Le prélèvement à la source de l’impôt sur le revenu, en vigueur depuis le 1er janvier 2019, est un mécanisme qui permet de déduire directement l’impôt chaque mois sur votre salaire, votre retraite ou vos revenus de remplacement. Concrètement, vous ne payez plus l’impôt en décalé : il est collecté au fil de l’eau par votre employeur, votre caisse de retraite ou France Travail. Trois types de taux peuvent s’appliquer selon votre situation : le taux personnalisé, le taux individualisé (pour les couples) ou le taux neutre. Depuis la loi de finances pour 2026, la grille des taux neutres a été revalorisée de 0,9 % à compter du 1er mai 2026.

Le prélèvement à la source et la déclaration de revenus

La mise en place du prélèvement à la source n’a pas supprimé l’obligation de déclarer ses revenus chaque année. Cette déclaration annuelle reste indispensable : c’est elle qui permet à l’administration fiscale de calculer le montant exact de l’impôt dû et d’ajuster les prélèvements effectués.

La déclaration doit être réalisée en ligne pour toutes les personnes disposant d’un accès à internet à leur domicile. Elle est simplifiée grâce à la déclaration automatique : si votre situation n’a pas changé (revenus, situation familiale ou professionnelle), vous pouvez simplement valider les données pré-remplies sans saisir quoi que ce soit.


Déclaration des revenus 2026 : La campagne de déclaration des revenus 2025 s’ouvre chaque année au printemps (généralement en avril). Les dates limites varient selon votre département et selon que vous déclarez en ligne ou sur papier. Consultez le simulateur officiel de service-public.gouv.fr pour connaître votre date limite précise.
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Il est également indispensable de prévenir l’administration fiscale de tout changement de coordonnées bancaires, via votre espace particulier sur impots.gouv.fr ou par téléphone au 0809 401 401 (service gratuit).

Séverine Burel

Notre conseil
Séverine Burel, conseillère en aides sociales
Même si le prélèvement à la source simplifie votre gestion fiscale au quotidien, ne négligez pas votre déclaration de revenus annuelle. C’est elle qui permet d’ajuster l’impôt réellement dû et de déclencher, le cas échéant, le remboursement de vos crédits d’impôt. Beaucoup de contribuables oublient de déclarer un crédit d’impôt pour garde d’enfants ou aide à domicile, et perdent ainsi plusieurs centaines d’euros. Consultez notre article sur les dates de remboursement des impôts en 2026 pour savoir quand attendre votre virement.

 

Le prélèvement à la source : qui est concerné ?

Les modalités de prélèvement varient selon la nature des revenus et la situation du contribuable. Voici les trois grandes catégories.

 

Les salariés, retraités et bénéficiaires de revenus de remplacement

Sont concernés par un prélèvement automatique mensuel :

    • les salaires et traitements (y compris primes et heures supplémentaires)
    • les pensions de retraite
    • les revenus de remplacement : allocations chômage, indemnités journalières en cas d’arrêt maladie
    • les indemnités de licenciement (pour la part imposable)

Le prélèvement s’effectue chaque mois par un collecteur : l’employeur, France Travail, l’Assurance Maladie ou la caisse de retraite selon les cas. C’est le collecteur qui reverse directement l’impôt à l’administration fiscale, sans que vous ayez à effectuer la moindre démarche.

À noter : la pension d’invalidité est considérée comme un revenu de remplacement imposable. Retrouvez les règles détaillées dans notre article sur la pension d’invalidité et l’impôt sur le revenu.

 

Les travailleurs indépendants, propriétaires bailleurs et autres revenus


Pour les revenus qui ne passent pas par un employeur, le prélèvement à la source prend la forme d’acomptes prélevés directement sur votre compte bancaire par l’administration fiscale. Sont notamment concernés :

    • les travailleurs indépendants (bénéfices commerciaux, non commerciaux, industriels ou agricoles)
    • les personnes percevant des revenus fonciers (mise en location d’un bien immobilier)
    • les bénéficiaires d’une pension alimentaire imposable
    • les personnes percevant une rente viagère à titre onéreux
    • les personnes ayant des revenus de source étrangère


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Ces acomptes sont prélevés mensuellement ou trimestriellement, selon votre choix. Leur montant est calculé sur la base de votre déclaration de revenus de l’année précédente. Vous pouvez demander à les moduler si votre situation change : à la hausse si vos revenus augmentent, ou à la baisse si vous anticipez une diminution significative.

 

Les personnes ne résidant pas en France

Les non-résidents ayant exercé une activité professionnelle sur le territoire français ou percevant une pension versée par un organisme français sont également imposables. Leurs revenus soumis au prélèvement à la source comprennent salaires, traitements, pensions et rentes. Comme pour les résidents, ils peuvent opter pour un taux neutre afin de préserver la confidentialité de leur taux personnalisé.


Bon à savoir : Pour les non-résidents, la Direction générale des Finances Publiques (DGFiP) met à disposition un espace dédié sur impots.gouv.fr avec toutes les informations utiles pour effectuer la déclaration de revenus.
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Quel taux de prélèvement à la source s’applique à vos revenus ?

Il existe trois types de taux, dont le choix appartient au contribuable selon sa situation.

 

Le taux personnalisé : le taux par défaut pour les résidents

Le taux personnalisé est calculé par l’administration fiscale à partir de votre dernière déclaration de revenus. Il prend en compte l’ensemble des revenus du foyer, votre situation familiale (nombre de parts), vos éventuelles réductions d’impôt et vos autres revenus (fonciers, financiers…). Il figure sur votre avis d’imposition, reçu chaque été.

    • Si vous avez un employeur, il est informé de votre taux par l’administration fiscale et l’applique directement sur votre fiche de paie.
    • Si vous êtes retraité, c’est votre caisse de retraite qui reçoit le taux et l’applique sur votre pension.
    • Votre taux est actualisé chaque année en septembre, à l’issue du traitement de votre déclaration.


Important : Vous pouvez modifier votre taux de prélèvement à la source à tout moment sur impots.gouv.fr si votre situation professionnelle ou familiale change (naissance, mariage, divorce, baisse ou hausse de revenus). Toute modulation à la baisse n’est possible que si l’écart dépasse 5 % entre le prélèvement estimé et le prélèvement initial.
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Le taux neutre : pour préserver la confidentialité de votre situation

Les salariés qui souhaitent que leur employeur ne connaisse pas leur taux personnalisé peuvent demander l’application d’un taux neutre (aussi appelé taux non personnalisé). Ce taux est calculé uniquement en fonction du montant brut imposable du mois, sans tenir compte de la situation familiale.

Si le taux neutre est supérieur au taux personnalisé, le salarié doit verser lui-même à l’administration fiscale la différence entre les deux taux.

La grille des taux neutres est revalorisée chaque année. En 2026, elle s’applique en deux temps :

Base mensuelle imposable (métropole) Taux jan-avr 2026 Taux à partir du 1er mai 2026
Moins de 1 620 € 0 % 0 %
De 1 620 € à 1 683 € 0,5 % 0,5 %
De 1 683 € à 1 807 € 1,3 % 1,3 %
De 2 294 € à 2 714 € 5,3 % 5,3 %
De 6 974 € à 8 711 € 20 % 20 %
55 062 € et plus 43 % 43 %

La grille complète figure dans le Bulletin officiel des Finances Publiques (BOFiP).

 

Le taux individualisé pour les couples mariés ou pacsés

Depuis septembre 2025, le taux individualisé est devenu le mode de calcul par défaut pour les couples (mariés ou pacsés). Chaque conjoint se voit attribuer un taux propre, calculé en tenant compte de la répartition des revenus au sein du foyer. L’objectif est d’éviter qu’un partenaire aux revenus plus faibles ne se voie appliquer le taux élevé lié aux revenus de l’autre.

Les couples qui le souhaitent peuvent toutefois opter pour un taux commun identique en effectuant la démarche sur leur espace particulier impots.gouv.fr. Dans ce cas, le même taux s’applique aux deux membres du foyer.

Pour en savoir plus sur les implications fiscales du statut matrimonial, consultez nos articles dédiés : mariage et impôts et Pacs et impôts.

 

Le taux applicable aux non-résidents

Pour les personnes ne résidant pas en France, le prélèvement est calculé selon un barème annuel spécifique, après un abattement de 10 %. Ce barème comprend trois tranches : 0 %, 12 % et 20 % pour la métropole, et 0 %, 8 % et 14,4 % pour les départements d’outre-mer.

 

Le crédit d’impôt et le prélèvement à la source

Un crédit d’impôt représente une somme soustraite de votre impôt. Si le montant du crédit d’impôt dépasse celui de l’impôt dû, la différence est remboursée par l’administration fiscale sur votre compte bancaire.

Pour éviter que les contribuables avancent trop longtemps des dépenses ouvrant droit à crédit d’impôt, un mécanisme d’acompte de 60 % est versé chaque année en janvier. Le solde (les 40 % restants) est versé à l’été, après traitement de votre déclaration de revenus.

Les principales dépenses concernées sont les suivantes :

    • l’aide à domicile et les services à la personne
    • la garde d’enfants hors du domicile
    • les dons à des associations ou organismes d’intérêt général
    • l’hébergement en EHPAD
    • les investissements locatifs (dispositifs Pinel, Denormandie…)
    • les cotisations syndicales


Bon à savoir : Depuis janvier 2022, certains bénéficiaires de services à domicile peuvent opter pour l’avance immédiate du crédit d’impôt. Dans ce cas, le crédit est directement déduit de la facture au moment du paiement, sans attendre le remboursement de l’administration. Ce dispositif concerne les particuliers employeurs inscrits sur le portail CESU ou Pajemploi.
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Séverine Burel

L’erreur à éviter
Séverine Burel, conseillère en aides sociales
Confondre le crédit d’impôt et la réduction d’impôt est une erreur très courante. La différence est importante : une réduction d’impôt diminue votre impôt, mais si elle dépasse le montant dû, l’excédent n’est pas remboursé. À l’inverse, un crédit d’impôt vous est remboursé même si vous ne payez pas d’impôt. Vérifiez toujours la nature de chaque avantage fiscal avant de calculer vos droits.

 

Le complément d’impôt après le prélèvement à la source

Si le montant de l’impôt calculé par l’administration sur la base de votre déclaration de revenus est supérieur aux prélèvements effectués durant l’année, vous devrez payer un complément d’impôt. Ce complément figure sur votre avis d’imposition.

Ce solde est prélevé sur votre compte bancaire en septembre. Si le montant dépasse 300 euros, le prélèvement est étalé en plusieurs fois jusqu’en décembre.


Exemple concret : Un contribuable prélevé à hauteur de 200 € par mois en 2024 (soit 2 400 € sur l’année) se voit notifier par l’administration un impôt total de 3 000 € calculé sur ses revenus déclarés en 2025. Il devra un complément de 600 €, prélevé en septembre puisqu’il est supérieur à 300 €.
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Cette situation concerne notamment les personnes dont les revenus ont augmenté en cours d’année sans que leur taux de prélèvement n’ait été actualisé. Si vous anticipez cette situation, pensez à demander une modulation à la hausse de votre taux sur impots.gouv.fr pour éviter une régularisation trop importante.

En cas de difficultés financières, il est possible de demander un délai de paiement auprès de l’administration fiscale, via le formulaire en ligne ou le formulaire Cerfa n°15507. En dernier recours, une remise gracieuse d’impôt peut être sollicitée sous conditions.

 

Questions fréquentes sur le prélèvement à la source

Voici les questions que se posent le plus souvent les contribuables sur le fonctionnement du prélèvement à la source, au-delà des points déjà traités dans cet article.

 

Le prélèvement à la source s’applique-t-il aux allocations CAF ?

Non. Les prestations sociales versées par la CAF — RSA, allocations familiales, prime d’activité, AAH — sont exonérées d’impôt sur le revenu et ne font donc pas l’objet d’un prélèvement à la source. Consultez notre article aides sociales et impôts pour savoir ce que vous devez déclarer ou non.

 

Que se passe-t-il si on commence un nouvel emploi sans que l’employeur ait reçu mon taux ?

Lors d’une entrée dans la vie active ou d’un changement d’employeur, si l’employeur ne dispose pas encore de votre taux personnalisé transmis par la DGFiP, il applique le taux neutre de la grille officielle, en fonction de votre salaire mensuel imposable. Ce taux sera régularisé dès que votre taux personnalisé sera transmis, généralement dans les semaines suivantes.

 

Le prélèvement à la source s’applique-t-il aux revenus des auto-entrepreneurs ?

Oui. Les micro-entrepreneurs et auto-entrepreneurs sont soumis au prélèvement à la source sous forme d’acomptes calculés sur leurs bénéfices déclarés l’année précédente. Ces acomptes sont prélevés mensuellement ou trimestriellement selon le choix de l’auto-entrepreneur. Si l’activité vient de démarrer, aucun acompte n’est dû la première année.

 

Peut-on être exonéré de prélèvement à la source ?

Oui, si votre impôt sur le revenu est nul (notamment si vos revenus sont inférieurs au seuil d’imposition), votre taux de prélèvement sera fixé à 0 %. Vous n’avez aucune démarche à effectuer : l’administration calcule automatiquement ce taux à partir de votre déclaration. Si vous avez obtenu un avis de non-imposition, pensez à en conserver une copie, elle peut être demandée par certains organismes. Retrouvez plus d’informations dans notre article sur l’avis de non-imposition.

 


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Sources officielles et références


Crédit photo : © mojo_cp / Adobe


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