SOMMAIRE
RMI : définition, création et fonctionnement du revenu minimum d’insertion
Créé en 1988 et remplacé par le RSA en 2009, le RMI n’existe plus aujourd’hui. Voici ce qu’il était, comment il fonctionnait et pourquoi il a disparu.
Que signifie RMI et à quoi servait cette allocation ?
Le RMI, pour revenu minimum d’insertion, a été instauré par la loi du 1er décembre 1988, quelques mois après la réélection de François Mitterrand à la présidence de la République, sous l’impulsion de Michel Rocard, alors Premier ministre. L’idée : offrir un filet de sécurité aux plus démunis en associant une allocation à un parcours d’insertion.
Le RMI est ce que l’on appelle un minima social : une allocation versée par la CAF ou la MSA aux personnes d’au moins 25 ans (ou ayant un enfant à charge ou à naître) dont les ressources étaient inférieures à un plafond fixé selon la composition du foyer. Ce plafond était revalorisé chaque année, mais il restait modeste : en 2008, les 447,91 € garantis à une personne seule représentaient moins de la moitié du seuil de pauvreté, fixé à 949 € par mois par l’Insee.
Le RMI était une allocation différentielle : le montant versé correspondait à la différence entre le montant maximum du RMI et les ressources du foyer. Dès que l’allocataire reprenait un travail (y compris à temps partiel), ses revenus venaient donc réduire l’allocation, hors courte période d’intéressement.
Enfin, en contrepartie, l’allocataire s’engageait dans des actions d’insertion sociale ou professionnelle, formalisées par un contrat d’insertion à signer dans les trois mois suivant le début du versement.
Voici un historique en vidéo de la naissance du RMI
Pourquoi le RMI a-t-il été remplacé par le RSA ?
Dès mai 1989, quelques mois après sa création, le RMI comptait déjà près de 300 000 allocataires. Leur nombre a ensuite fortement progressé, avec environ 780 000 allocataires en 1994, pour atteindre 1,2 million en 2004, dans un contexte de chômage élevé. Il s’agissait le plus souvent de personnes seules et de familles monoparentales.
Le dispositif a été critiqué tout au long de son existence : insertion jugée insuffisante, nombre d’allocataires en hausse et, surtout, effets de seuil, puisque reprendre un petit emploi ne garantissait pas toujours un gain de revenu. Le RMI a été réformé en 2003 (décentralisation vers les départements et création du revenu minimum d’activité), avant d’être remplacé.
Expérimenté dans 34 départements à partir de 2007, le RSA a été créé par la loi du 1er décembre 2008 et est entré en vigueur le 1er juin 2009 en métropole. Son objectif : garantir que tout retour à l’emploi, même minime, augmente les revenus du foyer.
Aujourd’hui, 1,89 million de foyers perçoivent le RSA (chiffre de juin 2026). Et depuis le 1er janvier 2025, la loi pour le plein emploi a profondément fait évoluer le dispositif : inscription automatique et obligatoire à France Travail, signature d’un contrat d’engagement et au moins 15 heures d’activité par semaine, avec une durée qui peut être abaissée (ou une exemption) selon la situation. Pour aller plus loin, consultez notre article sur la réforme du RSA et celui consacré au contrat d’engagement.
Le RMI existe-t-il encore ? Dates de disparition selon les territoires
Non, le RMI n’existe plus : il n’est plus possible d’en faire la demande ni de le percevoir. En métropole, les allocataires de l’époque ont été basculés automatiquement dans le RSA le 1er juin 2009, sans démarche à effectuer : au 30 juin 2009, 80 % des foyers allocataires du RSA étaient d’anciens allocataires du RMI ou de l’allocation de parent isolé (API).
Selon l’Insee, le RMI a ainsi disparu :
- le 31 mai 2009 en France métropolitaine ;
- le 31 décembre 2010 dans les DOM (départements d’outre-mer) ;
- le 31 décembre 2011 à Mayotte.
Quelles sont les différences entre le RMI et le RSA ?
Le RMI et le RSA sont tous deux des minima sociaux qui soutiennent financièrement les personnes en situation de précarité, mais ils présentent des différences importantes :
- Un public plus large : comme le RMI, le RSA s’adresse aux personnes d’au moins 25 ans, ou plus jeunes avec un enfant à charge ou à naître. Il a aussi remplacé l’allocation de parent isolé (API) et la prime de retour à l’emploi, et les 18-24 ans y ont droit sous conditions d’activité professionnelle antérieure.
- La reprise d’emploi : avec le RMI, un dispositif d’intéressement permettait de cumuler temporairement salaire et allocation. Le RSA, lui, n’est pas limité dans le temps : tant que les ressources du foyer restent sous le montant forfaitaire, il est versé. Depuis 2016, le complément pour les personnes qui travaillent n’est plus le « RSA activité » mais la prime d’activité, qui l’a remplacé et peut se cumuler avec le RSA sous conditions de ressources.
- L’accompagnement et les obligations : le RMI reposait sur un contrat d’insertion. Le RSA impose aujourd’hui l’inscription à France Travail, un contrat d’engagement et au moins 15 heures d’activité par semaine (sauf exemption ou durée adaptée), avec un risque de suspension en cas de manquement sans motif légitime.
Quel était le montant du RMI, et combien vaut le RSA en 2026 ?
Le RMI ayant disparu, voici de quoi vous faire une idée de son niveau. Au 1er janvier 2008, le RMI s’élevait à 447,91 € par mois pour une personne seule et à 671,87 € pour un couple sans enfant ou une personne seule avec un enfant. Il a été porté à 454,63 € au 1er janvier 2009, dernier montant avant le passage au RSA, selon l’Insee.
Bon à savoir : comme le RSA aujourd’hui, le RMI dépendait de la composition du foyer. Les ressources du foyer (salaires, allocations chômage, pensions de retraite, prestations familiales, AAH, etc.) étaient déduites du montant maximum, et un forfait logement était retranché pour les personnes qui percevaient une aide au logement.
Aujourd’hui, le RSA est de 651,69 € pour une personne seule depuis la revalorisation de 0,8 % du 1er avril 2026. C’est environ 43 % de plus que le dernier montant du RMI, en euros courants (hors effet de l’inflation). Voici la comparaison selon la composition du foyer :
| Composition du foyer | RMI (au 1er janvier 2008) | RSA (depuis le 1er avril 2026) |
|---|---|---|
| Personne seule | 447,91 € | 651,69 € |
| Couple sans enfant ou personne seule avec 1 enfant | 671,87 € | 977,54 € |
| Couple avec 1 enfant ou personne seule avec 2 enfants | 806,24 € | 1 173,05 € |
| Par personne supplémentaire | + 179,16 € | + 260,68 € |
Il s’agit de montants forfaitaires : les ressources du foyer en sont déduites et, pour le RSA, un forfait logement (78,20 € pour une personne seule) est retranché si vous touchez une aide au logement ou êtes logé gratuitement, d’après le barème de la CAF. Pour aller plus loin, lisez notre article dédié aux montants du RSA.
Conditions d’attribution : le RMI hier, le RSA aujourd’hui
Le RMI et le RSA reposent sur des critères proches, avec quelques évolutions notables.
Quelles étaient les conditions pour toucher le RMI ?
Le RMI n’existe plus : c’est le RSA qui lui a succédé. Voici toutefois un rappel des critères d’éligibilité qui s’appliquaient avant ce changement :
- être âgé de 25 ans ou plus, ou avoir au moins un enfant à charge ou à naître ;
- résider de manière stable et régulière en France (les étrangers non ressortissants de l’Union européenne devaient justifier d’un séjour régulier depuis au moins cinq ans) ;
- disposer de ressources inférieures au montant du RMI correspondant à la composition du foyer : le RMI pouvait donc compléter de faibles revenus d’activité ;
- s’engager dans des actions d’insertion, dans le cadre d’un contrat d’insertion.
Quelles sont les conditions pour toucher le RSA en 2026 ?
Les conditions du RSA sont relativement similaires, mais quelques différences subsistent, selon service-public.gouv.fr :
- avoir au moins 25 ans, sauf exceptions : parents ou futurs parents, et RSA jeune pour les 18-24 ans ayant travaillé 3 214 heures au cours des trois dernières années ;
- résider en France de façon stable et effective, avec des conditions de séjour pour les étrangers : titre de séjour permettant de travailler depuis au moins 5 ans, sauf exceptions (carte de résident, statut de réfugié, etc.). Notre article sur les droits CAF des étrangers détaille chaque cas ;
- avoir des ressources inférieures au montant forfaitaire du RSA, qui varie selon la composition du foyer ;
- être sans emploi ou avoir une activité professionnelle faiblement rémunérée ;
- être inscrit à France Travail (inscription automatique) et signer un contrat d’engagement précisant les actions à mener pour retrouver un emploi ou améliorer sa situation.
Pour en savoir plus sur les conditions (et les nombreuses exceptions), lisez notre article dédié au sujet.
Bon à savoir : avec notre simulateur RSA gratuit et totalement anonyme, vérifiez votre éligibilité au revenu de solidarité active et le montant auquel vous avez droit en quelques clics !
Comment faire une demande de RSA aujourd’hui ?
Le RMI ayant définitivement disparu, il n’est plus possible d’en faire la demande : c’est le RSA qu’il faut demander. Voici les étapes à suivre :
- Vérifiez votre éligibilité avec le simulateur ci-dessus ou en relisant les conditions de ressources.
- Rassemblez les justificatifs à transmettre : pièce d’identité, justificatif de domicile, coordonnées bancaires, dernier avis d’imposition ou de non-imposition, ainsi que les justificatifs de ressources et de charges des trois derniers mois.
- Déposez votre demande en ligne sur le site de la CAF (ou de la MSA si vous y êtes affilié), par courrier avec le formulaire cerfa n°15481 (à envoyer avec le cerfa n°14130), ou sur place à la CAF, aux services du département, dans un CCAS (dans certains cas) ou auprès d’une association habilitée. Vérifiez au préalable que l’organisme est bien compétent pour traiter votre demande.
- Répondez aux démarches qui suivent : une fois votre droit ouvert, vous êtes inscrit automatiquement à France Travail et un contrat d’engagement est à élaborer avec votre organisme référent.
Besoin de plus de détails ? Notre article sur la demande de RSA n’attend que vous !
Questions fréquentes sur le RMI et le RSA
Voici les réponses à quelques questions complémentaires que l’on se pose souvent à propos des dispositifs qui ont précédé ou accompagné le RMI, et du RSA qui lui a succédé.
Que se passait-il avant la création du RMI ?
Avant 1988, les personnes les plus démunies restaient largement exclues des dispositifs de protection sociale existants. Des expérimentations locales de compléments de ressources ont été menées dès 1985, puis le rapport Wresinski a nourri le projet de loi qui a abouti à la création du RMI en décembre 1988.
Qu’est-ce que le RMA, lié au RMI ?
Le revenu minimum d’activité (RMA) a été créé par la loi du 18 décembre 2003 pour faciliter la réinsertion professionnelle des personnes touchant le RMI depuis deux ans ou plus. Cette même loi a également décentralisé le RMI, en confiant son pilotage aux départements.
Le RSA activité existe-t-il encore ?
Non. Le « RSA activité », qui complétait les revenus des personnes qui travaillent, a été remplacé le 1er janvier 2016 par la prime d’activité. Sous conditions de ressources, celle-ci peut se cumuler avec le RSA, qui reste versé aux personnes sans ressources ou aux revenus très faibles.
Le RSA est-il imposable ?
Non, le RSA est exonéré d’impôt sur le revenu en application de l’article 81 du Code général des impôts : il n’entre donc pas dans votre revenu imposable. La prime d’activité n’est pas imposable non plus. Pensez en revanche à déclarer vos ressources trimestrielles à la CAF pour le calcul de vos droits.
D’autres articles peuvent vous intéresser :
Crédit photo : © New Africa / Adobe

Rédactrice web SEO certifiée et freelance depuis 2017, j’écris pour Aide-Sociale.fr depuis 2019. Diplômée d’un BTS Communication et formée aux spécificités de la rédaction web et du SEO, j’ai rédigé plus de 314 articles avec un objectif constant : vulgariser le “langage CAF” et rendre les démarches administratives accessibles à tous. Mon crédo : des contenus sourcés, précis et sans fake news !
Vous voulez partager votre expérience ?


