La création des premières épiceries solidaires et sociales date de plus de vingt ans. Pourtant, elles sont de plus en plus nombreuses à ouvrir leurs portes pour accueillir les plus démunis. Selon l’Observatoire des Épiceries Solidaires 2025, le réseau ANDES compte aujourd’hui 619 épiceries solidaires en France, soit une croissance de 63 % en cinq ans. Chaque année, elles accompagnent plus de 247 000 personnes en situation de précarité et distribuent l’équivalent de 40 millions de repas.

Une épicerie solidaire ou épicerie sociale est bien plus qu’un simple commerce de proximité à prix cassés. Les bénéficiaires y retrouvent des denrées diverses et variées, allant des boîtes de conserve aux fruits et légumes, en passant par des produits d’entretien. Mais l’épicerie solidaire est surtout un vrai lieu d’accueil et d’échange pour sortir de l’isolement. Pour en savoir plus sur l’aide apportée, consultez cette partie.

L’accès à ces commerces se fait exclusivement sous conditions de revenus, permettant ainsi aux travailleurs aux revenus modestes, aux personnes âgées ou encore aux familles monoparentales de subvenir à leurs besoins (plus de détails sur les bénéficiaires).

Pour trouver l’épicerie solidaire la plus proche de chez vous, il est impératif de passer par un travailleur social. Ce dernier vous aidera à monter votre dossier. Si vous souhaitez connaître les modalités d’accès, rendez-vous dans cette partie.

 

Qu’est-ce qu’une épicerie solidaire ? Quelle est l’aide apportée ?

D’un point de vue extérieur, une épicerie solidaire ou une épicerie sociale ressemblent à un commerce de proximité avec des rayons en libre-service. Approvisionnées par les banques alimentaires, les supermarchés et les producteurs locaux, vous pouvez y trouver :

    • Des denrées alimentaires variées et de qualité (fruits et légumes frais, produits laitiers, féculents…)
    • Des produits de la vie courante (produits d’entretien, ustensiles…)
    • Des produits d’hygiène (shampoing, savon, produits pour bébé…)

Les produits des épiceries sociales sont vendus à un coût très faible, entre 10 et 30 % de leur prix dans le commerce. Il n’est donc pas rare de trouver des denrées à un euro symbolique. Un double affichage des prix (prix dans le commerce et prix dans l’épicerie sociale) permet notamment au client bénéficiaire de se rendre compte de la valeur réelle des produits.

Ce qu’il faut savoir sur les épiceries solidaires ou sociales : On parle bien de clients, puisque les personnes bénéficiaires doivent régler leurs achats, contrairement à d’autres aides alimentaires. Mais cette contribution financière n’est pas anodine. Elle permet surtout de préserver la dignité des personnes et la possibilité de choisir librement ses produits, suivant ses envies et ses besoins.

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Un lieu d’accompagnement et de soutien

Les épiceries solidaires ou sociales sont aussi et surtout un véritable lieu d’accueil, d’aide et d’échange. De nombreuses personnes en situation de précarité souffrent de solitude et d’isolement, entraînant un véritable cercle vicieux.

Vous y trouverez des bénévoles avec qui parler, avec qui échanger sur des sujets délicats comme la santé, l’emploi, le logement… Cela permet de rencontrer d’autres personnes et de sortir de son quotidien.

Dans cette optique, de nombreuses épiceries solidaires organisent des ateliers d’informations sur la nutrition et l’équilibre alimentaire, la santé, la citoyenneté. De plus, des activités sont également accessibles : atelier couture, atelier bricolage, participation aux repas partagés… Cela est également le cas avec l’aide alimentaire des Restos du Cœur.

Le rôle d’une épicerie solidaire est donc bien plus large que celui d’un simple distributeur alimentaire. Découvrez également les auto-écoles solidaires dont le rôle ne se cantonne pas simplement au passage du permis de conduire.

 

Quelle différence entre épicerie sociale et épicerie solidaire ?

La confusion est fréquente, et pour cause : leurs missions sont absolument identiques. Les deux proposent des produits alimentaires et du quotidien à prix très réduits à des personnes en situation de précarité, dans un cadre convivial avec accompagnement social.

La seule distinction réside dans leur structure porteuse :

    • L’épicerie sociale est portée par une collectivité publique : mairie, CCAS (Centre Communal d’Action Sociale) ou établissement public.
    • L’épicerie solidaire dépend d’une association, souvent affiliée à un réseau national comme ANDES, la Croix-Rouge ou le Secours Catholique.

Dans les deux cas, les personnes bénéficiaires y ont le même statut de client, paient une participation symbolique et bénéficient d’un accompagnement personnalisé. En pratique, vous pouvez utiliser les deux termes indifféremment.

 

Les épiceries solidaires en mixité de public

Certaines épiceries accueillent aussi des « solidaires » : des citoyens qui ne sont pas en situation de précarité mais choisissent de soutenir la structure via une adhésion annuelle ou des achats à prix normal. Ces achats permettent de subventionner les tarifs pratiqués envers les bénéficiaires et d’encourager la mixité sociale — très bénéfique pour tous. Ces solidaires peuvent également s’engager comme bénévoles.

 

Séverine Burel

Notre conseil
Séverine Burel, conseillère en aides sociales
Avant votre premier entretien avec le travailleur social, rassemblez vos justificatifs de revenus (avis d’imposition, bulletins de salaire, attestations CAF) et vos principales factures (loyer, énergie, téléphone). Cela permettra de calculer votre reste à vivre avec précision et d’accélérer l’instruction de votre dossier. L’accès est étudié avec bienveillance — n’attendez pas d’être dans une situation extrême pour faire la démarche.

 

Comment fonctionnent les épiceries sociales et solidaires ?

La situation financière est étudiée

L’accès à toute épicerie, qu’elle soit solidaire ou sociale, dépend de la situation financière du demandeur. L’objectif étant de soutenir les personnes rencontrant des difficultés financières importantes, elles s’adressent donc aux foyers possédant de faibles revenus.

Voici par exemple 2 éléments qui peuvent être étudiés :

    • Le calcul du reste à vivre : il se calcule de la façon suivante : Montant des ressources − Montant des charges / Nombre de personnes dans le foyer. Chaque épicerie fonctionne de manière différente. Généralement, pour avoir accès à l’épicerie solidaire, ce reste à vivre doit se situer en dessous de 7 euros par jour et par personne. Selon l’Observatoire 2025, plus de 9 épiceries sur 10 utilisent ce critère comme principal indicateur d’accès.
    • Le quotient familial

 

Les épiceries solidaires s’adressent à tous

Toutes les personnes en situation de précarité sont concernées. Elles s’adressent aussi bien aux retraités, aux parents isolés, aux étudiants possédant peu de ressources ou aux bénéficiaires des minima sociaux.

C’est aussi le cas des personnes qui connaissent une perte de ressources ponctuelle entraînant un déséquilibre de leur budget, comme après la perte d’un emploi ou un accident. Les épiceries sont aussi là pour aider ces personnes temporairement afin d’éviter une aggravation de leur situation financière dont les conséquences pourraient être désastreuses.

S’agissant d’aider de façon ponctuelle les bénéficiaires, la durée d’accès aux épiceries sociales et solidaires est généralement limitée entre 3 et 9 mois. Selon l’Observatoire ANDES 2025, près des 2/3 des épiceries accordent une durée initiale de 3 à 6 mois, et 16 % jusqu’à 9-12 mois. L’accès est renouvelable selon l’évolution de la situation.

 

Obtenez une aide pour créer votre projet

La situation économique d’un foyer n’est pas le seul facteur pris en compte. Une des conditions primordiales pour bénéficier de l’aide d’une épicerie solidaire est la création d’un projet personnel et son aboutissement.

Les épiceries solidaires et sociales ont été créées pour aider temporairement une personne dans le besoin et l’aider à s’en sortir. Mais pour cela, elle doit aussi prendre des engagements et c’est en cela que le soutien et l’accompagnement de l’épicerie solidaire ont fait leurs preuves.

Pour mettre en place ce projet personnel, tout bénéficiaire a le droit à un entretien individuel avec un travailleur social ou un membre, bénévole ou non, de l’épicerie. La charte nationale prévoit a minima deux entretiens individuels et confidentiels : un à l’entrée pour définir les objectifs, un en fin de période pour faire le bilan. Durant ces temps de parole, vous pouvez expliquer votre situation actuelle, votre histoire et vos envies pour le futur. Votre interlocuteur pourra alors vous soutenir et vous conseiller pour réfléchir à un projet personnel à accomplir.

En voici quelques exemples :

    • Chercher un logement ou un nouvel emploi
    • Régler des dettes
    • Mettre de l’argent de côté pour acheter une nouvelle voiture ou partir en vacances
    • Faire valoir vos droits aux aides sociales : il existe de nombreux dispositifs accordés par différents organismes. Pour connaître les aides qui vous correspondent, vous pouvez estimer vos droits à plus de 200 aides sociales grâce à ce simulateur

À l’issue de cet entretien, vous obtiendrez également une aide pour fixer un budget alimentation hebdomadaire.

 

Existe-t-il des épiceries solidaires en ligne ?

Avec l’essor du numérique, des alternatives aux épiceries physiques ont émergé pour toucher les personnes isolées ou peu mobiles. Ces dispositifs ne remplacent pas les épiceries sociales traditionnelles, mais peuvent compléter l’aide alimentaire.

Bene Bono : les produits “moches” à prix réduit

Bene Bono propose des fruits et légumes “hors calibre” et des produits proches de leur date limite à des prix très réduits (jusqu’à -70 % selon les offres), directement livrés à domicile. Cette plateforme s’adresse à tous mais est particulièrement utile pour les budgets serrés. Elle ne nécessite pas de dossier social — l’accès est libre.

Les épiceries solidaires itinérantes

Certains réseaux, notamment en zones rurales, ont développé des épiceries solidaires itinérantes : des camions-épiceries qui desservent les communes isolées selon un calendrier régulier. Renseignez-vous auprès de votre CCAS ou de votre conseil départemental pour savoir si un tel service existe près de chez vous.

Les alternatives numériques pour l’aide alimentaire

Pour les personnes ne pouvant se déplacer, d’autres aides alimentaires peuvent être sollicitées à distance : le chèque alimentaire peut dans certains cas être utilisé en ligne, et certaines associations proposent des livraisons de colis à domicile via leur service social. Consultez notre guide complet sur l’aide alimentaire pour toutes les options disponibles.

 

Séverine Burel

L’erreur à éviter
Séverine Burel, conseillère en aides sociales
Se présenter directement à la porte d’une épicerie solidaire sans passer par un travailleur social. Vous ne pourrez pas être admis sans dossier validé par une commission. La démarche obligatoire passe d’abord par votre CCAS, la CAF ou une association sociale. C’est cette étape qui déclenche tout le processus — et c’est aussi l’occasion d’identifier d’autres aides auxquelles vous avez droit (APL, prime d’activité, CSS…) que vous n’auriez peut-être pas sollicitées.

 

Comment trouver les épiceries sociales (ou solidaires) ?

Toulouse, Nantes, Lyon, Lille, Marseille… Vous trouverez les adresses de nombreuses épiceries sociales et solidaires, dont celles du réseau ANDES. Mais vous ne pouvez pas devenir bénéficiaire en poussant simplement leur porte d’entrée. Vous devez impérativement avoir reçu l’accord d’une commission après en avoir fait officiellement la demande.

Pour commencer, il vous faudra prendre contact avec un travailleur social. Pour cela, vous pouvez joindre :

Avec l’aide d’un travailleur social, vous allez monter votre dossier de demande d’accès à l’épicerie solidaire ou sociale. Dans ce dernier, vous devez partager votre situation familiale et financière afin de justifier votre demande.

Une fois complété, ce dossier sera mis à disposition d’une commission — composée notamment de membres de la banque alimentaire, de l’épicerie sociale ou solidaire, de la CAF, du CCAS et des travailleurs sociaux. Selon l’Observatoire ANDES 2025, 73 % des épiceries font passer les demandes devant une commission, généralement mensuelle.

Après analyse de votre situation, la commission vous donnera son autorisation (ou non) et le cas échéant, la durée de votre accès à l’épicerie (de 3 à 9 mois, renouvelables) ainsi que le montant des courses attribué.

 

Épicerie solidaire : comment ça marche en résumé ?

Séverine Burel
Réseau ANDES en France
619 épiceries (2025)
Prix pratiqués
10 à 30 % du prix réel
Durée d’accès
3 à 9 mois renouvelable
Reste à vivre max.
< 7 € /jour/personne

1️⃣

Contacter un travailleur social (CCAS, CAF, CPAM, association) — obligatoire pour initier la démarche.

2️⃣

Monter le dossier : situation familiale, ressources, charges pour calculer le reste à vivre.

3️⃣

Passage en commission (mensuelle dans 73 % des cas) — décision d’accès, durée et budget courses attribués.

4️⃣

Faire ses courses librement à 10-30 % du prix réel, avec entretiens d’accompagnement et projet personnel.

💡 Mon conseil : Rassemblez dès le départ vos justificatifs de revenus et factures. Plus votre dossier est complet, plus la commission statuera rapidement — et ce premier rendez-vous est aussi l’occasion de découvrir d’autres aides auxquelles vous avez droit.

aide-sociale.fr

 

Questions fréquentes sur les épiceries solidaires et sociales

Voici les réponses aux questions les plus posées sur les épiceries solidaires et sociales en France.

Qui a droit à l’épicerie solidaire ?

Toute personne en situation de précarité financière peut en faire la demande, sans condition de nationalité ni de statut : retraités, parents isolés, étudiants, bénéficiaires de minima sociaux, travailleurs à revenus modestes ou personnes traversant une difficulté ponctuelle (perte d’emploi, accident…). Le critère principal est le reste à vivre : la plupart des épiceries fixent le seuil à moins de 7 € par jour et par personne.

 

Comment fonctionne une épicerie solidaire ?

Elle fonctionne comme un commerce de proximité : les bénéficiaires font leurs courses librement dans les rayons, choisissent leurs produits et paient une participation symbolique (généralement 10 à 30 % du prix réel). L’accès est limité dans le temps (3 à 9 mois), renouvelable, et s’accompagne d’un suivi social personnalisé avec au minimum deux entretiens individuels.

 

Quelle différence entre épicerie sociale et épicerie solidaire ?

Les deux ont exactement les mêmes missions. La seule différence est administrative : l’épicerie sociale est gérée par une collectivité (CCAS, mairie), tandis que l’épicerie solidaire dépend d’une association. En pratique, les conditions d’accès et l’aide apportée sont identiques.

 

Combien y a-t-il d’épiceries solidaires en France ?

Selon l’Observatoire des Épiceries Solidaires 2025 (réseau ANDES), la France compte 619 épiceries solidaires, contre 380 en 2019 — soit une hausse de 63 % en cinq ans. Ces structures accompagnent plus de 247 000 personnes par an et distribuent l’équivalent de 40 millions de repas.

 

Peut-on bénéficier d’une épicerie solidaire sur internet ?

Il n’existe pas d’épicerie solidaire au sens strict en ligne. En revanche, des plateformes comme Bene Bono proposent des produits alimentaires à prix très réduits accessibles à tous sans dossier. Des épiceries itinérantes desservent aussi certaines zones rurales. Pour une aide alimentaire à domicile, certaines associations proposent des livraisons de colis sur orientation d’un travailleur social.

 

Combien de temps peut-on aller dans une épicerie solidaire ?

La durée d’accès est limitée et fixée dès le début : généralement 3 à 6 mois pour la majorité des structures, parfois jusqu’à 9 ou 12 mois. L’accès est renouvelable après réévaluation de la situation. Cette limite vise à accompagner vers l’autonomie plutôt qu’à créer une dépendance.

 

Peut-on cumuler l’épicerie solidaire avec d’autres aides alimentaires ?

Oui, en général. L’accès à une épicerie solidaire ne vous prive pas des autres formes d’aide alimentaire (distributions des Restos du Cœur, banque alimentaire, chèque alimentaire…). Votre travailleur social pourra vous guider pour identifier l’ensemble des dispositifs cumulables selon votre situation.

 

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Sources officielles et références

Crédit photo : © Africa Studio / Fotolia


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