SOMMAIRE
Prime de partage de la valeur pour tous les salariés : quelle est la règle ?
La prime Macron ou Prime de partage de la valeur (PPV) ne peut être attribuée de manière arbitraire. En effet, si un employeur décide de la verser, il ne peut pas la réserver à un seul salarié, sauf si les autres salariés ne remplissent pas les conditions d’éligibilité prévues par l’accord ou la décision unilatérale définissant les modalités d’attribution.
En clair, si plusieurs salariés dans une entreprise remplissent les critères établis pour percevoir la prime, ils doivent tous en bénéficier.
À noter : une distribution inéquitable ou discriminatoire est interdite par la loi.
Par exemple, un employeur ne peut pas décider de privilégier uniquement les salariés avec lesquels il entretient de bonnes relations ou ceux qu’il juge plus performants.
La règle est simple : l’attribution de la prime doit respecter des critères objectifs et identiques pour tous les salariés éligibles.
Exclure des salariés de la PPV : quelles conditions ?
Si la prime Macron peut être différenciée entre salariés, encore faut-il que cette différenciation repose sur des critères strictement encadrés par la loi. Le Bulletin officiel de la sécurité sociale (BOSS) identifie cinq critères légaux de modulation : la rémunération, le niveau de classification, l’ancienneté dans l’entreprise, la durée de présence effective et la durée du travail prévue au contrat (temps partiel). Un employeur peut s’appuyer sur un seul de ces critères, ou en combiner plusieurs.
Les critères légaux de modulation de la prime Macron : un cadre précis
La loi du 16 août 2022 a instauré la PPV, mais c’est le BOSS (Bulletin officiel de la sécurité sociale) qui a précisé la liste exhaustive des critères autorisés pour moduler le montant versé à chaque salarié :
- La rémunération : un employeur peut réserver la prime, ou verser un montant plus élevé, aux salariés dont le salaire brut est inférieur à un certain seuil
- Le niveau de classification du salarié dans la grille de l’entreprise
- L’ancienneté dans l’entreprise
- La durée de présence effective pendant les 12 mois précédant le versement (les absences pour congé maternité, paternité, adoption ou accident du travail restent assimilées à du temps de présence)
- La durée du travail prévue au contrat, pour les salariés à temps partiel (la prime est alors proratisée)
L’employeur peut choisir un seul de ces critères, ou les combiner, à condition de les appliquer de façon identique à tous les salariés placés dans une situation comparable. Ce plafond ou ces critères peuvent être fixés par l’entreprise, souvent en accord avec les partenaires sociaux ou via une décision unilatérale.
En revanche, tout critère en dehors de cette liste reste proscrit. Il est donc interdit d’exclure un salarié de la prime sur des bases subjectives telles que :
- Une évaluation personnelle de son efficacité ou de son implication
- La nature des relations professionnelles avec l’employeur
- Une sanction disciplinaire ou tout autre motif non lié à l’un des 5 critères légaux ci-dessus
Prime Macron pour certains salariés : un plafond clair et transparent
L’exclusion des salariés au-dessus d’un plafond de rémunération est une pratique légale, à condition que ce critère soit formalisé dans un accord collectif ou une décision de l’employeur.
Par exemple, une entreprise peut décider que seuls les salariés gagnant moins de 3 000 euros brut par mois recevront la prime. Cette limite doit être clairement communiquée à l’ensemble du personnel pour garantir une transparence totale.
Quelles conséquences en cas de non-respect des règles ?
Un non-respect des règles peut exposer l’employeur à plusieurs risques :
- Sanctions administratives ou judiciaires : les salariés exclus à tort peuvent contester la décision devant les Prud’hommes, ce qui pourrait entraîner des amendes ou des condamnations pour l’entreprise.
- Conflits sociaux : une gestion inéquitable de la prime peut générer des tensions au sein des équipes et détériorer le climat social.
Pour éviter ces écueils, il est recommandé de formaliser les conditions d’attribution de la prime dans un document écrit et accessible à tous les salariés.
Prime Macron pour tous les salariés : quels conseils pour les employeurs ?
Pour mettre en œuvre une distribution juste et conforme à la législation, voici quelques bonnes pratiques :
- Définir des critères clairs et objectifs : rémunération, ancienneté, classification, présence effective ou durée du travail — choisissez un ou plusieurs des 5 critères légaux et fixez des seuils précis et justifiables
- Communiquer en toute transparence : informez l’ensemble des salariés sur les modalités et les conditions d’attribution
- S’appuyer sur les représentants du personnel : en cas de doute, consultez les partenaires sociaux pour valider les critères choisis
- Formaliser la démarche : rédigez un document officiel (décision unilatérale ou accord collectif) pour encadrer juridiquement l’attribution de la prime
Questions fréquentes sur la prime Macron pour tous les salariés
Voici les réponses aux questions les plus posées sur l’attribution de la prime Macron (PPV) entre salariés.
Peut-on verser la prime Macron à un seul salarié ?
Non, sauf si les autres salariés ne remplissent pas les critères d’éligibilité fixés par l’employeur. Dès que plusieurs salariés répondent aux mêmes critères objectifs, ils doivent tous percevoir la prime, dans le respect des règles de modulation prévues.
Quels sont les critères légaux pour différencier les salariés bénéficiaires ?
Le BOSS reconnaît 5 critères : la rémunération, le niveau de classification, l’ancienneté, la durée de présence effective et la durée du travail prévue au contrat. L’employeur peut en retenir un seul ou en combiner plusieurs, à condition de les appliquer uniformément.
Un employeur peut-il moduler la prime selon l’ancienneté ou la classification du salarié ?
Oui. Contrairement à une idée reçue, l’ancienneté et la classification sont deux critères de modulation reconnus par le BOSS, au même titre que la rémunération, la présence effective ou la durée du travail — à condition d’être appliqués de façon équitable et non discriminatoire.
Peut-on exclure un salarié de la prime pour un motif personnel ou professionnel ?
Non, il est strictement interdit d’exclure un salarié pour des raisons telles que des relations tendues avec l’employeur, une évaluation subjective de ses performances, une sanction disciplinaire ou tout autre critère étranger aux 5 critères légaux de modulation.
Quel risque pour l’employeur en cas de non-respect des règles ?
Un employeur qui ne respecte pas les règles d’attribution s’expose à des contestations devant les Prud’hommes, à des sanctions financières et à des tensions au sein de l’entreprise. Voir aussi notre article sur la prime Macron : montants et conditions en 2026.
D’autres articles sont susceptibles de vous intéresser :
Sources officielles et références
- BOSS (Bulletin officiel de la sécurité sociale) : critères de modulation de la PPV
- Légifrance : article 1 de la loi n° 2022-1158 du 16 août 2022
- Urssaf.fr : conditions d’exonération de la prime de partage de la valeur
- Service-public.fr : fiche officielle sur la prime de partage de la valeur
Crédit photo : © VadimGuzhva / Adobe

Journaliste et rédactrice web avec plus de dix ans d’expérience, Dorothée Pierry a collaboré avec Aide-Sociale.fr de 2017 à 2025. Sa connaissance approfondie des questions juridiques et du dispositif administratif et social en France lui a permis de rédiger 491 articles pour aider les lecteurs à connaître leurs droits et à effectuer leurs démarches.
Vous voulez partager votre expérience ?


