Non, travailler le dimanche n’est pas automatiquement payé double : la loi n’impose une majoration de salaire que dans des situations précises. Dans les commerces alimentaires de plus de 400 m², la majoration est d’au moins 30 % après 13h. Dans le cadre des « dimanches du maire » (12 par an maximum) ou d’une dérogation sans accord collectif, votre rémunération est au moins doublée, avec un repos compensateur équivalent, un peu comme pour la majoration prévue en cas d’heures supplémentaires. En dehors de ces cas, tout dépend de votre convention collective, y compris pour connaître votre taux horaire majoré exact.


Récapitulatif : rémunération du travail le dimanche

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Vérifié par Séverine Burel
Séverine Burel
Alimentaire >400 m²
Majoration après 13h
+ 30 % minimum
Dimanches du maire
Rémunération
Doublée + repos
🛒

Commerce alimentaire ≤ 400 m² : aucune majoration légale obligatoire, sauf accord de l’employeur ou convention collective plus favorable.

🏙️

Zone touristique (ZTI/ZC) : majoration fixée par accord collectif ; à défaut d’accord, la décision unilatérale de l’employeur doit prévoir une rémunération au moins doublée.

⚠️

Autres secteurs (santé, culture, presse…) : majoration peu probable, sauf disposition conventionnelle ou contractuelle plus favorable.

💡

Mon conseil d’experte : avant de signer un avenant « travail le dimanche », vérifiez toujours votre convention collective : elle prévoit souvent une majoration plus favorable que le minimum légal.

aide-sociale.fr

Est-on payé double le dimanche ?

Être payé le double en travaillant le dimanche est une idée reçue. Une majoration de salaire n’est pas imposée par la loi française, même si vous travailler le dimanche de façon occasionnellement ou toutes les semaines.

Travailler le dimanche peut être courant dans certains secteurs du commerce de détail ou alimentaire : restaurants, hôtels, boulangeries, magasin de bricolage, jardinerie…

Le travail le dimanche peut également être fréquent dans les secteurs d’activités où les établissements restent ouverts le dimanche pour les besoins d’accueil du public : établissements de santé, établissements culturels… C’est notamment le cas de certains métiers paramédicaux et de la petite enfance hospitalière, comme le montre notre guide sur le salaire d’une auxiliaire de puériculture.

Votre salaire n’est pas obligatoirement majoré, et ce quel que soit le secteur. Mais votre contrat de travail ou votre convention collective peut prévoir une compensation comme une majoration de salaire ou un repos supplémentaire.

 

Comment calculer son taux horaire majoré le dimanche ?

Le calcul du taux horaire dimanche dépend uniquement du pourcentage de majoration applicable à votre situation : il s’ajoute à votre taux horaire habituel, avant toute autre majoration (nuit, jour férié…).

Par exemple, pour un taux horaire brut de 12 €, une majoration de 30 % porte votre rémunération dominicale à 15,60 € brut de l’heure. Avec une majoration de 100 % (dimanche du maire), ce même taux horaire est doublé, soit 24 € brut de l’heure.

Pour un salarié mensualisé, la majoration se calcule heure par heure sur le temps réellement travaillé le dimanche, en plus du salaire mensuel habituel — elle n’est jamais absorbée dans le forfait mensuel.

Séverine Burel

La démarche pas à pas
Séverine Burel, conseillère en aides sociales
1
Identifiez le type de dérogation dont bénéficie votre employeur (alimentaire, zone touristique, dimanche du maire, autre secteur) : c’est elle qui détermine si une majoration est due.
2
Consultez votre convention collective ou votre contrat de travail : de nombreux accords prévoient une majoration plus favorable que le minimum légal, même quand la loi n’en impose aucune.
3
En cas de doute sur votre bulletin de paie, rapprochez-vous de votre service RH ou d’un délégué syndical avant de saisir l’inspection du travail.

 

Rémunération du travail dominical dans les commerces de détail

Dans le secteur du commerce de détail, travailler le dimanche est possible grâce à de nombreuses dérogations. Il peut être mis en place de façon obligatoire ou facultative. Ce travail dominical peut imposer dans certains cas des mesures de compensation, dont une majoration de salaire.

 

Travailler le dimanche dans un commerce de détail alimentaire

Selon le type de commerce alimentaire (générale, consommation immédiate…), vous pouvez être amené(e) à travailler le dimanche avec des conditions qui varient :

Commerce fabriquant sur place des produits alimentaires destinés à une consommation immédiate (pâtisserie, boulangerie) :

Vous pouvez être obligé(e) de travailler le dimanche si votre employeur vous le demande.

Dans cette situation, vous n’êtes généralement pas payé plus et vous ne bénéficiez pas de compensation par un repos supplémentaire.

Mais, une majoration de votre rémunération et/ou des mesures compensation (repos supplémentaire par exemple) peuvent être prévues dans des dispositions conventionnelles ou collectives ou un accord de l’employeur.

Autres commerces (alimentation générale, boucherie, fromagerie…)

Les conditions évoluent selon la surface de vente du commerce.

Si la surface de vente du commerce est supérieure à 400 m2 (super ou hyper marché) :

Si vous travaillez dans ce type de commerce, vous êtes obligé de travailler le dimanche si la demande provient de votre employeur, et ce jusqu’à 13h maximum.

Vous pouvez également être obligé(e) de travailler après 13h si vous travaillez dans un commerce situé dans l’une des zones suivantes :

    • Zone touristique, zone touristique internationale (ZTI) ou zone commerciale
    • Gare avec une affluence exceptionnelle

Dans cette situation, à partir de 13h, vous bénéficiez d’une majoration de salaire d’au moins 30%.

Si la surface de vente du commerce est inférieure ou égale à 400 m2 :

Vous pouvez être obligé(e) de travailler le dimanche à la demande de votre employeur, jusqu’à 13h maximum.

Si vous exercez un emploi dans un commerce localisé dans une zone touristique internationale ou dans une gare ayant une affluence exceptionnelle, vous pouvez être dans l’obligation de travailler après 13h.

Si vous êtes concerné, vous bénéficiez de conditions spécifiques applicables aux commerces situés dans ces zones à partir de 13h.

Votre salaire n’est pas automatiquement majoré après 13h, mais une majoration est possible si accord de l’employeur ou des dispositions collectives ou conventionnelles.

 

Salaire le dimanche dans un autre commerce de détail

Si vous travaillez dans un commerce de détail hors alimentaire, vous pouvez être amené(e) à travailler le dimanche selon l’origine de la dérogation.

Les dérogations au principe du repos le dimanche sont possiblement accordées dans différentes situations et entraînent des conditions de rémunérations différentes.

Ouverture de l’établissement en raison des contraintes de l’activité, de la production ou des besoins du public (commerces de meubles ou de bricolage, fleuriste…)

Vous pouvez être dans l’obligation de travailler le dimanche, à la demande de votre employeur.

Dans ce cas, la majoration de votre rémunération et/ou du repos compensatoire ne sont pas obligatoires. Toutefois, un accord de l’employeur ou des dispositions conventionnelles ou collectives peut prévoir un salaire majoré ou des mesures de compensation.

Ouverture possible sur décision du Maire

Le Maire de la commune peut prévoir des dérogations au repos dominical pour les commerces habituellement fermés le dimanche. Le nombre maximum de dérogations est de 12 dimanches par an. La liste des dimanches concernés doit être fixée avant le 31 décembre de l’année précédente.

Vous pouvez refuser de travailler le dimanche. En revanche, cela ne peut pas constituer une faute ou n’est en aucun cas un motif de licenciement.

Si vous acceptez de travailler le dimanche, vous devez l’indiquer par écrit. Votre rémunération devra être 2 fois supérieure à la normale et vous obtiendrez également une journée de repos. La règle est alors la suivante : une journée de compensation pour une journée de travaillée un dimanche.

Ouverture possible sur décision du Préfet

Les dérogations préfectorales ont pour objectif d’éviter un préjudice au public ou au fonctionnement normal de l’établissement.

Une majoration de salaire est possible (accord employeur, convention collective…), mais non obligatoire.

Localisation du commerce dans une zone touristique ou une zone touristique internationale ou une zone commerciale ou une gare avec une affluence exceptionnelle

Vous pouvez refuser de travailler le dimanche sans risquer une faute ou un licenciement. Vous devez signifier à l’employeur votre accord par voie manuscrite.

Si vous travaillez le dimanche, votre salaire est majoré. Le taux de la majoration est fixé par un accord collectif, territorial ou négocié. À défaut d’accord, la décision unilatérale de l’employeur (après avis du CSE et approbation par référendum des salariés concernés) doit prévoir une rémunération au moins doublée, ainsi qu’un repos compensateur équivalent.

 

Rémunération du travail le dimanche dans les autres secteurs

Si vous travaillez dans un autre secteur que le commerce, vous pouvez également devoir travailler le dimanche. Les dérogations au principe du repos dominical sont les suivantes :

Une dérogation liée aux besoins du public ou aux contraintes de production ou d’activité

Si vous exercez dans une entreprise ou un établissement des secteurs suivants, vous pouvez être amené(e) à travailler le dimanche :

    • Activités culturelles, récréatives et sportives (matches, spectacles, casinos, musées, expositions, parcs d’attractions…)
    • Établissements de santé et de soin
    • Entreprise de journaux et d’information

Dans cette situation, la majoration de salaire est peu probable étant donné le secteur d’activité dans lequel vous travaillez. Ces établissements fonctionnant en continu recourent aussi souvent à l’astreinte le week-end, qui donne droit, elle, à une compensation obligatoire : découvrez le calcul de la prime d’astreinte.

Une dérogation prévue par la convention collective

L’établissement pour lequel vous travaillez peut être autorisé à déroger au repos dominical par la convention collective. Cette autorisation est possible lorsque le travail est organisé de façon continue sur l’ensemble de la semaine pour des motifs économiques (par exemple une entreprise industrielle).

Dans cette situation, des contreparties sont fixées par la convention collective, dont une possible majoration de salaire.

 

Questions fréquentes sur le travail le dimanche

Au-delà de la question de la majoration de salaire, voici les autres interrogations les plus fréquentes des salariés amenés à travailler le dimanche.

 

Peut-on refuser de travailler le dimanche ?

Cela dépend de la dérogation. Dans les zones touristiques, ZTI et pour les « dimanches du maire », le volontariat écrit est obligatoire : vous pouvez refuser sans risquer une sanction. En revanche, si le dimanche fait partie de votre planning habituel prévu au contrat (dérogation permanente), un refus peut être considéré comme une faute.

 

Un salarié en intérim ou en CDD peut-il travailler le dimanche ?

Oui, les règles de majoration et de repos compensateur s’appliquent de la même façon qu’en CDI, dès lors que le poste relève d’une dérogation au repos dominical. L’entreprise utilisatrice ou l’employeur doit respecter les mêmes contreparties prévues par sa convention collective.

 

Un apprenti mineur peut-il travailler le dimanche ?

Seuls certains secteurs autorisent le travail dominical des apprentis mineurs : hôtellerie-restauration, boulangerie-pâtisserie, boucherie, poissonnerie, jardinerie notamment. Chaque salarié de moins de 18 ans bénéficie alors d’un repos hebdomadaire minimal de deux jours consécutifs, dont l’un peut être fixé le dimanche selon le planning de l’établissement.

 

La majoration du dimanche se cumule-t-elle avec celle des heures supplémentaires ?

Oui : si les heures effectuées le dimanche sont aussi des heures supplémentaires, les deux majorations s’additionnent normalement, sauf si votre convention collective prévoit explicitement une règle de non-cumul entre ces deux dispositifs. Vérifiez ce point précis directement dans les dispositions applicables à votre secteur d’activité.

 

Le repos compensateur du dimanche peut-il être remplacé par une prime ?

Non, quand la loi impose un repos compensateur (dimanche du maire, dérogation préfectorale, commerce alimentaire…), l’employeur ne peut pas s’en dispenser en versant une prime à la place. Le repos doit être accordé dans les délais prévus, généralement par roulement et par quinzaine.

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Sources officielles et références

Crédit photo : © Onidji / Adobe


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