SOMMAIRE
Les dernières règles de calcul du chômage : ce qui a changé
Le gouvernement a validé de nouvelles règles pour l’assurance chômage, appliquées depuis le 1er avril 2025. Voici les principaux changements qui impactent le chômage :
- Mensualisation sur 30 jours fixes : depuis le 1er avril 2025, votre allocation journalière est multipliée par 30, quel que soit le nombre de jours dans le mois. Les jours des mois de 31 jours sont reportés en fin de droits.
- Abaissement du plafond des jours non travaillés à 70 % (contre 75 % auparavant) : cette mesure profite aux personnes enchaînant les contrats courts en augmentant leur SJR.
- Dégressivité étendue aux moins de 55 ans : depuis le 1er avril 2025, la dégressivité s’applique aux allocataires de moins de 55 ans (contre moins de 57 ans auparavant) dont l’allocation journalière dépasse 92,11 €.
- Travailleurs saisonniers : 5 mois d’activité suffisent désormais (contre 6 mois auparavant) pour ouvrir des droits.
D’autres mesures sont entrées en application. La liste complète est consultable sur notre article dédié à la réforme du chômage.
Calcul du SJR : le salaire journalier de référence comme base
Pour établir le montant de votre Allocation de retour à l’emploi, France Travail se base sur le SJR : le Salaire journalier de référence. C’est la pierre angulaire du calcul du chômage.
SJR = rémunérations perçues durant la période de référence / nombre de jours calendaires entre le début du 1er contrat et la fin du dernier contrat
Les sommes prises en compte par France Travail pour le calcul du SJR
Afin d’établir votre SJR, France Travail a besoin d’un salaire de référence, correspondant au total des rémunérations brutes perçues durant la période de référence :
- sur les 24 derniers mois (moins de 55 ans) ;
- sur les 36 derniers mois pour les 55 ans et plus.
Concrètement, les éléments de rémunération brute retenus sont :
- le salaire fixe mensuel ;
- le salaire variable (commissions sur ventes, par exemple) ;
- les heures supplémentaires dans la limite de 208 heures par mois ;
- les primes et gratifications (ex. : prime de bilan), uniquement pour la part portant sur les 12 derniers mois ;
- les indemnités de 13e mois, uniquement pour la part portant sur les 12 derniers mois.
Consultez notre article pour connaître le nombre d’heures pour toucher le chômage. Il est possible de cumuler le chômage avec d’autres ressources, notamment en cas de reprise d’activité partielle.
Les sommes non retenues pour le calcul du SJR
À l’inverse, certaines sommes sont exclues du calcul du salaire journalier de référence :
- les indemnités de licenciement ou de rupture conventionnelle ;
- les primes de précarité (fin de CDD) ;
- les indemnités compensatrices de congés payés ;
- les indemnités compensatrices en cas de dispense de préavis ;
- les indemnités de non-concurrence ;
- les primes de participation et d’intéressement ;
- les notes de frais.
En résumé : toute rémunération sans lien direct avec l’exécution du travail est exclue du calcul.
Les sommes majorées par France Travail en cas de rémunération réduite
Arrêt maladie, congé maternité, mi-temps thérapeutique, congé parental… Si votre contrat a été suspendu durant la période de référence et que votre rémunération a baissé, France Travail procède à une reconstitution de salaire pour ne pas pénaliser votre SJR.
Ce mécanisme de majoration est automatique dans les cas suivants :
- arrêt maladie ;
- accident du travail ;
- maladie professionnelle ;
- congé maternité, paternité ou d’adoption ;
- préavis effectué mais non payé.
Pour toutes les autres situations (activité partielle, mi-temps thérapeutique, congé parental…), c’est à vous de le signaler à France Travail, sur les 5 dernières années. Voici le tableau des situations à déclarer et des justificatifs à fournir :
| Situations particulières à signaler à France Travail | Justificatifs à transmettre |
| Activité partielle ou accord d’activité partielle de longue durée | Bulletin de salaire |
| Temps partiel dans le cadre d’une convention d’aide au passage à temps partiel | Avenant au contrat de travail + bulletins de salaire |
| Mi-temps thérapeutique | Attestation de mi-temps thérapeutique + attestation IJSS + bulletins de salaire |
| Temps partiel pour création ou reprise d’entreprise | Avenant au contrat ou attestation employeur + bulletins de salaire |
| Congés payés financés par une caisse professionnelle | Avis de paiement de la caisse professionnelle |
| Congé parental d’éducation (temps plein ou partiel) | Attestation CAF + bulletins de salaire |
| Congé de présence parentale | Attestation CAF + bulletins de salaire |
| Congé de proche aidant | Attestation CAF + bulletins de salaire |
| Congé de fin de carrière ou cessation anticipée d’activité | Attestation employeur |
| Congé de reclassement ou de mobilité | Attestation employeur + bulletins de salaire |
| Rémunération réduite suite à des difficultés économiques (accord collectif) | Avenant au contrat + bulletins de salaire |
| Nouvelles fonctions moins rémunérées suite à maladie ou accident | Avenant au contrat + bulletins de salaire |
Le nombre de jours pris en compte pour le calcul du SJR
France Travail divise le salaire de référence par le nombre de jours calendaires entre le début du premier contrat et la fin du dernier contrat sur la période de référence (24 ou 36 mois).
Exemple 1 — Parcours continu : une personne s’inscrit à France Travail le 1er janvier 2026, immédiatement après la fin d’un contrat. Elle travaillait déjà au 1er janvier 2024. Ses rémunérations sont divisées par 730 jours (24 mois).
Exemple 2 — Début différé : même inscription au 1er janvier 2026, mais elle n’a commencé à travailler que le 1er mars 2024. Ses rémunérations sont divisées par 669 jours (du 01/03/2024 au 01/01/2026).
Bon à savoir : il existe un plafonnement en cas de périodes non travaillées importantes. Les périodes chômées d’intercontrat ne sont prises en compte que dans la limite de 70 % des périodes d’emploi (contre 75 % avant le 1er avril 2025).
Calcul de l’allocation chômage : les deux formules de l’ARE journalière
Une fois le SJR établi, France Travail applique deux formules de calcul et retient le montant le plus élevé :
- 40,4 % du SJR + 13,18 €
- OU 57 % du SJR
La première formule avantage les personnes à bas salaire (l’ajout fixe de 13,18 € augmente proportionnellement davantage les petites allocations). La seconde est plus favorable pour les hauts salaires.
Exemple 1 — Salaire de 2 000 € net (environ 2 564 € brut) :
Marc, moins de 55 ans, s’inscrit le 10 janvier 2026 après 24 mois de travail continu à 2 564 € brut/mois, soit 61 536 € sur 24 mois. SJR = 61 536 € / 730 = 84,29 €.
- 84,29 × 40,4 % + 13,18 = 47,22 €/jour
- 84,29 × 57 % = 48,05 €/jour
La seconde formule est plus avantageuse : allocation journalière = 48,05 €, soit 1 441,50 €/mois.
Exemple 2 — Deux contrats successifs :
Paul, moins de 55 ans, s’inscrit le 10 janvier 2026. Il a eu deux contrats : du 01/02/2024 au 31/10/2024 (20 000 € brut) puis du 01/03/2025 au 09/01/2026 (15 000 € brut). Entre le début du premier contrat et son inscription : 709 jours.
SJR = 35 000 € / 709 = 49,36 €.
- 49,36 × 40,4 % + 13,18 = 33,12 €/jour
- 49,36 × 57 % = 28,13 €/jour
La première formule est plus avantageuse : allocation journalière = 33,12 €, soit 993,60 €/mois.
Montant minimum et maximum de l’allocation chômage
Le montant de l’ARE journalière est encadré par un plancher et un plafond :
- Plancher : 32,13 €/jour (montant en vigueur depuis le 1er juillet 2025). L’ARE ne peut pas descendre en dessous de ce seuil, sauf en cas de travail à temps partiel.
- Plafond : 75 % du SJR. L’ARE ne peut pas dépasser 75 % de votre salaire journalier de référence (sauf si le plancher de 32,13 € est supérieur à 75 % de votre SJR).
Par ailleurs, des retenues peuvent s’appliquer sur votre allocation :
- Si votre ARE journalière dépasse 32,13 € : une participation est prélevée pour financer vos points de retraite complémentaire Agirc-Arrco.
- Si votre ARE journalière est supérieure ou égale à 60 € : la CSG et la CRDS sont prélevées.
L’allocation mensuelle correspond à l’allocation journalière × 30, quel que soit le mois (mensualisation depuis le 1er avril 2025). Vous pouvez également demander un acompte ARE à France Travail en cas de difficultés financières.
Calcul du chômage après un emploi à temps partiel
Vous vous inscrivez à France Travail après un emploi à temps partiel ? Le calcul suit les mêmes règles générales, mais intègre un coefficient temps partiel :
Coefficient temps partiel = heures hebdomadaires travaillées / heures légales ou conventionnelles de l’entreprise
Exemple : Marie travaille 28 h/semaine dans une entreprise à 35 h. Son coefficient = 28/35 = 0,80.
Les deux formules de calcul deviennent :
- 40,4 % du SJR + (13,18 € × coefficient temps partiel)
- OU 57 % du SJR
Le montant retenu ne peut être inférieur à 32,13 € × coefficient temps partiel, ni supérieur à 75 % du SJR. De manière générale, le chômage après un temps partiel représente environ 77 % de l’ancien salaire net perçu.
La dégressivité de l’allocation chômage
La dégressivité de l’ARE concerne uniquement les demandeurs d’emploi :
- âgés de moins de 55 ans (depuis le 1er avril 2025 ; auparavant moins de 57 ans) ;
- percevant une allocation journalière supérieure à 92,11 € (soit un salaire brut d’environ 4 700 €/mois).
Après 6 mois d’indemnisation (182 jours), l’allocation est réduite :
- Si votre ARE journalière est comprise entre 92,11 € et 131,58 € : elle est ramenée à 92,11 €.
- Si votre ARE journalière est supérieure à 131,58 € : elle est réduite de 30 %.
Les demandeurs d’emploi de 55 ans et plus sont entièrement exemptés de la dégressivité depuis le 1er avril 2025.
Exemple : Alain a 54 ans et gagnait 5 000 € brut/mois sur 36 mois. Salaire de référence : 180 000 €. SJR = 180 000 € / 1 095 jours = 164,38 €. Formule retenue (57 %) : 164,38 × 57 % = 93,70 €/jour.
Alain perçoit 93,70 €/jour pendant 6 mois. À partir du 7e mois, son allocation est ramenée à 92,11 €/jour (seuil plancher de dégressivité), soit environ 2 763 €/mois.
Simulation du chômage : comment estimer son montant d’ARE ?
Pour estimer le montant de vos allocations chômage sans faire le calcul manuellement, rendez-vous sur le simulateur d’allocation chômage gratuit. Il prend en compte votre salaire brut, votre durée de travail et votre situation personnelle pour vous donner une estimation de votre ARE nette mensuelle. La durée d’indemnisation varie entre 6 mois et 24 mois selon vos droits ouverts.
Questions fréquentes sur le calcul du chômage et de l’ARE
Voici les questions les plus fréquentes posées par les demandeurs d’emploi sur le calcul de leurs allocations chômage.
Les heures supplémentaires sont-elles prises en compte pour le chômage ?
Oui, les heures supplémentaires sont intégrées dans le calcul du SJR, mais dans la limite de 208 heures supplémentaires par mois. Au-delà de ce plafond, les heures ne sont pas retenues. Il s’agit des heures effectivement rémunérées et figurant sur vos bulletins de salaire transmis à France Travail.
Peut-on toucher le chômage après une rupture conventionnelle ?
Oui. La rupture conventionnelle ouvre droit aux allocations chômage dans les mêmes conditions qu’un licenciement, à condition de remplir les critères d’affiliation (130 jours ou 910 heures). En revanche, l’indemnité de rupture conventionnelle elle-même n’entre pas dans le calcul du SJR : elle peut uniquement prolonger votre différé d’indemnisation.
Comment est calculé le chômage si on a eu plusieurs employeurs ?
France Travail additionne toutes les rémunérations brutes perçues auprès de l’ensemble de vos employeurs sur la période de référence (24 ou 36 mois). Le nombre de jours calendaires se calcule entre le début du premier contrat et la fin du dernier, tous employeurs confondus. Les périodes d’intercontrat sont intégrées au dénominateur.
Le chômage est-il imposable ?
Oui, les allocations chômage (ARE) sont soumises à l’impôt sur le revenu. Elles sont également soumises à la CSG (6,2 %) et à la CRDS (0,5 %) si votre allocation journalière est supérieure ou égale à 60 €. France Travail vous adresse chaque année une attestation fiscale récapitulant les sommes perçues.
Qu’est-ce que le différé d’indemnisation ?
Le différé d’indemnisation est une période pendant laquelle vous ne percevez pas encore l’ARE, bien que vos droits soient ouverts. Il est calculé en fonction des indemnités de départ perçues (licenciement, rupture conventionnelle, congés payés non pris). À ce différé s’ajoute un délai d’attente fixe de 7 jours. Pour en savoir plus, consultez notre article sur le délai de carence Pôle emploi.
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Rédacteur et chargé des relations extérieures d’Aide-Sociale.fr depuis 2018, je suis au contact quotidien des collectivités territoriales, des administrations et des organismes sociaux. Après un cursus de lettres modernes, j’ai rejoint le projet par conviction pour l’accès aux droits. Je participe à la vérification des articles, à la mise à jour des simulateurs et je réponds aux questions des lecteurs sur le forum.
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