SOMMAIRE
Rémunération du salarié : définition et éléments qui la composent
Au sens du Code du travail, la rémunération comprend le salaire de base ainsi que tous les avantages et accessoires payés par l’employeur, directement ou indirectement, en espèces ou en nature, en raison de l’emploi du salarié (article L3221-3 du Code du travail). Le salaire de base n’est donc que le point de départ.
La rémunération d’un salarié du privé peut ainsi se composer de :
- le salaire de base, qui ne peut pas être inférieur au SMIC ;
- les majorations pour heures supplémentaires ou pour travail de nuit ;
- les primes et gratifications versées par l’employeur ;
- les avantages en nature (logement, véhicule, repas…) ;
- l’épargne salariale (intéressement, participation, abondement).
Rémunération ou salaire : quelle différence ?
Le salaire est la contrepartie du travail fourni : il comprend le salaire de base, les primes et les majorations. La rémunération est une notion plus large, qui englobe aussi les avantages en nature et l’épargne salariale. À l’inverse, les remboursements de frais professionnels et les indemnités de type dommages-intérêts, comme l’indemnité de licenciement, ne sont pas du salaire.
Qui fixe le montant de la rémunération ?
Le montant du salaire est librement fixé entre l’employeur et le salarié, dans le contrat de travail. Cette liberté a toutefois des limites : le salaire doit respecter le SMIC, les minima de la convention collective applicable, la règle de la mensualisation (un paiement par mois) et l’égalité de rémunération entre les femmes et les hommes pour un travail de valeur égale.
Bon à savoir : la convention collective applicable à votre entreprise est mentionnée sur votre bulletin de paie. Elle peut prévoir des minima supérieurs au SMIC, des primes ou des majorations plus favorables que la loi : c’est le premier document à consulter en cas de doute.
Rémunération minimale du salarié : le SMIC en 2026
Le SMIC (salaire minimum interprofessionnel de croissance) est le salaire horaire minimum légal : aucun salaire de base ne peut lui être inférieur. Il est revalorisé chaque année au 1er janvier et peut l’être en cours d’année, comme cela a été le cas au 1er juin 2026.
Depuis le 1er juin 2026, le SMIC horaire brut s’élève à 12,31 €, soit 1 867,02 € brut par mois pour un temps plein de 35 heures hebdomadaires (service-public.gouv.fr). Après déduction des cotisations salariales, cela représente, à titre indicatif, environ 9,74 € net de l’heure et 1 477,93 € net par mois, soit environ 21 % de moins que le brut. Le net réellement perçu dépend de l’entreprise et de certaines cotisations liées au secteur d’activité.
Pour situer ce niveau de rémunération, vous pouvez le comparer au salaire médian en France.
Les salariés de moins de 18 ans qui n’ont pas encore 6 mois de pratique professionnelle dans leur branche peuvent être payés sur la base d’un SMIC minoré : 11,08 € brut de l’heure à 17 ans et 9,85 € à 16 ans ou moins. Les apprentis sont, eux, rémunérés en pourcentage du SMIC selon leur âge et leur année de contrat : retrouvez les montants dans notre guide sur le salaire d’un apprenti.
Bon à savoir : le SMIC s’applique au prorata de la durée du travail. Pour un salarié à temps partiel, le minimum à percevoir dépend donc du nombre d’heures prévu au contrat.
Heures supplémentaires : comment sont-elles rémunérées ?
Une heure supplémentaire est toute heure de travail accomplie, à la demande de l’employeur, au-delà de la durée légale de 35 heures par semaine (service-public.gouv.fr). Elle ouvre droit à une majoration de salaire ou à un repos compensateur équivalent.
Majoration des heures supplémentaires
En l’absence d’accord collectif, la majoration est la suivante :
- de la 36e à la 43e heure : + 25 % ;
- à partir de la 44e heure : + 50 %.
Une convention collective ou un accord d’entreprise peut prévoir d’autres taux, qui ne peuvent toutefois pas être inférieurs à 10 %. Le paiement peut aussi être remplacé, en tout ou partie, par un repos compensateur équivalent.
Exemple : un salarié payé 12,31 € de l’heure (SMIC) qui travaille 41 heures sur une semaine effectue 6 heures supplémentaires. Chacune est payée environ 15,39 € (12,31 € + 25 %), soit près de 92,33 € brut de plus que sa semaine à 35 heures.
Contingent annuel et durées maximales de travail
Sauf accord collectif, le nombre maximal d’heures supplémentaires est de 220 heures par an et par salarié. Au-delà, le salarié a droit à une contrepartie obligatoire en repos : 50 % des heures effectuées au-delà du contingent dans les entreprises de 20 salariés au plus, 100 % au-delà de 20 salariés.
Quelles que soient les heures supplémentaires, la durée du travail ne peut pas dépasser 10 heures par jour, 48 heures sur une semaine ni 44 heures en moyenne sur 12 semaines consécutives (travail-emploi.gouv.fr).
Bon à savoir : le rachat des RTT par l’employeur permet de transformer des jours de RTT non pris en salaire majoré, plutôt que de les perdre. Les salariés à temps partiel ne sont, eux, pas concernés par les heures supplémentaires : toutes les heures effectuées au-delà de leur contrat sont des heures complémentaires.
Travail de nuit : quelle rémunération et quelles contreparties ?
Travailler la nuit de temps en temps ne suffit pas à faire de vous un travailleur de nuit : la notion est précisément encadrée par le Code du travail (travail-emploi.gouv.fr). Le travail de nuit s’étend sur une période d’au moins neuf heures consécutives, qui commence au plus tôt à 21 heures et s’achève au plus tard à 7 heures (de 21 heures à 6 heures, par défaut).
Est considéré comme travailleur de nuit le salarié qui, selon son horaire habituel :
- effectue au moins 3 heures de travail de nuit, au moins 2 fois par semaine ;
- ou accomplit au moins 270 heures de travail de nuit sur 12 mois consécutifs (sauf autre durée fixée par un accord collectif étendu).
Durées maximales du travail de nuit
La durée quotidienne du travailleur de nuit ne peut pas dépasser 8 heures, sauf accord collectif ou équipes de suppléance. Sa durée hebdomadaire, calculée sur 12 semaines consécutives, ne peut pas dépasser 40 heures en moyenne.
Pas de majoration légale, mais des contreparties obligatoires
La loi ne prévoit aucune majoration de salaire pour le travail de nuit. Elle impose en revanche une contrepartie sous forme de repos compensateur, qui ne peut pas être remplacée par une prime. Une compensation salariale peut s’y ajouter si l’accord collectif ou la convention de l’entreprise le prévoit.
Bon à savoir : la convention collective prime souvent sur les règles minimales. Selon les branches, la majoration du travail de nuit peut par exemple atteindre 10 %, 15 % ou 25 % du salaire horaire : vérifiez votre convention avant de comparer deux offres d’emploi.
Jours fériés : quel salaire pour un jour chômé ou travaillé ?
Le Code du travail recense 11 jours fériés : 1er janvier, lundi de Pâques, 1er mai, 8 mai, Ascension, lundi de Pentecôte, 14 juillet, 15 août, Toussaint, 11 novembre et 25 décembre (travail-emploi.gouv.fr). Leurs dates figurent dans notre calendrier des jours fériés.
Le 1er mai : le seul jour férié obligatoirement chômé
Quand il tombe un jour habituellement travaillé, le 1er mai est payé normalement, quelle que soit l’ancienneté du salarié. Seuls les établissements dont l’activité ne peut pas être interrompue (hôpitaux, transports publics…) peuvent faire travailler leurs salariés ce jour-là. Dans ce cas, le salaire est doublé : le salarié perçoit son salaire et une indemnité d’un montant égal.
Exemple : un salarié payé 100 € brut pour sa journée touche 200 € brut s’il travaille le 1er mai.
Les autres jours fériés
Les jours fériés chômés sont fixés par accord collectif ou, à défaut, par l’employeur. S’il tombe un jour normalement travaillé, un jour férié chômé n’entraîne aucune perte de salaire pour les salariés qui ont au moins 3 mois d’ancienneté. En revanche, la loi ne prévoit aucune majoration pour un jour férié travaillé (hors 1er mai) : seule une convention collective peut être plus favorable.
Le maintien du salaire ne s’applique pas dans les cas suivants :
- le salarié travaille à domicile ;
- le salarié a un emploi intermittent ;
- le salarié a un emploi temporaire.
Ponts et journée de solidarité
Aucune règle légale n’impose le pont, mais l’employeur peut l’accorder : il est alors payé, et les heures perdues peuvent être récupérées. À l’inverse, la journée de solidarité est un jour de travail supplémentaire : pour un salarié mensualisé, ces 7 heures annuelles ne sont pas rémunérées (au prorata de la durée du contrat à temps partiel).
Pour connaître tous vos droits en cas de jour férié travaillé, consultez notre guide dédié.
Cumul de deux emplois : quelles limites pour le salarié ?
Rien n’interdit de cumuler deux emplois salariés, à condition de respecter la durée maximale de travail, quel que soit le nombre d’employeurs (service-public.gouv.fr).
Tous emplois confondus, vous ne pouvez pas travailler plus de :
- 10 heures par jour ;
- 48 heures par semaine, et 44 heures en moyenne sur 12 semaines consécutives.
Vous devez aussi respecter une obligation de loyauté : le second emploi ne doit pas concurrencer l’activité de votre employeur. Votre contrat de travail ou votre convention collective peut en outre prévoir une clause d’exclusivité : relisez-les avant de signer un second contrat.
Exemple : avec un premier emploi de 35 heures par semaine, le second ne peut pas dépasser 13 heures la même semaine (48 – 35), et 9 heures en moyenne si l’on tient compte de la limite de 44 heures sur 12 semaines.
Pour arrondir vos fins de mois sans cumuler deux contrats, découvrez les autres pistes pour compléter votre salaire.
Prime d’activité : un complément au salaire des revenus modestes
La prime d’activité complète les revenus des travailleurs aux ressources modestes, salariés du privé comme agents de la fonction publique. Pour la percevoir, il faut avoir au moins 18 ans, exercer une activité professionnelle, avoir des revenus modestes et résider de manière stable en France (service-public.gouv.fr). Son montant dépend des ressources et de la composition de l’ensemble du foyer.
La demande se fait en ligne auprès de la Caf (ou de la MSA). Le droit s’ouvre le mois de la demande : la prime d’activité n’est pas rétroactive. Une fois accordée, elle est versée pendant trois mois pour un montant identique, puis réévaluée à partir de la déclaration trimestrielle de ressources, préremplie avec votre montant net social.
La prime a été revalorisée de 0,8 % au 1er avril 2026, avec une bonification renforcée pour les salaires proches du SMIC (détail de la hausse 2026).
Bon à savoir : un salarié rémunéré au SMIC peut être éligible, surtout en cas de charges de famille ou de temps partiel. Notre article sur la prime d’activité au SMIC détaille les cas les plus courants.
Acompte sur salaire : comment l’obtenir ?
L’acompte sur salaire est un droit inscrit dans le Code du travail : il s’agit du versement anticipé d’une partie de votre rémunération mensuelle, pour un travail déjà effectué (service-public.gouv.fr).
Voici les règles à connaître :
- vous ne pouvez le demander que durant la 2e quinzaine du mois ;
- son montant correspond au maximum à la moitié de votre rémunération mensuelle (soit, par exemple, 900 € pour une rémunération mensuelle de 1 800 €) ;
- votre employeur est tenu de le verser, mais il peut refuser un second acompte demandé le même mois ;
- les salariés non mensualisés (saisonniers, temporaires, intermittents, travailleurs à domicile) n’y ont pas droit.
L’acompte ne doit pas être confondu avec l’avance sur salaire, qui est facultative pour l’employeur. Retrouvez toutes les modalités dans notre guide.
Primes et avantages en nature : que verse l’employeur en plus du salaire ?
Au-delà du salaire de base, l’employeur peut verser des primes et accorder des avantages en nature pour apporter un pouvoir d’achat supplémentaire ou compenser les conditions de travail (service-public.gouv.fr).
Les primes versées par l’employeur
Le Code du travail n’oblige pas l’employeur à verser des primes : elles sont prévues par le contrat de travail, la convention collective, un accord d’entreprise ou un usage. On trouve par exemple la prime d’ancienneté, le 13e mois, la prime de vacances ou encore la prime de panier. Certaines conventions collectives prévoient aussi une gratification liée à la médaille du travail, imposable depuis le 1er janvier 2026. C’est aussi le cas de la prime de partage de la valeur (ex-prime Macron), pour laquelle l’employeur détermine librement le rythme de versement. Chaque prime est mentionnée sur votre bulletin de paie, avec son régime social.
Les avantages en nature
Un avantage en nature est un bien ou un service fourni par l’employeur gratuitement, ou moyennant une participation inférieure à sa valeur : logement de fonction, véhicule, repas, abonnement téléphonique… Il fait partie du salaire : sa valeur est intégrée au salaire brut et soumise à cotisations.
Bon à savoir : les remboursements de frais professionnels (déplacements, repas en mission…) ne font pas partie du salaire. Ils compensent des dépenses engagées pour le travail.
Épargne salariale : PEE, PER collectif et compte épargne-temps
Une autre forme de rémunération consiste à proposer aux salariés une épargne collective, dite « salariale », souvent avantageuse sur le plan fiscal. Deux plans sont principalement proposés : le PEE et le PER d’entreprise collectif.
Le plan d’épargne entreprise (PEE)
Le plan d’épargne entreprise permet de se constituer un portefeuille de valeurs mobilières avec l’aide de l’entreprise. Les sommes sont bloquées au moins 5 ans, sauf cas de déblocage anticipé. Les versements volontaires sont limités à 25 % de la rémunération annuelle brute, et l’abondement de l’entreprise ne peut dépasser 3 fois le versement du salarié, ni 3 844,80 € par an en 2026 (service-public.gouv.fr).
Le PER d’entreprise collectif
Le PER d’entreprise collectif remplace le Perco : ce dernier ne peut plus être mis en place dans les entreprises depuis le 1er octobre 2020, mais les plans existants peuvent continuer à fonctionner. Les sommes y sont en principe bloquées jusqu’à la retraite, et l’abondement de l’entreprise est limité à 3 fois le versement du salarié et à 7 690 € (service-public.gouv.fr).
Épargner du temps plutôt que de l’argent
Il est également possible d’épargner des jours de congé ou de repos non pris, plutôt que de l’argent, grâce à un compte épargne-temps si votre entreprise en propose un.
Fiche de paie : où retrouver les éléments de sa rémunération ?
L’employeur est tenu de remettre un bulletin de paie à chaque versement du salaire. Tous les éléments de la rémunération y figurent (travail-emploi.gouv.fr) : heures payées au taux normal et heures majorées avec leurs taux, primes soumises à cotisations, rémunération brute, cotisations, montant net social, prélèvement à la source, net à payer et date de paiement.
Pour vérifier votre bulletin, contrôlez au minimum :
- que le taux horaire n’est pas inférieur au SMIC (12,31 € brut) ni au minimum de votre convention collective ;
- que les heures supplémentaires apparaissent à part, avec la majoration appliquée ;
- que les primes prévues par votre contrat ou votre convention sont bien versées ;
- que le montant net social correspond à celui que vous déclarez à la Caf.
Questions fréquentes sur la rémunération du salarié
Voici les réponses aux questions que se posent le plus souvent les salariés sur le paiement et la lecture de leur rémunération.
À quelle date le salaire doit-il être versé ?
Le salaire est versé une fois par mois, mais la loi n’impose aucune date précise, sauf disposition d’une convention collective ou d’un accord d’entreprise. L’employeur doit en revanche payer chaque mois à la même période. En cas de paiement tardif, consultez notre guide sur le retard de paiement de salaire.
Peut-on être payé en espèces ?
Oui, mais uniquement si le salaire ne dépasse pas 1 500 € net par mois. Au-delà de ce seuil, l’employeur doit obligatoirement régler la rémunération par chèque ou par virement, sur un compte dont le salarié est titulaire ou cotitulaire. Dans tous les cas, la remise d’un bulletin de paie est obligatoire.
Qu’est-ce que le montant net social ?
Le montant net social figure sur votre bulletin de paie : il correspond à votre revenu après déduction des prélèvements sociaux obligatoires. C’est ce montant qu’il faut déclarer à la Caf pour la prime d’activité ou le RSA. Découvrez comment il est calculé.
Que faire en cas d’erreur sur sa fiche de paie ?
Signalez l’erreur à votre employeur ou au service paie, de préférence par écrit et avec vos justificatifs (contrat, bulletins, relevé d’heures). Si rien ne change, l’inspection du travail peut vous renseigner et le conseil de prud’hommes peut être saisi. Notre article détaille les erreurs de paie les plus fréquentes.
Je suis en arrêt, vais-je être indemnisé ?
Que vous soyez en arrêt pour maladie ou accident du travail, vous pouvez percevoir des indemnités journalières de l’Assurance maladie sous conditions, après un éventuel délai de carence. Selon votre convention collective, l’employeur peut aussi maintenir tout ou partie de votre salaire.

Rédactrice sur Aide-Sociale.fr depuis 2018, je mets au service du site une double expertise acquise comme professeure dans l’enseignement spécialisé et élue syndicaliste du personnel. Mon engagement auprès des personnes en situation de vulnérabilité m’a permis de comprendre de l’intérieur les difficultés d’accès aux droits sociaux. J’ai rédigé plus de 185 articles pour rendre les démarches administratives accessibles à tous.
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