A qui s’adresser pour trouver un hébergement d’urgence quand on se retrouve à la rue ?

À l’heure où la précarité touche de plus en plus de personnes, où la sécurité de l’emploi vacille comme ce fut le cas pendant la période de pandémie impliquant des revenus plus irréguliers, le nombre des personnes à la rue a augmenté. Qui, aujourd’hui peut affirmer que cela ne le concernera jamais ? Sachez qu’il existe de nombreuses solutions pour aider les SDF.

Personne en effet n’est à l’abri d’une perte d’emploi, d’une fin de bail de location, d’un divorce, voire même pour un jeune majeur de se faire mettre dehors par ses parents le jour de ses 18 ans. Et si personne de votre entourage ne peut vous héberger, c’est la galère. Pourtant des solutions existent pour que vous ne soyez pas condamné à passer vos nuits sur le domaine public.

Il est important de comprendre que l’immense majorité des personnes sans-abri ne choisit pas de dormir dans la rue. Nombre d’entre elles tentent, par tous les moyens, de trouver un toit pour s’abriter la nuit.

L’article L345-2-2 du Code de l’action sociale et des familles précise que “Toute personne sans abri en situation de détresse médicale, psychique ou sociale a accès, à tout moment, à un dispositif d’hébergement d’urgence.”

Cependant, les conditions de manque de sécurité et/ou d’intimité dans ces hébergements d’urgence sont souvent pointées, par les personnes de la rue, comme un frein à accepter ces services proposés par les autorités publiques en partenariat avec des associations de lutte contre l’exclusion.

Il n’en reste pas moins que pour la personne sans-abri et en recherche d’un toit, c’est souvent un vrai parcours du combattant pour trouver un hébergement digne de ce nom. Des appels téléphoniques, trop souvent encore infructueux et qui doivent être renouvelés chaque jour, entament le potentiel d’énergie de ces personnes déjà fortement fragilisées par leur situation personnelle difficile.

Lisez cet article pour connaître les dispositifs de prise en charge en situation d’urgence. Vous découvrirez aussi les structures qui accueillent et orientent les différents publics qui se trouvent privés de domicile tout en leur proposant un accompagnement vers la réinsertion sociale. Certains publics sont plus fragiles que d’autres, des solutions spécifiques s’adaptent pour les accueillir.

Il est important de différencier les aides pour trouver un logement de manière pérenne et les solutions pour trouver un hébergement d’urgence pour les personnes qui se trouvent à la rue que nous abordons dans la suite de cet article.

Numéros d’urgence sans-abri accessibles à tous

L’article L345-2-2 du Code de l’action sociale et des familles note encore que «Relèvent du dispositif d’hébergement d’urgence les personnes ou familles qui en l’absence de réponse immédiate de ce dispositif pourraient se retrouver en situation de danger ».

Quand une personne est en situation où sa propre sécurité est menacée, il y a urgence de mise à l’abri. Pour qu’une solution puisse être trouvée,  les acteurs de l’action d’urgence doivent être informés au plus tôt.

 

Personne à la rue : numéros à contacter en présence d’une situation grave

Quand la situation d’une personne de la rue présente un caractère d’urgence, il est nécessaire d’envisager une prise en charge rapide de la personne.

Les différents organismes qu’il est possible de joindre :

  • Le 112, numéro unique européen : l’appel téléphonique à ce numéro est prioritaire et permet de joindre un service d’urgence quand bien même le réseau est saturé
  • Le 15, numéro du SAMU : c’est le numéro de référence pour signaler toute situation où la vie d’une personne est en danger immédiat. Sa vocation est de gérer tout signalement d’urgence médicale sur le territoire français
  • Le 18, numéro des pompiers partout en France : comme pour le SAMU, les pompiers répondent à tout appel qui sollicite leurs services
  • Composer le 17 conduit à la gendarmerie ou au commissariat de votre zone géographique : les policiers ou les gendarmes travaillant dans ces unités territoriales ont pour mission de porter secours et assistance aux personnes en difficulté
Qui appeler en cas d'urgence ?

 

Le 115  ou Samu social, numéro d’urgence pour toutes les personnes à la rue

Quoi : le 115 est le numéro du Service d’aide mobile d’urgence social, plus communément nommé le SAMU social. Le 115 est un numéro unique, national et gratuit, qui permet d’apporter une assistance directe liée au logement ou d’orienter, si nécessaire, vers le service adéquat.

Ce service fonctionne toute l’année, 7 jours sur 7 et 24h sur 24, tant sur le sol métropolitain que dans les territoires d’outre-mer.

Qui : le Samu social prend en charge toute demande d’assistance à une personne sans-abri. L’appel au 115 peut être passé par la personne sans-abri elle-même ou par tout citoyen qui constate une situation de détresse sociale.

Comment : la prise de contact est simple. Il s’agit de composer le 115, numéro vert gratuit, à partir de n’importe quel téléphone, fixe ou mobile. Si le 115 est un numéro unique, le centre de contact est départementalisé et l’appel téléphonique est reçu par la plateforme du Samu social correspondant à la zone géographique de l’appel.

À noter : les plateformes téléphoniques du 115 sont très souvent difficiles à joindre. Il faut se montrer patient et tenace.

Le Samu social

 

L’accueil de jour pour SDF, une nécessité d’ampleur

C’est une chose que de s’occuper de trouver un abri pour les personnes qui n’ont pas de toit pour passer la nuit. C’en est une toute autre que de s’intéresser à ce que deviennent ces personnes de la rue quand, tôt le matin, elles doivent quitter leur lieu d’hébergement d’urgence.

Si le Samu social, par le biais du 115, gère les urgences médicales des sans-abri en journée, il incombe principalement aux associations de permettre aux SDF d’accéder le jour à l’hygiène, à l’alimentation et au lien social.

Il est à noter que quelques municipalités se mobilisent au côté des associations pour faire appliquer la Déclaration des Droits des personnes sans-abri, charte initiée par la Fondation Abbé Pierre en partenariat avec la Fédération européenne des organisations nationales travaillant avec les sans-abri, la Feantsa.

Pour exemple : la ville de Lyon accorde aux personnes sans-abri l’accès gratuit aux bains-douches municipaux deux jours par semaine. En complément de ce service, elles peuvent utiliser un lave-linge ou bénéficier d’une coupe de cheveux dans un espace dédié.

 

CCAS : une mission des mairies pour mettre à l’abri les personnes de la rue

Au-delà des services d’urgence, la personne qui se retrouve dehors peut se rendre dans une mairie pour rencontrer directement un interlocuteur au sein du service d’action sociale.

Le travailleur social se charge alors d’orienter et d’accompagner la personne à la rue dans ses démarches de “mise à l’abri”.

Les Centres d'action sociale

 

Se tourner vers une association qui aide au logement

Les associations de lutte contre l’exclusion telles que la Croix Rouge ou Emmaüs offrent un accueil et un accompagnement à toute personne en situation de détresse médicale, sociale ou psychique.

A fortiori ces structures viennent en aide aux personnes sans-abri pour leur apporter un accès aux ressources élémentaires que sont le lien social, le couvert, le logement, l’hygiène, etc.

Les associations aident les sans-abri

 

Les structures d’accueil pour les personnes qui n’ont plus de toit

Comme nous venons de le voir, une personne qui n’a que la rue pour s’abriter la nuit doit se faire connaître pour trouver une solution adaptée à sa situation.

En tout premier lieu, il s’agit de lui procurer un gîte sécurisé pour une ou quelques nuits. Par la suite, la personne sans abri et volontaire peut se faire accompagner vers l’insertion sociale qui passe entre autres, par l’accès à un logement.

 

Foyer d’hébergement d’urgence, un premier accueil de la personne sans abri

L’hébergement d’urgence se veut une réponse immédiate et de courte durée. Il est inconditionnel et de proximité. Il répond à une nécessité immédiate de mise à l’abri.

L’accès à ce dispositif d’urgence a lieu par le biais :

  • D’un appel aux services d’urgence comme le 115
  • Lors de l’intervention d’une équipe mobile du SAMU social par exemple
  • Suite à un accueil de jour

La loi du 25 novembre 2018 indique que les conditions d’accueil du sans-abri doivent respecter la dignité de la personne humaine.

Dans cet objectif annoncé, l’accueil d’urgence doit permettre :

  • De garantir la sécurité des personnes et de leurs biens
  • De leur assurer le gîte et le couvert ainsi que l’hygiène comme prestations de première nécessité
  • D’établir une première évaluation médicale, psychique et sociale de la personne

La personne sans-abri est alors inscrite dans un réseau. La mise à l’abri en centre d’hébergement d’urgence est possible pour une durée variable, d’une à plusieurs nuits.

À noter : de plus en plus souvent, les personnes de la rue sont accompagnées d’un animal et cette nouvelle donnée ne doit pas être un motif d’exclusion à l’obtention d’un hébergement d’urgence. La solution la plus adaptée doit être recherchée.

 

Les Centres d’hébergement et de réinsertion sociale, CHRS

Ces structures garantissent un accueil, un logement ainsi qu’un accompagnement en vue de l’insertion sociale de personnes ou de familles qui rencontrent de grandes difficultés.

Les CHRS sont répartis sur tout le territoire et n’accueillent pas tous le même public :

  • Certains centres sont des établissements spécialisés dans l’accueil d’un public spécifique, les femmes enceintes, les pères avec enfant-s ou les personnes sortant de détention par exemple
  • D’autres CHRS sont de droit commun, encore dits “tout public”. Ils accueillent les jeunes errants, les personnes en situation de grande exclusion, etc.

Comment : il est à noter que certains CHRS sont gérés par les collectivités locales, par le biais des centres d’aide sociale communaux ou départementaux. Cependant, le plus souvent, la gestion de ces structures incombe à des associations ou à des organismes humanitaires.

L’hébergement en CHRS est généralement accordé pour quelques semaines et peut être renouvelé.

Les CHRS

 

Hébergement d’urgence des personnes à la rue selon leur profil

La solution d’hébergement pour mettre à l’abri une personne dont la sécurité est menacée prend en compte l’urgence de la situation et l’existence d’un danger avéré.

Il va de soi que certains individus sont plus fragiles et qu’ils doivent être pris en charge avec leurs spécificités. Il en va ainsi d’une femme seule ou avec enfant(s), d’une personne malade ou très âgée, d’un jeune mineur français ou étranger…  Les solutions apportées afin qu’ils passent leurs nuits en sécurité doivent être adaptées.

 

Le CROUS : logement d’urgence pour l’étudiant à la rue

L’étudiant qui se retrouve du jour au lendemain à la rue a la possibilité d’obtenir un abri grâce au service d’hébergement d’urgence du Crous (Centre régional des œuvres universitaires et scolaires).

Pour accéder à cette solution, l’étudiant doit contacter le service social du CROUS de la ville où les études se déroulent. Pour ce faire, l’université ou l’établissement peuvent accompagner le jeune dans ses démarches.

Hébergement d'urgence étudiant

 

Les centres maternels pour l’accueil mère-enfant

Un centre maternel est un service du Centre Départemental de l’Enfance et de la Famille, CDEF. Une des missions de ces établissements est d’accueillir des femmes enceintes ou des mères accompagnées de jeunes enfants en situation d’urgence, le plus souvent sans solution d’hébergement.

La durée de l’accueil varie de quelques semaines à plusieurs mois. Il cesse quand le plus jeune des enfants atteint l’âge de trois ans. Cependant, dans certains cas et sur dérogation, l’accueil mère-enfant peut être prolongé jusqu’aux 6 ans de l’enfant.

Accueil des mères isolées

 

Le foyer urgence jeunes pour le mineur qui est à la rue

Un mineur qui se retrouve dans la rue la nuit est particulièrement vulnérable. Il est important de le mettre en lieu sûr. Un enfant seul dans la rue la nuit doit être reconduit dans sa famille par les autorités si cela ne le met pas en situation de danger avéré. Sinon, il sera confié aux services de l’ASE qui possède des hébergements d’urgence dédiés.

Il est à noter que les Points accueil et écoute jeunes, PAEJ, ont dans leurs missions l’accueil des mineurs à partir de 12 ans. Si le jeune est en fugue et qu’un retour au sein de sa famille ne peut être envisagé sans mise en danger, le PAEJ se charge d’organiser son hébergement.

 

Le Centre d’accueil d’urgence pour les migrants mineurs isolés

Souvent arrivés sur le territoire sans papiers d’identité, les jeunes migrants ne sont pas en capacité de prouver leur âge. Nombre d’entre eux se voient alors refuser le statut de “mineur isolé étranger”, MIE, qui leur aurait permis de bénéficier des droits à l’Aide sociale à l’enfance, ASE.

Les jeunes migrants qui ne sont pas reconnus mineurs se retrouvent ainsi dans la rue. En règle générale, accompagnés par une association, ils déposent un recours pour faire valoir leur minorité.

En décembre 2020, s’est ouvert à Paris le premier “Centre d’hébergement d’urgence pour jeunes migrants isolés”, établissement financé par l’État.

Ce bâtiment peut accueillir jusqu’à 40 personnes et la mise à disposition des locaux par la ville de Paris est prévue jusqu’à mi-2022.

Cette structure a pour vocation l’accueil et l’hébergement des jeunes migrants qui sont en attente de la reconnaissance ou non de leur minorité.

Le premier Centre d'accueil pour jeunes migrants

 

Les centres d’accueil de demandeurs d’asile, CADA

Ces établissements sociaux prennent en charge des étrangers en exil forcé sur le territoire français. C’est le cas de personnes qui fuient un pays en guerre par exemple.

Pour bénéficier de l’accueil en CADA, il s’agit de remplir deux conditions préalables :

  • Le demandeur doit être en situation régulière et posséder un titre de séjour en cours de validité
  • La demande d’asile doit avoir été enregistrée en préfecture (voir les démarches pour une demande d’asile)

Outre le fait d’être hébergé, le demandeur d’asile bénéficie d’un accompagnement social et administratif. L’étranger bénéficie de ces services pendant toute la durée d’examen de sa demande d’asile.

À la fin de la procédure et selon la réponse de l’Administration :

  • Demande d’asile accordée : la personne dispose de 3 mois pour quitter le centre d’accueil. Ce délai est renouvelable une fois
  • Demande d’asile refusée : la personne doit avoir quitté le centre d’hébergement dans le mois qui suit la notification de refus

Il est à noter que les étrangers qui n’obtiennent pas de droit de séjour en France, tout comme ceux qui ne le demandent pas si leur objectif final est de rejoindre un autre pays, sont en situation irrégulière sur le territoire. Quand ils ne sont pas directement renvoyés dans leur pays d’origine par les autorités françaises, ces migrants arrivent directement “à la rue” et se retrouvent entassés dans des campements sauvages, trop souvent dans des conditions déplorables.

Les Centres pour les demandeurs d'asile

Bien d’autres situations particulières impliquent une solution spécifique. C’est le cas quand la personne présente un ou des problèmes de santé psychiatriques ou non et la réponse la plus adaptée viendra alors d’une structure hospitalière.

Si l’urgence concerne une personne âgée, il sera fait appel aux services d’un établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes, EHPAD.

 

Comment accéder à un centre SDF dédié à l’hébergement ?

La première démarche pour une personne qui se trouve privée d’abri est de se faire connaître. Selon l’urgence, deux solutions se présentent :

  • Si la personne sans abri est en urgence immédiate, c’est avant tout en interpellant elle-même, ou avec l’aide d’un tiers, les services d’urgence qu’elle accédera le plus souvent à une solution directe de mise à l’abri
  • Si la personne sans domicile a le souhait de prolonger et stabiliser cet accès à un toit, il lui faut se faire accompagner par un travailleur social. Comme nous l’avons vu, c’est auprès d’un centre d’aide sociale ou d’une association que la personne trouvera l’aide nécessaire pour aller plus loin dans son projet de réinsertion

Vous pouvez également utiliser Soliguide, un outil indispensable pour les personnes à la rue. Il s’agit d’une plateforme en ligne qui référence les services utiles (distribution de repas, colis alimentaire, douches…) pour les personnes qui n’ont pas de toit, dont les solutions d’hébergement d’urgence ou à long terme.

Accessible sur PC ou depuis une application, Soliguide concerne 25 territoires dont l’Île-de-France, le Bas-Rhin, la Loire-Atlantique, les Alpes Maritimes et la Gironde. Les zones géographiques couvertes sont vouées à se développer au fil des mois.

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  1. Le CCAS de montendre ne m a jamais aidé pour un hébergement d urgence en plus les assistantes sociales te rabaissent en te disant qu en étant enceinte a 44 ans tu as 50
    Pour cent de chance de perdre ton enfant ça s appelle discrimination à l âge merci le CCAS de montendre car maintenant je suis handicapée non indemnisé et mon fils est autiste tous des incompétentes rémunérées a ne rien faire et critiquées les gens vulnérables et SDF.

  2. Le CCAS de montendre ne m a jamais aidé j ai eu un refus d hébergement d urgence et refus chrs alors que j étais enceinte maintenant mon fils est autiste et porte des couches à 4 ans et moi handicapé et refus aah alors que j ai rqth a vie chercher l erreur

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