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Les erreurs à éviter pour sa retraite : du côté du futur retraité
Si vous envisagez ou êtes sur le point de faire votre demande de retraite, il est important d’éviter les erreurs les plus fréquentes qui peuvent amputer définitivement votre pension.
1. Ne pas anticiper la perte de revenus au moment du passage à la retraite
La majorité des retraités perdent entre 25 % et 30 % de revenus lorsqu’ils cessent leur activité professionnelle. Une perte significative qu’il est possible de limiter grâce à une anticipation précoce.
Dès 25 ans, il convient de ne pas négliger votre future retraite. L’ouverture d’un contrat d’assurance-vie est une première piste : le capital n’est pas bloqué, le rendement et la fiscalité sont avantageux. Pensez aussi à conserver toutes vos fiches de paie, même celles correspondant à des périodes courtes (job d’été, CDD, intérim). Elles permettent de valider des trimestres et d’augmenter votre pension.
Bon à savoir : acquérir une résidence principale le plus tôt possible est une stratégie efficace. Une fois le prêt remboursé, vous n’aurez plus de mensualités, ce qui réduit vos charges à la retraite. En cas de besoin, vous pourrez céder votre bien pour en acheter un plus petit, la différence contribuant à financer votre retraite.
À la quarantaine, augmentez vos versements ou ouvrez un Plan d’épargne retraite individuel (PERIN) : vous vous constituez un capital générateur de rentes tout en réduisant vos impôts dès aujourd’hui. Renseignez-vous aussi auprès de votre employeur sur les dispositifs d’épargne salariale (Plan d’épargne entreprise ou PER collectif).
À partir de 50 ans, les revenus sont souvent plus élevés : c’est le moment d’épargner davantage et, si vous ne l’avez pas encore fait, d’envisager l’investissement immobilier locatif dont les loyers constitueront un revenu complémentaire. C’est aussi le bon moment pour explorer la retraite progressive, qui permet de réduire son activité progressivement tout en percevant une fraction de pension dès 60 ans, sans attendre la liquidation totale de ses droits.
2. Ne pas avoir bien calculé son âge de départ en retraite à taux plein
Depuis la réforme des retraites de 2023, l’âge légal de départ est progressivement relevé à 64 ans selon votre année de naissance. Atteindre cet âge ne suffit pas : pour bénéficier du taux plein, il faut également avoir cotisé le nombre de trimestres requis, soit 172 trimestres (43 ans) pour les générations nées à partir de 1965.
Si vous ne remplissez pas ces deux conditions simultanément, une décote viendra réduire définitivement votre pension — jusqu’à 25 % dans les cas les plus défavorables. À l’inverse, chaque trimestre travaillé au-delà du taux plein vous ouvre droit à une surcote de 1,25 % : un mécanisme souvent ignoré qui peut significativement augmenter votre pension à vie.
N’hésitez pas à consulter notre article sur l’âge de départ à la retraite.
Bon à savoir : il est possible de partir à la retraite avant l’âge légal dans certaines situations (longue carrière, handicap, pénibilité, Fonction publique). C’est ce que l’on appelle la retraite anticipée.
3. Penser que le rachat de trimestres est forcément rentable
Le rachat de trimestres vous permet de compléter votre durée d’assurance pour atteindre le taux plein. Mais le coût se compte en plusieurs milliers d’euros par trimestre, et la rentabilité n’est pas automatique.
La question à se poser est simple : en combien d’années allez-vous récupérer la somme investie grâce à l’augmentation de votre pension mensuelle ? Si vous partez tôt et avez une bonne espérance de vie, l’opération peut être intéressante. Dans le cas contraire, elle ne l’est pas toujours.
Bon à savoir : le rachat de trimestres est déductible de votre revenu imposable, ce qui améliore son bilan fiscal et doit être intégré dans votre calcul de rentabilité.
4. Croire que la dernière année travaillée est prise en compte dans le calcul
C’est une erreur très répandue : le salaire de l’année où vous partez à la retraite n’entre jamais dans le calcul du salaire annuel moyen, qui sert pourtant de base au montant de votre pension de base.
Exemple concret : si vous partez le 1er octobre 2025 pour valider un dernier trimestre, le salaire de 2025 est exclu du calcul. Mieux vaut partir le 1er janvier 2026 : ainsi, le salaire de 2025 peut intégrer vos 25 meilleures années et être pris en compte.
5. Oublier de faire sa demande de départ à la retraite ou s’y prendre trop tard
La retraite ne se déclenche pas automatiquement ! Vous devez en faire la demande vous-même, auprès de toutes les caisses auxquelles vous avez cotisé, en remplissant un formulaire de liquidation des droits accompagné de nombreux justificatifs.
Comptez environ 4 à 6 mois avant votre départ effectif pour éviter toute coupure de revenus. Le versement des pensions ne débute qu’à partir du mois suivant le dépôt de la demande, et il n’y a aucune rétroactivité : chaque mois de retard dans la demande est un mois de pension définitivement perdu.
Pour tout savoir sur les démarches, consultez notre article dédié à la demande de retraite. Si vous êtes salarié du privé, n’oubliez pas non plus de prendre en compte vos régimes complémentaires : la demande de retraite complémentaire Agirc-Arrco, Ircantec ou RAFP doit aussi être déclenchée dans les délais, elle n’est jamais automatique.
Une fois votre demande déposée, veillez également à en suivre l’avancement : un dossier incomplet peut retarder le versement de votre pension, parfois de plusieurs semaines.
6. Ne pas vérifier son relevé de carrière (RIS)
Un rapport de la Cour des comptes publié en mai 2025 révèle que 10,5 % des pensions liquidées en 2024 comportaient au moins une erreur ayant un impact financier, le plus souvent au détriment du retraité. Le manque à gagner cumulé est estimé à 900 millions d’euros pour la seule année 2024.
Ces erreurs se traduisent presque toujours par une pension inférieure à ce qu’elle devrait être. La perte médiane s’élève à plusieurs centaines d’euros par an, et dans les cas les plus graves, à plus de 1 000 euros annuels.
Vérifier votre Relevé individuel de situation (RIS) sur info-retraite.fr n’est pas une option : c’est une nécessité. À partir de 55 ans, vous pouvez signaler les anomalies directement via le service “Corriger ma carrière” en ligne, qui centralise la démarche auprès de toutes vos caisses. Avant 55 ans, il faut contacter chaque régime séparément. Une fois votre relevé vérifié, pensez à estimer le montant de votre future pension via le simulateur officiel M@rel — les données seront alors fiables et votre projection réaliste.
Important : la charge de la preuve vous incombe. La caisse de retraite ne corrigera pas spontanément une erreur que vous n’avez pas signalée. Et une fois la retraite liquidée, les corrections deviennent très complexes, voire impossibles au-delà de 6 mois. Une fois votre retraite liquidée, vous recevrez automatiquement votre notification de retraite et pourrez obtenir vos attestations officielles auprès de votre caisse.
Les erreurs de la retraite du côté de l’administration et des caisses
Les erreurs à éviter pour la retraite ne proviennent pas uniquement du futur retraité. Les caisses et administrations peuvent aussi passer à côté de certains droits. Voici les anomalies les plus fréquentes à traquer sur votre relevé de carrière.
7. Oubli de la période de congé maternité
Les indemnités journalières perçues durant un congé maternité ou adoption sont prises en compte par la plupart des régimes de retraite, à condition que l’arrêt soit supérieur à 60 jours consécutifs et qu’il interrompe une période elle-même reconnue (activité salariée, chômage indemnisé…).
Vérifiez attentivement les périodes autour de la naissance de vos enfants dans votre RIS. Si elles sont absentes, fournissez les attestations d’indemnités journalières de la CPAM. Si vous ne les retrouvez plus, une copie du livret de famille peut suffire à faire valoir vos droits.
8. Trimestres manquants pour la naissance des enfants
L’arrivée d’un enfant entraîne automatiquement une majoration de trimestres :
- Dans le secteur privé : 8 trimestres par enfant (4 au titre de la maternité, 4 au titre de l’éducation).
- Dans la Fonction publique : 2 trimestres par enfant né après 2004, ou 4 trimestres pour ceux nés avant.
Si ces trimestres n’apparaissent pas dans votre relevé, contactez rapidement votre caisse de retraite. Beaucoup d’organismes ne les intègrent qu’au moment de la liquidation — n’attendez pas ce stade pour signaler leur absence.
9. Absence de la majoration pour famille nombreuse (3 enfants et plus)
En tant que parent d’au moins 3 enfants, votre retraite de base est majorée :
- 10 % de majoration pour les 3 premiers enfants ;
- 5 % supplémentaires par enfant au-delà.
Attention : ce dispositif est distinct des trimestres majorés pour naissance vus au point précédent. Il s’applique aux deux parents : vérifiez que chaque membre du couple en bénéficie bien.
10. Oubli des jobs d’été et autres petits boulots
Les emplois de début de carrière — jobs d’été, CDD, missions d’intérim — comptent pour la retraite et peuvent vous permettre de valider des trimestres supplémentaires pour la retraite. Si ces droits n’apparaissent pas dans votre RIS, rapprochez-vous de votre caisse avec les bulletins de salaire correspondants pour prouver votre cotisation. Rappelons qu’en 2026, il suffit d’avoir perçu 1 803 € brut sur l’année pour valider un trimestre — un job d’été peut donc suffire.
11. Omission des périodes travaillées à l’étranger
Si vous avez travaillé dans un pays de l’Union européenne ou lié à la France par une convention bilatérale, vous avez acquis des droits à la retraite qui peuvent ne pas apparaître sur votre relevé. Conservez tout justificatif de ces activités et transmettez-les à votre caisse.
En revanche, si vous avez travaillé dans un pays sans convention avec la France, ces périodes ne sont pas prises en compte par le régime français. Pour éviter cette perte, il est recommandé de s’affilier à la Caisse des Français de l’étranger (CFE) dès votre départ.
12. Trimestres manquants pour le service militaire
Supprimé en France en 1999, le service militaire obligatoire ouvre des droits à la retraite : chaque période de 90 jours accomplis permet de valider un trimestre. Ces trimestres sont parmi les plus fréquemment absents des relevés de carrière.
Pour les régulariser, présentez un “extrait des services”, à obtenir auprès du Centre des archives du personnel militaire de Pau.
13. Non-report des droits en cas de chômage ou d’arrêt maladie
Ces périodes sont prises en compte pour la retraite, sous conditions :
- Arrêt maladie : seuls les arrêts indemnisés de plus de 60 jours génèrent des trimestres (1 trimestre à l’issue du 60e jour, puis 1 tous les 60 jours, dans la limite de 4 par an). Le détail des règles applicables (trimestres, points Agirc-Arrco, temps partiel thérapeutique) est disponible dans notre article arrêt maladie et retraite.
- Chômage indemnisé (ARE) : vous cumulez des points Agirc-Arrco calculés sur votre salaire journalier de référence — et non sur votre indemnité. Si votre caisse a pris la mauvaise base, corrigez-le.
Pour mieux comprendre comment ces points s’accumulent, consultez notre article sur le calcul de la retraite complémentaire Agirc-Arrco.
14. Non prise en compte du passage au statut cadre
Avant la fusion de l’Arrco et de l’Agirc en 2019, les non-cadres cotisaient à l’Arrco et les cadres aux deux régimes. Si vous avez changé de statut, vérifiez que la date d’apparition de vos premiers points Agirc correspond bien à la date de votre promotion cadre. Un décalage dans ce décompte peut amputer votre pension complémentaire.
15. Fraude de l’employeur
Si vous constatez un “trou” dans votre relevé alors que vous étiez en activité, une des explications possibles est que votre employeur n’a pas versé les cotisations qui vous étaient dues. Pour régulariser la situation, transmettez vos bulletins de salaire à votre caisse. Des points vous seront attribués, mais attention : dans ce cas, vous ne pouvez récupérer des points mais pas des trimestres.
16. Mauvais taux de CSG appliqué à la pension
À la retraite, la CSG est calculée selon votre revenu fiscal de référence (RFR). Il existe quatre taux :
- Taux zéro (exonération) ;
- Taux réduit : 3,8 % ;
- Taux médian : 6,6 % ;
- Taux normal : 8,3 %.
Un mauvais taux peut coûter plusieurs centaines d’euros par an. Vérifiez également que l’abattement fiscal de 10 % sur vos pensions a bien été appliqué à votre revenu imposable.
17. Application (à tort) du malus Agirc-Arrco
Mis en place le 1er janvier 2019, le malus Agirc-Arrco entraîne une réduction de 10 % de votre pension complémentaire pendant 3 ans si vous partez à la retraite dès l’obtention du taux plein. Pour l’éviter, il faut retarder son départ d’un an.
Si vous avez respecté cette règle et attendu un an supplémentaire, vérifiez bien que le malus n’a pas été appliqué par erreur. À noter : les assurés bénéficiant d’un taux de CSG réduit sont exemptés de ce dispositif.
L’accompagnement au départ à la retraite pour ne faire aucun impair
Vous l’avez compris : préparer sa retraite est l’une des démarches administratives les plus complexes en France. Une erreur ou une omission peut avoir un impact durable et souvent irréversible sur votre pension. Si vous en éprouvez le besoin, deux types d’interlocuteurs peuvent vous accompagner.
Les caisses de retraite
En tant qu’assuré, vous avez droit à un entretien “information retraite” totalement gratuit auprès de votre caisse. Ce rendez-vous vous permet de faire le point sur vos droits acquis et d’obtenir des réponses à vos questions. Contactez votre régime de base ou votre complémentaire pour en profiter. Pour savoir précisément à quel âge solliciter ce type d’entretien selon votre situation, consultez notre guide sur quand prendre rendez-vous avec un conseiller retraite.
Bon à savoir : si vous êtes polypensionné (vous avez cotisé à plusieurs régimes), rapprochez-vous du dernier organisme auquel vous avez été affilié ou de celui qui vous a donné le plus de droits. Pour les régimes de la Fonction publique (CNRACL, Ircantec, RAFP…), consultez le site Ma retraite publique, géré par la Caisse des Dépôts.
Les cabinets privés spécialisés
Si vous avez eu un parcours professionnel atypique ou des revenus élevés, l’intervention d’un cabinet spécialisé en retraite peut s’avérer pertinente. Ces experts vérifient votre relevé de carrière, identifient les trimestres manquants, mesurent l’impact des corrections et vous orientent vers des dispositifs d’optimisation (rachat de trimestres, surcote, cumul emploi-retraite…).
Leur accompagnement est payant, avec un tarif de départ d’environ 500 €, pouvant atteindre plusieurs milliers d’euros selon la complexité du dossier.
Questions fréquentes sur les erreurs à éviter pour la retraite
Voici les réponses aux questions les plus posées sur la vérification des droits à la retraite et les pièges à éviter.
Combien de temps avant sa retraite doit-on vérifier son relevé de carrière ?
Il est recommandé de vérifier son RIS régulièrement tout au long de sa carrière, et pas seulement à l’approche de la retraite. La correction d’une anomalie peut prendre plusieurs mois, voire davantage pour les carrières complexes. Plus tôt l’erreur est détectée, plus elle est facile à corriger et moins elle risque de se figer dans le système au moment de la liquidation.
Peut-on corriger une erreur sur sa retraite après liquidation ?
Oui, mais les possibilités sont très limitées dans le temps. Vous disposez d’un délai de 2 mois pour saisir la Commission de recours amiable (CRA) de votre caisse, ou d’un an dans la Fonction publique. Au-delà de 6 mois après la liquidation, la rétroactivité des droits n’est généralement plus possible. Mieux vaut donc signaler toute anomalie avant le départ.
Les heures supplémentaires comptent-elles pour la retraite ?
Les heures supplémentaires sont soumises à cotisations sociales et génèrent donc des droits à la retraite. Elles entrent dans le calcul du salaire brut qui sert de base à la retraite de base, et génèrent des points Agirc-Arrco pour la retraite complémentaire. Elles comptent comme tout autre revenu d’activité.
Que faire si un trimestre lié à un congé parental n’apparaît pas sur mon relevé ?
Le congé parental à taux plein génère des trimestres assimilés dans certaines limites. Si ces trimestres sont absents de votre relevé, signalez-le à votre caisse en joignant vos justificatifs (attestation employeur, relevé CAF). La démarche peut être initiée en ligne sur info-retraite.fr dès 55 ans, ou directement auprès des régimes concernés avant cet âge.
Comment savoir si le malus Agirc-Arrco s’applique à ma situation ?
Le malus s’applique si vous partez à la retraite dès l’âge du taux plein sans attendre un an supplémentaire. Il ne concerne pas les personnes bénéficiant d’un taux de CSG réduit, ni celles en situation de handicap ou ayant racheté des trimestres. Vérifiez auprès de votre caisse Agirc-Arrco si ce malus figure dans le calcul de votre notification de droits.
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Sources officielles et références
- Cour des comptes – Sécurité sociale 2025 (mai 2025) : Rapport annuel sur l’application des lois de financement de la sécurité sociale, incluant les données sur le taux d’erreur des pensions liquidées en 2024
- Info-retraite.fr – Service « Corriger ma carrière » : Portail officiel interrégimes pour consulter et corriger son relevé de carrière
- Service-Public.gouv.fr – Plan d’épargne retraite individuel (PERIN) : Conditions et fonctionnement du PER individuel

Rédactrice web SEO certifiée et freelance depuis 2017, j’écris pour Aide-Sociale.fr depuis 2019. Diplômée d’un BTS Communication et formée aux spécificités de la rédaction web et du SEO, j’ai rédigé plus de 314 articles avec un objectif constant : vulgariser le “langage CAF” et rendre les démarches administratives accessibles à tous. Mon crédo : des contenus sourcés, précis et sans fake news !
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