SOMMAIRE
Les types de fraude les plus fréquents : exemples d’arnaques et réflexes à adopter
Abus de faiblesse, fraude bancaire, arnaques par téléphone, par mail ou sur internet : chaque type de fraude a ses signes d’alerte et ses recours. Voici les principaux exemples d’arnaques, avec les démarches à suivre.
L’abus de faiblesse : un délit puni par la loi
L’abus de faiblesse est l’exploitation de la vulnérabilité psychique ou physique d’une personne pour qu’elle souscrive un engagement commercial. L’abus de faiblesse peut s’opérer dans le cadre d’un démarchage téléphonique, d’une visite à domicile, d’une transaction dans un lieu non commercial ou d’une transaction dans l’urgence.
Si vous êtes victime d’un abus de faiblesse, vous disposez en principe de 6 ans pour porter plainte auprès de la police ou de la gendarmerie, à compter des faits. Selon l’article 223-15-2 du Code pénal, ce délit est puni de 3 ans de prison et de 375 000 € d’amende, et jusqu’à 5 ans de prison et 750 000 € lorsqu’il est commis en ligne.
La fraude à la carte bancaire : opposition et remboursement
La fraude à la carte bancaire est l’achat ou le retrait effectué avec les coordonnées de votre carte bancaire sans que vous soyez à l’origine de cette opération.
Si vous êtes victime de ce délit, vous devez réagir rapidement en effectuant les 3 étapes suivantes :
- L’opposition sur votre carte bancaire (numéro d’opposition de votre banque ou serveur interbancaire au 0 892 705 705, ouvert 24 h/24 et 7 j/7)
- Le signalement au commissariat de police ou à la gendarmerie nationale
- La demande de remboursement auprès de votre banque
En principe, la banque doit vous rembourser immédiatement et au plus tard à la fin du premier jour ouvrable suivant votre contestation, à condition que vous la contestiez dans les 13 mois suivant le débit (voir les règles de remboursement). Si la fraude a eu lieu sur internet et que vous détenez toujours votre carte bancaire, vous pouvez aussi la signaler, après opposition, sur le service Perceval, dispositif de lutte contre la fraude à la carte bancaire.
L’arnaque au faux conseiller bancaire : la fraude par manipulation
Vous recevez un appel, un SMS ou un message soi-disant envoyé par votre banque : une opération suspecte est en cours sur votre compte. Pour « l’annuler », on vous demande de communiquer un code reçu par SMS ou de valider une action dans votre application bancaire. En réalité, c’est vous qui validez les paiements ou les virements de l’escroc, qui peut même usurper le numéro de téléphone de votre banque.
Aucun vrai conseiller ne vous demandera vos codes ni de valider une opération. En cas de doute, raccrochez et contactez votre banque par vos moyens habituels (agence, site, application), puis faites opposition à votre carte. Ne remettez jamais votre carte à un « coursier », même découpée. Cette fraude progresse, d’après l’Observatoire de la sécurité des moyens de paiement de la Banque de France.
Les arnaques téléphoniques : spam vocal, SMS frauduleux et démarchage
Les techniques d’arnaques téléphoniques visent souvent les personnes les plus vulnérables, dont les personnes âgées. Elles sont nombreuses et de plus en plus élaborées.
L’objectif de ces arnaques téléphoniques est de vous faire appeler des numéros surtaxés ou de vous soutirer des éléments confidentiels, dont vos données bancaires. Avec le spam vocal (ou « ping call »), votre téléphone ne sonne qu’une fois pour vous inciter à rappeler un numéro surtaxé : ne rappelez pas un numéro inconnu.
Des dispositifs existent pour vous protéger de ces arnaques téléphoniques : le signalement des spams SMS et vocaux au 33700 (gratuit), le blocage du numéro sur votre téléphone, le blocage des appels vers numéros surtaxés… Depuis le 11 août 2026, le démarchage téléphonique commercial est interdit sans votre accord préalable et le service Bloctel a pris fin.
Le phishing : les mails et SMS frauduleux
Le mail frauduleux ou phishing (terme anglais pour “hameçonnage”) est un faux message (mail, SMS ou appel) soi-disant émis par une banque, une administration, un fournisseur d’énergie, un site de commerce ou autres afin de se procurer vos informations personnelles (comptes, mots de passe, données bancaires…).
L’objectif de cette technique est de se faire passer pour un tiers de confiance pour vous soutirer des données confidentielles.
Si vous recevez un message douteux, ne cliquez sur aucun lien et signalez-le sur signal-spam.fr (ou au 33700 pour un SMS). Si vous avez communiqué des données bancaires, faites opposition immédiatement.
Les fausses aides et les fausses primes : faux messages de la Caf, de l’Assurance maladie…
Des escrocs se font passer pour la Caf, l’Assurance maladie, France Travail ou les impôts pour vous annoncer un remboursement, une prime ou une aide à percevoir. Le message vous invite à cliquer sur un lien ou à saisir vos coordonnées bancaires sur un faux site, souvent copié sur le site officiel.
Retenez qu’aucune administration ne vous demande vos données bancaires ou vos mots de passe par message et vérifiez toujours l’adresse du site (par exemple « caf.fr » et non « infocaf.org »). Pour apprendre à les repérer, consultez nos articles sur le phishing Caf, les faux mails Ameli et les arnaques à la prime de Noël.
Les offres d’emploi frauduleuses
Les offres d’emploi frauduleuses sont fréquentes sur internet, à la fois sur le site de France Travail et sur les sites de recrutement. Ces fausses offres d’emploi ont pour but de vous faire communiquer vos informations personnelles ou confidentielles, ou d’obtenir de votre part un versement d’argent.
Pour se protéger de ces offres frauduleuses, il est conseillé de se méfier des offres “anormalement intéressantes” (salaire élevé pour l’emploi, conditions de travail très avantageuses, etc.). D’autres éléments peuvent vous alerter : fautes d’orthographe dans l’annonce, coordonnées erronées de l’entreprise, réactivité de votre interlocuteur, etc. France Travail ne vous demandera jamais de verser de l’argent ni de fournir vos coordonnées bancaires par mail ou SMS, et vous ne devez jamais transmettre votre RIB ou votre numéro de sécurité sociale avant d’avoir rencontré l’employeur.
Si vous détectez une offre d’emploi frauduleuse, vous pouvez la signaler sur le site de France Travail (bouton « Signaler cette offre ») ou sur le portail internet-signalement.gouv.fr. Pour aller plus loin, consultez notre article sur les fausses annonces d’emploi.
Les faux placements et les arnaques à l’investissement
Faux livrets d’épargne, plateformes de trading ou de crypto-actifs, faux conseillers financiers : ces arnaques promettent des gains rapides, élevés, voire « garantis ». Une fois l’argent versé, la plateforme disparaît ou bloque les retraits.
Avant d’investir, vérifiez que la société figure sur les registres officiels (Orias, Regafi) et rappelez-vous qu’il n’y a pas de rendement élevé sans risque élevé. L’AMF ne propose aucun service de récupération de fonds perdus : toute personne qui vous le promet est un escroc. En cas d’arnaque, il faut porter plainte et contacter sans attendre votre banque pour tenter de faire annuler le virement (le retour des fonds n’est pas garanti).
Achat sur internet : litige, colis non reçu et remboursement
Les achats effectués sur un site internet peuvent occasionner des problèmes et/ou des litiges. Ces problèmes peuvent être un défaut de livraison, une non-conformité du produit livré ou une non-satisfaction par rapport au produit obtenu.
Selon la situation, les modalités de remboursement diffèrent. En cas de litige avec une société basée en France, sachez qu’il existe différents recours possibles (service après-vente, médiateur de la consommation, associations de consommateurs, DGCCRF…). En cas de litige avec un site étranger, les modalités de recours varient selon la zone géographique du site.
Si le vendeur ne livre pas votre commande, vous pouvez obtenir l’annulation du contrat : il doit alors vous rembourser dans les 14 jours (voir vos droits en cas de livraison tardive). Si vous avez payé par carte, la rétrofacturation (ou chargeback) permet d’être remboursé via votre banque. Vous pouvez aussi signaler le problème sur SignalConso.
Les faux sites administratifs
Des démarches administratives sont proposées gratuitement par les administrations publiques. Par exemple vous pouvez obtenir sans frais un extrait d’acte de naissance ou consulter le nombre de points qui restent sur votre permis de conduire.
Des faux sites administratifs vous proposent d’effectuer ces démarches moyennant une rémunération. Pour vous attirer et vous tromper, ces sites utilisent plusieurs astuces : reprise des codes graphiques des sites officiels, référence à des ministères, promesse d’une démarche plus rapide, etc.
Avant toute démarche, commencez par service-public.gouv.fr et vérifiez l’adresse : les sites officiels se terminent par « .gouv.fr » ou « .fr », jamais par « .gouv.org », « .gouv.com » ou « -gouv.fr ». Attention, un site en « .fr » n’est pas forcément officiel et les premiers résultats d’un moteur de recherche peuvent être des annonces payantes.
Si vous avez des difficultés à effectuer des démarches administratives, mieux vaut vous rapprocher de services de proximité. Vous pouvez notamment être accompagné(e) par le PIMMS, le CCAS de votre territoire de résidence ou une structure France services.
Comment repérer une arnaque ? Conseils pour éviter les types de fraude
Comme nous l’avons vu dans la partie précédente, les arnaques sont de plus en plus nombreuses, notamment en raison de la montée en puissance des services et échanges numériques. Il convient donc d’être vigilant pour se protéger et ne pas être victime de ces escroqueries.
Retrouvez nos conseils pour repérer et éviter ces arnaques :
- Détecter les fautes d’orthographe : des fautes d’orthographe présentes dans un mail de sociétés ou d’administrations doivent vous alerter sur une probable arnaque. De même, les fautes présentes dans les spams, les SMS ou les offres d’emploi doivent attirer votre attention. Mais l’absence de fautes ne garantit rien : les messages frauduleux sont de mieux en mieux rédigés.
- Reconnaître les numéros surtaxés : les numéros à 4 chiffres débutant par 1 ou 3, les numéros à 6 chiffres commençant par 118, les numéros à 10 chiffres débutant par 081, 082 ou 089, et les numéros à 5 chiffres commençant par 6, 7 ou 8 pour les SMS payants.
- Identifier les appels de démarchage : les plateformes de démarchage commercial doivent utiliser des numéros réservés (01 62, 01 63, 02 70, 02 71, 03 77, 03 78, 04 24, 04 25, 05 68, 05 69, 09 48 ou 09 49) et n’ont plus le droit d’appeler depuis un 06 ou un 07 (en savoir plus).
- Refuser tout démarchage téléphonique non sollicité : depuis le 11 août 2026, un professionnel ne peut plus vous démarcher sans votre accord préalable, et Bloctel n’existe plus. Vous pouvez retirer votre accord à tout moment, même oralement.
- Vérifier les coordonnées du site ou de la société : si vous avez un doute, n’hésitez pas à vérifier les coordonnées exactes du site ou de la société.
- Ne pas communiquer vos coordonnées bancaires par mail, SMS ou téléphone : les banques et sociétés sérieuses ne vous demandent jamais vos données bancaires ni vos codes par ces canaux.
- Se renseigner auprès des administrations publiques avant de payer des démarches : une arnaque la plus rentable est de faire payer une démarche administrative qui peut être effectuée gratuitement (demande d’extrait d’acte de naissance ou de casier judiciaire…).
- Consultez les retours d’expérience et les avis des internautes : pensez à évaluer l’indice de confiance de vos interlocuteurs avant de valider un achat sur un site internet. Mais attention, les avis et les commentaires en ligne peuvent également être trompeurs (en savoir plus).
- Prendre le temps de vérifier : une demande urgente, qui vous isole ou vous demande de garder le secret doit vous alerter. En cas de doute, parlez-en à un proche avant d’agir.
Victime d’une fraude : que faire ? Démarches et recours
Quelle que soit l’arnaque, les premières heures comptent. Voici les démarches à suivre, dans l’ordre, pour limiter les dégâts et faire valoir vos droits.
Les premiers réflexes après une arnaque
- Cessez tout contact avec l’escroc, même s’il vous relance ou vous menace.
- Conservez les preuves : captures d’écran, numéros de téléphone, messages, relevés bancaires.
- Prévenez votre banque si vous avez communiqué des données bancaires ou effectué un paiement : opposition, contestation, demande de retour des fonds.
- Changez vos mots de passe si vous les avez communiqués, ainsi que ceux des autres comptes où vous utilisiez le même.
Où signaler une fraude et porter plainte ?
Plusieurs services publics gratuits existent. 17Cyber, proposé par la police, la gendarmerie et Cybermalveillance.gouv.fr, fournit un diagnostic gratuit 24 h/24 et vous oriente. Pour certaines escroqueries sur internet, vous pouvez porter plainte en ligne sur THESEE ; pour les autres cas, rendez-vous au commissariat ou à la gendarmerie, ou écrivez au procureur de la République.
Besoin d’être conseillé ? Info Escroqueries répond au 0 805 805 817 (gratuit, du lundi au vendredi de 9 h à 18 h 30) et France Victimes au 116 006 (gratuit, 7 jours sur 7, de 9 h à 19 h).
Questions fréquentes sur les types de fraude et les arnaques
Voici les réponses aux questions que l’on se pose le plus souvent après une arnaque.
Peut-on récupérer l’argent perdu dans une arnaque ?
Cela dépend du moyen de paiement. En cas de fraude à la carte, la banque doit en principe vous rembourser si vous contestez dans les 13 mois. Pour un virement, elle peut tenter d’en demander le retour, mais le remboursement n’est pas garanti : contactez-la sans attendre.
Sera-t-on remboursé si l’on a validé soi-même l’opération ?
Pas automatiquement, mais ce n’est pas exclu. Contestez l’opération rapidement auprès de votre banque. Elle ne peut refuser le remboursement qu’en cas de fraude de votre part ou de négligence grave, qu’elle doit prouver. En cas de refus, vous pouvez la relancer, puis saisir le médiateur bancaire.
Peut-on porter plainte en ligne pour une arnaque ?
Oui, pour certaines escroqueries commises sur internet (faux site de vente, piratage de messagerie, chantage, arnaque sentimentale…), via la plateforme THESEE du ministère de l’Intérieur. Pour les autres cas, il faut se déplacer au commissariat ou à la gendarmerie, ou écrire au procureur de la République.
Quel est le délai pour porter plainte pour escroquerie ?
Vous disposez de 6 ans pour déposer plainte. Ce délai court à partir du jour où l’argent ou le bien a été remis à l’escroc, ou du dernier versement s’il y en a eu plusieurs. Il vaut toutefois mieux agir vite, pour conserver les preuves et alerter votre banque.
Faut-il signaler une tentative d’arnaque qui n’a pas abouti ?
Oui, c’est utile même sans perte d’argent. Transférez le SMS suspect au 33700, signalez le mail sur Signal Spam ou faites un diagnostic sur 17Cyber. Ces signalements aident les opérateurs et les autorités à bloquer les fraudeurs et à protéger d’autres personnes.
Que faire si un proche âgé a été victime d’une arnaque ?
Restez à son écoute sans le culpabiliser : les escrocs sont très persuasifs. Aidez-le à faire opposition à sa carte, à prévenir sa banque, à rassembler les preuves et à porter plainte. Le 116 006 (France Victimes) l’écoute et l’oriente gratuitement, 7 jours sur 7.

Rédacteur sur Aide-Sociale.fr de 2017 à 2022, Julien Trellu a apporté au site une expertise en économie-gestion et en fonction publique territoriale, acquise depuis 2009. Il a rédigé 83 articles pour accompagner les lecteurs dans leurs démarches sociales et administratives.
Vous voulez partager votre expérience ?


