par votre administration-employeur et, en principe, vous ne pouvez pas toucher d’allocations chômage puisque vous n’êtes pas involontairement privé d’emploi (une des conditions d’accès à l’ARE).
Il existe toutefois une exception : si vous avez demandé votre réintégration au moins 3 mois avant la fin de votre disponibilité et que votre administration ne peut pas vous proposer de poste vacant, vous êtes considéré comme involontairement privé d’emploi jusqu’à votre réintégration, ce qui peut ouvrir droit à l’allocation chômage (source : Service-Public).
Selon le motif de votre disponibilité, vous pouvez en outre percevoir certaines prestations sociales. C’est le cas quand vous quittez la fonction publique pour :
- Élever un enfant de moins de 12 ans : vous pouvez percevoir la Prestation partagée d’éducation de l’enfant (PreParE) si vous remplissez les critères pour en bénéficier.
- Donner des soins à un proche : sous certaines conditions, il est possible d’utiliser l’Allocation personnalisée d’autonomie (Apa) ou la Prestation de compensation du handicap (PCH) pour vous rémunérer. Et si la personne dont vous vous occupez est un enfant, pensez à la Prestation partagée d’éducation de l’enfant (PreParE). Vous pouvez aussi exercer une activité professionnelle si elle ne vous empêche pas d’accompagner votre proche au quotidien.
Pour d’autres motifs, vous êtes également autorisé à travailler, notamment pour convenances personnelles ou suivi de conjoint. Il peut s’agir d’une activité salariée ou indépendante, exercée à temps complet ou à temps partiel. Vous pouvez même opter pour une autre administration en tant qu’agent contractuel. Si vous choisissez un poste dans le privé, vous devez impérativement en informer votre administration par écrit, avant le début de l’activité.
Disponibilité fonction publique : quelles conséquences sur la carrière du fonctionnaire ?
Durant plusieurs semaines, mois ou années, même si vous avez l’assurance de pouvoir retrouver votre poste, vous n’êtes plus considéré comme un fonctionnaire en activité. Ce statut particulier a un impact sur plusieurs pans de votre carrière.
Au niveau de l’avancement
Selon le motif de votre disponibilité, votre évolution professionnelle (passage d’échelon ou de grade, rémunération) est ralentie, voire stoppée. Deux situations permettent toutefois de conserver ses droits à l’avancement d’échelon et de grade, pendant 5 ans maximum sur l’ensemble de la carrière (article L514-2 du code général de la fonction publique ; source : Service-Public).
Disponibilité pour élever un enfant de moins de 12 ans : vos droits à l’avancement sont maintenus dans la limite de 5 ans, sans avoir à justifier d’une activité professionnelle.
Disponibilité avec activité professionnelle (convenances personnelles, suivi de conjoint, proche aidant, création d’entreprise…) : vous conservez vos droits à l’avancement si votre activité remplit les conditions suivantes, pour les disponibilités prenant effet à compter du 7 septembre 2018 :
- Activité salariée dans le secteur privé : au moins 600 heures par an.
- Activité indépendante (y compris auto-entrepreneur ou micro-entreprise) : un revenu brut annuel soumis à cotisations au moins égal au salaire permettant de valider 4 trimestres d’assurance vieillesse, soit 7 212 € à titre indicatif en 2026.
- Création ou reprise d’entreprise : aucune condition de revenu ni de nombre d’heures, il suffit de justifier de la réalité de l’immatriculation.
Exemple concret : pour une disponibilité de 6 mois pendant laquelle vous travaillez comme salarié, il faut avoir effectué au moins 300 heures pour conserver 6 mois de droits à l’avancement. Pour une activité indépendante sur la même période, le revenu brut soumis à cotisations doit dépasser 3 606 €.
Ce qui change en 2026 pour les justificatifs : il n’est plus nécessaire d’envoyer vos pièces chaque année avant le 31 mai. Depuis le décret du 5 décembre 2025 et l’arrêté du 20 avril 2026, elles sont transmises en une seule fois, à la date de votre réintégration et au plus tard un mois après, par tout moyen conférant une date certaine (source : fonction-publique.gouv.fr) :
- Activité salariée : copie de l’ensemble des bulletins de salaire et du ou des contrats de travail.
- Activité indépendante : attestation d’immatriculation au Registre national des entreprises de moins de 3 mois, et copie du dernier avis d’imposition (ou élément comptable certifié).
- Création ou reprise d’entreprise : attestation d’immatriculation au Registre national des entreprises.
Pour une disponibilité pour adopter un enfant (6 semaines), aucune conservation spécifique des droits à l’avancement n’est prévue en dehors d’une éventuelle activité professionnelle.
Au niveau des congés
Lorsque vous êtes en disponibilité, vous perdez le droit aux types de congés suivants :
- congés payés et supplémentaires ;
- congés pour raison de santé, qu’ils soient ordinaires, de longue maladie ou de longue durée ;
- congé pour invalidité temporaire imputable au service (Citis) ;
- congé maternité, paternité ou congé pour adoption ou naissance ;
- congé parental ;
- congé de formation professionnelle ;
- congé VAE (Validation des acquis de l’expérience professionnelle) ;
- congé pour bilan de compétences ;
- congé de solidarité familiale ;
- congé de proche aidant ;
- congé pour formation syndicale.
Au niveau de la protection sociale
Pendant 1 an à compter du début de votre disponibilité, vous continuez à bénéficier de la prise en charge de vos soins. Au-delà, vous n’avez plus de couverture sociale : il est donc essentiel de faire une demande de Protection maladie universelle (Puma) dans les temps.
Si vous exercez une activité rémunérée durant votre disponibilité (possible pour suivi de conjoint, convenances personnelles, proche aidant ou création/reprise d’entreprise), vous dépendez du régime de protection sociale lié à votre nouveau travail.
Au niveau de la retraite
De manière générale, les périodes de disponibilité ne comptent pas pour votre retraite. Il existe toutefois deux exceptions :
- Disponibilité pour élever un enfant de moins de 12 ans, né ou adopté à partir du 1er janvier 2004 uniquement : vous pouvez valider des trimestres dans la limite de 3 ans par enfant.
- Disponibilité avec activité professionnelle rémunérée (convenances personnelles, création/reprise d’entreprise, suivi de conjoint ou proche aidant) : vous cotisez pour la retraite selon le régime de votre nouvelle activité.
Fin de la disponibilité fonction publique : comment se passe la réintégration ?
Vous souhaitez mettre fin à votre mise en dispo ou la prolonger ? Voici la marche à suivre.
La demande de réintégration ou de renouvellement
Elle doit être formulée au moins 3 mois avant le terme de votre période de disponibilité. Vous pouvez alors demander votre réintégration dans votre corps d’origine ou solliciter le renouvellement de votre disponibilité, en envoyant une lettre recommandée avec accusé de réception à votre administration. Si vous demandez votre réintégration avant la date de fin prévue, vous restez en disponibilité jusqu’à la première vacance d’emploi dans votre grade.
Bon à savoir : si vos fonctions requièrent des conditions particulières de santé, votre réintégration est soumise à la vérification de votre aptitude par un médecin agréé, voire par le conseil médical.
Modèle de lettre — demande de réintégration ou de renouvellement de disponibilité :
La réintégration de droit
Votre réintégration est dite « de droit » : votre administration ne peut pas vous la refuser si vous remplissez les 2 conditions suivantes :
- Si vos fonctions nécessitent des conditions de santé particulières, vous êtes reconnu apte.
- Vous n’avez pas enfreint les devoirs des fonctionnaires même en dehors du service (secret et discrétion professionnelle, etc.).
La « vraie » réintégration sur le terrain
Si vous êtes reconnu apte, vous êtes réintégré sur une vacance d’emploi de votre grade : la première vacance si votre disponibilité était de droit (enfant, proche, conjoint, adoption), et l’une des trois premières vacances dans les autres cas. Vous êtes libre de refuser le poste proposé.
Bon à savoir : si vous refusez 3 postes successifs, la commission administrative paritaire peut décider de vous licencier, sans indemnité de licenciement.
En revanche, si vous êtes reconnu inapte, vous pouvez être reclassé, mis en disponibilité d’office pour raison de santé ou admis à la retraite selon votre état de santé.
Questions fréquentes sur la disponibilité dans la fonction publique
Voici les réponses aux questions que se posent le plus souvent les fonctionnaires au moment de préparer, de contester ou de comparer une disponibilité avec d’autres solutions.
Un fonctionnaire en disponibilité peut-il toucher des aides de la Caf comme la prime d’activité ou le RSA ?
Cela dépend de vos ressources et de la composition de votre foyer. La prime d’activité est ouverte, selon Service-Public, aux personnes en disponibilité qui exercent une activité aux revenus modestes. Le RSA est étudié selon les ressources du foyer. Le simulateur de la Caf permet de vérifier vos droits avant toute démarche.
Quelle différence entre la disponibilité et la rupture conventionnelle dans la fonction publique ?
La disponibilité suspend votre carrière : vous restez fonctionnaire et pouvez être réintégré, mais sans traitement. La rupture conventionnelle, pérennisée depuis février 2026, met fin définitivement à vos fonctions, ouvre droit à une indemnité spécifique et à l’allocation chômage, mais reste fermée aux stagiaires.
Qu’est-ce que la disponibilité d’office pour raison de santé ?
Contrairement à la disponibilité sur demande, c’est l’administration qui la prononce, après avis du conseil médical, lorsque vous avez épuisé vos droits à congé de maladie, de longue maladie ou de longue durée sans pouvoir reprendre le travail. Elle est accordée par périodes de 6 à 12 mois, dans la limite de 6 ans consécutifs.
Comment contester un refus de disponibilité ?
Vous pouvez former un recours gracieux ou hiérarchique dans les 2 mois suivant la notification du refus. L’administration dispose ensuite de 2 mois pour répondre : son silence vaut rejet. Ce recours prolonge le délai pour saisir le tribunal administratif, qui reste de 2 mois à compter de la réponse ou du rejet implicite.
Le modèle de lettre est-il le même dans la fonction publique hospitalière ?
Oui, la lettre reste la même sur le fond : motif, durée et date de départ souhaitée. Les règles de la fonction publique hospitalière relèvent toutefois de textes propres, comme le décret du 13 octobre 1988. Adressez votre courrier en recommandé à la direction de votre établissement, et non à une mairie ou à un service de l’État.
Crédit photo : © C_Production / Adobe

Rédactrice web SEO certifiée et freelance depuis 2017, j’écris pour Aide-Sociale.fr depuis 2019. Diplômée d’un BTS Communication et formée aux spécificités de la rédaction web et du SEO, j’ai rédigé plus de 314 articles avec un objectif constant : vulgariser le “langage CAF” et rendre les démarches administratives accessibles à tous. Mon crédo : des contenus sourcés, précis et sans fake news !
Vous voulez partager votre expérience ?


