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L’abattement de 10 % : comment fonctionne-t-il ?
Par défaut, l’administration fiscale applique automatiquement un abattement forfaitaire de 10 % sur vos traitements et salaires pour tenir compte de vos frais professionnels courants. Vous n’avez aucune démarche à effectuer : c’est le fisc qui s’en charge lors du calcul de votre impôt sur le revenu.
Cet abattement a été conçu pour couvrir les dépenses professionnelles les plus habituelles :
- Les déplacements entre le domicile et le lieu de travail
- Les frais de restauration sur le temps professionnel
- La documentation et la mise à jour des connaissances professionnelles
Pour la déclaration de revenus 2026 (sur les revenus 2025), l’abattement de 10 % est encadré par des planchers et plafonds :
- Minimum : 472 € par membre du foyer percevant des salaires
- Maximum : 14 426 € par membre du foyer
Abattement 10 % ou frais réels : comment choisir ?
Le choix entre abattement et frais réels est individuel : dans un foyer en déclaration commune, chaque membre peut opter pour une formule différente. La règle de base est simple : si le montant de vos frais professionnels réels dépasse 10 % de votre salaire brut, les frais réels sont plus avantageux.
L’abattement de 10 % est en revanche parfaitement adapté si vous avez peu de frais, si vous travaillez à proximité de votre domicile, ou si votre employeur rembourse déjà la majorité de vos dépenses professionnelles.
Bon à savoir : même si vous optez pour l’abattement de 10 %, certains remboursements de frais professionnels par votre employeur restent non imposables sous conditions — notamment pour les frais liés au covoiturage ou à la recharge de véhicules électriques à caractère professionnel. Ces remboursements ne se cumulent pas avec la déduction des frais réels si vous avez opté pour cette seconde formule.
Quels frais professionnels peut-on déduire en frais réels ?
En optant pour les frais réels, vous pouvez déduire l’ensemble de vos dépenses professionnelles réellement engagées, à condition de pouvoir les justifier. Voici les principales catégories éligibles :
- Les frais kilométriques : calculés selon le barème kilométrique officiel 2026, en fonction du nombre de kilomètres parcourus et de la puissance fiscale de votre véhicule. Les véhicules électriques bénéficient d’une majoration de 20 % par rapport au barème des thermiques
- Les autres frais liés au véhicule non couverts par le barème : péages et stationnement (déductibles en plus du barème)
- Les frais de double résidence si votre emploi vous oblige à résider loin de votre foyer : loyer, charges, frais kilométriques pour un aller-retour hebdomadaire
- Les frais de repas dépassant le cadre de la déduction forfaitaire (les tickets restaurant perçus sont à déduire)
- Les frais de télétravail non remboursés par l’employeur : quote-part de loyer, électricité, internet, fournitures
- Les frais de matériel : ordinateur, téléphone, mobilier de bureau (au prorata de l’usage professionnel)
- Les frais de formation et documentation professionnelles
- Les locaux occupés à titre professionnel à votre domicile
Cas particulier : pour les professions artistiques, les frais réels peuvent faire l’objet d’une déduction forfaitaire spécifique de 5 % ou 14 % de la rémunération annuelle nette, selon la nature des frais. Renseignez-vous auprès de votre centre des impôts ou consultez notre article sur comment contacter les impôts.
Le barème kilométrique 2026 pour les voitures
Le barème kilométrique 2026, applicable pour la déclaration des revenus 2025, est identique à celui de 2025 (pas de revalorisation cette année). Il s’applique en fonction de la puissance fiscale du véhicule (en CV) et du nombre de kilomètres parcourus à titre professionnel.
| Puissance fiscale | Jusqu’à 5 000 km | De 5 001 à 20 000 km | Au-delà de 20 000 km |
|---|---|---|---|
| 3 CV et moins | d × 0,529 | (d × 0,316) + 1 065 | d × 0,370 |
| 4 CV | d × 0,606 | (d × 0,340) + 1 330 | d × 0,407 |
| 5 CV | d × 0,636 | (d × 0,357) + 1 395 | d × 0,427 |
| 6 CV | d × 0,665 | (d × 0,374) + 1 457 | d × 0,447 |
| 7 CV et plus | d × 0,697 | (d × 0,394) + 1 515 | d × 0,470 |
Source : service-public.gouv.fr — barème applicable à la déclaration 2026 sur les revenus 2025. d = distance parcourue à titre professionnel. Pour les véhicules 100 % électriques, appliquer une majoration de 20 % sur le montant obtenu.
Exemple concret de calcul frais réels vs abattement 10 %
Prenons le cas de Marie, salariée percevant 28 000 € de salaire brut, qui effectue 35 km aller-retour pour se rendre au travail 210 jours par an, avec un véhicule de 5 CV :
- Abattement 10 % : 28 000 × 10 % = 2 800 € déduits automatiquement
- Frais kilométriques réels : 35 km × 210 jours = 7 350 km → application barème 5 CV, tranche 5 001-20 000 km : (7 350 × 0,357) + 1 395 = 4 019 €
Dans ce cas, les frais réels sont plus de 1 200 € supérieurs à l’abattement forfaitaire. En ajoutant d’éventuels frais de repas ou de formation, l’avantage est encore plus significatif.
Comment déclarer les frais réels aux impôts ? La démarche pas à pas
Si vous décidez d’opter pour les frais réels, voici les étapes à suivre lors de votre déclaration de revenus en ligne sur impots.gouv.fr :
- Indiquez votre choix chaque année : il n’est pas automatiquement reconduit. Si vous ne signalez pas votre option, l’abattement de 10 % s’appliquera par défaut
- Reportez le montant total de vos frais réels dans les cases 1AK à 1DK de votre déclaration, selon le membre du foyer concerné
- Conservez tous vos justificatifs pendant 3 ans : factures, notes de frais, relevés kilométriques, attestations employeur, baux de double résidence…
Questions fréquentes sur les frais réels et l’abattement de 10 %
Voici les réponses aux interrogations les plus courantes sur le choix entre frais réels ou abattement lors de la déclaration d’impôts 2026.
À partir de combien de kilomètres les frais réels sont-ils intéressants ?
Il n’existe pas de seuil universel en kilomètres, car le calcul dépend de votre salaire et de la puissance de votre véhicule. En règle générale, les frais réels deviennent avantageux dès que vous effectuez plus de 20 à 30 km aller-retour par jour avec un petit ou moyen salaire. Le simulateur officiel d’impots.gouv.fr vous donne la réponse en quelques clics.
Peut-on changer d’option chaque année ?
Oui. Le choix entre abattement de 10 % et frais réels se fait à chaque déclaration et peut varier d’une année à l’autre selon votre situation. Si vos frais ont baissé (déménagement, changement de poste, télétravail accru), il peut être judicieux de repasser à l’abattement forfaitaire l’année suivante sans justificatifs à fournir.
Les frais de télétravail sont-ils déductibles en frais réels ?
Oui, sous conditions. Si votre employeur ne vous rembourse pas vos frais de télétravail, vous pouvez déduire une quote-part de votre loyer, électricité, abonnement internet et fournitures, proportionnelle à l’usage professionnel. L’administration admet généralement un calcul basé sur la surface du bureau par rapport à la surface totale du logement. À l’inverse, si vous percevez une allocation forfaitaire de télétravail de votre employeur, elle est exonérée dans certaines limites et ne peut pas se cumuler avec cette déduction pour les mêmes frais.
Les frais réels s’appliquent-ils aux retraités ?
Non. La déduction des frais réels concerne uniquement les traitements et salaires. Les pensions de retraite bénéficient d’un abattement de 10 % spécifique (plafonné à 4 321 € pour 2026), mais il n’est pas possible d’opter pour les frais réels sur ces revenus. Pour en savoir plus, consultez notre article sur les impôts et la retraite.
Que se passe-t-il si l’administration fiscale conteste mes frais réels ?
En cas de contrôle, vous devez être en mesure de justifier chaque dépense déclarée. L’administration vérifie notamment la cohérence entre les distances déclarées et votre lieu de travail, ainsi que les remboursements déjà perçus de votre employeur. En cas de litige persistant, vous pouvez saisir le conciliateur fiscal départemental, dont la démarche est gratuite.
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Crédit photo : © PaeGAG / Adobe

Forte d’une expérience de 15 ans dans l’éducation nationale, Julie Benard a collaboré avec Aide-Sociale.fr en 2017 pour mettre ses compétences pédagogiques au service de l’accès aux droits. Elle a rédigé 41 articles clairs et documentés sur les aides sociales, leurs bénéficiaires et les démarches à suivre.
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