La convention de rééducation professionnelle en entreprise (CRPE), qui a remplacé l’ancien contrat de rééducation professionnelle depuis la réforme du 31 mars 2022, permet à un salarié déclaré inapte par la médecine du travail de se réaccoutumer à son ancien poste ou d’apprendre un nouveau métier, pendant 18 mois maximum. Contrairement à une idée reçue, la reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé n’est plus une condition obligatoire pour en bénéficier, même si elle reste fréquente chez les salariés ayant engagé une démarche de reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé (RQTH). Le contrat de travail d’origine n’est ni suspendu ni rompu, et le salarié conserve une rémunération au moins égale à celle perçue avant son arrêt de travail.


Récapitulatif : la CRPE

Séverine Burel
Renouvelable 1 fois
Durée maximale
18 mois
Depuis 2022
RQTH
Non obligatoire
✅

Éligibilité élargie depuis 2022 : ouverte à tout salarié déclaré inapte ou en risque d’inaptitude, RQTH non obligatoire.

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Contrat de travail : ni suspendu ni rompu, la CRPE prend la forme d’un avenant au contrat existant.

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Rémunération : jamais inférieure au salaire perçu avant l’arrêt de travail, financée par l’employeur et l’Assurance Maladie.

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Démarche : initiée auprès de la médecine du travail, sans avis préalable de la MDPH/CDAPH.

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Mon conseil d’experte : vérifiez que le total perçu pendant la CRPE (indemnités journalières + complément employeur) reste au moins égal à votre salaire d’avant l’arrêt : c’est une garantie légale, pas une option.

aide-sociale.fr

 

CRPE : qu’est-ce que la convention de rééducation professionnelle en entreprise ?

La convention de rééducation professionnelle en entreprise (CRPE) permet à un salarié de bénéficier d’un accompagnement spécifique pour se réadapter à un ancien emploi ou acquérir de nouvelles compétences. Elle a remplacé l’ancien contrat de rééducation professionnelle depuis la loi du 2 août 2021 et son décret d’application du 16 mars 2022 : le terme « contrat » reste très utilisé dans le langage courant, mais le dispositif est aujourd’hui juridiquement une convention.

 

Objectifs et contenu de la CRPE

Après un accident ou une maladie grave, un salarié peut se retrouver déclaré inapte à exercer son ancien emploi, ou en risque d’inaptitude repéré lors d’une visite de pré-reprise. C’est dans cette situation qu’intervient la CRPE, qui vise à faciliter son retour dans l’emploi.

Formalisée par une convention signée entre le salarié, l’employeur et la CPAM (ou la CGSS/MSA selon le régime), et par un avenant au contrat de travail, elle se matérialise par des formations pratiques individualisées dispensées par :

    • Un tuteur directement présent au sein de l’entreprise
    • Un organisme extérieur en fonction du profil du bénéficiaire et des exigences du poste concerné

Des cours théoriques peuvent aussi être dispensés si nécessaire.

 

La CRPE peut se dérouler :

    • Au sein de l’entreprise initiale du salarié, pour se réaccoutumer à son ancien métier ou pour en apprendre un nouveau : le contrat de travail d’origine n’est alors ni suspendu ni rompu — il fait simplement l’objet d’un avenant, sans modification de la rémunération qui y est prévue
    • Dans une nouvelle entreprise pour apprendre un nouveau métier : les règles du prêt de main d’œuvre à but non lucratif s’appliquent alors

Lorsqu’il s’agit d’acquérir de nouvelles compétences et de changer de métier, on parle aussi de « stage de rééducation professionnelle », débouchant généralement sur un diplôme homologué par l’État via une formation qualifiante.

 

Quelle est la durée d’une CRPE ?

La CRPE est renouvelable une fois, mais sa durée totale ne peut pas dépasser 18 mois. Il n’existe pas de durée minimale légale.

Bon à savoir : lorsque la CRPE fait suite à un arrêt de travail pour maladie (hors accident du travail ou maladie professionnelle), sa durée ne peut pas dépasser le reliquat de vos droits aux indemnités journalières, plafonné à 3 ans depuis le début de l’arrêt initial. Cette limite ne s’applique pas en cas d’accident du travail ou de maladie professionnelle.

 

Les conditions pour bénéficier d’une CRPE

Pour avoir droit aux dispositions prévues dans le cadre d’une CRPE, il faut répondre à toutes les conditions suivantes :

    • Avoir un contrat de travail et être en arrêt de travail avant la mise en place de la CRPE
    • Percevoir des indemnités journalières de l’Assurance Maladie au titre d’une maladie, d’un accident du travail ou d’une maladie professionnelle
    • Être déclaré inapte à votre poste par le médecin du travail, ou avoir été identifié en risque d’inaptitude lors d’une visite de pré-reprise

Bon à savoir : depuis la réforme du 31 mars 2022, la reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé (RQTH) n’est plus une condition obligatoire pour bénéficier d’une CRPE. Le dispositif, initialement réservé aux travailleurs handicapés, s’adresse désormais à tout salarié inapte ou en risque d’inaptitude, qu’il soit ou non reconnu travailleur handicapé. Un avis préalable de la MDPH/CDAPH n’est plus nécessaire non plus, y compris pour les salariés RQTH.

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Par ailleurs, les personnes souhaitant bénéficier d’une CRPE doivent passer une visite avec le médecin du travail pour évaluer leur aptitude au poste concerné (voir la démarche plus bas).

Séverine Burel

L’erreur à éviter
Séverine Burel, conseillère en aides sociales
Beaucoup de salariés renoncent à se renseigner sur la CRPE en pensant qu’elle est réservée aux personnes reconnues travailleur handicapé. Ce n’est plus vrai depuis mars 2022 : la RQTH n’est plus une condition d’accès. Si votre médecin du travail vous a déclaré inapte ou identifié un risque d’inaptitude, vous pouvez y prétendre, RQTH ou non.

 

Convention de rééducation professionnelle : rémunération et financement

Les salariés en CRPE sont rémunérés durant toute la période de leur convention. La règle est la même quel que soit le cas de figure : le montant total perçu (indemnités journalières + complément employeur) ne peut jamais être inférieur à la rémunération que vous perceviez avant l’arrêt de travail précédant la mise en place de la CRPE.

En pratique, cela se traduit ainsi :

    • Si vous vous réaccoutumez à votre ancien poste : votre rémunération ne peut pas être inférieure à votre salaire antérieur à l’arrêt de travail. À la fin de la CRPE, votre salaire redevient celui fixé pour la qualification que vous aurez atteinte.
    • Si vous apprenez un nouveau métier : votre rémunération correspond au salaire brut du poste pour lequel vous êtes en reconversion, sans jamais être inférieure à votre rémunération antérieure.

Qui finance la CRPE ?

La convention de rééducation professionnelle en entreprise est co-financée par :

    • L’employeur
    • L’Assurance Maladie (CPAM, CGSS ou MSA selon le régime du salarié), sous forme d’indemnités journalières

La répartition exacte entre les deux financeurs est fixée convention par convention, en fonction de la situation du salarié et de son ancienne rémunération — il n’existe pas de clé de répartition unique imposée par la loi.

De son côté, l’employeur peut également mobiliser plusieurs aides financières pour l’embauche ou le maintien dans l’emploi d’un travailleur handicapé, qui viennent s’ajouter à sa participation au financement de la CRPE.

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Rééducation professionnelle : quelle démarche pour une CRPE ?

Si vous pensez être éligible à la CRPE, vous devez vous rapprocher de la médecine du travail pour en bénéficier — la démarche peut aussi être initiée par votre employeur, l’Assurance Maladie, ou un organisme spécialisé dans le maintien en emploi comme Cap emploi. Votre demande sera transmise à votre CPAM (ou CGSS/MSA) et une rencontre sera organisée avec :

    • Vous-même
    • Le médecin du travail
    • Votre employeur
    • Un représentant de votre CPAM

Ce rendez-vous permettra de définir les termes de la convention (durée, poste concerné, répartition du financement, etc.).

Si cela n’a pas déjà eu lieu, vous devrez aussi être consulté par le médecin du travail afin que celui-ci puisse attester :

    • De votre inaptitude à reprendre votre ancien poste en l’état, ou de votre risque d’inaptitude
    • De votre aptitude à suivre l’accompagnement prévu dans le cadre de la CRPE

La convention est ensuite transmise pour information à la DREETS (Direction régionale de l’économie, de l’emploi, du travail et des solidarités) — aucun avis préalable de la MDPH/CDAPH n’est requis, même pour un salarié reconnu travailleur handicapé.

Attention : pour les stages de rééducation professionnelle (formation qualifiante hors entreprise), les modalités de la demande varient d’un département à l’autre. Rapprochez-vous de votre MDPH pour connaître la marche à suivre.

Bon à savoir : lors de votre démarche de demande de CRPE, vous pouvez vous faire accompagner par un(e) assistant(e) social(e) pour évaluer au mieux votre situation et adapter votre projet professionnel.

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Questions fréquentes sur la CRPE (convention de rééducation professionnelle)

Voici quelques questions complémentaires que se posent souvent les salariés et employeurs concernés par ce dispositif.

 

Une personne non reconnue travailleur handicapé peut-elle bénéficier d’une CRPE ?

Oui. Depuis la réforme du 31 mars 2022, la CRPE n’est plus réservée aux salariés titulaires de la RQTH. Elle s’adresse à tout salarié déclaré inapte par le médecin du travail, ou identifié en risque d’inaptitude lors d’une visite de pré-reprise, qu’il soit reconnu travailleur handicapé ou non.

 

Le salarié peut-il refuser la CRPE proposée par son employeur ?

Oui. La CRPE repose sur une convention conclue de gré à gré entre le salarié, l’employeur et la CPAM : elle nécessite l’accord des trois parties. Un salarié peut donc la refuser, mais son employeur devra alors explorer d’autres pistes de reclassement compatibles avec son état de santé.

 

La CRPE peut-elle déboucher sur un contrat à durée indéterminée (CDI) ?

Oui, dans les deux cas de figure. Réalisée dans l’entreprise d’origine, elle permet de réintégrer son poste ou un poste équivalent. Réalisée dans une autre entreprise, celle-ci peut choisir d’embaucher le salarié à l’issue de la CRPE, avec une période d’essai réduite de la durée déjà effectuée.

 

Que se passe-t-il si la CRPE est réalisée dans une autre entreprise que celle d’origine ?

Dans ce cas, les règles du prêt de main d’œuvre à but non lucratif s’appliquent : une convention de mise à disposition est signée entre l’employeur d’origine et l’entreprise d’accueil. Le contrat de travail initial du salarié n’est ni suspendu ni rompu pendant toute la durée de la CRPE.

 

Le salarié reste-t-il protégé s’il change d’entreprise à l’issue de la CRPE ?

Oui. S’il démissionne pour être embauché par l’entreprise d’accueil à l’issue de sa CRPE, il continue de percevoir son indemnité journalière pendant les 3 mois suivant sa prise de poste, selon les mêmes modalités qu’au cours de la rééducation professionnelle.

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