SOMMAIRE
Numéros d’urgence sans-abri accessibles à tous
L’article L345-2-2 du Code de l’action sociale et des familles précise que «Relèvent du dispositif d’hébergement d’urgence les personnes ou familles qui en l’absence de réponse immédiate de ce dispositif pourraient se retrouver en situation de danger ».
Quand une personne est en situation où sa propre sécurité est menacée, il y a urgence de mise à l’abri. Pour qu’une solution puisse être trouvée, les acteurs de l’action d’urgence doivent être informés au plus tôt.
Personne à la rue : numéros à contacter en présence d’une situation grave
Quand la situation d’une personne de la rue présente un caractère d’urgence, il est nécessaire d’envisager une prise en charge rapide de la personne.
Les différents organismes qu’il est possible de joindre :
- Le 112, numéro unique européen : l’appel téléphonique à ce numéro est prioritaire et permet de joindre un service d’urgence quand bien même le réseau est saturé
- Le 15, numéro du SAMU : c’est le numéro de référence pour signaler toute situation où la vie d’une personne est en danger immédiat. Sa vocation est de gérer tout signalement d’urgence médicale sur le territoire français
- Le 18, numéro des pompiers partout en France : comme pour le SAMU, les pompiers répondent à tout appel qui sollicite leurs services
- Composer le 17 conduit à la gendarmerie ou au commissariat de votre zone géographique : les policiers ou les gendarmes travaillant dans ces unités territoriales ont pour mission de porter secours et assistance aux personnes en difficulté
Le 115 ou Samu social, numéro d’urgence pour toutes les personnes à la rue
Quoi : le 115 est le numéro du Service d’aide mobile d’urgence social, plus communément nommé le SAMU social. Le 115 est un numéro unique, national et gratuit, qui permet d’apporter une assistance directe liée au logement ou d’orienter, si nécessaire, vers le service adéquat.
Ce service fonctionne toute l’année, 7 jours sur 7 et 24h sur 24, tant sur le sol métropolitain que dans les territoires d’outre-mer.
Qui : le Samu social prend en charge toute demande d’assistance à une personne sans-abri. L’appel au 115 peut être passé par la personne sans-abri elle-même ou par tout citoyen qui constate une situation de détresse sociale.
Comment : la prise de contact est simple. Il s’agit de composer le 115, numéro vert gratuit, à partir de n’importe quel téléphone, fixe ou mobile. Si le 115 est un numéro unique, le centre de contact est départementalisé et l’appel téléphonique est reçu par la plateforme du Samu social correspondant à la zone géographique de l’appel.
À noter : les plateformes téléphoniques du 115 sont très souvent difficiles à joindre — en 2024, plus de 11 millions d’appels ont été passés au 115 mais seuls 26 % ont été décrochés (source : IGAS-IGF-IGA). Il faut se montrer patient et tenace.
L’accueil de jour pour SDF, une nécessité d’ampleur
C’est une chose que de s’occuper de trouver un abri pour les personnes qui n’ont pas de toit pour passer la nuit. C’en est une toute autre que de s’intéresser à ce que deviennent ces personnes de la rue quand, tôt le matin, elles doivent quitter leur lieu d’hébergement d’urgence.
Si le Samu social, par le biais du 115, gère les urgences médicales des sans-abri en journée, il incombe principalement aux associations de permettre aux SDF d’accéder le jour à l’hygiène, à l’alimentation et au lien social.
Il est à noter que quelques municipalités se mobilisent au côté des associations pour faire appliquer la Déclaration des Droits des personnes sans-abri, charte initiée par la Fondation Abbé Pierre en partenariat avec la Fédération européenne des organisations nationales travaillant avec les sans-abri, la Feantsa.
Pour exemple : la ville de Lyon accorde aux personnes sans-abri l’accès gratuit aux bains-douches municipaux deux jours par semaine. En complément de ce service, elles peuvent utiliser un lave-linge ou bénéficier d’une coupe de cheveux dans un espace dédié. À l’inverse, certaines municipalités ont recours à un mobilier urbain anti-SDF controversé, qui complique l’accès à ces espaces de repos.
CCAS : une mission des mairies pour mettre à l’abri les personnes de la rue
Au-delà des services d’urgence, la personne qui se retrouve dehors peut se rendre dans une mairie pour rencontrer directement un interlocuteur au sein du service d’action sociale.
Le travailleur social se charge alors d’orienter et d’accompagner la personne à la rue dans ses démarches de “mise à l’abri”.
Par exemple, le CCAS de Bordeaux propose un accompagnement dédié aux personnes sans domicile de la métropole.
Se tourner vers une association qui aide au logement
Les associations de lutte contre l’exclusion telles que la Croix Rouge ou Emmaüs offrent un accueil et un accompagnement à toute personne en situation de détresse médicale, sociale ou psychique.
A fortiori ces structures viennent en aide aux personnes sans-abri pour leur apporter un accès aux ressources élémentaires que sont le lien social, le couvert, le logement, l’hygiène, etc., notamment via des solutions d’aide alimentaire.
Les structures d’accueil pour les personnes qui n’ont plus de toit
Comme nous venons de le voir, une personne qui n’a que la rue pour s’abriter la nuit doit se faire connaître pour trouver une solution adaptée à sa situation.
En tout premier lieu, il s’agit de lui procurer un gîte sécurisé pour une ou quelques nuits. Par la suite, la personne sans abri et volontaire peut se faire accompagner vers l’insertion sociale qui passe entre autres, par l’accès à un logement.
Foyer d’hébergement d’urgence, un premier accueil de la personne sans abri
L’hébergement d’urgence se veut une réponse immédiate et de courte durée. Il est inconditionnel et de proximité. Il répond à une nécessité immédiate de mise à l’abri.
L’accès à ce dispositif d’urgence a lieu par le biais :
- D’un appel aux services d’urgence comme le 115
- Lors de l’intervention d’une équipe mobile du SAMU social par exemple
- Suite à un accueil de jour
La loi du 25 novembre 2018 (article L345-2-2 précité) indique que les conditions d’accueil du sans-abri doivent respecter la dignité de la personne humaine.
Dans cet objectif annoncé, l’accueil d’urgence doit permettre :
- De garantir la sécurité des personnes et de leurs biens
- De leur assurer le gîte et le couvert ainsi que l’hygiène comme prestations de première nécessité
- D’établir une première évaluation médicale, psychique et sociale de la personne
La personne sans-abri est alors inscrite dans un réseau. La mise à l’abri en centre d’hébergement d’urgence est possible pour une durée variable, d’une à plusieurs nuits.
À noter : de plus en plus souvent, les personnes de la rue sont accompagnées d’un animal et cette nouvelle donnée ne doit pas être un motif d’exclusion à l’obtention d’un hébergement d’urgence. La solution la plus adaptée doit être recherchée.
Les Centres d’hébergement et de réinsertion sociale, CHRS
Ces structures garantissent un accueil, un logement ainsi qu’un accompagnement en vue de l’insertion sociale de personnes ou de familles qui rencontrent de grandes difficultés.
Les CHRS sont répartis sur tout le territoire et n’accueillent pas tous le même public :
- Certains centres sont des établissements spécialisés dans l’accueil d’un public spécifique, les femmes enceintes, les pères avec enfant-s ou les personnes sortant de détention par exemple
- D’autres CHRS sont de droit commun, encore dits “tout public”. Ils accueillent les jeunes errants, les personnes en situation de grande exclusion, etc.
Comment : il est à noter que certains CHRS sont gérés par les collectivités locales, par le biais des centres d’aide sociale communaux ou départementaux. Cependant, le plus souvent, la gestion de ces structures incombe à des associations ou à des organismes humanitaires.
L’hébergement en CHRS est généralement accordé pour quelques semaines et peut être renouvelé.
Hébergement d’urgence des personnes à la rue selon leur profil
La solution d’hébergement pour mettre à l’abri une personne dont la sécurité est menacée prend en compte l’urgence de la situation et l’existence d’un danger avéré.
Il va de soi que certains individus sont plus fragiles et qu’ils doivent être pris en charge avec leurs spécificités. Il en va ainsi d’une femme victime de violences conjugales, d’une personne malade ou très âgée et isolée, d’un jeune mineur français ou étranger… Les solutions apportées afin qu’ils passent leurs nuits en sécurité doivent être adaptées.
Le CROUS : logement d’urgence pour l’étudiant à la rue
L’étudiant qui se retrouve du jour au lendemain à la rue a la possibilité d’obtenir un abri grâce au service d’hébergement d’urgence du Crous (Centre régional des œuvres universitaires et scolaires).
Pour accéder à cette solution, l’étudiant doit contacter le service social du CROUS de la ville où les études se déroulent. Pour ce faire, l’université ou l’établissement peuvent accompagner le jeune dans ses démarches. Au-delà du seul hébergement, de nombreux autres dispositifs existent pour les étudiants qui traversent une période difficile : consultez le guide complet des aides et solutions pour les étudiants en difficulté pour un panorama complet (logement, alimentation, santé, soutien psychologique, aides financières).
Les centres maternels pour l’accueil mère-enfant
Un centre maternel est un service du Centre Départemental de l’Enfance et de la Famille, CDEF. Une des missions de ces établissements est d’accueillir des femmes enceintes ou des mères accompagnées de jeunes enfants en situation d’urgence, le plus souvent sans solution d’hébergement.
La durée de l’accueil varie de quelques semaines à plusieurs mois. Il cesse quand le plus jeune des enfants atteint l’âge de trois ans. Cependant, dans certains cas et sur dérogation, l’accueil mère-enfant peut être prolongé jusqu’aux 6 ans de l’enfant.
Le foyer urgence jeunes pour le mineur qui est à la rue
Un mineur qui se retrouve dans la rue la nuit est particulièrement vulnérable. Il est important de le mettre en lieu sûr. Un enfant seul dans la rue la nuit doit être reconduit dans sa famille par les autorités si cela ne le met pas en situation de danger avéré. Sinon, il sera confié aux services de l’ASE qui possède des hébergements d’urgence dédiés, après un signalement sans délai auprès des autorités compétentes.
Il est à noter que les Points accueil et écoute jeunes, PAEJ, ont dans leurs missions l’accueil des mineurs à partir de 12 ans. Si le jeune est en fugue et qu’un retour au sein de sa famille ne peut être envisagé sans mise en danger, le PAEJ se charge d’organiser son hébergement.
Les centres d’accueil de demandeurs d’asile, CADA
Ces établissements sociaux prennent en charge des étrangers en exil forcé sur le territoire français. C’est le cas de personnes qui fuient un pays en guerre par exemple.
Pour bénéficier de l’accueil en CADA, il s’agit de remplir deux conditions préalables :
- Le demandeur doit être en situation régulière et posséder un titre de séjour en cours de validité
- La demande d’asile doit avoir été enregistrée en préfecture (voir les démarches pour une demande d’asile)
Outre le fait d’être hébergé, le demandeur d’asile bénéficie d’un accompagnement social et administratif. L’étranger bénéficie de ces services pendant toute la durée d’examen de sa demande d’asile.
À la fin de la procédure et selon la réponse de l’Administration :
- Demande d’asile accordée : la personne dispose de 3 mois pour quitter le centre d’accueil. Ce délai est renouvelable une fois
- Demande d’asile refusée : la personne doit avoir quitté le centre d’hébergement dans le mois qui suit la notification de refus
Il est à noter que les étrangers qui n’obtiennent pas de droit de séjour en France, tout comme ceux qui ne le demandent pas si leur objectif final est de rejoindre un autre pays, sont en situation irrégulière sur le territoire. Quand ils ne sont pas directement renvoyés dans leur pays d’origine par les autorités françaises, ces migrants arrivent directement “à la rue” et se retrouvent entassés dans des campements sauvages, trop souvent dans des conditions déplorables.
Bien d’autres situations particulières impliquent une solution spécifique. C’est le cas quand la personne présente un ou des problèmes de santé psychiatriques ou non et la réponse la plus adaptée viendra alors d’une structure hospitalière.
Si l’urgence concerne une personne âgée, il sera fait appel aux services d’un établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes, EHPAD.
Comment accéder à un centre SDF dédié à l’hébergement ?
La première démarche pour une personne qui se trouve privée d’abri est de se faire connaître. Selon l’urgence, deux solutions se présentent :
- Si la personne sans abri est en urgence immédiate, c’est avant tout en interpellant elle-même, ou avec l’aide d’un tiers, les services d’urgence qu’elle accédera le plus souvent à une solution directe de mise à l’abri
- Si la personne sans domicile a le souhait de prolonger et stabiliser cet accès à un toit, il lui faut se faire accompagner par un travailleur social. Comme nous l’avons vu, c’est auprès d’un centre d’aide sociale ou d’une association que la personne trouvera l’aide nécessaire pour aller plus loin dans son projet de réinsertion
Vous pouvez également utiliser Soliguide, un outil indispensable pour les personnes à la rue. Il s’agit d’une plateforme en ligne qui référence les services utiles (distribution de repas, colis alimentaire, douches…) pour les personnes qui n’ont pas de toit, dont les solutions d’hébergement d’urgence ou à long terme.
Accessible sur PC ou depuis une application, Soliguide couvre désormais 42 départements en France métropolitaine et en Outre-mer (dont l’Île-de-France, le Bas-Rhin, la Loire-Atlantique et la Gironde), avec un objectif de couverture nationale complète à terme.
Questions fréquentes sur l’hébergement d’urgence
Voici les réponses aux questions les plus posées sur les dispositifs d’hébergement d’urgence pour les personnes à la rue.
Quels sont les hébergements d’urgence pour une personne qui se retrouve à la rue ?
Selon le profil et l’urgence, plusieurs structures existent : centres d’hébergement d’urgence (CHU) pour une ou quelques nuits, CHRS pour un séjour plus long, ainsi que des dispositifs spécifiques (CROUS pour les étudiants, ASE pour les mineurs, centres maternels, CADA pour les demandeurs d’asile). L’accès se fait via le 115 ou un travailleur social.
Que faire quand le 115 ne répond pas ?
Si le 115 est saturé, contactez directement le CCAS de votre mairie ou une association de lutte contre l’exclusion (Croix-Rouge, Emmaüs) qui peut orienter vers un hébergement. L’application Soliguide permet aussi de repérer en temps réel les accueils de jour et places disponibles près de chez vous, sans attendre une réponse téléphonique.
Personne sans-abri et en danger, qui prévenir ?
En cas de danger immédiat pour sa sécurité ou sa santé, il faut composer le 115 (Samu social), le 15 (SAMU) en cas d’urgence médicale, le 18 (pompiers) ou le 17 (police/gendarmerie), voire le 112 depuis un téléphone mobile lorsque le réseau est saturé, ce numéro européen restant prioritaire.
Où sont hébergées les personnes sans-abri et en souffrance ?
En situation d’urgence, une personne à la rue est mise à l’abri dans un centre d’hébergement d’urgence, à l’hôtel ou en CHRS selon les places disponibles localement. Les publics les plus vulnérables (mineurs, femmes enceintes, personnes malades) sont orientés vers des structures adaptées à leur situation.
Comment trouver un hébergement d’urgence près de chez soi ?
Le réflexe le plus rapide reste d’appeler le 115, qui oriente selon la zone géographique de l’appel. En complément, l’application Soliguide (couvrant 42 départements) et le CCAS de la commune permettent de localiser précisément les accueils de jour, douches et hébergements disponibles à proximité.
Le 115 est-il vraiment gratuit et accessible sans papiers ?
Oui : le 115 est un numéro gratuit depuis un fixe ou un mobile, y compris sans crédit téléphonique, et l’appel n’apparaît pas sur les factures. Il est accessible à toute personne sans-abri, sans condition de nationalité ni de situation administrative régulière.
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Sources officielles et références
- Service-public.fr : panorama des solutions d’hébergement pour les personnes en difficulté
- Ministère du Logement : le parc national d’hébergement d’urgence et son financement
- Igas-IGF-IGA : revue de dépenses sur l’hébergement d’urgence (2025)
Crédit photo : © StockUnlimited

Rédactrice sur Aide-Sociale.fr depuis 2018, je mets au service du site une double expertise acquise comme professeure dans l’enseignement spécialisé et élue syndicaliste du personnel. Mon engagement auprès des personnes en situation de vulnérabilité m’a permis de comprendre de l’intérieur les difficultés d’accès aux droits sociaux. J’ai rédigé plus de 185 articles pour rendre les démarches administratives accessibles à tous.
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