SOMMAIRE
Pension de réversion en 2026 : ce qui change et ce qui est en débat
Les conditions d’accès à la pension de réversion n’ont pas été modifiées pour 2026 : le mariage, l’âge et, pour le régime de base, les ressources restent les critères. Les nouveautés concrètes sont la revalorisation des barèmes au 1er janvier et un formulaire de demande prérempli depuis mars. L’ouverture de la réversion au Pacs, elle, reste à l’état de proposition.
1er janvier 2026 : plafonds et montants revalorisés
Les barèmes du régime général ont été relevés de 0,9 % (coefficient de 1,009 lié à l’inflation) :
- Plafonds de ressources : 25 001,60 € par an pour une personne seule et 40 002,56 € pour un couple. Le plafond d’une personne seule est fixé à 2 080 fois le Smic horaire, celui du ménage à 1,6 fois ce montant.
- Montant minimum : 4 019,13 € par an, soit 334,92 € par mois si le défunt totalisait 60 trimestres au régime général.
- Majorations : le plafond de ressources pour la majoration de 11,1 % et la majoration forfaitaire par enfant à charge ont été revalorisés dans les mêmes proportions (détail plus bas).
Mars 2026 : un formulaire de demande prérempli
Depuis mars 2026, l’Assurance retraite envoie des formulaires de demande de réversion préremplis. Ils s’appuient sur le dispositif de ressources mensuelles (DRM), qui regroupe les revenus transmis par les employeurs et les organismes sociaux. L’objectif annoncé par la Cnav : réduire les délais de traitement, les erreurs et le nombre de pièces justificatives demandées. Un formulaire prérempli doit toujours être vérifié, et la pension n’est jamais versée sans demande : voir la démarche détaillée plus bas.
Pacs : une extension débattue, mais pas adoptée
Le mariage reste la seule union ouvrant droit à la réversion : le Pacs et le concubinage n’en donnent aucun, ni au régime de base ni à l’Agirc-Arrco. Une proposition de loi visant à étendre la réversion aux couples pacsés a été déposée à l’Assemblée nationale le 16 septembre 2025 et renvoyée à la commission des affaires sociales. Elle n’a pas été adoptée.
Dans une réponse publiée le 7 avril 2026, le gouvernement a maintenu le lien entre réversion et mariage, tout en indiquant que le rapport du Conseil d’orientation des retraites de novembre 2025 pourrait servir de base à un examen futur. Le COR note lui-même l’absence de consensus sur l’extension au Pacs (synthèse de son rapport). Tant qu’aucun texte n’est voté, un partenaire pacsé survivant ne peut pas prétendre à la réversion.
Conditions pour bénéficier de la retraite de réversion en 2026
Plusieurs conditions sont à remplir pour bénéficier d’une réversion de la pension du conjoint décédé. Elles concernent l’âge du bénéficiaire, la situation familiale du couple, mais aussi des plafonds de ressources qui ont été revalorisés au 1er janvier 2026.
Conditions à respecter pour le conjoint survivant :
- L’âge : Le conjoint survivant doit être âgé d’au moins 55 ans (51 ans si le décès est survenu avant le 1er janvier 2009). Pour les veufs de moins de 55 ans, il est possible de bénéficier de l’allocation veuvage.
- Le lien matrimonial : Le couple devait être marié ou l’avoir été. Le mariage reste à ce jour la condition légale indispensable pour la majorité des régimes.
- Les ressources annuelles : Vos revenus bruts ne doivent pas dépasser 25 001,60 euros si vous vivez seul et 40 002,56 euros si vous vivez en couple. Vos ressources et celles de votre ménage sont examinées sur les 3 mois qui précèdent le point de départ de la réversion. Certaines aides, comme l’AAH ou les APL, sont exclues du calcul (voir la liste complète ici).
La pension peut être accordée même si le conjoint décédé n’avait pas encore atteint l’âge de la retraite, à condition qu’il ait cotisé à une caisse de retraite durant sa carrière.
Il est essentiel de mentionner qu’en principe, seules les personnes anciennement mariées au défunt peuvent percevoir une telle pension. Elle peut néanmoins être versée aux orphelins dans certaines conditions. Les orphelins d’un parent fonctionnaire ou d’anciens salariés du privé (pour la part Agirc-Arrco) peuvent également demander et bénéficier d’une pension de réversion.
Les conditions varient selon le régime. La retraite complémentaire Agirc-Arrco est attribuée sans condition de ressources aux conjoints et ex-conjoints non remariés, à partir de 55 ans (plus tôt avec 2 enfants à charge ou en cas d’invalidité). Dans la fonction publique, la pension du Service des retraites de l’État est attribuée sans condition d’âge ni de ressources, à condition de remplir l’une des conditions de durée du mariage ou d’enfant issu de l’union.
Calcul de la pension de réversion 2026 : montants minimum et maximum
La pension de réversion est égale à 54 % de la retraite de base dont bénéficiait ou aurait pu bénéficier le défunt, sans tenir compte de ses majorations (pour enfants, pour conjoint). Ce montant est toutefois encadré par des planchers et des plafonds revalorisés au 1er janvier de chaque année.
- Le montant minimum : Si le défunt justifiait d’au moins 15 ans d’assurance retraite (60 trimestres), votre pension ne peut être inférieure à 4 019,13 € par an, soit 334,92 € par mois.
- Si la durée est inférieure à 15 ans : Ce montant minimum est réduit proportionnellement (calcul en 60èmes) selon le nombre de trimestres validés par le défunt.
- Le montant maximum : Le montant de votre pension de réversion ne pourra être supérieur à 1 081,35 euros par mois, soit 12 976,20 euros par an.
- La retraite complémentaire : L’Agirc-Arrco verse 60 % des points de retraite complémentaire du défunt, sans condition de ressources.
- La fonction publique : La pension de réversion représente 50 % de la pension du fonctionnaire décédé.
Exemple : si votre conjoint percevait 1 000 € par mois de retraite de base et 400 € de retraite complémentaire Agirc-Arrco, la réversion théorique est de 540 € (54 %) pour la base et de 240 € (60 %) pour la complémentaire, avant application éventuelle du plafond de ressources sur la partie base.
Pour comparaison, le montant moyen de la retraite en France, tous régimes et pensions de droit direct confondus, s’élève à 1 705 € brut par mois.
Plafonds de ressources et réduction de la pension
Le versement de la réversion de base est conditionné par vos revenus. Si le cumul de votre pension et de vos ressources dépasse 25 001,60 € (personne seule) ou 40 002,56 € (en couple), votre pension est réduite pour ne pas franchir ce seuil.
À noter : Une fois que vous avez liquidé toutes vos retraites personnelles, le montant de votre pension de réversion devient définitif et ne peut plus être révisé, sauf cas très particuliers.
Prélèvements sociaux et cumul emploi-retraite
Il est important de noter que la pension de réversion n’est pas une somme nette d’impôts. Elle est soumise aux contributions sociales habituelles : CSG, CRDS et la contribution Casa (Contribution additionnelle de solidarité pour l’autonomie), ainsi qu’au prélèvement de l’impôt à la source.
Le saviez-vous ? Si le défunt bénéficiait d’une seconde pension de retraite suite à un cumul emploi-retraite, cette dernière ouvre également droit à une pension de réversion dans les mêmes conditions de calcul.
Majoration de la retraite de réversion : les cas de figure
Selon votre situation familiale et vos revenus, le montant de base de votre pension de réversion peut être augmenté par différentes majorations :
- Majoration pour 3 enfants élevés : Si vous avez eu ou élevé au moins 3 enfants (nés ou adoptés), le montant de votre pension de réversion est majoré de 10 %, automatiquement au moment du calcul. Les enfants qui ne sont pas les vôtres comptent s’ils ont été élevés pendant au moins 9 ans avant leur 16e anniversaire.
- Majoration pour enfant à charge : Si vous n’avez pas encore atteint l’âge du taux plein, que vous ne percevez pas de retraite personnelle et que vous avez des enfants à charge, vous pouvez bénéficier d’une majoration forfaitaire. En 2026, elle s’élève à 113,59 euros par mois et par enfant. Elle n’est pas automatique : vous devez la demander. Si votre pension est réduite pour dépassement du plafond, elle l’est dans les mêmes proportions.
- Majoration en fonction de l’âge (majoration forfaitaire) : Si vous avez atteint l’âge du taux plein (entre 65 et 67 ans selon votre année de naissance) et fait valoir tous vos droits à la retraite, une majoration de 11,1 % du montant de la réversion est accordée.
Condition pour la majoration de 11,1 % : Cette aide supplémentaire n’est versée que si le total de vos retraites personnelles ne dépasse pas 1 006,69 euros par mois (plafond en vigueur pour 2026). Si le cumul dépasse ce seuil, la majoration est réduite pour ne pas franchir la limite.
Comment faire une demande de pension de réversion en 2026 ?
La pension de réversion n’est jamais versée automatiquement : vous devez impérativement en faire la demande. En 2026, les démarches sont plus simples grâce aux outils numériques, même si le format papier reste une option pour ceux qui le souhaitent.
Le formulaire prérempli depuis mars 2026
Depuis mars 2026, l’Assurance retraite envoie un formulaire de demande de réversion prérempli, dans le cadre du dispositif « Solidarité à la source ».
Grâce au Dispositif de Ressources Mensuelles (DRM), vos revenus sont collectés auprès des employeurs et des organismes sociaux. Pour l’assuré, cela signifie :
- Un gain de temps lors de la saisie.
- Une réduction du nombre de pièces justificatives à fournir.
- Une fiabilisation des données pour éviter les refus liés à une mauvaise déclaration de ressources.
Les informations préremplies doivent toujours être vérifiées et corrigées si besoin : une erreur sur vos ressources peut entraîner un indu à rembourser.
Effectuer votre demande unique en ligne
Pour bénéficier de cette simplification, le passage par la voie numérique est fortement recommandé. Un seul service en ligne permet d’adresser votre demande à tous les régimes de retraite (base et complémentaires) auxquels le défunt a cotisé. Vous ne pouvez pas utiliser les identifiants de la personne décédée : la demande se fait depuis votre propre espace.
Les étapes pour valider votre dossier en ligne :
- Connectez-vous à votre espace personnel sur Info-Retraite.fr ou L’Assurance Retraite via FranceConnect.
- Accédez au service « Demander une retraite de réversion ».
- Vérifiez et complétez les informations préremplies par le système.
- Joignez les documents requis (pièce d’identité, acte de naissance du défunt avec mentions marginales, derniers avis d’imposition, livret de famille selon votre situation).
Le formulaire papier et les délais à respecter
Si vous ne souhaitez pas utiliser le service en ligne, vous pouvez envoyer votre dossier par courrier avec le formulaire de demande de réversion de l’Assurance retraite, à la caisse de retraite du conjoint décédé. Comptez au maximum 4 mois entre le dépôt d’un dossier complet et la réponse définitive.
Pension de réversion non réclamée, attention au délai de 12 mois : Pour que le paiement soit rétroactif (fixé au 1er jour du mois suivant le décès), votre demande doit être déposée dans l’année qui suit la perte de votre conjoint. Si vous dépassez ce délai, le point de départ de votre pension sera fixé au premier jour du mois suivant le dépôt de votre dossier. L’Agirc-Arrco applique la même logique avec un rappel limité à un an.
Contact pour les régimes complémentaires et spéciaux
En dehors du service en ligne, chaque organisme conserve ses propres points d’accueil pour les dossiers papier :
- Régime général (Assurance retraite) : le 3960 (service gratuit + prix d’un appel), ou la caisse régionale qui versait la retraite du défunt.
- Secteur privé (Agirc-Arrco) : un conseiller retraite répond au 0 970 660 660 (appel non surtaxé), du lundi au vendredi de 8h30 à 18h, et peut vous envoyer un dossier de réversion.
- Secteur public : Les formulaires pour les fonctionnaires sont à retourner au Service des Retraites de l’État ou à la CNRACL selon le statut du défunt. Par ailleurs, la date de versement de la pension de réversion fonctionnaire diffère du régime général.
Pension de réversion, divorce et remariage : quels sont vos droits ?
La pension de réversion est-elle à vie ? La situation matrimoniale au moment du décès et après celui-ci impacte directement le versement de l’aide. Contrairement aux idées reçues, le divorce ou une nouvelle union ne suppriment pas systématiquement vos droits à la pension de réversion.
Divorce et pluralité de mariages : la règle du prorata
En cas de divorce avec la personne décédée, vous conservez vos droits à la réversion du régime de base. Si le défunt a été marié plusieurs fois, la pension est partagée entre le conjoint survivant et le ou les ex-conjoints au prorata de la durée de chaque mariage. La même logique s’applique à l’Agirc-Arrco et dans la fonction publique.
Impact du remariage, Pacs ou concubinage sur votre pension
Le maintien de la pension après une nouvelle union dépend du régime de retraite concerné. En 2026, les règles restent différenciées :
- Régime de base du privé et des indépendants : vous continuez à percevoir la réversion même si vous vous remariez, vous pacsez ou vivez en concubinage. Cependant, les ressources de votre nouveau ménage seront prises en compte dans le calcul du plafond de ressources.
- Agirc-Arrco : tout remariage supprime définitivement votre droit à la réversion, même s’il est suivi d’un divorce ou du décès du nouveau conjoint. En revanche, le Pacs ou le concubinage n’entraînent pas la suppression de la pension.
- Fonction publique (Service des retraites de l’État, CNRACL) : le droit est perdu en cas de remariage ou de vie maritale (Pacs, concubinage). Il peut être rétabli sur demande en cas de nouveau veuvage, de divorce ou de fin de la vie maritale.
Cumul pension de réversion et allocation veuvage
Il est tout à fait possible de cumuler deux pensions de réversion si vous avez été marié deux fois et que vos deux ex-époux sont décédés, sous réserve de respecter les plafonds de ressources globaux.
Bon à savoir : L’attribution d’une part de réversion à un ex-conjoint n’empêche pas la veuve (ou le veuf) actuelle de solliciter l’allocation veuvage si elle a moins de 55 ans et remplit les conditions de ressources. Ce dispositif permet une protection financière immédiate avant de basculer sur la réversion à 55 ans.
Questions fréquentes sur la pension de réversion en 2026
Retrouvez les réponses aux interrogations les plus courantes sur l’accès aux droits, les délais de réponse, l’impôt et les aides complémentaires.
Peut-on toucher la retraite de réversion si l’on n’a jamais travaillé ?
Oui. Le droit repose sur la carrière du conjoint décédé, pas sur la vôtre. Il suffit d’avoir au moins 55 ans, d’avoir été marié avec lui et, pour le régime de base, que vos ressources restent sous le plafond (25 001,60 € par an pour une personne seule). L’Agirc-Arrco ne pose aucune condition de ressources.
Que se passe-t-il si mes revenus augmentent après l’obtention de la pension ?
Votre pension peut être révisée tant que vous n’avez pas fait valoir l’ensemble de vos propres droits à la retraite. À ce moment-là, le montant de votre réversion est cristallisé : il devient définitif et ne variera plus, même si vos revenus personnels augmentent par la suite. Signalez tout changement de situation à votre caisse.
Combien de temps faut-il attendre une réponse ?
Après le dépôt d’un dossier complet, l’Assurance retraite annonce une réponse définitive par courrier au maximum 4 mois plus tard. Le formulaire prérempli vise à raccourcir ce délai. Sans nouvelles, relancez votre caisse depuis votre espace personnel ou au 3960. En cas de refus, vous pouvez le contester auprès de la commission de recours amiable de votre caisse.
La pension de réversion est-elle imposable ?
Oui. Elle est imposable comme les retraites classiques et bénéficie à ce titre de l’abattement fiscal de 10 % applicable aux pensions, puis du prélèvement à la source. Elle supporte aussi les prélèvements sociaux (CSG, CRDS, Casa et cotisation d’assurance maladie), dont le taux dépend de vos ressources et de votre pays de résidence.
Peut-on cumuler la réversion avec le minimum vieillesse ?
Oui, sous conditions. Si vos ressources restent faibles, l’allocation de solidarité aux personnes âgées (Aspa) ou l’allocation supplémentaire d’invalidité (ASI) peut porter votre retraite, personnelle ou de réversion, à un montant minimum. Ces aides ont leurs propres plafonds de ressources et ne sont pas automatiques : il faut en faire la demande.
Crédit photo : © Richard Villalon / Adobe

Séverine Burel est responsable éditoriale d’Aide-Sociale.fr depuis sa création en 2012. Spécialiste des aides sociales et des démarches administratives, elle totalise 14 ans d’expérience dans le domaine et a rédigé et validé plus de 600 articles. Elle supervise également les simulateurs de droits du site, utilisés chaque année par des centaines de milliers de personnes.
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