La conduite accompagnée (AAC) permet dès 15 ans d’apprendre à conduire avec un accompagnateur titulaire du permis B depuis 5 ans, avec une aide pour financer son permis de conduire si besoin (conditions d’âge).

Quels sont ses avantages par rapport au permis classique (voir les avantages), et quelles règles s’imposent au conducteur et à l’accompagnateur (connaître les règles) ?

La conduite accompagnée est accessible dès 15 ans : après 20 heures de formation en auto-école, puis 3 000 km et 1 an de pratique accompagnée, le candidat peut passer le permis dès 17 ans et conduire seul dès son obtention. Son taux de réussite atteint 76 %, contre 60 % en filière classique.


Récapitulatif : la conduite accompagnée (AAC)

Séverine Burel
Dès 15 ans
Âge minimum
15 ans pour débuter
AAC 2025
Taux de réussite
76,3 % /59,9 % en moyenne
🚗

3 000 km minimum : à parcourir avec un accompagnateur sur au moins 1 an avant de se présenter à l’examen du permis.

👤

L’accompagnateur : permis B depuis au moins 5 ans sans interruption, sans condition d’âge minimum.

🎓

Permis dès 17 ans : et conduite en totale autonomie dès l’obtention, sans attendre la majorité.

🛡️

Période probatoire réduite : 2 ans au lieu de 3, avec un bonus de 3 points par an sans infraction.

💡

Mon conseil d’experte : vérifiez l’extension de garantie auprès de votre assureur avant le tout premier trajet accompagné — c’est une étape souvent oubliée qui peut retarder le début de la formation.

aide-sociale.fr

Âge conduite accompagnée : les règles à connaître

Depuis 2014, l’âge minimum pour débuter la conduite accompagnée est de 15 ans. Ainsi, dès 15 ans, n’importe quel candidat peut commencer l’apprentissage de la conduite AAC, à condition de suivre les trois étapes énoncées ci-dessous.

Aucun âge maximal n’est fixé pour l’apprentissage anticipé de la conduite. Ainsi, un adulte peut tout à fait opter pour cette formule, quel que soit son âge.

Enfin, les jeunes candidats ayant suivi la formation de conduite accompagnée et rempli les obligations liées à cette procédure pourront passer le permis dès 17 ans. Depuis le 1er janvier 2024, ils peuvent conduire seuls dès l’obtention de leur permis, sans plus avoir à attendre leur majorité.

Pour récapituler, les conditions d’âge pour les candidats au permis AAC sont les suivantes :

    • Âge minimum pour débuter la conduite accompagnée : 15 ans
    • Âge maximum pour suivre la procédure de conduite AAC : il n’y en a pas
    • Âge minimum pour passer le permis après une conduite AAC : 17 ans
    • Âge minimum pour conduire seul : dès l’obtention du permis (depuis le 1er janvier 2024, sans attendre 18 ans)

Séverine Burel

Le saviez-vous ?
Séverine Burel, conseillère en aides sociales
Depuis le 1er janvier 2024, un jeune ayant obtenu son permis à 17 ans grâce à la conduite accompagnée peut conduire seul immédiatement, sans attendre sa majorité. Avant cette réforme, il devait continuer à rouler avec un accompagnateur jusqu’à ses 18 ans, même après avoir réussi l’examen.

À noter : le conducteur suivant une procédure AAC doit obtenir l’accord de son représentant légal et de l’assureur du ou des véhicule(s) utilisé(s).

De plus, la conduite accompagnée se distingue de la conduite supervisée. Cette dernière permet à chaque candidat au permis de conduire, d’au moins 18 ans et après le suivi d’une formation au sein d’une auto-école, de s’entraîner en pratiquant la conduite avant de passer son examen.

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Qui peut être accompagnateur en conduite AAC ?

La procédure de conduite AAC autorise le conducteur à choisir une ou plusieurs personnes pouvant l’accompagner. La plupart du temps, cet apprentissage de la conduite s’adressant à de jeunes adolescents, ce sont les parents du conducteur qui seront accompagnateurs.

Pour être accompagnateur en conduite accompagnée, il faut :

    • Être titulaire du permis B depuis au moins 5 ans, sans interruption (aucune suspension ni annulation durant cette période)
    • Ne pas avoir eu d’invalidation ou d’annulation de permis durant les 5 dernières années
    • Ne pas avoir été condamné pour certains délits routiers graves (alcool au volant, stupéfiants, homicide involontaire)
    • Avoir l’accord de son assureur (extension de garantie gratuite)
    • Figurer dans le contrat d’assurance du ou des véhicule(s) utilisé(s) pour la conduite accompagnée et dans le contrat signé avec l’auto-école

Il n’existe plus de condition d’âge minimum pour devenir accompagnateur, et aucun lien de parenté n’est exigé avec le conducteur. Tout proche ou toute connaissance répondant aux conditions mentionnées ci-dessus peut figurer dans le contrat et être choisi comme accompagnateur — il est même possible d’en désigner plusieurs.

À noter : devenir accompagnateur de conduite accompagnée implique certaines responsabilités et requiert de se soumettre à certains engagements, tels que la présence aux rendez-vous pédagogiques à l’auto-école (voir plus bas).

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Permis conduite accompagnée : les avantages de cette formule

Le principal avantage de passer le permis de conduire en conduite accompagnée reste le coût de cette formule. En principe le coût de ces deux permis devrait être le même, mais dans les faits pour obtenir son permis de conduire de manière traditionnelle il faudra souvent effectuer plus d’heures de conduite que pour le permis AAC.

En effet, avec la conduite accompagnée l’apprenti conducteur devra effectuer 3 000 km avec son accompagnateur et de ce fait les 20 heures de conduite obligatoires avec un moniteur sont bien souvent suffisantes. Dans le cas du permis traditionnel, aux 20h obligatoires viennent généralement s’ajouter des heures supplémentaires pour s’assurer de l’obtention du précieux sésame, facturées en moyenne entre 45€/h et 65€/h en 2026 selon les auto-écoles et les régions. Concrètement, éviter ne serait-ce que 5 à 10 heures supplémentaires peut représenter plusieurs centaines d’euros d’économie sur le budget global du permis.

Et ce n’est pas le seul avantage de la conduite accompagnée :

    • De meilleures chances de réussite au permis de conduire : avec une formation « au long cours » et beaucoup de pratique, la conduite accompagnée offre de très bonnes chances au candidat, avec un taux de réussite de 76,3 % contre 59,9 % toutes filières confondues (bilan Sécurité routière/ONISR 2025).
    • Des frais d’assurance moins élevés : en raison de statistiques avantageuses liées au permis AAC (risque d’accident statistiquement plus faible), les jeunes conducteurs ayant suivi la formation de conduite accompagnée bénéficient généralement d’une surprime plafonnée et, ainsi, d’une décote non négligeable sur le montant de leur assurance auto.
    • Une période de permis probatoire plus courte : les conducteurs AAC voient leur capital passer de 6 à 12 points au bout de 2 ans sans infraction (+3 points par an), contre 3 ans pour ceux qui passent par la filière d’apprentissage classique (+2 points par an).
    • La possibilité de passer son permis plus tôt, et donc de conduire plus tôt : un conducteur AAC peut passer son permis dès 17 ans, et conduire seul dès l’obtention de celui-ci. Les personnes passant par la filière traditionnelle peuvent elles aussi, depuis la réforme du 1er janvier 2024, obtenir le permis et conduire seules dès 17 ans, mais sans bénéficier de la période probatoire réduite à 2 ans réservée à l’AAC.

 

Apprentissage anticipé de la conduite : les étapes à suivre

Afin de passer le permis de conduire AAC, l’apprenti conducteur devra respecter plusieurs étapes nécessaires à son obtention. La première d’entre elles est de trouver une auto-école qui assurera la formation pour la conduite avec un moniteur ainsi que les cours nécessaires pour passer l’examen du Code de la route. Ensuite, l’accompagnateur prendra le relais en prenant part aux déplacements en voiture de l’apprenti.

Étape N°1 : la signature du contrat du permis de conduire AAC

Pour débuter les cours de conduite accompagnée, vous devez faire le choix d’une auto-école proposant cette formule et signer un contrat de formation avec l’école retenue. Les tarifs varient d’une auto-école à une autre, et il existe une aide au financement de votre permis de conduire (voir l’introduction de cet article).

Si vous n’avez pas encore 18 ans, vous devrez être accompagné de vos parents ou de votre représentant légal, et ce sont eux qui signeront le contrat.

Comme évoqué précédemment, le(s) accompagnateur(s) devront obtenir l’autorisation de l’assureur du véhicule utilisé (extension de garantie), avec mention faite de leur(s) nom(s). L’élève conducteur devra également présenter son attestation scolaire de sécurité routière de niveau 2 ou son attestation de sécurité routière. Si vous avez perdu votre ASSR2, il est possible d’en demander un duplicata au collège où vous l’avez obtenue.

Après la signature de ce contrat, la formation peut débuter. L’auto-école vous remet un livret d’apprentissage et dépose à la préfecture un formulaire de demande de permis de conduire.

 

Étape N°2 : la formation à l’auto-école du permis de conduite accompagnée

Avant de conduire avec leur(s) accompagnateur(s), les conducteurs AAC doivent suivre une première phase de formation au sein de l’école de conduite.

Vous vous posez peut-être la question suivante : faut-il le code pour la conduite accompagnée ? La réponse est oui. Pour être plus précis, pour les conducteurs AAC, deux cas de figure existent :

    • Soit le candidat a déjà passé l’examen du code avec succès dans les 5 dernières années (par exemple s’il a obtenu son permis moto)
    • Soit le candidat ne remplit pas cette condition et doit alors passer le code durant la phase de formation initiale à l’auto-école

La formation initiale comprend alors plusieurs étapes :

    • Une évaluation (environ 1h)
    • La formation théorique permettant de passer le code, puis la réussite à l’examen du code
    • Au moins 20h de cours de conduite, SAUF pour les titulaires des permis AM et B1 (le nombre d’heures dépend de la progression du candidat) et pour les personnes suivant une formation limitée à la conduite de véhicules avec une boîte de vitesses automatique (13h minimum au lieu de 20 heures)

Lorsque le conducteur a passé son code et que son niveau est jugé suffisant par le moniteur d’auto-école, il peut alors commencer à conduire avec son ou ses accompagnateurs. Pour cela, il devra toujours être en possession de l’attestation de fin de formation initiale délivrée par l’auto-école. Une copie de celle-ci doit par ailleurs être transmise à l’assureur.

 

Étape N°3 : la formation pratique avec accompagnateur(s)

Avant la première conduite hors du cadre de l’auto-école, le conducteur apprenti et au moins un accompagnateur doivent d’abord rencontrer le moniteur pendant au moins 2h.

Suite à ce rendez-vous, la conduite accompagnée débute selon les modalités suivantes :

    • Nombre de km conduite accompagnée : 3 000 km minimum doivent être effectués par le candidat en compagnie des accompagnateurs mentionnés dans le contrat
    • La conduite accompagnée doit durer au moins 1 an
    • La situation d’apprenti doit être signalée aux autres conducteurs : le disque « conduite accompagnée » doit ainsi figurer à l’arrière du véhicule (plusieurs modèles homologués sont disponibles), sous peine d’une amende de 35 € (22 € en cas de paiement rapide, 75 € en cas de majoration)
    • Le conducteur AAC doit toujours avoir avec lui son livret d’apprentissage à présenter aux forces de l’ordre en cas de contrôle
    • La conduite accompagnée peut avoir lieu partout en France, mais est interdite à l’étranger
    • L’apprenti conducteur doit se rendre à au moins 2 rendez-vous pédagogiques à l’auto-école (rdv d’une durée de 3h à mi-parcours et après 3 000 km) qui se décompose en 1h de conduite avec un moniteur et 2h d’animation collective

L’élève en conduite accompagnée doit par ailleurs se soumettre à des règles de limitation de vitesse particulières (voir ici).

 

Étape N°4 : passage de l’examen de conduite du permis AAC

Une fois toutes les étapes précédentes passées, votre auto-école pourra vous inscrire à l’examen final du permis de conduire (à condition que vous ayez au moins 17 ans). Cet examen est le même que pour la filière traditionnelle, c’est-à-dire un examen d’une trentaine de minutes avec un inspecteur. Vous aurez alors besoin de votre numéro NEPH. Retrouvez les détails de l’examen du permis de conduire sur ce site.

Vous recevrez le résultat de l’examen par voie postale dans les jours suivants.

 

Les règles de la limitation de vitesse conduite accompagnée

Tout comme pour les jeunes conducteurs, en conduite accompagnée des règles de limitation de vitesse sont appliquées. En cas d’infraction, l’accompagnateur prendra la sanction à savoir la perte de points et l’amende tandis que pour le jeune conducteur l’infraction sera notée sur le livret d’apprentissage.

Voici les règles de limitation de vitesse pour un conducteur AAC :

    • Sur l’autoroute : l’apprenti en conduite accompagnée peut rouler jusqu’à 110 km/h maximum au lieu de 130 km/h ; la limitation reste de 110 km/h par temps de pluie, et de 50 km/h par temps de brouillard comme pour les autres conducteurs
    • Sur les routes à chaussées séparées : l’apprenti en conduite accompagnée peut rouler jusqu’à 100 km/h
    • Sur les routes départementales sans séparateur central (depuis la réforme du 1er juillet 2018) : les apprentis en conduite accompagnée peuvent rouler jusqu’à 80 km/h comme les autres conducteurs
    • Sur les autres routes : l’apprenti en conduite accompagnée peut rouler jusqu’à 80 km/h
    • En ville : la vitesse maximale autorisée est de 50 km/h comme pour les autres conducteurs

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Questions fréquentes sur la conduite accompagnée

Voici les réponses aux questions les plus fréquemment posées sur la conduite accompagnée, en complément des informations détaillées plus haut dans cet article.

 

Peut-on faire la conduite accompagnée avec une boîte automatique ?

Oui, l’AAC est accessible en boîte automatique. La formation initiale en auto-école est alors réduite à 13 heures minimum au lieu de 20, mais le permis obtenu ne permet ensuite de conduire que des véhicules à boîte automatique, sauf passerelle complémentaire ultérieure vers la boîte manuelle.

 

Que se passe-t-il en cas d’accident pendant la conduite accompagnée ?

L’extension de garantie souscrite par l’accompagnateur couvre l’apprenti conducteur au même titre qu’un conducteur classique. En cas d’accident responsable, les conséquences (malus, franchise) s’appliquent en priorité au contrat du véhicule assuré, et non à un contrat propre à l’apprenti conducteur.

 

Peut-on changer d’accompagnateur en cours de formation ?

Oui, il est possible de désigner un nouvel accompagnateur en cours de route, à condition qu’il remplisse toutes les conditions requises. Il doit être ajouté au contrat de formation avec l’auto-école et déclaré à l’assureur, qui délivrera une nouvelle extension de garantie avant tout trajet avec lui.

 

La conduite accompagnée est-elle reconnue à l’étranger ?

Non, la phase de conduite accompagnée doit obligatoirement se dérouler sur le territoire français. Une fois le permis B obtenu à l’issue de l’AAC, en revanche, il est valable et reconnu dans les mêmes conditions qu’un permis classique dans l’ensemble de l’Union européenne.

 

Peut-on abandonner la conduite accompagnée en cours de route pour repasser en filière classique ?

Oui, il est possible d’arrêter l’AAC à tout moment pour terminer sa formation en filière traditionnelle, sans démarche administrative particulière. Il faudra alors simplement avoir suivi au moins 20 heures de conduite avant de se présenter à l’examen pratique, comme pour tout candidat classique.


Crédit photo : © IDN / Adobe


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