L’arthrose, maladie chronique qui use le cartilage des articulations (genoux, hanches, mains, rachis), peut, dans ses formes les plus sévères, ouvrir droit à une pension d’invalidité de la CPAM lorsqu’elle réduit d’au moins deux tiers votre capacité de travail. Reconnue en affection longue durée dans certains cas, elle donne alors accès à une prestation calculée sur vos 10 meilleures années de salaire, selon trois catégories d’invalidité. Découvrez les conditions médicales et administratives à remplir, la procédure de demande, le montant selon votre situation, et les recours possibles en cas de refus.

✔ Contenu vérifié par Séverine Burel, experte en accompagnement des usagers et décryptage des droits sociaux.


Pension d’invalidité pour arthrose : est-ce possible ?

L’arthrose est une maladie dégénérative des articulations qui se manifeste par l’usure du cartilage. Elle touche principalement les genoux, les hanches, et les mains, mais elle peut aussi se localiser au niveau de la colonne vertébrale. Dans tous les cas, cette affection provoque des douleurs chroniques, des raideurs et une perte de mobilité progressive.

Dans les situations les plus avancées, l’arthrose peut limiter considérablement les activités quotidiennes et empêcher l’exercice d’une activité professionnelle.

Dans certaines situations, l’arthrose est reconnue comme une affection longue durée (ALD), ce qui ouvre des droits spécifiques, comme la prise en charge des soins et la possibilité de demander une pension d’invalidité.

 

Invalidité pour arthrose : quelles sont les conditions requises ?

L’octroi de la pension d’invalidité pour arthrose dépend de plusieurs critères, qu’ils soient médicaux ou administratifs.

Tout d’abord, pour être éligible à une pension d’invalidité pour arthrose, votre état de santé doit être évalué par un médecin-conseil de la Sécurité sociale.

Cette évaluation médicale doit alors mettre en avant :

    • Une incapacité significative à travailler et à effectuer les tâches quotidiennes liées de manière directe à l’arthrose : il faut justifier d’une réduction d’au moins 2/3 de votre capacité de travail
    • Une limitation fonctionnelle sévère, documentée par des examens médicaux (radiographies, IRM)

En parallèle, des conditions administratives doivent être remplies :

    • Vous devez être affilié au régime général de la Sécurité sociale depuis minimum 12 mois à compter de la date de votre arrêt de travail suivi d’invalidité OU de l’évaluation médicale de l’invalidité
    • Vous devez justifier soit d’au moins 600 heures de travail salarié, soit avoir cotisé sur un salaire dont le montant est égal à minimum 2030 fois le SMIC horaire, au cours des 12 mois précédant la date de votre arrêt de travail suivi d’invalidité OU de l’évaluation médicale de l’invalidité
    • Vous devez résider sur le territoire français de manière stable et régulière

Si toutes ces conditions médicales et administratives sont remplies, vous pouvez alors faire une demande de pension d’invalidité pour arthrose. Découvrez la procédure à suivre ci-dessous.

 

Comment obtenir l’invalidité pour arthrose : démarches à suivre

Pour faire une demande de pension d’invalidité pour arthrose, vous devez commencer par rassembler les documents justifiant votre situation.

Ainsi, veillez à joindre à votre dossier :

    • Toutes les preuves médicales utiles : radiographies, IRM, bilans et rapports médicaux, attestations des médecins spécialistes, etc.
    • Vos relevés de carrière pour justifier des cotisations sociales
    • Une attestation de votre employeur détaillant l’historique des arrêts de travail pour raisons médicales ainsi que les répercussions de votre arthrose sur vos activités professionnelles (ex. : adaptations de poste)
    • D’autres documents justificatifs selon les cas : copie de votre pièce d’identité, dernier avis d’impôt, etc.

Une fois ces documents réunis, vous devez suivre les étapes d’une demande « classique » de pension d’invalidité pour transmettre votre demande à votre CPAM ou à votre MSA selon votre régime d’affiliation.

Pour rappel, cela inclut :

    • Un rendez-vous obligatoire avec un médecin-conseil de l’Assurance-maladie pour évaluer votre situation
    • L’envoi (web ou papier selon les cas) des pièces justificatives et du formulaire dédié à votre caisse primaire d’Assurance Maladie (CPAM) ou à la MSA

Retrouvez toutes les étapes détaillées d’une demande de pension d’invalidité. La décision de la CPAM ou de la MSA vous sera ensuite communiquée sous deux mois.

Astuce : pour optimiser vos chances, fournissez un dossier complet et détaillé. Si besoin, faites-vous accompagner par une assistante sociale ou votre médecin traitant.

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Notre conseil
Pour l’arthrose, contrairement à d’autres pathologies plus facilement objectivables, le médecin-conseil s’appuie autant sur l’imagerie que sur votre récit du retentissement au quotidien. Notre conseil : tenez un carnet de bord de vos douleurs et de vos limitations pendant quelques semaines avant votre rendez-vous (gestes impossibles, distance de marche, port de charges) — ce témoignage concret, croisé aux radios et IRM, pèse souvent lourd dans l’évaluation de votre capacité de travail.

 

Montant pension d’invalidité arthrose : comment ça marche ?

La pension d’invalidité pour arthrose vise à compenser une perte de revenus liée à l’incapacité de travailler.

Le montant de cette prestation dépend de la catégorie d’invalidité reconnue par le médecin-conseil de la CPAM :

    • L’invalidité catégorie 1 : elle concerne les patients ayant une capacité de travail réduite, mais pouvant exercer une activité et s’élève à 30 % du salaire annuel moyen des 10 meilleures années de travail
    • L’invalidité catégorie 2 : elle concerne les patients dans l’incapacité totale de travailler et s’élève à 50 % du salaire annuel moyen des 10 meilleures années
    • L’invalidité catégorie 3 : elle concerne les patients dans l’incapacité totale de travailler et ayant besoin d’une assistance pour les actes de la vie quotidienne et s’élève à 50 % du salaire annuel moyen des 10 meilleures années, avec une majoration pour tierce personne

Le calcul de la pension d’invalidité pour arthrose s’effectue sur la base du revenu moyen des 10 meilleures années d’activité, avec un taux variable selon la catégorie. N’hésitez pas à estimer le montant de votre pension d’invalidité.

Sachez que le fait de percevoir une pension d’invalidité pour arthrose peut vous ouvrir droit à d’autres aides telles que :

Bon à savoir : la pension d’invalidité pour arthrose peut être cumulée avec l’AAH, un salaire, la retraite, ou encore les allocations chômage.

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Récapitulatif : pension d’invalidité et arthrose

Cat. 1
Capacité de travail réduite
30 % du salaire moyen
Cat. 2 et 3
Incapacité totale de travailler
50 % + majoration en cat. 3
🦴

Condition médicale : capacité de travail réduite d’au moins 2/3, constatée par le médecin-conseil.

📅

Condition administrative : 12 mois d’affiliation + 600 heures travaillées ou 2 030 fois le SMIC horaire cotisé.

⏳

Délai de réponse : environ 2 mois après transmission du dossier complet à la CPAM ou la MSA.

💡

Notre conseil : décrivez précisément le retentissement quotidien de votre arthrose, pas seulement le diagnostic radiologique.

aide-sociale.fr

 

Pension invalidité liée à l’arthrose : que faire en cas de refus ?

En cas de refus de la CPAM ou de la MSA, plusieurs types de recours sont possibles :

    • Demander une révision : faites appel dans les 2 mois suivant la notification du refus
    • Saisir le tribunal : si le refus est maintenu, vous pouvez engager une procédure devant le tribunal judiciaire
    • Renforcer votre dossier médical : fournissez des pièces complémentaires pour étayer votre demande

Retrouvez tous les détails sur le recours en cas de refus d’une pension d’invalidité.

Important : en cas de difficultés, n’hésitez pas à solliciter des associations de défense des droits des patients (Que choisir, Association Maladie et Accident du travail, etc.), une assistante sociale, ou des juristes spécialisés.

 

Questions fréquentes sur la pension d’invalidité pour arthrose

Au-delà des conditions et démarches détaillées plus haut, voici des réponses à d’autres questions fréquemment posées sur l’arthrose et l’invalidité.

 

L’arthrose du genou ou de la hanche donne-t-elle plus facilement droit à l’invalidité que l’arthrose des mains ?

Non, il n’y a pas de hiérarchie automatique entre les localisations. Le médecin-conseil évalue le retentissement réel sur votre capacité de travail : une arthrose des mains peut être très invalidante pour un métier manuel, tout comme une arthrose de hanche pour un poste debout ou avec déplacements fréquents.

 

Peut-on cumuler pension d’invalidité pour arthrose et carte mobilité inclusion (CMI) ?

Oui, ce sont deux dispositifs indépendants. La pension d’invalidité est versée par la CPAM ou la MSA pour compenser une perte de revenus, tandis que la carte mobilité inclusion s’obtient séparément auprès de la MDPH et facilite les déplacements au quotidien.

 

Que se passe-t-il si mon arthrose s’aggrave après l’attribution de ma pension d’invalidité ?

Vous pouvez demander une révision de votre catégorie d’invalidité auprès de votre CPAM, sur la base de nouveaux examens médicaux. Si votre capacité de travail se réduit davantage, votre pension peut être reclassée dans une catégorie supérieure, avec un montant réévalué en conséquence.

 

Une arthrose reconnue comme maladie professionnelle relève-t-elle de la même pension d’invalidité ?

Non. Si votre arthrose est reconnue d’origine professionnelle, elle relève d’une rente accident du travail-maladie professionnelle (AT-MP), avec des règles de calcul et un taux d’incapacité distincts de la pension d’invalidité classique versée pour une affection d’origine non professionnelle.


Crédit photo : © Syda Productions / Adobe


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