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Congé de présence parentale : définition et durée
Lorsqu’un enfant souffre d’une maladie grave, d’un handicap lourd, ou a été victime d’un accident ayant de graves conséquences sur son état de santé, la présence soutenue d’un parent à ses côtés peut s’avérer nécessaire, notamment pour effectuer des soins particuliers.
Ainsi, afin de permettre à ces parents d’être aux côtés de leur enfant, un congé particulier a été mis en place : le congé de présence parentale (CPP). Concrètement, il ouvre droit à un crédit de jours d’absence permettant de s’arrêter de travailler pour accompagner son enfant lorsque sa situation le nécessite.
Voici ce qu’il faut savoir sur le CPP :
- Il se présente sous la forme d’un « compte crédit jours » d’une durée de 310 jours ouvrés maximum par enfant et par maladie, accident ou handicap.
- La durée initiale du CPP est équivalente à celle du traitement de l’enfant, mentionnée dans le certificat médical. Lorsque le médecin le prévoit, cette durée fait l’objet d’un réexamen à l’échéance fixée (comprise entre 6 mois et 1 an). Si la durée prévisible excède 1 an, un nouvel examen est réalisé à cette échéance.
- Il est fractionnable et peut donc être utilisé en fonction des besoins de l’enfant : vous pouvez le prendre en une ou plusieurs fois. Dans le secteur privé, il peut être fractionné par demi-journée et/ou transformé en temps partiel avec l’accord de l’employeur.
- Le CPP ouvre un crédit de 310 jours sur 3 ans. Si ce crédit est épuisé avant la fin des 3 ans, un nouveau CPP peut être accordé (jusqu’à 620 jours au total) sous conditions.
- Pendant le congé de présence parentale, le salarié n’est pas rémunéré par son employeur (il peut toutefois percevoir une allocation spécifique) et son contrat de travail est suspendu.
- Le salarié en CPP continue à cumuler des avantages liés à son ancienneté durant son CPP, et tous ses avantages acquis avant le CPP restent valables.
- Le CPP est ouvert aux deux parents, simultanément ou alternativement.
- Votre employeur ne peut pas refuser votre demande de congé de présence parentale si vous respectez les conditions requises et suivez la procédure adaptée.
- À la fin du congé de présence parentale, le ou les parent(s) réintègrent leur emploi précédent ou un emploi similaire, avec une rémunération au moins équivalente à celle qu’ils percevaient avant de poser leur(s) CPP.
Bon à savoir : un salarié a la possibilité de faire don de jours de congés à un parent d’un enfant gravement malade. Ces jours de congés sont alors rémunérés.
Conditions pour bénéficier du congé pour s’occuper de son enfant
Le congé de présence parentale (CPP) est ouvert aux salariés du secteur privé ainsi qu’aux agents de la fonction publique. Aucune condition d’ancienneté n’est exigée pour en bénéficier.
Il est par ailleurs nécessaire de respecter une procédure précise auprès de votre employeur pour bénéficier de ce congé.
Votre enfant, quant à lui, doit :
- Être âgé de moins de 20 ans
- Être à votre charge effective et permanente
- Se trouver dans un état de santé suffisamment grave pour exiger votre présence soutenue à ses côtés (maladie grave, handicap lourd ou victime d’un accident grave) : ces éléments seront « prouvés » par un certificat médical
- Ne pas toucher un salaire brut de plus de 1 117,26 euros par mois
- Ne pas être bénéficiaire, à titre personnel, d’une allocation logement ou d’une prestation familiale
Quelle rémunération pendant un congé de présence parentale ?
Comme évoqué plus haut, les parents qui posent un congé de présence parentale ne sont pas rémunérés par leur employeur pendant la durée de ce congé (sauf dispositions conventionnelles plus favorables).
Cependant, ils peuvent percevoir une allocation spécifique destinée à compenser la perte de revenus liée à cette période particulière. Il s’agit de l’allocation journalière de présence parentale (AJPP).
L’AJPP est versée sans condition de ressources : son montant est donc identique, quel que soit le niveau de revenus des parents qui en font la demande. En 2026, elle s’élève à :
- 66,64 euros par jour
- 33,32 euros par demi-journée
Attention : l’AJPP est versée dans la limite de 22 jours maximum par mois.
Sous certaines conditions, l’AJPP peut être complétée par un complément mensuel destiné à couvrir certaines dépenses liées à l’état de santé de l’enfant (frais spécifiques non pris en charge, transports, soins, etc.).
L’AJPP n’est pas cumulable avec certaines prestations ou indemnités (indemnités journalières maladie, maternité, paternité, pension d’invalidité ou de retraite, AAH à titre personnel, etc.).
Pour percevoir l’AJPP, vous devez en faire la demande auprès de la CAF ou de la MSA.
Découvrez l’indemnisation AJPP journée par journée : montants 2026, conditions et formulaire de demande.
Faire une demande de congé de présence parentale
Pour faire une première demande de congé de présence parentale, vous devez suivre les étapes suivantes :
- Vous devez obtenir un certificat médical auprès du médecin de votre enfant. Celui-ci devra :
- Attester de la gravité de l’état de santé de votre enfant
- Attester de la nécessité de votre présence soutenue pour effectuer des soins contraignants
- Mentionner la durée prévisible du traitement
- Au moins 15 jours avant la date souhaitée de début du CPP, vous devez adresser une demande écrite de congé de présence parentale à votre employeur (ou votre responsable RH) : vous pouvez le faire par lettre recommandée avec accusé de réception ou par remise en main propre contre décharge. Il est nécessaire de joindre le certificat médical à votre courrier de demande de CPP.
- Si vous prenez votre CPP de manière fractionnée, vous devez informer votre employeur au moins 48 heures à l’avance à chaque fois que vous voulez prendre un ou plusieurs jours de congé dans le cadre de votre CPP. Attention : si vous travaillez dans la fonction publique, vous avez l’obligation de fournir à votre employeur, au moins 15 jours avant le début de chaque mois, un calendrier mensuel de vos journées de CPP.
Point important : en cas de dégradation soudaine de l’état de santé de votre enfant, vous n’êtes pas tenu de respecter les délais de prévenance de votre employeur.
Ensuite, si votre congé de présence parentale est prolongé au-delà de la date mentionnée dans le premier certificat médical ou s’il est renouvelé, vous devez en informer votre employeur en respectant la même procédure que pour votre première demande de CPP.
Bon à savoir : si vos ressources diminuent de manière importante au cours de votre congé de présence parentale, vous avez le droit de mettre fin au congé avant le terme prévu. Pour cela, vous devez simplement en informer votre employeur par lettre recommandée minimum un mois avant votre date de reprise si vous êtes salarié, ou minimum 15 jours avant si vous êtes fonctionnaire.
Enfin, sachez que le CPP cesse de plein droit en cas de décès de l’enfant. Dans cette situation aussi, vous devrez informer votre employeur de votre reprise d’activité prochaine en respectant les mêmes délais que ceux mentionnés ci-dessus.
À noter : le congé de présence parentale a des conditions similaires au congé de proche aidant, mais ce dernier peut être pris pour un autre membre de sa famille que son enfant ou pour une personne proche.
FAQ : Vos questions sur le congé de présence parentale
Voici les réponses aux questions les plus fréquentes concernant le congé de présence parentale, son fonctionnement pratique et ses conséquences sur votre situation professionnelle.
Peut-on être licencié pendant un congé de présence parentale ?
Le salarié bénéficie d’une protection particulière pendant son congé. L’employeur ne peut pas rompre le contrat en raison du congé lui-même. En revanche, un licenciement reste possible en cas de faute grave ou d’impossibilité de maintenir le contrat pour un motif étranger à l’état de santé de l’enfant. Toute décision abusive pourrait être contestée devant le conseil de prud’hommes.
Le congé de présence parentale a-t-il un impact sur la retraite ?
La période de congé peut affecter les droits à la retraite puisque le contrat est suspendu et que le salaire n’est plus versé. Toutefois, les parents qui perçoivent l’AJPP pendant leur CPP bénéficient d’une affiliation automatique à l’assurance vieillesse des parents au foyer (AVPF) : la CAF cotise alors à leur place pour la retraite de base, sans condition de ressources. Il est recommandé de vérifier sa situation auprès de sa caisse de retraite pour connaître précisément les conséquences.
Les deux parents peuvent-ils prendre le congé en même temps ?
Oui, les deux parents peuvent bénéficier du dispositif, soit simultanément, soit en alternance, dès lors que chacun remplit les conditions requises. Toutefois, l’allocation journalière est encadrée par un plafond global de jours indemnisables. Une bonne coordination entre les parents permet d’adapter la présence auprès de l’enfant en fonction des besoins médicaux et familiaux.
Peut-on exercer une autre activité professionnelle pendant le congé ?
Le congé de présence parentale implique la suspension de l’activité professionnelle concernée. En principe, il n’est pas compatible avec l’exercice d’une autre activité rémunérée, sauf exceptions très encadrées. L’objectif du dispositif étant d’assurer une présence effective auprès de l’enfant, toute reprise d’activité doit être examinée avec prudence afin d’éviter un risque de remise en cause des droits.
Que se passe-t-il si l’état de santé de l’enfant évolue ?
Si la situation médicale s’aggrave, s’améliore ou nécessite une nouvelle organisation des soins, le parent peut adapter l’utilisation de ses jours de congé dans la limite du crédit disponible. Un nouveau certificat médical peut être exigé pour justifier la poursuite ou la modification du dispositif. Il est conseillé d’informer rapidement l’employeur et l’organisme payeur en cas de changement important.
Le congé de présence parentale est-il compatible avec le télétravail ?
Le dispositif repose sur une suspension ou une réduction de l’activité afin d’assurer une présence soutenue auprès de l’enfant. En pratique, télétravail et congé ne se cumulent pas sur les mêmes périodes. Toutefois, une organisation alternant jours travaillés à distance et jours de congé peut parfois être envisagée, en accord avec l’employeur et dans l’intérêt de l’enfant.
Crédit photo : © Tomsickova / Adobe

Journaliste et rédactrice web avec plus de dix ans d’expérience, Dorothée Pierry a collaboré avec Aide-Sociale.fr de 2017 à 2025. Sa connaissance approfondie des questions juridiques et du dispositif administratif et social en France lui a permis de rédiger 491 articles pour aider les lecteurs à connaître leurs droits et à effectuer leurs démarches.
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