Le conciliateur de justice est un auxiliaire de justice bénévole qui aide gratuitement deux personnes, physiques ou morales, à trouver un accord amiable pour régler un litige civil : voisinage, logement, consommation, contrat de travail ou impayés inférieurs à 5 000 €. Sa saisine ne nécessite aucun avocat : il suffit de contacter la permanence la plus proche, par courrier, en ligne sur justice.fr ou avec le formulaire Cerfa n°15728. Pour les démarches nécessitant un accompagnement plus poussé, notre guide sur les aides juridiques détaille les dispositifs complémentaires, comme l’aide juridictionnelle ou la consultation gratuite d’un avocat.

Récapitulatif : le conciliateur de justice

✓Vérifié par Séverine Burel
Séverine Burel
Gratuit
Coût pour vous
0 €
Obligatoire
Seuil légal
5 000 € art. 750-1 CPC
✅

Gratuit et confidentiel : aucun frais de dossier ni honoraires, sans avocat obligatoire, pour tenter de régler un litige civil à l’amiable avant toute procédure judiciaire.

⚖️

Obligatoire sous 5 000 € : pour ces litiges et certains conflits de voisinage, une tentative amiable est requise avant de saisir le tribunal (article 750-1 du Code de procédure civile).

🖥️

Plusieurs façons de saisir : permanence en mairie ou au tribunal, courrier, formulaire Cerfa n°15728, ou saisine en ligne sur justice.fr.

💡

Mon conseil d’experte : préparez un dossier avant votre rendez-vous : chronologie des faits, montant chiffré et copies des pièces utiles. Cela facilite grandement le travail du conciliateur et accélère la recherche d’un accord.

aide-sociale.fr

procédure conciliation judiciaire


Pourquoi faire appel à un conciliateur de justice ?

Le conciliateur de justice, tout comme le médiateur, s’efforce de trouver une solution amiable lors d’un litige entre deux personnes (morales ou physiques).

Si le médiateur est un professionnel rémunéré, le conciliateur intervient à titre gratuit, il est généralement issu du monde juridique et a acquis une bonne expérience en matière de litiges civils. Son champ d’action est généralement plus large, voire distinct de celui d’un médiateur spécialisé (médiateur familial, médiateur pénal, de la consommation, de la banque, des voyages, de l’énergie, ou encore du médiateur de l’eau pour un litige avec votre fournisseur d’eau…).

 

Dans quels cas peut-on solliciter une conciliation de justice ?

Le conciliateur de justice peut intervenir tant qu’un juge n’a pas été saisi. Son rôle est de s’efforcer de rapprocher les parties et de mettre en place un dialogue constructif entre elles. Il peut intervenir dans différentes situations :

    • En cas de problèmes de voisinage : plantations non entretenues, bornage, droit de passage, mur mitoyen… mais aussi nuisances sonores. Il informera chacun des droits et obligations en la matière et facilitera la résolution du conflit à l’amiable.
    • En cas de différends concernant le logement : qu’il s’agisse de conflits dans le cadre d’une copropriété, entre un locataire et son propriétaire ou entre locataires d’un même immeuble. C’est notamment le cas lors d’une contestation d’un état des lieux de sortie entre un locataire et son bailleur. Une demande de conciliation peut aussi être faite pour des litiges avec des entreprises de travaux (malfaçons ou abandon de chantier par exemple).
    • En cas de conflit relatif à un contrat de travail afin d’éviter un recours systématique au Conseil des Prud’hommes. En cas de procédure prud’homale, la première étape est une convocation à une “audience de conciliation” lors de laquelle un accord sera recherché. Là encore, il s’agit d’éviter les délais et frais inhérents à une procédure plaidée devant un Juge des Prud’hommes. Dans ce cas, la conciliation concerne aussi bien un litige pendant le contrat de travail que lors de la rupture de celui-ci.
    • En cas de litiges liés au droit à la consommation : Contestation de factures, impayés, litige avec une assurance, une banque…
    • Et surtout, avant toute procédure pour un litige égal ou inférieur à 5 000 € : s’agissant de droit civil et contractuel, une tentative de conciliation, de médiation ou de procédure participative est obligatoire avant de saisir le tribunal judiciaire, à peine d’irrecevabilité de la demande (article 750-1 du Code de procédure civile). Cette obligation s’applique aussi à certains litiges de voisinage (bornage, plantations, servitudes…) quel que soit le montant en jeu.

En revanche, il n’est pas possible de faire appel à un conciliateur de justice en cas de conflit avec l’administration (Trésor Public, CNAV, CPAM, collectivités territoriales …) de situation relevant du droit de la famille (séparation, mode de garde, versement de pension alimentaire…) ou sur le plan pénal. Notez que pour tout conflit d’ordre administratif, vous devez contacter le délégué du Défenseur des droits.

En matière d’état civil, s’ il s’agit d’une erreur matérielle (prénom mal orthographié par exemple) ou substantielle (de filiation notamment), ces erreurs doivent être portées à la connaissance du Tribunal Judiciaire. Idem en matière d’atteinte au droit de propriété.

conciliateur judiciaire

 

Comment faire appel à un conciliateur de justice ?

Faire appel à un conciliateur est gratuit

Le recours à un conciliateur de justice est une procédure extra judiciaire entièrement gratuite à la différence des frais de justice que vous devrez régler si vous saisissez un juge ou des honoraires si vous faites appel à un avocat pour le règlement de votre litige, en dehors de toute conciliation amiable, pour des litiges égaux ou supérieurs à 5000€.

L’intervention d’un conciliateur de justice peut être demandée soit directement à un conciliateur par l’une des deux parties en conflit pour parvenir à un règlement amiable, soit par le juge saisi de l’affaire, qui peut décider de la déléguer par ordonnance à un conciliateur de justice voire de la lui déléguer avant l’audience.

 

Saisir un Conciliateur de Justice sans procédure préalable (extra judiciaire)

Vous pouvez saisir un conciliateur en dehors de toute procédure judiciaire. En effet, des journées de permanence sont mises en place dans différents lieux à cet effet. Il peut s’agir :

    • De votre mairie
    • Du Tribunal de Proximité dont vous dépendez
    • De la Maison de la Justice et du Droit (MJD) de votre lieu de résidence
    • Dans un Point d’Accès au Droit (PAD) ou une antenne France service

Afin de trouver toutes les permanences des conciliateurs de justice proche de chez vous, le site www.conciliateurs.fr propose un moteur de recherche. Pour cela :

    • Rendez-vous sur https://www.conciliateurs.fr/Trouver-une-permanence
    • Saisissez simplement votre département
    • Les différents points d’accueil s’afficheront sur votre écran
    • Sélectionnez ensuite celui de votre choix, à priori la plus proche de chez vous : une fiche descriptive avec l’adresse et les horaires de permanences sont ainsi consultables

Vous pouvez également saisir un conciliateur directement en ligne, sans vous déplacer, depuis le portail officiel justice.fr, rubrique « Accord amiable ». Le conciliateur de justice vous confirmera alors si votre litige relève de sa compétence et vous renseignera sur la suite de la procédure. Sachez également que certains points d’accueil permettent de consulter un avocat gratuitement.

Séverine Burel

La démarche pas à pas
Séverine Burel, spécialiste des aides sociales
1
Identifiez la permanence de conciliateur la plus proche de chez vous via conciliateurs.fr, votre mairie ou le tribunal judiciaire.
2
Adressez votre demande par courrier, e-mail ou via le formulaire Cerfa n°15728, en joignant un exposé clair des faits et les pièces utiles.
3
Présentez-vous au rendez-vous fixé, éventuellement accompagné d’une personne de confiance, pour exposer votre litige et tenter de trouver un accord.

 

Solliciter les conciliateurs de Justice avant le déroulement d’une procédure judiciaire

En cas de saisine du Tribunal par assignation, l’autre partie, afin de ne pas arriver au procès, peut solliciter le conciliateur de justice :

    • Soit en se rendant directement au tribunal compétent de votre domicile et en exprimant verbalement votre souhait
    • Soit en adressant une demande via le formulaire Cerfa n°15728*02 : Il pourra être envoyé par courriel, voie postale ou être remis en mains propres au Greffe du Tribunal

Le juge peut également décider de mettre en place une conciliation à l’amiable préalable, ce que l’on appelle une « conciliation déléguée » : il désigne alors nommément un conciliateur de justice, fixe la durée initiale de sa mission (3 mois maximum, renouvelable une fois) et indique la date à laquelle l’affaire sera rappelée à l’audience (article 129-2 du Code de procédure civile). Depuis le 1er septembre 2025, le juge peut par ailleurs, à tout moment de l’instance, inviter les parties à rencontrer un conciliateur ou un médiateur, y compris en cours de procédure.

saisir conciliateur judiciaire

 

Comment se déroule une conciliation déléguée ?

Une conciliation de justice déléguée par le juge par ordonnance est limitée dans le temps : elle ne peut excéder 3 mois, renouvelable une fois pour la même durée si le conciliateur de justice estime qu’il faut plus de temps pour tenter de régler le litige. Elle pourra donc durer 6 mois maximum. Depuis le décret n° 2026-74 du 12 février 2026, l’organisation de la conciliation de justice au sein des tribunaux judiciaires et des cours d’appel fait l’objet d’un pilotage renforcé, avec un accompagnement continu des conciliateurs tout au long de leur mandat.

Le juge ou le conciliateur peuvent décider de clôturer la procédure. Cependant, vous êtes également en droit de demander la fin d’une conciliation. Votre demande devra alors être motivée et justifiée pour être prise en compte.

 

Des règles déontologiques protectrices des droits des justiciables

La circulaire du 16 mars 1993 décrit une conciliation selon ces termes :

Lorsque les intéressés se trouvent devant lui, le cas échéant accompagnés d’une personne de leur choix, hors la présence de tout public, le conciliateur les écoute successivement et tente par un dialogue approprié de les amener à dégager la solution qui lui paraîtra la meilleure.

En effet, vous avez la possibilité de vous faire accompagner par la personne de votre choix. Celle-ci devra être majeure et pouvoir justifier de son identité lors du rendez-vous.

De plus, toutes les informations échangées lors de la conciliation restent confidentielles. L’obligation de confidentialité impose d’ailleurs au conciliateur de ne rien communiquer sur le dossier, et ce, même au juge. Ainsi en cas d’échec, le juge ne pourra être influencé par des faits ou des propos rapportés pendant la conciliation.

À la fin d’une conciliation amiable, la rédaction d’un constat (un document résumant les différentes décisions prises) n’est pas systématique. Elle ne devient obligatoire que si vous ou l’autre partie décidez de renoncer à un droit pour la résolution du conflit qui vous oppose.

Vous avez néanmoins la possibilité de soumettre l’accord trouvé à l’homologation du juge. Cet accord devient alors un titre exécutoire c’est-à-dire que cela lui confère valeur de jugement, les deux parties étant dans l’obligation de le respecter et d’en appliquer les décisions. De ce fait, en cas de non-respect, vous pourrez à nouveau saisir le juge ayant déjà instruit votre dossier.

En cas d’absence d’une des deux parties lors de la conciliation ou si aucun accord amiable n’est trouvé lors de celle-ci, l’une ou l’autre des parties pourra saisir le juge pour espérer obtenir gain de cause.

 

Questions fréquentes sur le conciliateur de justice

Voici les réponses aux questions les plus posées sur le fonctionnement et le statut du conciliateur de justice, en complément des explications détaillées plus haut.

 

Le conciliateur de justice est-il rémunéré ?

Le conciliateur de justice exerce bénévolement et ne perçoit rien des parties. Il reçoit toutefois une indemnité annuelle forfaitaire versée par l’État, fixée à 650 € (pouvant être portée à 928 € selon les cours d’appel), destinée à couvrir ses frais de secrétariat et de déplacement, revalorisée par le décret du 12 février 2026.

 

Le conciliateur de justice peut-il donner un conseil juridique ?

Non. Le conciliateur de justice n’est pas habilité à délivrer une consultation juridique ni à trancher qui a raison : sa seule mission est d’aider les parties à dialoguer pour trouver elles-mêmes un compromis. Pour un avis sur vos droits, mieux vaut consulter un avocat, notamment lors d’une permanence gratuite.

 

Peut-on se faire assister par un avocat pendant une conciliation ?

L’assistance d’un avocat n’est jamais obligatoire devant un conciliateur de justice, la procédure étant conçue pour rester accessible sans frais. Vous pouvez néanmoins vous faire accompagner par un avocat ou toute personne majeure de confiance, notamment lorsque la conciliation a été déléguée par un juge déjà saisi de l’affaire.

 

Que se passe-t-il si la conciliation échoue ?

En cas d’échec, chaque partie retrouve la liberté de saisir le tribunal compétent pour trancher le litige. Le délai de prescription, suspendu pendant la tentative de conciliation, recommence à courir pour une durée d’au moins six mois à compter du constat d’échec, afin de ne pas pénaliser le demandeur.

 

Un conciliateur de justice peut-il intervenir entre deux entreprises ?

Oui. Le conciliateur de justice n’est pas réservé aux particuliers : il peut être saisi pour un litige commercial entre professionnels ou entre une entreprise et un client, dès lors que le différend porte sur des droits dont les parties peuvent librement disposer, hors matière pénale ou administrative.


Crédit photo : © Olivier Le Moal / Adobe


Vous voulez partager votre expérience ?

Notre forum est là pour ça !
Autres articles intéressants

À quelles aides
avez-vous droit ?