Si les jours fériés sont souvent synonymes de repos pour bon nombre de salariés, pour d’autres, en revanche, ils peuvent aussi rimer avec jour travaillé. Mais peut-on refuser de travailler un jour férié ?

En réalité, tout dépend de votre secteur d’activité, de votre contrat de travail et des dispositions légales en vigueur. On fait le point sur vos droits et vos obligations concernant le fait de refuser de travailler de jour férié.


Les jours fériés en France : que dit la loi ?

En France, la législation reconnaît 11 jours fériés dans l’année. Parmi ces différentes dates, tous ne sont pas obligatoirement chômés. Pour 2026, voici le calendrier des jours fériés :

Date 2026 Fête légale
Jeudi 1er janvier 2026 Jour de l’An
Lundi 6 avril 2026 Lundi de Pâques
Vendredi 1er mai 2026 Fête du Travail
Vendredi 8 mai 2026 Victoire 1945
Jeudi 14 mai 2026 Ascension
Lundi 25 mai 2026 Lundi de Pentecôte
Mardi 14 juillet 2026 Fête nationale
Samedi 15 août 2026 Assomption
Dimanche 1er novembre 2026 Toussaint
Mercredi 11 novembre 2026 Armistice 1918
Vendredi 25 décembre 2026 Noël

En France, seul le 1er mai est un jour férié obligatoirement chômé pour la plupart des salariés, sauf dans certaines professions. Cela signifie que, sauf exception pour certains secteurs (hôpitaux, transports, sécurité), aucun salarié ne peut être contraint de travailler ce jour-là.

Pour les autres jours fériés, votre employeur peut vous demander de travailler. Tout dépend de votre convention collective et de votre accord d’entreprise.

 

Peut-on refuser de travailler un jour férié ?

Si votre entreprise ferme ses portes lors de certains jours fériés, vous n’avez pas à vous rendre au travail et vous conservez votre salaire.

Cependant, si votre contrat prévoit des jours fériés travaillés, vous ne pourrez pas refuser de travailler sans motif légitime. En effet, cela pourra être considéré comme une absence injustifiée et votre employeur pourra alors prendre des sanctions disciplinaires, allant du simple avertissement au licenciement.

Dans certains secteurs comme la restauration, la santé ou le commerce, refuser de venir travailler peut être considéré comme une faute professionnelle.

Séverine Burel

L’erreur à éviter
Séverine Burel, conseillère en aides sociales
Ne vous contentez pas de « ne pas venir » sans prévenir. Depuis la réforme de 2023, un employeur peut mettre en demeure un salarié absent sans justification de reprendre son poste : passé le délai fixé (15 jours minimum), l’absence peut déclencher une présomption de démission, avec perte du droit au chômage. Formalisez toujours votre refus par écrit, avant le jour férié.

Notez que certaines conventions collectives ou accords d’entreprise peuvent cependant prévoir des dispositions plus favorables pour leurs salariés, comme le paiement double des jours fériés travaillés ou encore le droit de refuser de travailler.

Dans le cas d’un motif personnel impérieux (obligation familiale, problème de santé), vous pouvez, comme c’est le cas pour les autres jours de l’année, demander à votre employeur de ne pas travailler. Il est conseillé de le faire par écrit et de fournir des justificatifs.

Enfin, en ce qui concerne les jeunes de moins de 18 ans, les jours fériés sont obligatoirement chômés, excepté dans les secteurs suivants :

    • hôtellerie, restauration, traiteur ou organisateur de réception ;
    • débit de boisson, café ou tabac ;
    • boulangerie, pâtisserie, fromagerie-crèmerie, poissonnerie, boucherie, charcuterie ;
    • entreprises fabriquant des produits alimentaires destinés à la consommation immédiate ou dont l’activité exclusive est la vente de denrées alimentaires au détail ;
    • commerces de fleurs, jardinerie et graineterie ;
    • spectacles.

Dans ces secteurs, le salarié ou apprenti âgé de moins de 18 ans travaillant un jour férié bénéficiera d’un repos hebdomadaire d’une durée minimum de 36 heures consécutives.

N’hésitez pas à consulter notre article consacré au sujet travail et jour férié. Notez également que jusqu’en 2008 la journée de Solidarité se déroulait le lundi de la Pentecôte et vous deviez travailler. Ce n’est plus forcément le cas et cette journée peut avoir lieu n’importe quand (hormis le 1er mai).

 

Quelle compensation pour un jour férié travaillé ?

Lorsqu’un salarié travaille un jour férié (hors 1er mai), des compensations peuvent être prévues par la convention collective ou l’accord d’entreprise. Ces compensations peuvent prendre la forme de :

    • une majoration de salaire ;
    • un repos compensateur ;
    • une journée de récupération supplémentaire.

Ces règles de compensation rappellent celles qui encadrent la rémunération du travail le dimanche, où la majoration dépend elle aussi le plus souvent d’un accord collectif, à défaut de disposition légale générale.

Notez que, comme le précisent les articles L3133-3 et L3133-2 du Code du Travail, les heures de travail non réalisées à la suite d’un jour férié chômé n’entraînent ni perte de salaire ni récupération ultérieure.

Le 1er mai, quant à lui, s’il est travaillé, doit obligatoirement faire l’objet d’une indemnité correspondant au montant du salaire de l’employé. Vous serez donc payé double si vous travaillez un 1er mai.

 

Comment ne pas travailler un jour férié ?

Si vous ne souhaitez pas travailler un jour férié, voici quelques conseils que vous pouvez appliquer :

    • Vérifiez votre contrat de travail ainsi que votre convention collective pour connaître vos droits et obligations. Il est possible que certaines dispositions aient été prises concernant la possibilité ou non de travailler un jour férié.
    • Communiquez avec votre employeur pour négocier un aménagement de planning. Un dialogue ouvert peut souvent permettre de trouver des solutions.
    • Posez un jour de congé ou de RTT.
    • Faites valoir un motif légitime (raisons médicales, obligations familiales…).

Séverine Burel

Notre conseil
Séverine Burel, conseillère en aides sociales
Anticipez toujours, plutôt que de refuser au dernier moment. Vérifiez votre convention collective dès l’annonce du planning : certaines prévoient un droit de refus ou une compensation plus favorable que le minimum légal. En cas de doute, un simple mail à votre employeur avant le jour férié vaut mieux qu’une absence non expliquée le jour J.

En cas de doute ou de questions, n’hésitez pas à contacter les syndicats, l’inspection du travail ou encore un conseiller juridique.

 

Questions fréquentes sur le refus de travailler un jour férié

Voici les réponses aux questions les plus posées sur vos droits face à un jour férié travaillé.

Peut-on refuser de travailler un jour férié ?

Tout dépend de votre contrat et de votre secteur d’activité. Si votre contrat ou votre convention collective prévoit le travail les jours fériés, vous ne pouvez pas refuser sans motif légitime, sous peine de sanctions disciplinaires pouvant aller jusqu’au licenciement.

Le refus de travailler un jour férié peut-il être considéré comme un abandon de poste ?

Oui, dans certains cas. Depuis la réforme de 2023 (article L1237-1-1 du Code du travail), une absence injustifiée après mise en demeure de l’employeur peut déclencher une présomption de démission (perte des droits au chômage). Ce risque ne s’applique que si le jour férié était légalement travaillé pour vous et que vous n’avez invoqué aucun motif légitime.

Un salarié peut-il refuser de travailler un jour férié pour des raisons religieuses ?

Il n’existe pas de droit automatique à l’absence pour motif religieux dans le secteur privé. L’employeur peut refuser une demande pour des raisons d’organisation du service. En pratique, mieux vaut négocier en amont (RTT, congé, échange de planning) : une absence non autorisée, même motivée par une fête religieuse, reste une absence injustifiée pouvant être sanctionnée.

Quels sont les jours fériés obligatoirement chômés en France ?

Sur les 11 jours fériés reconnus en France, seul le 1er mai est obligatoirement chômé pour la quasi-totalité des salariés. Pour les 10 autres, tout dépend de votre contrat, de votre convention collective ou des usages de votre entreprise.

Comment sont rémunérés les jours fériés travaillés ?

Le 1er mai travaillé est obligatoirement payé double. Pour les autres jours fériés, aucune majoration n’est imposée par la loi : la compensation (prime, repos compensateur, majoration) dépend uniquement de votre convention collective ou accord d’entreprise. Voir notre article dédié à la rémunération des jours fériés.

Je ne peux pas travailler un jour férié, que faire ?

Négociez un aménagement de planning avec votre employeur, posez un jour de congé ou de RTT, ou invoquez par écrit un motif légitime (raisons médicales, obligations familiales). En cas de blocage, les syndicats ou l’inspection du travail peuvent vous conseiller.


Crédit photo : © Tof – Photographie / Adobe


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