Naviguer dans le système d’indemnisation du chômage à l’étranger tout en envisageant une expérience internationale peut sembler complexe en 2026.

Que vous partiez pour travailler, suivre une formation certifiante ou accompagner votre conjoint, il est indispensable de connaître les règles de France Travail pour sécuriser vos revenus. Selon votre pays de destination, vos droits peuvent être maintenus, suspendus ou exportés.


Allocation chômage et départ à l’étranger : comment ça marche ?

Pour avoir le droit au chômage en France, le principe fondamental reste la résidence sur le territoire. Pour bénéficier des allocations, vous devez remplir les conditions habituelles :

    • Avoir travaillé au moins 6 mois (130 jours ou 910 heures) sur les 24 derniers mois.
    • Être inscrit comme demandeur d’emploi auprès de France Travail.
    • Justifier de démarches de recherche d’emploi effectives.
    • Résider physiquement en France (au moins 6 mois par an).

Toutefois, le chômage à l’étranger est possible grâce à des dispositifs spécifiques qui permettent de déroger à cette règle de résidence, principalement au sein de l’espace européen. Voici les différents cas de figure détaillés.

 

Chômage à l’étranger pour travailler hors de France

Si vous partez chercher un emploi hors des frontières françaises, les règles de votre indemnisation dépendent directement de votre pays de destination. On distingue deux situations principales.

 

Rechercher un emploi en Europe (UE, EEE et Suisse)

Grâce aux accords européens, vous pouvez “exporter” vos droits et continuer à percevoir vos allocations françaises pendant votre prospection. Pour bénéficier de ce maintien du chômage à l’étranger, vous devez :

    • Le formulaire U2 : Demander ce document indispensable à votre conseiller France Travail avant votre départ.
    • Délai de 7 jours : Vous inscrire comme demandeur d’emploi dans le pays d’accueil dans la semaine suivant votre départ de France.
    • Contrôle local : Respecter les règles de contrôle de la recherche d’emploi de l’État étranger où vous résidez
    • Durée : Le maintien est de 3 mois (renouvelable jusqu’à 6 mois sous conditions).

 

Partir travailler hors de la zone européenne

Si vous quittez l’Europe, le versement de vos allocations est automatiquement suspendu car vous ne résidez plus en France. Cependant, vos droits ne sont pas supprimés :

    • Le report des droits : Vos allocations restantes sont mises en “pause”.
    • Le délai de 4 ans : Vous pouvez reprendre le versement de votre reliquat à votre retour en France, à condition que celui-ci intervienne dans un délai de 4 ans maximum après votre dernier contrat de travail.

À noter : La démission pour convenance personnelle (partir sans embauche garantie) n’ouvre pas droit au chômage. Vérifiez toujours si votre situation permet une démission légitime avant de quitter votre poste.

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Toucher le chômage à l’étranger pour suivre une formation

Si vous souhaitez monter en compétences hors de France, le maintien de vos droits est possible, mais reste soumis à une validation stricte. Voici les règles de France Travail pour 2026 :

    • La formation doit être validée par France Travail dans le cadre de votre contrat d’engagement
    • Vous devez obtenir une autorisation préalable de France Travail pour suivre cette formation à l’étranger
    • Vous devez rester inscrit comme demandeur d’emploi en France et continuer à actualiser votre situation mensuellement
    • L’organisme où vous réalisez votre formation doit disposer d’une représentation en France

A noter : prenez le temps d’étudier votre projet de formation avec votre conseiller France Travail pour vous assurer du maintien de vos droits lorsque vous serez à l’étranger. En 2026, les budgets de formation à l’étranger sont examinés avec une attention particulière pour vérifier la plus-value réelle sur votre employabilité au retour.

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Chômage et démission pour suivi de conjoint à l’étranger

Quitter son poste pour accompagner un conjoint (époux, partenaire de Pacs ou concubin) muté ou recruté hors de France est l’un des rares cas où la démission est jugée légitime. En 2026, cette reconnaissance permet de protéger vos droits, même si le versement effectif dépend de votre pays de destination.

 

Les conditions pour valider la légitimité du départ

Pour que France Travail accepte d’ouvrir vos droits malgré une démission, vous devez impérativement réunir les éléments suivants :

    • Justifier du lien : Mariage, Pacs ou concubinage (avec preuves de vie commune comme un bail ou des factures jointes).
    • Prouver la mobilité du conjoint : Fournir le nouveau contrat de travail, l’ordre de mutation ou la promesse d’embauche de votre partenaire à l’étranger.
    • Respecter la chronologie : La démission doit être liée au départ du conjoint (un décalage de quelques mois est accepté, par exemple pour finir une année scolaire).

 

Comment percevoir vos allocations une fois à l’étranger ?

Une fois la démission validée, le versement de vos indemnités dépend de votre zone de résidence :

    • Si vous restez en Europe (UE, EEE, Suisse) : Vous pouvez demander le formulaire U2 avant votre départ. Il vous permet d’exporter vos droits et de percevoir vos allocations françaises pendant 3 à 6 mois pendant que vous prospectez sur place.
    • Si vous partez hors Europe : Le versement est suspendu durant toute la durée de votre expatriation. Cependant, vos droits sont conservés en “réserve” pendant 4 ans. Ils redeviendront disponibles dès votre retour définitif en France.

Conseil : Avant de rompre votre contrat, assurez-vous de posséder une preuve écrite de l’embauche de votre conjoint. Sans ce document, votre démission pourrait être requalifiée en “départ volontaire non légitime”.

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Chômage à l’étranger : les règles post-Brexit au Royaume-Uni

Depuis la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne, les travailleurs ne bénéficient plus de la libre circulation des droits sociaux. En 2026, la coordination reste complexe et repose sur des accords spécifiques.

 

Vous partez travailler au Royaume-Uni

Si vous quittez la France pour Londres ou Manchester, sachez que vous ne pouvez plus exporter vos allocations chômage françaises (le formulaire U2 ne s’applique plus). Votre indemnisation sera suspendue durant votre séjour outre-Manche, mais vos droits acquis en France restent préservés pendant 4 ans.

 

Vous revenez en France après avoir travaillé au Royaume-Uni

Pour que vos périodes de travail britanniques soient reconnues à votre retour, la procédure est plus exigeante qu’avec l’UE :

    • Le formulaire U1 : Vous devez impérativement le demander aux autorités britanniques (HMRC) avant votre départ. Il récapitule vos périodes de cotisation au Royaume-Uni.
    • Reprise d’activité : Comme pour tout retour d’expatriation, vous devez retravailler en France (au moins une journée) pour que France Travail puisse ouvrir des droits en incluant vos périodes britanniques.
    • Accords bilatéraux : L’indemnisation dépend de l’application de l’accord de sécurité sociale post-Brexit. Les règles peuvent varier selon votre statut (salarié détaché ou expatrié).

Attention : Les délais pour obtenir le formulaire U1 auprès du HMRC peuvent être longs (plusieurs mois). Anticipez votre demande bien avant la fin de votre contrat au Royaume-Uni pour éviter un blocage à votre retour en France.

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Travailler à Monaco : les règles spécifiques de l’indemnisation

La Principauté de Monaco dispose d’un régime de sécurité sociale propre, mais une convention bilatérale lie le chômage monégasque au système français. En 2026, les travailleurs frontaliers et les résidents français restent protégés par des accords spécifiques.

    • Travailleurs français à Monaco : en cas de perte d’emploi, les travailleurs français cotisant à Monaco ne perçoivent pas d’allocations chômage de la Principauté. En revanche, ils peuvent demander l’allocation chômage en France, dans la mesure où c’est l’Assurance chômage française qui indemnise les demandeurs d’emploi ayant travaillé à Monaco.
    • Conditions d’indemnisation : pour ouvrir des droits au chômage, il faut s’inscrire auprès de France Travail et fournir l’attestation de fin de contrat délivrée par l’employeur monégasque.
    • Montant et durée des allocations : les allocations sont calculées selon les règles françaises, sur la base des salaires perçus à Monaco.

À noter : Les travailleurs de nationalité monégasque résidant en France bénéficient des mêmes dispositions. La clé du dossier est votre lieu de résidence : c’est lui qui détermine que France Travail est votre interlocuteur unique.

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Chômage au retour en France après une période à l’étranger

Vous rentrez en France après avoir exercé une activité professionnelle à l’étranger ? Pour que vos périodes de travail soient prises en compte par France Travail, la procédure dépend de votre pays de provenance.

 

Retour d’un pays de l’Union européenne, de l’EEE ou de Suisse

Vos périodes d’emploi en Europe peuvent être totalisées avec vos périodes françaises pour ouvrir ou recharger vos droits. La règle d’or en 2026 :

    • Le formulaire U1 : Avant de quitter votre pays d’emploi, demandez ce document auprès de l’organisme de chômage local. Il atteste de vos périodes d’assurance et de vos salaires.
    • Travailler en France : Pour que le formulaire U1 soit activé, vous devez impérativement retravailler en France après votre retour (ne serait-ce qu’une seule journée de contrat).
    • Délai : Inscrivez-vous à France Travail dès votre retour pour ne pas perdre de temps sur le calcul de vos droits.

 

Retour d’un pays hors zone européenne

Si vous revenez d’un pays hors UE/EEE/Suisse (comme le Canada, les USA ou l’Australie), l’indemnisation est plus complexe :

    • Accords bilatéraux : L’ouverture de droits dépend des accords de sécurité sociale signés entre la France et le pays concerné.
    • Reliquat de droits : Si vous aviez des droits ouverts en France avant votre départ et que vous rentrez dans un délai de 4 ans, vous pouvez demander la reprise de ces allocations (“reliquat”).

Conseil pratique : Conservez précieusement tous vos contrats de travail, bulletins de salaire et certificats d’employeur étrangers. Ces pièces justificatives vous seront demandées en complément des formulaires officiels lors de votre premier rendez-vous France Travail.

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Vos questions pratiques sur le chômage à l’étranger

Partir à l’étranger ou en revenir soulève souvent les mêmes interrogations. Voici des réponses simples et directes pour vous aider à préparer votre projet sereinement.

 

Est-ce que je perds mes allocations chômage si je pars vivre à l’étranger ?

Non, votre argent n’est pas perdu, il est “mis en pause“. France Travail arrête les versements dès que vous quittez la France, mais vos mois d’allocations restants sont conservés. Vous pourrez les récupérer à votre retour définitif, à condition de vous réinscrire dans un délai de 4 ans.

 

Je n’ai pas trouvé de travail en Europe au bout de 3 mois, que se passe-t-il ?

Si vous avez utilisé le formulaire U2 pour chercher du travail en Europe, le versement s’arrête généralement après 3 mois. Pour retrouver vos allocations, vous devez rentrer en France. Si vous décidez de rester sur place, vos droits français seront suspendus jusqu’à votre retour effectif au pays.

 

Puis-je partir à l’étranger pour suivre une formation ?

Attention, pour continuer à percevoir vos allocations, la formation doit être obligatoirement validée par votre conseiller France Travail avant votre départ. Si vous partez suivre un cursus sans accord préalable, vous ne serez plus considéré comme “disponible pour chercher un emploi” et vos versements seront coupés.

 

J’ai démissionné pour suivre mon conjoint, vais-je toucher le chômage ?

Tout dépend de votre destination. En Europe, vous pouvez demander à recevoir vos allocations pendant 3 mois pour chercher du travail sur place. Hors Europe, vos droits sont bien ouverts grâce à votre démission légitime, mais le paiement ne se déclenchera qu’à votre retour définitif en France si vous n’avez pas retrouvé de poste entre-temps.

Un doute sur votre situation ? Avant de boucler vos valises, envoyez un message à votre conseiller depuis votre espace personnel. Une réponse écrite vous permettra de partir l’esprit tranquille.

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Crédit photo : © New Africa / Adobe


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