SOMMAIRE
Prime carburant employeur : de quoi s’agit-il ?
La prime carburant employeur, aussi appelée prime de transport, est une prise en charge facultative par l’entreprise des frais de carburant ou d’alimentation des véhicules personnels utilisés par les salariés pour leurs trajets domicile-travail. Elle est encadrée par l’article L. 3261-3 du Code du travail et détaillée sur la fiche officielle de Service-Public. Pour un panorama complet des aides pour payer l’essence, consultez notre guide dédié.
Cette prime peut concerner les véhicules suivants :
- Thermiques (essence, diesel, GPL)
- Électriques
- Hybrides rechargeables
- À hydrogène
Aucune demande auprès de l’administration fiscale ou de la CAF n’est possible : tout passe par l’employeur. La prime peut être versée de plusieurs façons :
- Un montant additionnel sur le bulletin de salaire
- Un remboursement des frais réels
- Des titres-mobilité (moyen de paiement dématérialisé, sur le modèle du ticket-restaurant)
Exemple : Karim, technicien dans une entreprise de maintenance, fait 25 km aller-retour chaque jour avec sa voiture diesel. Son employeur décide en septembre 2026 de verser une prime carburant de 50 € par mois à tous les salariés venant en voiture. Karim la voit apparaître sur sa fiche de paie, sans impôt ni cotisations dans la limite du plafond annuel.
Quel est le plafond de la prime carburant employeur en 2026 ?
La loi ne fixe ni montant minimum, ni montant maximum : l’employeur choisit librement la somme versée. Ce qui est plafonné, c’est la part qui échappe à l’impôt et aux cotisations. Ce plafond a beaucoup bougé cette année : 300 € en 2025, 600 € en 2026, et 1 000 € annoncés le 22 septembre.
600 € sans impôt ni cotisations pour les primes versées en 2026
Pour les primes versées jusqu’au 31 décembre 2026, la prime carburant est exonérée d’impôt sur le revenu et de cotisations sociales jusqu’à 600 € par an et par salarié, quel que soit le véhicule. L’Urssaf et le Bulletin officiel de la Sécurité sociale l’ont confirmé en août pour les cotisations, puis le ministère de l’Économie en septembre pour l’impôt. Le décret et l’arrêté qui doivent l’officialiser ne sont pas encore parus, mais les employeurs peuvent appliquer ce plafond dès maintenant.
| Type de véhicule | 2025 | 2026 | Annoncé le 22/09/2026 |
|---|---|---|---|
| Thermique (essence, diesel, GPL) | 300 €/an | 600 €/an | 1 000 €/an |
| Électrique, hybride rechargeable ou hydrogène | 600 €/an | 600 €/an | 1 000 €/an |
Exemple : Julie utilise sa voiture essence pour aller travailler. Son employeur lui verse une prime carburant de 700 € sur l’année 2026.
- Avec le plafond actuel de 600 € : les 600 premiers euros ne sont ni imposés ni soumis à cotisations. Les 100 € restants sont traités comme du salaire : ils supportent des cotisations et s’ajoutent à son revenu imposable.
- Si le plafond de 1 000 € entre en vigueur : la totalité des 700 € serait exonérée. Son employeur pourrait même aller jusqu’à 1 000 € sans que Julie paie d’impôt ou de cotisations sur cette somme.
- Et au-delà ? Si son employeur lui versait 1 200 €, seuls les 200 € dépassant le plafond de 1 000 € seraient soumis à cotisations et imposables.
Le relèvement du plafond ne change pas le montant versé : il permet seulement à l’employeur de verser davantage sans surcoût de charges. C’est donc à l’entreprise de décider d’augmenter ou non la prime.
Prime carburant à 1 000 € : ce qui a été annoncé, ce qui reste à confirmer
Le 22 septembre 2026, le ministre des PME Serge Papin a annoncé que le plafond passerait de 600 € à 1 000 € par an, toujours sans impôt ni charges sociales, dans le cadre du nouveau plan carburants du gouvernement.
Deux points restent à préciser : la date d’entrée en vigueur et le texte qui la mettra en œuvre. En attendant, c’est le plafond de 600 € qui s’applique. Nous mettrons cet article à jour dès la publication des textes.
À noter : pour réduire durablement vos frais d’énergie, regardez aussi la prime au rétrofit ou les aides pour l’installation d’un boîtier bioéthanol.
Prime carburant 2026 : quels salariés peuvent en bénéficier ?
Pour 2026, l’accès à la prime carburant a été largement ouvert. Jusqu’au 31 décembre 2026, deux conditions sont suspendues :
- la condition d’absence de desserte : il n’est plus nécessaire que le domicile ou le lieu de travail soit mal desservi par les transports en commun ;
- l’interdiction de cumul avec le remboursement de l’abonnement de transport public par l’employeur.
Concrètement, tout salarié qui utilise son véhicule personnel pour aller travailler peut en bénéficier cette année, y compris en grande agglomération, si son employeur la met en place. Auparavant, environ 1,5 million de salariés seulement y avaient accès.
Trois catégories de salariés restent exclues, quelle que soit leur situation :
- Les salariés bénéficiant d’un véhicule de fonction mis à disposition de façon permanente avec prise en charge du carburant
- Les salariés logés par l’employeur qui n’ont aucun frais de transport pour se rendre au travail
- Les salariés dont le transport domicile-travail est assuré gratuitement par l’entreprise
Le cas des salariés à temps partiel
Lorsque l’entreprise verse la prime carburant, elle doit aussi en faire bénéficier les salariés à temps partiel :
- Durée de travail supérieure ou égale à 50 % du temps complet : même prise en charge qu’un salarié à temps plein
- Durée de travail inférieure à 50 % : prise en charge proportionnelle au nombre d’heures travaillées, rapporté à la moitié de la durée du temps complet
Et à partir du 1er janvier 2027 ?
Les assouplissements de 2026 sont temporaires. Sauf prolongation, les règles habituelles reviendront au 1er janvier 2027 : prime réservée aux salariés sans transport en commun adapté ou aux horaires particuliers, et interdiction de la cumuler avec le remboursement de l’abonnement. Il est donc utile que l’accord ou la décision de l’employeur prévoie une date de fin.
Comment l’employeur met-il en place la prime carburant ?
La prime carburant est instaurée par accord collectif (d’entreprise, inter-entreprises ou de branche) ou, à défaut, par décision unilatérale de l’employeur après consultation du comité social et économique (CSE).
L’employeur n’a aucune obligation de la verser, mais s’il le fait, il doit respecter le principe d’égalité de traitement : les critères d’attribution doivent être objectifs, et tous les salariés dans une situation comparable doivent percevoir la même prise en charge, en fonction de la distance entre leur domicile et leur lieu de travail. Pour les autres dispositifs, consultez notre article sur le remboursement des frais de transport par l’employeur.
Prime carburant employeur et impôt sur le revenu : que faut-il savoir ?
Côté cotisations sociales, la règle est claire pour 2026. Côté impôt sur le revenu, la situation est plus nuancée, et mérite d’être vérifiée sur votre fiche de paie.
Une prime exonérée d’impôt jusqu’à 600 € en 2026
Pour les primes versées en 2026, l’exonération d’impôt sur le revenu suit le plafond social : jusqu’à 600 € par an et par salarié, quel que soit le véhicule. Le ministère de l’Économie l’a confirmé en septembre 2026, alors que le Code général des impôts limitait jusque-là l’exonération à 300 € pour les frais de carburant. Si le plafond de 1 000 € annoncé le 22 septembre entre en vigueur, il s’appliquera lui aussi à l’impôt, selon les annonces du gouvernement.
Concrètement, la part exonérée n’apparaît pas dans votre revenu imposable : vous n’avez rien à déclarer vous-même. Seule la fraction qui dépasse le plafond est ajoutée à votre salaire imposable par l’employeur.
Bon réflexe : vérifiez la ligne « net imposable » de votre bulletin de salaire. C’est ce montant qui sera repris dans votre déclaration de revenus 2026, à remplir au printemps 2027. En cas d’écart avec le montant pré-rempli, c’est votre bulletin qui fait foi.
Déduction des frais réels : attention au double avantage
Si vous optez pour la déduction des frais réels plutôt que pour l’abattement forfaitaire de 10 %, vous devez réintégrer à votre revenu imposable la part exonérée de la prime carburant. Sinon, vous déduiriez deux fois les mêmes dépenses. Pour faire le bon calcul, consultez notre guide sur le calcul des frais réels.
Cumul de la prime carburant avec les autres aides à la mobilité
La prime carburant peut se combiner avec d’autres prises en charge de l’employeur, mais dans des limites qui évoluent en 2026.
Avec le forfait mobilités durables (FMD)
La prime carburant est cumulable avec le forfait mobilités durables, qui finance le vélo, le covoiturage ou l’autopartage. Mais les deux partagent une enveloppe d’exonération commune de 600 € par an. En 2026, un employeur qui verse déjà 600 € de prime carburant remplit donc entièrement cette enveloppe : un FMD versé en plus serait soumis aux cotisations.
Les salariés qui covoiturent pour aller travailler peuvent aussi demander le bonus covoiturage, une aide distincte des dispositifs employeur.
Avec le remboursement de l’abonnement de transport en commun
L’employeur doit rembourser au moins 50 % de l’abonnement de transport public de ses salariés. Habituellement, un salarié ne peut pas toucher à la fois ce remboursement et une prime carburant exonérée. En 2026, ce cumul est exceptionnellement autorisé : un salarié qui prend le train certains jours et sa voiture les autres peut bénéficier des deux, sans perdre l’exonération.
Prime carburant employeur et aide grands rouleurs : quelles différences ?
Ces deux dispositifs sont souvent confondus, mais ils n’ont ni le même financeur, ni les mêmes conditions. Ils sont cumulables : toucher l’un n’empêche pas de demander l’autre.
| Prime carburant employeur | Aide grands rouleurs | |
|---|---|---|
| Qui verse ? | L’employeur | L’État |
| Montant | Libre, exonéré d’impôt et de cotisations jusqu’à 600 €/an en 2026 (1 000 € annoncés) | 100 € pour avril-septembre, puis 100 € pour octobre-décembre 2026 |
| Conditions | Utiliser son véhicule personnel pour aller travailler (conditions assouplies en 2026) | Revenus modestes, au moins 15 km par trajet ou 8 000 km/an pour le travail, véhicule thermique ou hybride non rechargeable |
| Démarche | Auprès de l’employeur ou du service RH | Demande jusqu’au 30 septembre 2026 pour la première aide, versement automatique de la seconde. Nouveau guichet en octobre pour les nouveaux bénéficiaires. |
Le 22 septembre 2026, le gouvernement a aussi annoncé que l’aide grands rouleurs serait élargie à 5,5 millions de personnes à partir d’octobre, grâce à des plafonds de revenus relevés (environ 2 000 € net par mois pour une personne seule). Un nouveau guichet doit ouvrir sur le site des impôts pour ces nouveaux bénéficiaires.
Comment demander la prime carburant à son employeur ?
Toutes les démarches se font en interne, auprès de votre employeur. Voici les étapes à suivre :
- Étape 1 : renseignez-vous auprès du service RH, du CSE ou dans votre convention collective pour savoir si une prime carburant est prévue
- Étape 2 : si rien n’existe, faites une demande écrite en rappelant que les conditions sont assouplies jusqu’au 31 décembre 2026
- Étape 3 : préparez les justificatifs éventuellement demandés (adresse, carte grise, attestation de trajet domicile-travail)
- Étape 4 : vérifiez que la prime apparaît bien sur votre bulletin de salaire
- Étape 5 : contrôlez la ligne « net imposable » et conservez vos bulletins pour votre déclaration de revenus
En cas d’anomalie (prime absente alors qu’elle est prévue, montant différent de celui de vos collègues dans la même situation), signalez-le d’abord au service RH. Si le problème persiste, vous pouvez vous adresser au CSE ou à l’inspection du travail.
Questions fréquentes sur la prime carburant employeur
Voici les réponses aux autres questions souvent posées sur la prime carburant versée par l’employeur en 2026.
La prime carburant concerne-t-elle les deux-roues motorisés ?
Oui. La prime carburant couvre les frais de carburant ou de recharge du véhicule personnel utilisé pour les trajets domicile-travail, qu’il s’agisse d’une voiture, d’un scooter ou d’une moto. Un salarié qui vient travailler en deux-roues motorisé peut donc en bénéficier, dans les mêmes conditions et avec les mêmes plafonds d’exonération qu’un automobiliste.
Les apprentis et les intérimaires peuvent-ils toucher la prime carburant ?
Oui, la prime s’adresse à tous les salariés, en CDI comme en CDD, y compris les apprentis. Pour un intérimaire, c’est l’entreprise de travail temporaire, son employeur, qui peut la verser. Dans tous les cas, la prime n’est due que si l’employeur l’a mise en place par accord ou par décision unilatérale.
La prime carburant est-elle versée chaque mois ?
Pas nécessairement. L’employeur choisit la périodicité : versement mensuel, trimestriel ou en une seule fois dans l’année. Ce calendrier doit être précisé dans l’accord ou la décision qui instaure la prime. En 2026, seules les primes versées avant le 31 décembre profitent du plafond relevé et des conditions assouplies.
L’employeur peut-il supprimer la prime carburant ?
Cela dépend de la façon dont elle a été instaurée. Si elle résulte d’une décision unilatérale, l’employeur peut y mettre fin en informant le CSE et les salariés dans un délai raisonnable. Si elle est prévue par un accord collectif, il faut réviser ou dénoncer cet accord. Une prime prévue uniquement pour 2026 s’arrête à la date indiquée.
Faut-il fournir des tickets de carburant pour toucher la prime ?
En règle générale, non. La prime carburant est calculée de façon forfaitaire, en fonction de la distance domicile-travail, et le gouvernement a annoncé en 2026 une simplification des justificatifs. L’employeur peut toutefois demander un justificatif de domicile, la carte grise du véhicule ou une attestation sur l’honneur des trajets effectués.
Crédit photo : © eakarat / Adobe Stock

Rédactrice sur Aide-Sociale.fr depuis 2018, je mets au service du site une double expertise acquise comme professeure dans l’enseignement spécialisé et élue syndicaliste du personnel. Mon engagement auprès des personnes en situation de vulnérabilité m’a permis de comprendre de l’intérieur les difficultés d’accès aux droits sociaux. J’ai rédigé plus de 185 articles pour rendre les démarches administratives accessibles à tous.
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