SOMMAIRE
Pourquoi le chômage touche plus les jeunes ?
Pour comprendre cette situation, il faut d’abord regarder comment le chômage des jeunes évolue dans le temps et pourquoi ce phénomène reste si ancré.
Le chômage des jeunes : un phénomène constant depuis 40 ans
Les chiffres sont formels : selon le Centre d’observation de la société, 1 jeune actif sur 5 de 15-24 ans est au chômage. On parle bien de « jeune actif » et non de « jeune » afin d’exclure les jeunes scolarisés. Et ce phénomène ne date pas d’hier, puisqu’en 1985, le taux de chômage des jeunes avoisinait déjà ce niveau. C’est bien simple, depuis 40 ans, il varie inlassablement entre 15 % et 25 %.
Plus navrant, si on compare ce taux à celui de personnes plus âgées, l’écart est énorme (et en défaveur des plus jeunes). Ainsi, le taux de chômage des moins de 25 ans est quasiment 3 fois supérieur à celui de leurs aînés et quasiment 4 fois supérieur à celui des plus de 50 ans… En bref, les jeunes sont les premiers à pointer à France Travail.
Être formé ne suffit plus pour trouver un travail, mais ça aide !
La stratégie française en matière d’éducation est de privilégier un maximum les études supérieures, contrairement à d’autres pays comme les Pays-Bas qui misent au contraire sur une insertion dans l’emploi le plus tôt possible. Il est donc tout à fait logique de s’apercevoir que, dans l’Hexagone, les jeunes non-diplômés sont relativement peu nombreux, mais leur taux de chômage est encore plus élevé que les autres. C’est là où le bât blesse puisqu’un jeune actif sans qualification a souvent davantage besoin d’être accompagné et aidé (financièrement et administrativement) pour décrocher un emploi ou trouver une formation adaptée.
Cela signifie-t-il que les jeunes diplômés ont plus de chance sur le marché du travail ? En soi, oui, mais ils sont confrontés à d’autres problématiques : le décalage entre ce qu’ils apprennent en formation et les attentes des entreprises, mais aussi le manque d’expérience inhérent à leur parcours et leur âge. Et quand on sait que le taux de chômage des diplômés Bac +5 est passé de 5 % en 1998 à 12 % aujourd’hui, cela questionne l’intérêt de cette stratégie.
Les 15-24 ans : une variable d’ajustement économique pour les entreprises
Si le chômage des jeunes est aussi important, c’est parce que ces 15-24 ans sont une vraie variable d’ajustement pour les entreprises françaises. Cela signifie que ce sont les premiers touchés lorsque l’économie va mal.
Et pour cause, en période de crise (baisse de la demande, récession, incertitude économique, épisode du Covid, etc.), les entreprises réduisent drastiquement leurs frais en supprimant les emplois les plus précaires… emplois principalement occupés par les jeunes ! On parle ici des contrats de courte durée, des stages et de l’apprentissage, de l’intérim, etc. Les 15-24 ans sont donc bien plus vulnérables que leurs aînés déjà en poste, car ils sont en début de carrière, avec moins d’expérience et moins d’ancienneté, et leur contrat de travail est plus simple à interrompre.
En d’autres termes, le chômage des jeunes évolue selon l’état de l’économie du pays : lorsque l’activité repart, les entreprises embauchent souvent des jeunes (notamment dans les secteurs qui redémarrent rapidement comme la restauration ou le commerce) faisant baisser le taux de chômage. Et à l’inverse, quand la conjoncture se dégrade, ils sont en première ligne pour France Travail.
C’était particulièrement flagrant pendant la crise du Covid : beaucoup de jeunes travaillaient dans des domaines directement touchés par les fermetures (on pense à l’hôtellerie, la restauration, le commerce ou encore l’événementiel). À cette période, le taux de chômage des jeunes a augmenté plus vite que celui des autres classes d’âge.
Jeunes au chômage : quelles aides ?
Afin de soutenir les 15-24 ans au chômage, les pouvoirs publics ont mis sur pied plusieurs dispositifs. Tour d’horizon.
Le Contrat d’engagement jeune (CEJ)
Le Contrat d’engagement jeune (CEJ) est ouvert aux jeunes sans emploi ni formation de 16 à 25 ans (ou jusqu’à 29 ans pour les personnes en situation de handicap).
L’objectif : les aider à s’insérer dans le monde du travail. Pour ce faire, un conseiller référent est attribué à chaque jeune bénéficiaire. Celui-ci pourra proposer un accompagnement intensif sur plusieurs mois et mettre en place ateliers, formations, stages et immersions en entreprise. En contrepartie de son assiduité, le jeune peut recevoir une allocation pouvant grimper jusqu’à 528 € par mois.
Bon à savoir : le CEJ remplace la Garantie Jeune instaurée auparavant par les missions locales.
Le RSA jeune actif
Contrairement au RSA, le RSA jeune actif est assez méconnu.
Pour bénéficier de cet équivalent du célèbre minima social, il faut :
- être âgé de 18 à 25 ans (le RSA « classique » prend le relai à compter de 25 ans) ;
- avoir peu ou pas de revenus (ceux-ci ne doivent pas dépasser un certain plafond de ressources) ;
- avoir déjà travaillé au moins 2 ans à temps plein au cours des 3 dernières années (hors cas exceptionnels comme un jeune parent isolé par exemple).
Ce dispositif permet d’assurer le strict minimum aux jeunes qui ont du mal à retrouver un emploi et qui ne peuvent pas ou plus percevoir l’allocation chômage. Son montant dépend de la composition du foyer et s’élève à 646,52 € pour une personne seule.
Les aides à la formation pour les jeunes au chômage
Nous l’avons vu plus haut dans cet article : les jeunes non-diplômés ont plus de difficulté à trouver un emploi. C’est pour pallier ce souci qu’il existe plusieurs dispositifs pour se former gratuitement.
Parmi eux, commençons par le Compte personnel de formation (CPF) qui permet à chaque personne active, sans distinction d’âge, de cumuler des droits à la formation tout au long de sa vie professionnelle. Ces droits sont convertis en euros et peuvent être dépensés pour financer des formations qualifiantes, dans l’idée de faciliter son retour à l’emploi (ou une reconversion). Pour un jeune au chômage, le CPF ouvre la perspective de décrocher un diplôme ou une certification dans un domaine porteur (où il sera moins victime de l’effet levier de l’économie).
Du côté de France Travail (ex-Pôle Emploi), tout est fait pour préparer l’entrée ou le retour sur le marché de l’emploi via notamment des formations rémunérées. Les cursus éligibles à l’Allocation d’aide au retour à l’emploi formation (AREF) permettent d’acquérir de nouvelles compétences recherchées par les employeurs ou d’obtenir une qualification dans des secteurs en tension. En plus, l’Assurance chômage propose un suivi personnalisé par le biais d’un conseiller référent qui accompagne les jeunes demandeurs d’emploi dans leurs démarches administratives, leur projet professionnel et bien sûr le choix de leur formation.
Les soutiens proposés par les régions pour faciliter l’insertion des jeunes
Certaines régions offrent primes et prise en charge aux jeunes.
C’est le cas par exemple de :
- La région Île-de-France avec son Aide régionale à l’apprentissage (ARA) : destinée aux 16-29 ans en première année d’apprentissage, cette enveloppe finance fournitures scolaires, transport et même hébergement jusqu’à 200 €.
- La région Pays de la Loire avec sa Prime job étudiant: 200 € pour les 16-21 ans scolarisés ET travaillant à côté de leurs études sur le territoire de la région.
- La région Grand Est avec son Jeun’Est: réductions, prise en charge partielle de formations, aides aux projets (culture, sport, langues) et aide financière pour les projets entrepreneuriaux sont au programme pour les 15-29 ans !
Les aides à la mobilité et au logement pour les moins de 30 ans
L’un des freins à l’emploi des 15-24 ans reste la mobilité. C’est pourquoi différents dispositifs sont proposés aux jeunes.
En premier lieu, l’aide au permis de conduire. Indispensable sésame pour pouvoir se rendre au travail, en formation ou sur les lieux d’un stage, le permis B coûte cher. Grâce à France Travail et certaines collectivités locales, il est possible de se voir financer une partie ou la totalité du permis, sous forme de subvention ou d’un prêt à taux zéro.
L’Aide Mobili-Jeune, versée par Action Logement, est dédiée aux jeunes de moins de 30 ans en formation ou en alternance (c’est-à-dire sous contrat d’apprentissage ou sous contrat de professionnalisation). Comme son nom l’indique, elle est là pour favoriser leur mobilité et tout particulièrement leur accès au logement. Concrètement, il s’agit d’une enveloppe de 10 € à 100 € par mois à déduire du loyer pendant 12 mois maximum. Et bien évidemment, elle est cumulable avec les aides au logement plus « classiques » (comme l’APL).
L’Avance Loca-Pass est également une aide proposée par Action Logement pour les moins de 30 ans, qu’ils soient étudiants, en alternance ou au chômage après une alternance. Cependant, ici, il s’agit d’un prêt à taux zéro qui sert à financer le dépôt de garantie exigé lors de la location d’un logement.
Enfin, terminons la garantie Visale, toujours par Action logement. C’est un dispositif pour les 18-30 ans qui n’ont pas de garant personnel, ce qui rend la location d’un appartement ou d’une maison particulièrement difficile. En pratique, l’organisme rassure les propriétaires et bailleurs en leur promettant le versement du loyer et des charges en cas d’impayés.
L’accompagnement des missions locales
De manière générale, les jeunes au chômage peuvent se tourner vers les missions locales. Présentes dans toute la France, ces structures proposent des accompagnements personnalisés aux 16-25 ans sortis du système scolaire et qui ont du mal à décrocher un travail ou qui veulent se former.
Chaque jeune est ainsi suivi par un conseiller référent qui l’aide à définir son projet professionnel et à actionner les dispositifs les plus adaptés à ce dernier (CEJ, formations, aides financières, etc.).
L’accompagnement de France Travail (ex-Pôle emploi) pour les jeunes
France Travail ne sert pas qu’à verser les allocations chômage ! L’organisme accompagne TOUTES les personnes qui sont à la recherche d’un emploi, qu’elles aient déjà travaillé ou non, qu’elles soient indemnisées ou non, qu’elles aient moins de 25 ans ou non.
En d’autres termes, les jeunes peuvent s’inscrire auprès de France Travail pour :
- bénéficier d’un suivi personnalisé avec un conseiller référent ;
- construire un projet professionnel solide ;
- trouver rapidement un emploi ;
- avoir accès à des formations financées (courtes ou qualifiantes) ;
- profiter d’outils pratiques comme des ateliers CV, des simulations d’entretien, des forums de recrutement, etc. ;
Et bien sûr, n’oublions la plateforme 1 Jeune 1 Solution qui centralise plus de 200 000 offres d’emploi et de formation ainsi qu’un moteur de recherches d’aides.
L’allocation chômage (ARE)
Pour les jeunes au chômage qui respectent les critères d’éligibilité, France Travail peut verser l’Aide au retour à l’emploi (ARE), mieux connue sous le nom d’allocation chômage. Son montant ne représente pas la totalité des salaires perçus précédemment, mais il permet de garantir un revenu ponctuel minimum le temps de retrouver un nouvel emploi.
Pour recevoir l’ARE, il faut notamment avoir travaillé au moins 6 mois sur les 2 dernières années, avoir été privé involontairement d’emploi (fin de CDD, licenciement, etc.) être inscrit sur le site officiel de France Travail et être en recherche active d’un travail.
Les questions que se posent les jeunes face au chômage
Parce que beaucoup de jeunes vivent la même situation, certaines interrogations reviennent souvent. Voici les réponses aux questions les plus fréquentes liées au chômage des 15-24 ans.
Les jeunes peuvent-ils toucher l’allocation chômage sans avoir travaillé longtemps ?
Pas toujours. Pour ouvrir des droits, il faut avoir travaillé un minimum d’heures ou de jours sur une période donnée. Beaucoup de jeunes n’atteignent pas ce seuil, surtout lorsqu’ils enchaînent les contrats courts ou les petits jobs. En revanche, s’ils ont cumulé suffisamment de travail (CDD saisonniers, intérim, apprentissage…), ils peuvent percevoir une allocation, même si les montants restent souvent modestes.
Existe-t-il des aides pour les jeunes qui n’ont jamais travaillé ?
Oui. Tous les jeunes sans revenus ne sont pas totalement laissés de côté. Selon leur situation, ils peuvent être orientés vers la Garantie Jeunes (maintenant intégrée au Contrat d’Engagement Jeune), vers une aide de leur région ou vers un accompagnement renforcé via une mission locale. L’objectif est de leur donner un minimum de stabilité financière et un vrai soutien pour préparer un projet professionnel.
Pourquoi les entreprises hésitent-elles à embaucher des jeunes sans expérience ?
Ce n’est pas toujours une question de volonté : les employeurs craignent parfois qu’un jeune manque d’autonomie ou de repères professionnels. Beaucoup préfèrent quelqu’un « opérationnel » dès le premier jour.
Pourtant, de nombreux secteurs manquent de main-d’œuvre et recherchent justement des profils à former. C’est là que jouent un rôle les contrats en alternance, les stages ou les contrats aidés, qui permettent aux jeunes de mettre un pied dans l’entreprise.
Les jeunes diplômés sont-ils vraiment à l’abri du chômage ?
Pas totalement. Avoir un diplôme aide clairement, mais les jeunes diplômés se heurtent souvent à d’autres obstacles : manque d’expérience, stages non reconnus comme de “vraies expériences”, ou décalage entre leur formation et ce que recherchent les entreprises.
Résultat : certains Bac+3 ou Bac+5 passent plusieurs mois à chercher un premier poste stable, malgré un bon dossier scolaire.
Comment un jeune peut-il retrouver plus vite un emploi ?
La clé, c’est de ne pas rester seul. France Travail, les Missions Locales, les régions et certains organismes spécialisés proposent des ateliers, des formations courtes, des mises en relation avec les entreprises et même des aides financières.
Beaucoup de jeunes retrouvent un emploi dès qu’ils sont accompagnés, car cela les aide à cibler les bons secteurs et à présenter leur candidature de manière plus efficace.
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Crédit photo : © Romain P19 / Adobe

Depuis 2019, je dédie ma plume aux aides sociales et aux démarches administratives. Mon objectif : vous offrir un maximum d’informations, tout en vulgarisant ce que j’aime appeler « le langage Caf ». Pour que chacun puisse bénéficier des prestations auxquelles il a droit !
