SOMMAIRE
Qu’est-ce que l’invalidité de catégorie 1 ?
La Sécurité sociale considère comme invalide l’assuré dont la capacité de travail ou de gain est réduite d’au moins deux tiers (66 %) à la suite d’un accident ou d’une maladie d’origine non professionnelle. Elle classe ensuite les personnes invalides en trois catégories. La catégorie 1 est celle des invalides capables d’exercer une activité rémunérée : vous pouvez donc continuer à travailler, sous conditions.
| Catégorie | Situation de l’assuré | Pension |
|---|---|---|
| 1re catégorie | Invalide capable d’exercer une activité rémunérée | 30 % du salaire annuel moyen |
| 2e catégorie | Invalide absolument incapable d’exercer une profession quelconque | 50 % du salaire annuel moyen |
| 3e catégorie | Invalide absolument incapable d’exercer une profession et obligé d’avoir recours à une tierce personne pour les actes ordinaires de la vie | 50 % du salaire annuel moyen, plus la majoration pour tierce personne |
C’est le médecin-conseil de la CPAM qui détermine votre catégorie. La pension est attribuée à titre provisoire : son montant peut être augmenté ou diminué si votre état de santé évolue ou si vous reprenez un travail.
Les conditions pour être reconnu en invalidité catégorie 1
Pour obtenir l’invalidité de catégorie 1, deux étapes comptent : la validation de votre état de santé par le médecin-conseil de la CPAM et le respect de critères administratifs.
Quelles maladies permettent d’obtenir la catégorie 1 ?
Il n’existe pas de liste officielle de pathologies « automatiques ». La Sécurité sociale évalue l’impact de votre santé sur votre capacité de travail : votre capacité de gain doit être réduite d’au moins deux tiers. Dans la pratique, on rencontre souvent des dossiers liés à :
- des douleurs chroniques : troubles musculosquelettiques graves, hernies discales, fibromyalgie ;
- des pathologies évolutives : sclérose en plaques, diabète avec complications, maladies auto-immunes ;
- la santé mentale : épuisement professionnel ou dépression sévère rendant le temps plein impossible ;
- les séquelles de soins : fatigue chronique après un cancer ou des traitements lourds.
Bon à savoir : chaque cas est unique. Deux personnes atteintes de la même pathologie peuvent être classées dans des catégories différentes, selon leur métier, leur âge et l’avis du médecin-conseil.
Les conditions administratives à respecter
Selon service-public.gouv.fr, vous devez aussi remplir plusieurs conditions pour que votre demande soit recevable :
- l’âge : ne pas avoir atteint l’âge légal de la retraite ;
- l’affiliation : être affilié à la Sécurité sociale depuis au moins 12 mois à la date de l’interruption de travail ou de la constatation de l’invalidité ;
- l’activité ou les cotisations : avoir travaillé au moins 600 heures au cours des 12 mois précédant l’interruption de travail, ou avoir cotisé sur un salaire au moins égal à 2 030 fois le SMIC horaire au cours des 12 mois civils précédents.
Comment demander la pension d’invalidité de catégorie 1 ?
La demande peut être faite directement par votre caisse (CPAM ou MSA) ou par vous-même, souvent sur les conseils de votre médecin traitant. Si la caisse estime que vous remplissez les conditions, elle vous informe de sa décision par lettre recommandée. Pour le détail des étapes, consultez notre guide : faire une demande de pension d’invalidité.
Si vous dépendez de la CPAM, voici comment procéder :
- le formulaire : remplissez le formulaire de demande de pension d’invalidité (Cerfa 11174*05, S4150) et adressez-le à votre CPAM avec les justificatifs demandés (dernier avis d’impôt, pièce d’identité, notifications de rente ou de pension éventuelles) ;
- le délai pour déposer : la demande doit être faite au plus tard 12 mois après la constatation médicale de l’invalidité, la stabilisation de votre état de santé ou la fin des indemnités journalières (3 ans maximum) ;
- le délai de réponse : la caisse vous répond dans un délai de 2 mois. Sans réponse, la demande est considérée comme refusée ;
- en cas de refus : vous pouvez déposer une nouvelle demande dans les 12 mois qui suivent le rejet ou contester la décision.
Une fois la pension accordée, elle est versée chaque mois, à terme échu : début novembre pour la pension du mois d’octobre, par exemple.
Quel est le montant de l’invalidité catégorie 1 en 2026 ?
Le montant exact versé chaque mois résulte d’un calcul précis, encadré par un minimum et un maximum.
Les éléments pris en compte dans le calcul
La Sécurité sociale compense une partie de votre perte de revenus à partir de votre carrière passée. Deux éléments déterminent la somme versée :
- votre salaire annuel moyen (SAM) : la moyenne de vos 10 meilleures années de salaires bruts, dans la limite du plafond annuel de la Sécurité sociale (PASS), fixé à 48 060 € en 2026 ;
- le taux de votre catégorie : pour la catégorie 1, il est de 30 % du SAM.
Comment se calcule concrètement la pension de catégorie 1 ?
Par exemple, si votre salaire annuel moyen est de 24 000 €, soit 2 000 € par mois, votre pension s’élèvera à 600 € par mois (30 % de 2 000 €).
Ce calcul est toutefois borné par deux seuils :
- un minimum : si le résultat est trop faible (par exemple après des années à temps partiel), la pension est relevée. Elle ne peut pas être inférieure à 338,31 € par mois ;
- un maximum : même avec un salaire élevé, la pension ne peut dépasser 1 201,50 € par mois en catégorie 1 (30 % du plafond de la Sécurité sociale).
En résumé :
| Pension d’invalidité catégorie 1 | Montant minimum | Montant maximum |
|---|---|---|
| 338,31 € | 1 201,50 € |
À savoir : ces montants sont bruts. Comme un salaire, votre pension peut être diminuée par la CSG ou la CRDS selon vos ressources : le virement peut donc être légèrement inférieur au calcul théorique. Les pensions d’invalidité en cours ont par ailleurs été revalorisées de 0,8 % au 1er avril 2026.
Peut-on cumuler la catégorie 1 et un salaire ?
Oui. La pension peut se cumuler avec des revenus d’activité, mais le total pension et revenus ne doit pas dépasser un seuil de comparaison, apprécié sur une période de 12 mois. Selon service-public.gouv.fr, ce seuil est fixé au plus favorable entre :
- le salaire annuel de la dernière année d’activité avant l’invalidité, dans la limite de 1,5 fois le plafond de la Sécurité sociale (72 090 €) ;
- ou le salaire annuel moyen des 10 meilleures années.
Si le cumul dépasse le seuil, la pension est réduite de moitié du montant du dépassement et peut être suspendue en tout ou partie. Pour un salarié, ce sont les salaires bruts perçus entre le 13e et l’avant-dernier mois précédant l’examen qui sont comparés. La situation la plus fréquente est celle du travail à temps partiel avec une pension d’invalidité, qui obéit à des règles de déclaration des revenus et d’aménagement de poste.
Exemple officiel : vous aviez un salaire annuel brut de 30 000 € et vous touchez une pension de catégorie 1 de 10 000 € par an (833,33 € par mois). Vous pouvez percevoir jusqu’à 20 000 € de salaire, pour un total de 30 000 €. Si pension et salaire dépassent ce total de 100 €, votre pension est réduite de 50 €.
Pour le détail des seuils 2026 et de la méthode de calcul selon votre statut, consultez notre guide sur le cumul entre pension d’invalidité et salaire.
Peut-on cumuler la pension de catégorie 1 avec d’autres revenus ?
Oui, certains revenus et allocations sont cumulables, selon les conditions propres à chacun :
- l’allocation chômage (ARE) : en catégorie 1, la pension est cumulable intégralement avec l’ARE ;
- une pension d’invalidité militaire, sous conditions spécifiques ;
- une pension d’invalidité agricole, dans les limites fixées par les textes ;
- une rente ou pension versée par un régime de prévoyance ;
- l’allocation supplémentaire d’invalidité (ASI), qui complète une petite pension en cas de faibles ressources ;
- la prime d’activité, si vous travaillez : votre pension est alors prise en compte dans vos ressources ;
- l’AAH : si la pension est inférieure au montant maximal de l’AAH (1 041,59 €) et que vous remplissez ses conditions, vous percevez la différence. Pour comprendre comment l’AAH et l’ASI s’articulent, lisez notre article sur le cumul entre ASI et AAH.
Retraite et invalidité : que se passe-t-il en catégorie 1 ?
La pension de catégorie 1 est versée jusqu’à l’âge légal de départ à la retraite pour inaptitude, fixé à 62 ans. À cet âge, elle est remplacée par une pension de retraite pour inaptitude, versée à partir du premier jour du mois suivant vos 62 ans. Cette substitution est automatique, sauf si vous exercez une activité ou êtes en recherche d’emploi : dans ce cas, pensez à demander votre retraite à votre caisse.
Si vous travaillez encore, vous pouvez continuer à percevoir votre pension d’invalidité jusqu’à l’arrêt de votre activité ou, au plus tard, jusqu’à l’âge du taux plein. Si vous êtes au chômage à 62 ans après avoir travaillé dans les 6 mois qui précèdent, la pension peut être maintenue pendant 6 mois maximum.
La pension d’invalidité est imposable au titre de l’impôt sur le revenu, et des prélèvements sociaux (CSG, CRDS, CASA) peuvent s’appliquer selon vos ressources. Pour les règles détaillées et les cas d’exonération, consultez notre guide : la pension d’invalidité est-elle imposable ?
Retraite et invalidité : l’essentiel
- Versement jusqu’à la retraite : la pension est versée jusqu’à l’âge légal pour inaptitude (62 ans) ;
- conversion : elle bascule vers une retraite pour inaptitude, automatiquement si vous ne travaillez plus ;
- fiscalité : pension imposable, prélèvements sociaux selon ressources.
Questions fréquentes sur l’invalidité catégorie 1
Le passage en invalidité soulève autant de questions administratives que d’inquiétudes. Voici les réponses aux questions fréquentes sur la catégorie 1.
Quels sont les avantages et les inconvénients de l’invalidité catégorie 1 ?
Avantage : la pension complète un salaire dans la limite du seuil de comparaison et reste cumulable avec l’ARE. Inconvénients : elle ne remplace que 30 % du salaire annuel moyen, elle est attribuée à titre provisoire, et un dépassement du seuil la réduit de moitié du dépassement. Tout changement de revenus doit être déclaré.
Combien de temps dure la pension d’invalidité de catégorie 1 ?
La pension est attribuée à titre provisoire : votre caisse peut la réviser si votre état évolue. Elle est versée chaque mois, à terme échu, jusqu’à 62 ans, âge où elle est remplacée par la retraite pour inaptitude, sauf si vous travaillez encore. Découvrez la durée de la pension d’invalidité.
Combien d’heures peut-on travailler en invalidité catégorie 1 ?
La catégorie 1 concerne les invalides capables d’exercer une activité rémunérée. Les règles de cumul portent sur vos revenus, pas sur un nombre d’heures : pension et salaires cumulés ne doivent pas dépasser le seuil de comparaison, sinon la pension est réduite de moitié du dépassement. Demandez votre seuil à votre CPAM.
Quels droits CAF a-t-on avec une invalidité catégorie 1 ?
La pension d’invalidité est comptée dans vos ressources pour les prestations de la CAF. Selon votre situation, vous pouvez percevoir une AAH différentielle, la prime d’activité si vous travaillez, ou des aides au logement. Une simulation sur le site de la CAF permet d’estimer vos droits.
La pension de catégorie 1 est-elle un droit propre ?
Oui. La pension est calculée à partir de vos propres cotisations et de votre carrière : elle ne dépend ni des revenus de votre conjoint ni de votre situation familiale. En revanche, les ressources de votre couple sont prises en compte pour l’ASI, qui complète les petites pensions.
Faut-il passer par la MDPH pour obtenir la catégorie 1 ?
Non. Le classement en catégorie 1 est décidé par le médecin-conseil de la CPAM. La MDPH est compétente pour d’autres droits liés au handicap, comme l’AAH, la RQTH ou la carte mobilité inclusion, qui font l’objet de démarches distinctes.
Peut-on passer de la catégorie 1 à une catégorie supérieure ?
Oui, si votre état de santé s’aggrave. Informez votre caisse et joignez un certificat médical détaillé : le médecin-conseil réévaluera votre situation. Si les critères de la catégorie 2 ou de la catégorie 3 sont remplis, la pension sera recalculée.
Crédit photo : © StockUnlimited

Forte d’une expérience de 15 ans dans l’éducation nationale, Julie Benard a collaboré avec Aide-Sociale.fr en 2017 pour mettre ses compétences pédagogiques au service de l’accès aux droits. Elle a rédigé 41 articles clairs et documentés sur les aides sociales, leurs bénéficiaires et les démarches à suivre.
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