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Remboursement des frais de carburant par l’employeur : de quoi s’agit-il ?
Depuis le 1er janvier 2024, la prime carburant employeur a officiellement remplacé l’ancienne indemnité carburant. Il s’agit d’une prise en charge facultative par l’entreprise des frais de carburant ou d’alimentation des véhicules personnels utilisés par les salariés pour leurs trajets domicile/travail. Pour un panorama complet de toutes les aides pour payer l’essence disponibles, consultez notre guide dédié.
Cette aide peut concerner les véhicules suivants :
- Thermiques (essence, diesel, GPL)
- Électriques
- Hybrides rechargeables
- À hydrogène
Contrairement à ce que le nom peut laisser penser, aucune demande auprès de l’administration fiscale ou de la CAF n’est possible : tout passe par l’employeur. Le remboursement des frais d’essence peut être versé de différentes façons :
- Un montant additionnel sur le bulletin de salaire
- Un remboursement des frais réels
- Des titres-mobilité (moyen de paiement dématérialisé, sur le modèle du ticket-restaurant)
En résumé : la prise en charge des frais de carburant est un avantage possible, accordé par l’entreprise, dans le respect d’un cadre légal défini par l’article L. 3261-3 du Code du travail.
Quel montant pour le remboursement des frais d’essence par l’employeur ?
Cette prise en charge reste à l’entière discrétion du chef d’entreprise : le cadre légal ne prévoit ni montant minimum, ni montant maximum. L’employeur fixe librement la somme qu’il souhaite verser à ses salariés éligibles.
Toutefois, cette indemnité carburant employeur doit obligatoirement figurer sur le bulletin de salaire du collaborateur, quelle que soit la forme de versement retenue.
Les plafonds d’exonération à partir de juin 2026
Point essentiel à connaître suite aux annonces du 21 mai 2026 : le plafond d’exonération est désormais unifié à 600 € par an pour tous les types de véhicules :
| Type de véhicule | Plafond d’exonération annuel (depuis juin 2026) | Au-delà du plafond |
|---|---|---|
| Thermique (essence, diesel, GPL) | 600 € par an et par salarié (doublé, contre 300 € avant juin 2026) | Surplus soumis à cotisations et IR |
| Électrique, hybride rechargeable ou hydrogène | 600 € par an et par salarié | Surplus soumis à cotisations et IR |
Tant que la prise en charge ne dépasse pas ces seuils, le salarié ne paie ni impôt sur le revenu ni cotisations sociales sur la somme reçue. L’exonération est automatique, sans démarche particulière auprès de l’administration fiscale.
Exemple : un salarié utilisant un véhicule thermique reçoit 700 € de remboursement carburant de son employeur depuis juin 2026. Les 600 premiers euros sont totalement exonérés ; les 100 € restants sont traités comme un complément de salaire et soumis à l’IR et aux cotisations.
À noter : les salariés qui ont converti leur véhicule thermique en électrique peuvent par ailleurs bénéficier de la prime au rétrofit, ainsi que des aides pour l’installation d’un boitier bioéthanol — deux dispositifs complémentaires pour réduire ses frais d’énergie.
Prise en charge des frais de carburant : qui peut en bénéficier en 2026 ?
C’est l’un des changements majeurs annoncés le 21 mai 2026 par le gouvernement : les conditions d’éligibilité ont été considérablement assouplies à compter de juin 2026. La condition imposant de prouver l’absence d’alternative en transports collectifs est désormais supprimée.
Auparavant, environ 1,5 million de salariés pouvaient y prétendre. Avec la réforme, la quasi-totalité des salariés utilisant leur véhicule personnel pour leurs trajets domicile/travail devient éligible — soit potentiellement 3 millions de bénéficiaires supplémentaires.
Trois catégories de salariés restent systématiquement exclues, quelle que soit leur situation :
- Les salariés bénéficiant d’un véhicule de fonction mis à disposition de façon permanente avec prise en charge du carburant
- Les salariés logés par l’employeur qui n’ont aucun frais de transport pour se rendre au travail
- Les salariés dont le transport domicile/travail est assuré gratuitement par l’entreprise
Le cas des salariés à temps partiel
Les salariés à temps partiel sont également éligibles à la prise en charge des frais de carburant, selon des modalités spécifiques :
- Durée de travail supérieure ou égale à 50 % du temps complet : le salarié perçoit le remboursement dans les mêmes conditions qu’un temps plein
- Durée de travail inférieure à 50 % : la prise en charge est calculée proportionnellement selon la formule suivante : (heures travaillées / 50 % du temps complet) × montant prime temps plein
Comment l’employeur met-il en place le remboursement des frais de carburant ?
C’est par accord collectif (d’entreprise, inter-entreprises ou de branche) ou par décision unilatérale du chef d’entreprise, après consultation du comité social et économique (CSE), que la prise en charge des frais de carburant peut être instaurée.
Si l’employeur n’a aucune obligation légale de mettre en place ce remboursement, il reste soumis au principe d’égalité de traitement : les critères d’attribution doivent être transparents et objectifs. Tous les salariés dont la situation est analogue doivent percevoir la même prise en charge. Pour un état des lieux complet des remboursements de frais de transport par l’employeur, consultez notre article dédié.
Remboursement carburant employeur et impôts : quel régime fiscal en 2026 ?
Comme tout avantage salarial, la prise en charge des frais d’essence par l’employeur est en principe soumise à l’impôt sur le revenu et aux cotisations sociales. Mais la réglementation prévoit un régime d’exonération, sous conditions.
Exonération dans la limite du plafond
À compter de juin 2026, tant que le remboursement des frais de carburant ne dépasse pas 600 € par an — quel que soit le type de véhicule — le salarié ne paie ni impôt sur le revenu, ni cotisations sociales.
La même règle bénéficie à l’employeur : dans la limite de ce plafond, il est exonéré des cotisations patronales sur la somme versée.
À noter pour la déclaration 2026 : celle-ci porte sur les revenus 2025. Si vous avez perçu une indemnité carburant de votre employeur en 2025, les exonérations applicables sont celles de cette année-là (300 € pour un véhicule thermique). Le nouveau plafond de 600 € s’appliquera à partir des revenus perçus en juin 2026.
Déduction des frais réels : attention au cumul
Si un salarié opte pour la déduction des frais réels dans sa déclaration (plutôt que l’abattement forfaitaire de 10 %), il doit déduire du montant déclaré la part de remboursement carburant reçue de son employeur. Ne pas le faire reviendrait à déduire deux fois les mêmes dépenses.
Cumul avec d’autres aides : ce qu’il faut savoir
Cumul avec le forfait mobilités durables (FMD)
La prise en charge des frais de carburant par l’employeur est cumulable avec le forfait mobilités durables (FMD), avec une exonération totale possible dans la limite de 800 € par an (dont maximum 600 € de prise en charge carburant depuis juin 2026).
Tout euro dépassant ce plafond de 800 € devient imposable et soumis aux cotisations sociales.
Les salariés qui pratiquent le covoiturage pour leurs trajets domicile/travail peuvent quant à eux bénéficier du bonus covoiturage, une aide complémentaire cumulable avec les dispositifs employeur.
Cumul avec la prise en charge des abonnements de transport en commun
Si l’employeur rembourse déjà un abonnement aux transports publics, la situation se complexifie. En cas de cumul, le remboursement des frais d’essence par l’entreprise n’est plus exonéré de cotisations sociales. Il est alors considéré comme un complément de salaire et intégré au revenu imposable.
Exception : si la prise en charge de l’abonnement de transport dépasse 900 € par an, le forfait mobilités durables et l’indemnité carburant employeur perdent toute exonération.
Remboursement carburant employeur et aide grands rouleurs : deux dispositifs distincts
Lors de la conférence de presse du 21 mai 2026, le gouvernement a également annoncé un doublement de l’aide grands rouleurs, portée de 50 € à 100 € pour la période juin-août 2026. Ces deux dispositifs répondent à des logiques entièrement différentes et peuvent se compléter.
| Prise en charge employeur | Aide grands rouleurs (juin-août 2026) | |
|---|---|---|
| Qui verse ? | L’employeur | L’État |
| Montant | Libre (exonéré jusqu’à 600 €/an depuis juin 2026) | 100 € (doublé, contre 50 € avant juin 2026) |
| Conditions | Aucune condition géographique depuis juin 2026 | Revenus modestes + 15 km domicile/travail ou 8 000 km/an pro |
| Démarche | Via l’employeur / RH | Sur impots.gouv.fr (formulaire dispo à partir du 27 mai 2026) |
| Cumulable ? | Oui, sous réserve des plafonds d’exonération | |
Si vous êtes salarié utilisant votre véhicule personnel sur de longues distances et que vos revenus sont modestes, vous pouvez potentiellement cumuler les deux dispositifs. Pour tout savoir sur les conditions précises de l’aide d’État, consultez notre article dédié : aide carburant grands rouleurs 2026.
Comment demander le remboursement de ses frais de carburant à son employeur ?
Toutes les démarches se font en interne, auprès de votre employeur. Voici les étapes à suivre :
- Étape 1 : renseignez-vous auprès du service RH ou consultez votre convention collective pour savoir si la prise en charge des frais de carburant est prévue dans votre entreprise
- Étape 2 : vérifiez votre éligibilité — depuis juin 2026, la quasi-totalité des salariés utilisant leur véhicule personnel est concernée
- Étape 3 : préparez les justificatifs éventuellement demandés (attestation de trajet domicile/travail, carte grise, factures de carburant)
- Étape 4 : vérifiez que le remboursement apparaît bien sur votre bulletin de salaire
- Étape 5 : contrôlez l’application des exonérations fiscales et conservez une trace de vos documents
Conseil pratique : en cas d’anomalie (remboursement absent alors que vous êtes éligible, montant incorrect), signalez-le d’abord au service RH. S’il s’agit d’une inégalité de traitement, vous pouvez saisir l’inspection du travail.
Questions fréquentes sur la prise en charge des frais de carburant par l’employeur
Voici les réponses aux questions les plus posées sur le remboursement des frais d’essence par l’entreprise en 2026.
L’employeur est-il obligé de rembourser les frais de carburant de ses salariés ?
Non, la prise en charge des frais de carburant par l’employeur est un dispositif facultatif. L’entreprise n’a aucune obligation légale de le mettre en place. En revanche, si elle est prévue par un accord de branche ou un accord d’entreprise, elle devient obligatoire dans ce cadre et l’employeur ne peut pas la supprimer unilatéralement.
Quel est le nouveau plafond de la prime carburant employeur depuis juin 2026 ?
Depuis juin 2026, le plafond d’exonération est de 600 € par an pour tous les types de véhicules — thermiques, électriques, hybrides et hydrogène. Ce montant a été doublé pour les véhicules thermiques (anciennement limité à 300 €) à la suite des annonces du Premier ministre Sébastien Lecornu le 21 mai 2026, dans le cadre du plan de soutien face à la hausse des prix des carburants.
Peut-on cumuler le remboursement carburant de l’employeur avec l’aide grands rouleurs ?
Oui, les deux dispositifs sont cumulables. La prise en charge par l’employeur est versée par l’entreprise, tandis que l’aide grands rouleurs 2026 est une aide d’État versée par l’administration fiscale (100 € pour la période juin-août 2026, demande à déposer sur impots.gouv.fr à partir du 27 mai). Les conditions et démarches sont entièrement distinctes : percevoir l’une n’empêche pas de solliciter l’autre.
Le remboursement des frais d’essence figure-t-il toujours sur la fiche de paie ?
Oui, quelle que soit la forme de versement (virement, remboursement, titres-mobilité), la prise en charge des frais de carburant doit obligatoirement apparaître sur le bulletin de salaire. En cas d’absence, signalez-le d’abord au service RH ; il peut s’agir d’un simple oubli ou d’un décalage de versement.
La prise en charge des frais de carburant est-elle versée chaque mois ?
Pas nécessairement. L’employeur décide librement de la périodicité : versement mensuel, trimestriel, ou en une seule fois dans l’année. Ce calendrier doit être précisé dans l’accord ou la décision unilatérale qui instaure la prise en charge.
Que faire si le remboursement carburant est accordé de façon inégale entre salariés ?
L’employeur est tenu au principe d’égalité de traitement : des salariés dans des situations comparables doivent percevoir la même prise en charge. En cas d’attribution jugée arbitraire, le salarié peut signaler la situation au CSE, saisir l’inspection du travail, ou consulter un conseiller prud’homal. L’employeur s’expose à une amende de 750 € (personne physique) ou 3 750 € (personne morale).
Crédit photo : © eakarat / Adobe Stock

Rédactrice sur Aide-Sociale.fr depuis 2018, je mets au service du site une double expertise acquise comme professeure dans l’enseignement spécialisé et élue syndicaliste du personnel. Mon engagement auprès des personnes en situation de vulnérabilité m’a permis de comprendre de l’intérieur les difficultés d’accès aux droits sociaux. J’ai rédigé plus de 185 articles pour rendre les démarches administratives accessibles à tous.
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