Aide à l’embauche d’un travailleur handicapé (RQTH) : montants 2026
Rédigé par Dorothée Pierry / Mis à jour le 24 août 2026
par Pierre Le Rest
Employeur, vous vous demandez quelle aide financière solliciter pour l’embauche d’un travailleur handicapé reconnu RQTH ? L’Agefiph et l’État proposent plusieurs dispositifs cumulables : jusqu’à 3 150 € pour l’accueil et l’intégration, 3 000 € pour un contrat de professionnalisation, et jusqu’à 9 000 € au total pour un apprenti handicapé (aides Agefiph et État cumulées). En cas de handicap lourd, l’aide à l’emploi des travailleurs handicapés (AETH) peut atteindre 13 479 € par an. La quasi-totalité de ces aides suppose que le salarié dispose d’une
reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé (RQTH) en cours de validité, une démarche que nous détaillons dans notre guide dédié.
Récapitulatif : les aides à l’embauche d’un travailleur handicapé
Priorité 1
Accueil & intégration
3 150 € /max
Cumulable
Apprenti RQTH
9 000 € /max (Agefiph + État)
🤝
Accueil et intégration : jusqu’à 3 150 € pour financer le tutorat, le coaching ou la formation du collectif de travail, en CDI ou CDD de 6 mois minimum.
🎓
Alternance : 3 000 € (Agefiph) pour un contrat de professionnalisation ou d’apprentissage, cumulables avec les 6 000 € de l’aide d’État pour un apprenti RQTH.
⚙️
Aménagement du poste : prise en charge des équipements ou logiciels nécessaires à la compensation du handicap, montant évalué au cas par cas.
💶
RLH / AETH : jusqu’à 13 479 € par an si les charges liées au handicap restent importantes après l’aménagement optimal du poste.
💡
Mon conseil d’experte : vérifiez toujours que la RQTH de votre salarié est en cours de validité avant de déposer un dossier — c’est la condition d’accès à la quasi-totalité de ces aides.
aide-sociale.fr
Aide à l’accueil et à l’intégration d’un salarié handicapé (jusqu’à 3 150 €)
Jusqu’à 3 150 € pour intégrer les personnes en situation de handicap
Pour rappel, les entreprises de 20 salariés et plus sont soumises à l’obligation d’emploi de travailleurs handicapés (OETH) à hauteur de 6 % de leur effectif. Embaucher un travailleur handicapé permet de répondre à cette obligation tout en ouvrant droit aux aides financières détaillées dans cet article.
Nommée aide à l’accueil, à l’intégration et à l’évolution professionnelle des personnes handicapées, cette aide financière s’adresse aux employeurs.
Elle a pour objectif d’aider les employeurs à accueillir et intégrer au mieux les travailleurs handicapés au sein de l’entreprise.
- Objet de l’aide : couvrir les dépenses liées à la prise de fonction ou l’évolution professionnelle de la personne handicapée. Elle finance certains programmes de formation spécifiques : tutorat, coaching, formation au handicap du collectif de travail, etc.
- Conditions : l’embauche doit être en CDI ou en CDD de 6 mois minimum, avec une durée de travail supérieure à 24 heures par semaine (10 heures en cas de dérogation légale ou conventionnelle).
- Montant : 3 150 euros au maximum, sachant que l’aide peut être renouvelée pour le même salarié si celui-ci évolue professionnellement ou prend un nouveau poste.
- Organisme concerné : cette aide peut être prescrite par l’Agefiph, par un conseiller France Travail, par Cap emploi ou par une mission locale.
- Démarche : vous devez faire compléter, signer et cacheter le formulaire de prescription par un des organismes prescripteurs mentionnés ci-dessus, puis adresser votre dossier à l’Agefiph.
- Cumulable : en tant qu’employeur, vous pouvez la cumuler avec d’autres aides de l’Agefiph. Elle est également cumulable avec d’autres dispositifs proposés par l’État ou la région, pour l’emploi et l’insertion professionnelle des travailleurs handicapés.
- Bon à savoir : vous pouvez faire la demande et avoir le versement de l’aide au cours du recrutement ou pendant le contrat de travail, dans les six mois qui suivent l’embauche d’un travailleur handicapé.
Aides à l’embauche en alternance : contrat de professionnalisation et d’apprentissage
Deux dispositifs distincts existent selon le type de contrat en alternance signé avec votre futur salarié handicapé, et ils sont cumulables entre eux pour un apprenti.
Aide Agefiph pour un contrat de professionnalisation (jusqu’à 3 000 €)
Jusqu’à 3 000 € pour un contrat de professionnalisation des personnes handicapées
Son nom exact est l’aide à l’embauche en contrat de professionnalisation.
Ce dispositif vise à encourager les employeurs à embaucher des personnes handicapées en contrat de professionnalisation et à pérenniser ces types d’emploi.
- Objet de l’aide : soutenir financièrement votre démarche d’embauche d’un travailleur handicapé en alternance.
- Conditions : vous devez recruter un travailleur handicapé en contrat de professionnalisation pour minimum 6 mois, à raison d’au moins 24 heures par semaine (ou 10 heures en cas de dérogation légale ou conventionnelle).
- Montant : 3 000 euros au maximum pour un CDI, sachant que l’aide est proratisée selon la durée du contrat de travail et qu’elle est versée à partir du 6e mois travaillé (500 € pour un contrat de 6 mois). Par ailleurs, le versement ne peut avoir lieu qu’une fois pour un salarié dans votre entreprise, sauf si cette personne prépare une qualification de niveau supérieur. Enfin, il est possible de prolonger l’aide (redoublement ou mention complémentaire).
- Organisme concerné : délégation régionale Agefiph dont vous dépendez.
- Démarche : vous devez compléter et envoyer votre dossier de demande à l’Agefiph dans les 3 mois qui suivent le recrutement. Vous pouvez aussi demander l’aide du conseiller qui a soutenu la démarche (conseiller Cap emploi, France Travail ou mission locale) pour compléter et adresser le dossier.
- Cumulable : vous pouvez cumuler cette aide avec d’autres dispositifs de l’Agefiph, de l’État ou de la région.
Aides pour un contrat d’apprentissage : jusqu’à 9 000 € cumulés
3 000 € de l’Agefiph + 6 000 € de l’État, cumulables
Pour un apprenti reconnu travailleur handicapé, deux aides distinctes se cumulent : l’aide Agefiph à l’embauche en contrat d’apprentissage et l’aide unique de l’État aux employeurs d’apprentis, majorée pour les apprentis en situation de handicap.
- Aide Agefiph : jusqu’à 3 000 euros au maximum pour un contrat à durée indéterminée, proratisée selon la durée du contrat à compter du 6e mois travaillé (500 € pour un contrat de 6 mois). Conditions : contrat de 6 mois minimum, durée de travail supérieure à 24 heures par semaine (10 heures en cas de dérogation). Démarche : dossier à adresser à l’Agefiph dans les 3 mois suivant l’embauche.
- Aide de l’État : 6 000 euros maximum pour la première année du contrat, quels que soient la taille de l’entreprise et le niveau de diplôme préparé par l’apprenti. Contrairement à l’aide Agefiph, elle est versée automatiquement par l’Agence de services et de paiement (ASP), sans démarche particulière de l’employeur au-delà de la déclaration de l’embauche via la DSN.
- Cumul : ces deux aides sont expressément cumulables entre elles, ce qui porte le total possible à 9 000 € pour un apprenti RQTH la première année du contrat.
Beaucoup d’employeurs pensent que l’aide de 6 000 € versée automatiquement par l’État pour l’embauche d’un apprenti handicapé couvre l’ensemble des dispositifs disponibles. Ce n’est pas le cas : les aides de l’Agefiph (jusqu’à 3 000 € supplémentaires pour ce même contrat, ou 3 150 € pour l’intégration) ne sont jamais automatiques. Elles doivent être demandées activement, le plus souvent dans les 3 mois suivant l’embauche. Passé ce délai, la demande est rejetée, même si toutes les conditions de fond sont remplies.
Aide financière à l’aménagement du poste d’un salarié handicapé
Pour couvrir les frais d’adaptation du poste de travail au handicap
L’aide à l’adaptation des situations de travail contribue à fournir aux employeurs les moyens nécessaires pour aménager le poste de travail d’une personne en situation de handicap, y compris en télétravail.
- Objet de l’aide : couvrir les frais liés à l’adaptation du poste de travail au handicap : logiciels, tutorat, transcription en braille, etc.
- Conditions : vous devez employer un salarié handicapé dont l’aptitude à occuper le poste de travail est mise en cause (avis médical requis).
- Montant : celui-ci varie en fonction de la situation. Une évaluation des besoins est réalisée et un versement correspondant précisément aux adaptations liées au handicap est ensuite effectué. L’aide peut être renouvelée dans des cas précis.
- Bon à savoir : certains plafonds spécifiques s’appliquent, par exemple 80 € de l’heure maximum pour les prestations d’interprétariat en langue des signes, ou jusqu’à 13 161,90 € pour les prestations d’auxiliariat professionnel et pour déficients auditifs.
- Organisme concerné : votre délégation régionale Agefiph.
- Démarche : vous devez compléter un dossier de demande d’intervention et l’adresser à votre délégation régionale Agefiph. La démarche peut également être faite directement par le salarié concerné. Attention : certaines pièces spécifiques sont exigées pour les exploitants agricoles.
- Cumulable : vous pouvez cumuler cette aide avec d’autres dispositifs (Agefiph, État ou régional). Retrouvez l’ensemble des aides en faveur des personnes handicapées sur notre site.
Aide pour maintenir la personne handicapée dans l’emploi (2 100 €)
2 100 € pour maintenir le salarié handicapé dans l’emploi
L’aide à la recherche et la mise en œuvre de solutions pour le maintien dans l’emploi vise à vous aider, en tant qu’employeur, à maintenir dans l’emploi un salarié handicapé.
Elle peut être attribuée si la situation professionnelle est rendue délicate à cause de l’inadéquation entre son handicap ou son état de santé et son poste.
- Objet de l’aide : couvrir les dépenses liées à la recherche de solutions de maintien dans l’emploi du salarié handicapé (temps de concertation, réunions, etc.) ainsi qu’à la mise en œuvre de ces solutions.
- Conditions : l’aide doit impérativement être prescrite par Cap emploi. Un avis médical sur la situation est par ailleurs requis.
- Montant : forfait de 2 100 euros. Le montant n’est pas renouvelable pour ce même salarié dans votre entreprise, sauf si son maintien dans l’emploi est à nouveau remis en question.
- Organisme concerné : votre délégation régionale Agefiph.
- Démarche : vous devez signer et cacheter le formulaire de prescription préalablement complété par le conseiller Cap emploi.
- Cumulable : elle est cumulable avec d’autres dispositifs de l’Agefiph, de l’État ou de votre région.
Reconnaissance de la lourdeur du handicap (RLH) et aide à l’emploi (AETH) : jusqu’à 13 479 €
De fortes aides pour l’emploi d’un travailleur handicapé
La reconnaissance de la lourdeur du handicap est une procédure qui doit être effectuée par l’employeur (avec l’accord du salarié).
Cela permet d’ouvrir des aides à l’embauche d’un travailleur handicapé. Consultez la notice explicative de la RLH.
Si les charges pérennes liées au handicap atteignent au moins 20 % du produit du Smic horaire par la durée annuelle de travail du salarié, il est possible d’obtenir le versement de l’AETH (aide à l’emploi des travailleurs handicapés). Elle permet de supporter les coûts liés à l’embauche d’une personne en situation de handicap.
- Objet de l’aide : couvrir les dépenses liées aux conséquences du handicap sur l’activité professionnelle (productivité moindre, actions de formations spécifiques, organisation dédiée, etc.).
- Conditions : obtenir de la part de l’Agefiph la reconnaissance de la lourdeur du handicap de votre salarié (demande en ligne à cette adresse ou à l’aide du formulaire RLH). Celle-ci est accordée si le surcoût engendré pour votre entreprise dépasse la somme de 20 % du SMIC annuel.
- Montant : pour un poste de travail à temps plein, le montant de l’aide est de 550 fois le SMIC horaire à taux normal et de 1 095 fois le SMIC horaire à taux majoré, soit 6 770,45 € par an à taux normal et 13 479,45 € par an à taux majoré depuis la revalorisation du SMIC au 1er juin 2026 (SMIC horaire brut de 12,31 €).
- Organisme concerné : l’Agefiph.
- Démarche : compléter le dossier de demande de reconnaissance de la lourdeur du handicap de votre salarié et l’adresser à votre délégation régionale Agefiph avec les documents justificatifs demandés.
- Cumulable : l’AETH ne peut être cumulée, pour un même poste, avec des aides portant sur le même motif ou une autre aide au poste versée par l’État.
- Bon à savoir : le versement de l’aide à l’emploi des travailleurs handicapés diffère des autres dispositifs. Il est effectué par trimestre, pour une durée de 3 ans renouvelable.
Point important : si vous ne respectez pas le taux de 6 % pour l’OETH, la reconnaissance de la lourdeur du handicap ne vous permet pas d’obtenir l’AETH. En revanche, elle vous ouvre une réduction des contributions dues à l’Agefiph pour le non-respect de cette obligation. Pour connaître le montant que vous devez payer, utilisez le simulateur de contribution Agefiph.
Aide financière à la formation dans le cadre du maintien dans l’emploi
Pour la formation des salariés handicapés
Cette aide financière vise à accompagner au mieux votre salarié handicapé dans son évolution professionnelle et son maintien dans l’emploi.
- Objet de l’aide : couvrir les dépenses liées aux formations permettant au salarié concerné de se maintenir dans son emploi à la suite de l’aggravation ou l’apparition de son handicap ou l’évolution de son contexte de travail.
- Conditions : employer un travailleur handicapé dont la situation remet en cause son aptitude à occuper le poste. Un avis d’un médecin du travail est requis, ainsi qu’une prescription de Cap emploi ou de l’équipe Comète.
- Montant : le montant de l’aide dépend du coût pédagogique de l’action de formation engagée (formation en interne ou dispensée par un organisme extérieur). L’aide peut être renouvelée en fonction du projet.
- Organisme concerné : Agefiph.
- Démarche : compléter et adresser le dossier à votre Agefiph.
- Cumulable : Oui.
Questions fréquentes sur les aides à l’embauche d’un travailleur handicapé
Vous trouverez ci-dessous les réponses aux questions les plus fréquemment posées par les employeurs sur ce sujet.
Faut-il que le salarié dispose d’une RQTH avant l’embauche pour bénéficier de ces aides ?
Non, la reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé (RQTH) peut être en cours d’instruction au moment de l’embauche : un justificatif de demande en cours suffit généralement pour déposer un dossier. En revanche, la plupart des aides exigent que la RQTH soit confirmée et en cours de validité au moment du versement effectif.
Les aides à l’embauche d’un travailleur handicapé sont-elles cumulables entre elles ?
Oui, la majorité des aides Agefiph présentées ici sont cumulables entre elles ainsi qu’avec les dispositifs de l’État ou de la région, comme l’aide unique à l’apprentissage. Seule l’aide à l’emploi liée à la RLH (AETH) fait exception : elle ne se cumule pas avec une autre aide au poste versée par l’État pour le même motif.
Une entreprise de moins de 20 salariés peut-elle bénéficier de ces aides ?
Oui, l’obligation d’emploi des travailleurs handicapés (OETH) ne concerne que les entreprises de 20 salariés et plus, mais les aides financières de l’Agefiph et de l’État s’adressent à tout employeur du secteur privé, quel que soit son effectif, dès lors qu’il embauche une personne reconnue handicapée.
Que se passe-t-il si l’entreprise ne respecte pas son obligation d’emploi de 6 % ?
L’entreprise doit verser une contribution annuelle à l’Agefiph, calculée selon son effectif et le nombre de travailleurs handicapés manquants. Embaucher une personne handicapée, y compris grâce aux aides présentées ici, réduit directement cette contribution. La reconnaissance de la lourdeur du handicap (RLH) permet en plus d’obtenir une réduction spécifique de ce montant.
Quelle est la différence entre l’aide de l’État et les aides Agefiph pour un apprenti handicapé ?
L’aide de l’État (6 000 €) est versée automatiquement dès la déclaration de l’embauche en DSN, sans démarche spécifique. Les aides Agefiph, elles, doivent toujours être demandées activement auprès de la délégation régionale, dans un délai précis suivant l’embauche, faute de quoi elles sont définitivement perdues.
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Sources officielles et références
Crédit photo : © LIGHTFIELD STUDIOS / Adobe
Journaliste et rédactrice web avec plus de dix ans d’expérience, Dorothée Pierry a collaboré avec Aide-Sociale.fr de 2017 à 2025. Sa connaissance approfondie des questions juridiques et du dispositif administratif et social en France lui a permis de rédiger 491 articles pour aider les lecteurs à connaître leurs droits et à effectuer leurs démarches.
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