SOMMAIRE
Qu’est-ce que l’abattement fiscal pour les retraités ?
Concrètement, l’abattement fiscal sur les pensions de retraite permet de réduire le revenu imposable. En d’autres termes, il ne touche pas le montant de ce qui vous est versé chaque mois, mais bel et bien la base imposable dont le fisc va se servir pour calculer votre impôt sur le revenu. Et en toute logique, plus cette base imposable est faible, moins l’impôt est élevé.
L’abattement de 10 % est appliqué automatiquement par l’administration fiscale. Vous n’avez donc pas besoin de sortir votre calculette, de remplir un formulaire spécifique, d’en faire la demande ou de respecter des conditions d’âge ou de ressources pour en profiter : l’organisme se charge de le calculer sur la base des montants déclarés par vos caisses de retraite.
Cet avantage fiscal réservé aux seniors s’applique sur l’ensemble de vos pensions : pension de base (régime général ou agricole), mais aussi pension complémentaire comme l’Agirc-Arrco ou la RAFP pour les fonctionnaires, pension d’invalidité ou même pension de réversion. Si vous souhaitez savoir quand votre pension de retraite est versée chaque mois, consultez notre calendrier 2026 par caisse (CNAV, Agirc-Arrco, MSA, fonctionnaires).
Pour que cet abattement soit calculé sur la bonne base, il est essentiel que votre caisse ait bien transmis le montant exact de vos pensions à l’administration fiscale. Vous pouvez vérifier ce montant et télécharger votre attestation fiscale de pension directement sur info-retraite.fr, dans votre espace personnel.
En revanche, l’abattement de 10 % ne s’applique pas à certaines allocations ou rentes :
- l’ASPA ;
- les rentes d’accidents du travail ;
- certaines allocations de veuvage ;
- les capitaux issus d’un PER (Plan d’épargne retraite) lors du déblocage en capital (mais sur les sorties en rente, oui !).
Quel est le plafond de l’abattement fiscal de 10 % pour les retraités en 2026 ?
La loi de finances 2026 maintient l’abattement fiscal de 10 % pour les retraités. En tant que retraité, vous devrez donc déclarer au printemps 2026 les pensions que vous avez perçues en 2025. C’est sur ces revenus que va ensuite s’appliquer l’abattement de 10 %.
Chaque année, les plancher et plafond de l’abattement sont indexés sur l’inflation.
Par conséquent, en 2026, les deux seuils augmentent de 0,9 % ce qui nous donne :
- Le plancher passe de 450 € à 454 € (+ 4 €).
- Le plafond passe de 4 399 € à 4 439 € (+ 40 €).
Cela peut sembler peu, mais ce gain de 4 € ou 40 € doit être remis dans son contexte. Initialement, le gouvernement voulait supprimer l’abattement de 10 % et le remplacer par un forfait fixe de 2 000 € (ce qui aurait augmenté l’impôt de bon nombre de retraités). Le fait de pouvoir garder les 10 % même avec une revalorisation d’à peine 0,9 % est célébré comme une petite victoire par les associations de retraités.
Voici deux exemples chiffrés :
Monsieur X. touche une pension annuelle de 20 000 €. L’abattement fiscal de 10 % réduit la base imposable à 18 000 €.
Monsieur T. perçoit une pension de 50 000 €. Normalement, il devrait bénéficier d’un abattement de 5 000 € (= 10 % de 50 000 €), mais le plafond légal s’applique à 4 439 €. Par conséquent, la base imposable sera de 45 561 €.
Bon à savoir : le site officiel des impôts met à votre disposition un simulateur de calcul de l’impôt sur le revenu. N’hésitez donc pas à l’utiliser avant et après avoir rempli votre déclaration de revenus afin de vérifier que l’abattement de 10 % a bien été pris en compte.
Quid de l’abattement spécial pour les plus de 65 ans modestes et les invalides ?
Un abattement spécial, prévu par l’article 157 bis du Code général des impôts, est maintenu par la loi de finances 2026 et cumulable avec l’abattement des 10 % dont nous parlions précédemment.
Vous pouvez y avoir droit si vous faites partie d’une de ces catégories :
- retraité âgé d’au moins 65 ans dont les ressources sont modestes ;
- titulaire d’une pension militaire d’invalidité avec incapacité permanente (IP) d’au moins 40 % — à noter que les titulaires de la carte du combattant percevant l’allocation de reconnaissance du combattant peuvent également relever de cette catégorie s’ils remplissent ce critère d’invalidité ;
- titulaire d’une pension d’invalidité pour accident du travail avec IP d’au moins 40 % ;
- bénéficiaire de la Carte mobilité inclusion (CMI) mention invalidité avec une IP d’au moins 80 %.
Si c’est bien votre cas, vous pourrez profiter de :
- un abattement forfaitaire de 2 820 € si votre base imposable (après application de l’abattement de 10 %) est inférieure à 17 667 € ;
- un abattement forfaitaire de 1 411 € si votre base imposable (après application de l’abattement de 10 %) est comprise entre 17 667 € et 28 423 €.
Aucun abattement forfaitaire n’est prévu si votre base imposable dépasse 28 423 €.
Bon à savoir : ce montant est doublé si les deux membres d’un couple remplissent les conditions. Cela veut dire que vous pouvez atteindre jusqu’à 5 640 € d’abattement forfaitaire (en plus des 10 %).
Réforme abattement fiscal retraités 2026 : ce qui était prévu initialement dans le projet de loi des finances
Retour sur la tentative de réforme qui a agité le monde de la retraite à l’automne 2025 : ce que le gouvernement voulait changer, et pourquoi les députés ont finalement tranché en faveur du maintien du dispositif actuel.
L’abattement fiscal retraite à 2 000 €
L’article 6 du projet de loi de finances 2026 prévoyait la suppression pure et simple de l’abattement de 10 % des pensions de retraite sur le calcul de l’impôt sur le revenu. L’idée était de le remplacer par un abattement forfaitaire fixe de 2 000 €. Quant à l’abattement spécial, seules les personnes en situation d’invalidité auraient pu le conserver. Les seniors aux ressources modestes ne devaient plus y avoir droit.
Les arguments du gouvernement et le rejet de l’Assemblée nationale
Pourquoi le gouvernement voulait-il réformer et supprimer cet abattement fiscal pour les retraités en 2026 ? Tout simplement par équité fiscale. Prenons un exemple pour que cela soit plus clair : un retraité qui touche 1 500 €/mois économise 150 € avec cette mesure, alors qu’un senior qui perçoit 3 500 €/mois économise 350 €.
C’est ce qu’on appelle « anti-progressif » : le système avantage davantage les retraités aisés que les modestes, contrairement à la logique de l’impôt progressif. C’est d’ailleurs un problème que la Cour des comptes et le Conseil des prélèvements obligatoires pointent du doigt depuis plusieurs années. Pour rappel, la date à laquelle vous commencez à percevoir votre retraite — et donc ces abattements — dépend de l’âge légal de départ et du nombre de trimestres cotisés, qui varient selon votre année de naissance.
L’idée avec la réforme était de remplacer ces 10 % par un forfait fixe de 2 000 € afin que tout le monde ait le même abattement, quel que soit le montant de sa pension. Cela aurait été plus favorable aux pensionnés à faibles ressources et aurait fait gagner 1,2 milliard d’euros à l’État.
En face, l’opposition avait un argument de poids, argument qui a permis d’emporter le vote final. Le forfait de 2 000 € devenait moins avantageux que 10 % dès que la pension de retraite dépasse 20 000 €/an, soit environ 1 667 €/mois. Or, c’est un seuil très courant en France, on ne peut pas vraiment parler d’un « haut revenu ». La réforme aurait donc touché une très large partie des retraités, et non pas les plus aisés.
Les autres dispositifs fiscaux pour seniors à connaître en 2026
L’abattement de 10 % n’est pas le seul levier fiscal dont peuvent bénéficier les retraités. Voici les trois principaux dispositifs complémentaires à connaître pour optimiser votre situation fiscale en 2026.
La CSG et les seuils d’exonération
Les pensions de retraite sont soumises à la CSG (Contribution sociale généralisée) selon des taux qui dépendent du revenu fiscal de référence (RFR) :
- Pour un RFR inférieur à 13 048 €, l’exonération est totale (CSG, CRDS et CASA).
- Pour un RFR entre 13 049 € et 17 057 €, la CSG est au taux réduit de 3,8 %.
- Pour un RFR supérieur à 17 057 €, la CSG est au taux normal de 8,3 %.
Un mauvais taux de CSG est d’ailleurs l’une des erreurs fréquentes à la retraite qui peut coûter plusieurs centaines d’euros par an si elle n’est pas détectée et corrigée. Pour en savoir plus sur les exonérations, consultez cet article dédié à l’exonération de la CSG.
Le Plan d’épargne retraite (PER)
Si vous avez souscrit un PER (Plan d’épargne retraite), sachez que les versements sont déductibles du revenu imposable (dans la limite d’un plafond annuel égal à 10 % des revenus professionnels de l’année précédente, avec un minimum de 4 636 €). Les plafonds 2026 ont été revalorisés.
Si vous recevez des revenus fonciers ou des capitaux mobiliers, le PER peut être particulièrement pertinent pour défiscaliser. Cet article complémentaire sur le PER devrait vous intéresser.
Le crédit d’impôt services à la personne
Toutes les dépenses de services à la personne (pour du ménage, du jardinage, une aide à domicile, etc.) ouvrent droit à un crédit d’impôt de 50 %. Il existe un plafond à ne pas dépasser de 12 000 € par an, mais ce dernier est majoré de 1 500 € par personne de plus de 65 ans au foyer.
Direction cet article pour tout savoir sur le crédit d’impôt services à la personne !
Questions fréquentes sur l’abattement fiscal retraite
Retrouvez ci-dessous les réponses aux questions les plus fréquemment posées sur l’abattement fiscal pour les retraités en 2026.
L’abattement de 10 % est-il automatique ou faut-il en faire la demande ?
L’abattement de 10 % sur les pensions de retraite est entièrement automatique. L’administration fiscale l’applique directement sur la base des montants déclarés par vos caisses de retraite. Vous n’avez aucune démarche à effectuer, aucun formulaire à remplir et aucune condition d’âge ou de ressources à respecter pour en bénéficier.
Peut-on cumuler l’abattement de 10 % avec l’abattement spécial pour les plus de 65 ans ?
Oui, les deux abattements sont entièrement cumulables. Si vous avez plus de 65 ans et que vos ressources sont modestes, vous bénéficiez d’abord de l’abattement de 10 % sur vos pensions, puis d’un abattement spécial supplémentaire de 2 820 € (si votre revenu net global est inférieur à 17 667 €) ou de 1 411 € (entre 17 667 € et 28 423 €).
L’abattement de 10 % s’applique-t-il à la pension de réversion ?
Oui. La pension de réversion est bien concernée par l’abattement de 10 %, au même titre que les pensions de base et complémentaires. En revanche, certaines prestations comme l’ASPA ou les rentes d’accidents du travail en sont exclues.
Que se passe-t-il si mon abattement de 10 % dépasse le plafond de 4 439 € ?
Dans ce cas, l’abattement est plafonné à 4 439 € par foyer fiscal (et non par personne). Cela concerne les retraités dont les pensions annuelles dépassent 44 390 €. La fraction de pension au-delà de ce seuil est intégralement imposable, sans abattement supplémentaire.
Mon conjoint et moi sommes tous les deux retraités : l’abattement de 10 % est-il doublé ?
Non. Le plafond de 4 439 € s’applique au foyer fiscal dans son ensemble, et non par personne. Cela signifie que même si vous êtes tous les deux retraités, l’abattement maximum pour votre foyer reste fixé à 4 439 € sur la totalité de vos pensions cumulées. En revanche, le plancher de 454 € s’applique, lui, par pensionné.
Sources officielles et références
- Légifrance – Loi de finances pour 2026 — texte officiel maintenant l’abattement de 10 % et revalorisé les plafonds de +0,9 % : consulter la loi de finances 2026
- Légifrance – Article 157 bis du Code général des impôts — base légale de l’abattement spécial pour les retraités modestes de plus de 65 ans et les invalides : consulter l’article 157 bis du CGI
- BOFiP – Bulletin officiel des finances publiques — doctrine administrative sur les abattements spéciaux pour personnes âgées ou invalides : consulter la doctrine BOFiP
- Service-public.gouv.fr – Simulateur d’impôt sur le revenu — outil officiel pour simuler votre imposition après abattement : accéder au simulateur
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Rédactrice web SEO certifiée et freelance depuis 2017, j’écris pour Aide-Sociale.fr depuis 2019. Diplômée d’un BTS Communication et formée aux spécificités de la rédaction web et du SEO, j’ai rédigé plus de 314 articles avec un objectif constant : vulgariser le “langage CAF” et rendre les démarches administratives accessibles à tous. Mon crédo : des contenus sourcés, précis et sans fake news !
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