SOMMAIRE
Pensions de retraite : quelle imposition en 2026 ?
Sauf exonération spécifique, toutes les pensions de retraite sont imposables, quel que soit le régime qui les verse (base, complémentaire, régime spécial, État). Vous êtes donc tenu de les inclure dans votre déclaration annuelle de revenus. L’administration fiscale applique ensuite un abattement de 10 %, puis le barème progressif de l’impôt sur le revenu.
Les pensions imposables et celles exonérées d’impôt
Doivent être déclarées dans la catégorie « pensions, retraites, rentes » :
- Les pensions versées par les régimes de retraite de base (CNAV, MSA, régimes spéciaux) et complémentaires (Agirc-Arrco, Ircantec…).
- Les pensions de réversion.
- Les pensions des régimes de retraite supplémentaire d’entreprise obligatoires (article 83).
- Les majorations pour charges de famille et les bonifications pour campagne militaire.
- Les rentes viagères issues d’un PER, PERP, Préfon, PERCO ou contrat Madelin.
- Les prestations de retraite versées sous forme de capital (versement forfaitaire unique notamment).
À l’inverse, sont totalement exonérées et n’ont pas à être déclarées :
- L’allocation de solidarité aux personnes âgées (Aspa) et le minimum vieillesse.
- L’allocation supplémentaire d’invalidité (ASI).
- L’allocation personnalisée d’autonomie (APA).
- L’allocation de reconnaissance du combattant (ex-retraite du combattant) et certaines pensions militaires.
- La retraite mutualiste des anciens combattants (dans la limite du plafond légal).
- La majoration pour assistance d’une tierce personne.
L’abattement de 10 % sur les pensions maintenu pour 2026
Le projet de loi de finances pour 2026 prévoyait initialement de remplacer cet abattement par un forfait unique de 2 000 € par retraité. Rejetée par l’Assemblée nationale le 13 novembre 2025 (213 voix contre 17), cette réforme n’a finalement pas été retenue : l’abattement de 10 % est donc bien reconduit pour l’imposition des revenus 2025 déclarés en 2026.
Ses plafonds, revalorisés de 0,9 % en fonction de l’inflation, sont désormais les suivants :
- Minimum : 454 € par pensionné (contre 450 € l’an dernier).
- Maximum : 4 439 € par foyer fiscal (contre 4 399 € en 2025).
L’abattement s’applique automatiquement sur le montant total brut des pensions déclarées : aucune démarche n’est à effectuer. Concrètement, un retraité percevant 20 000 € de pensions verra son revenu imposable réduit à 18 000 €, tandis qu’un foyer percevant plus de 44 390 € sera plafonné à 4 439 € de déduction.
Comment déclarer ses pensions : les cases 1AS et 1BS
Les pensions de retraite sont classées fiscalement dans la catégorie « traitements, salaires, pensions et rentes ». Elles sont en principe préremplies par l’administration fiscale à partir des données transmises par votre caisse de retraite.
Les cases à utiliser sur le formulaire 2042 sont :
| Case | Contenu |
|---|---|
| 1AS | Pensions du déclarant 1 (base + complémentaires) |
| 1BS | Pensions du déclarant 2 (conjoint) |
| 1CS, 1DS… | Pensions des personnes à charge |
| 1AT / 1BT | Pensions sous forme de capital imposées à 7,5 % |
| 0XX (2042 C) | Revenus exceptionnels imposés au système du quotient |
Indemnités de départ à la retraite : quel impôt en 2026 ?
Quitter son entreprise pour prendre sa retraite donne souvent lieu au versement d’une indemnité de fin de carrière. Son régime fiscal dépend entièrement de la manière dont le départ s’opère : initiative du salarié, mise à la retraite par l’employeur, plan de sauvegarde de l’emploi ou dispositif de préretraite.
Départ volontaire à la retraite : indemnité imposable en totalité
Lorsque c’est vous qui décidez de faire valoir vos droits à la retraite, l’indemnité de départ à laquelle vous avez droit (à partir de 10 ans d’ancienneté) est considérée fiscalement comme un salaire différé. Elle est donc :
- Soumise à l’impôt sur le revenu en totalité, dans la catégorie des traitements et salaires.
- Soumise aux cotisations sociales (CSG à 9,2 %, CRDS à 0,5 %, cotisations retraite).
Seule exception : un départ volontaire intervenant dans le cadre d’un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE, ou « plan social ») est totalement exonéré d’impôt sur le revenu.
Compte tenu du caractère exceptionnel de cette prime, qui peut représenter plusieurs mois de salaire, elle risque d’être taxée dans une tranche marginale d’imposition supérieure à celle habituellement appliquée à vos revenus. Le recours au système du quotient (détaillé plus loin) devient alors un réflexe fiscal indispensable.
Mise à la retraite par l’employeur : exonération jusqu’à 240 300 € en 2026
Lorsque le départ à la retraite est à l’initiative de l’employeur (mise à la retraite après 70 ans notamment), le régime fiscal est bien plus favorable. L’indemnité est exonérée d’impôt à hauteur du plus élevé des trois montants suivants :
- Le montant de l’indemnité légale ou conventionnelle, sans limitation.
- 50 % de l’indemnité perçue, dans la limite de 5 fois le PASS (soit 240 300 € en 2026).
- 2 fois la rémunération brute annuelle perçue l’année précédant la mise à la retraite, dans la même limite de 240 300 €.
L’administration fiscale retient automatiquement la solution la plus avantageuse. Seule la fraction excédant ce plafond est à déclarer, dans la case 1AJ (ou en case 0XX pour bénéficier du quotient). À titre de comparaison, le plafond était de 235 500 € pour les indemnités perçues en 2025 (5 × PASS 2025 de 47 100 €).
Indemnités de préretraite : un régime qui dépend du contrat de travail
Les règles applicables aux indemnités de préretraite dépendent du maintien ou de la rupture du contrat de travail :
- Préretraite avec rupture du contrat de travail : l’indemnité est imposable en totalité, sauf lorsqu’elle intervient dans le cadre d’un PSE (exonération totale).
- Préretraite sans rupture du contrat (retraite progressive, préretraite d’entreprise…) : l’indemnité est imposable en totalité, sans possibilité d’exonération.
- Préretraite amiante (cessation anticipée d’activité des travailleurs de l’amiante) : exonération totale d’impôt.
Le système du quotient : alléger l’impôt sur votre indemnité de départ
Percevoir une prime de plusieurs dizaines de milliers d’euros dans l’année de son départ à la retraite peut faire basculer un foyer dans une tranche marginale supérieure (30 %, 41 % ou 45 %). Pour éviter cet effet de « saut de tranche », l’administration fiscale propose un dispositif spécifique : le système du quotient.
Fonctionnement du quotient en 4 étapes
Prévu par l’article 163-0 A du Code général des impôts, le système du quotient consiste à calculer l’impôt comme si le revenu exceptionnel était dilué sur quatre ans, tout en le payant en une seule fois.
Concrètement, l’administration procède ainsi :
- 1) Calcul de l’impôt sur vos seuls revenus ordinaires (pensions, salaires).
- 2) Calcul de l’impôt sur vos revenus ordinaires auxquels on ajoute un quart de votre indemnité exceptionnelle.
- 3) La différence entre ces deux montants est multipliée par 4 pour obtenir l’impôt supplémentaire imputable à l’indemnité.
- 4) L’impôt total dû correspond à la somme de l’impôt sur les revenus ordinaires et de l’impôt sur l’indemnité calculé par le quotient.
Le système du quotient présente un double avantage : il limite la progressivité du barème et il ne majore pas artificiellement votre revenu fiscal de référence (RFR), critère d’éligibilité à de nombreuses prestations sociales (taxe d’habitation, chèque énergie, APL…). Le calcul est automatique : vous n’avez rien à déterminer vous-même.
La case 0XX sur la déclaration annexe 2042 C
Pour opter pour le quotient, vous devez remplir trois conditions sur votre déclaration :
- Déduire le montant de l’indemnité des cases 1AJ et/ou 1BJ si elle y figure préalablement.
- Reporter ce même montant en case 0XX de la déclaration annexe 2042 C, rubrique « revenus exceptionnels ou différés ».
- Indiquer la nature précise du revenu concerné (ex : « indemnité de mise à la retraite »).
En déclaration en ligne, il suffit de cocher « revenus exceptionnels ou différés » en début de parcours pour faire apparaître la case 0XX. Le coefficient appliqué est toujours de 4 pour une indemnité de retraite, quelle que soit l’ancienneté du bénéficiaire dans l’entreprise.
Étalement sur 4 ans : un dispositif supprimé depuis 2020
Jusqu’en 2019, un second dispositif permettait d’étaler l’imposition d’une indemnité de départ à la retraite sur 4 années consécutives. Depuis le 1ᵉʳ janvier 2020, cette option n’est plus applicable aux indemnités de départ volontaire en retraite ou de mise à la retraite. Seul le système du quotient reste ouvert, et il ne peut être demandé que l’année de perception de l’indemnité.
Calcul du montant imposable de votre retraite : la méthode pas à pas
Pour déterminer précisément l’impôt dû sur votre pension, il faut suivre un enchaînement d’étapes : déterminer le montant imposable, appliquer l’abattement de 10 %, puis le barème progressif.
Prenons l’exemple d’un retraité célibataire percevant 24 000 € de pensions brutes annuelles en 2025 :
| Étape | Calcul | Montant |
|---|---|---|
| Pension brute annuelle | — | 24 000 € |
| Abattement de 10 % | 24 000 × 10 % | – 2 400 € |
| Revenu net imposable | 24 000 – 2 400 | 21 600 € |
| Tranche à 0 % (jusqu’à 11 600 €) | 11 600 × 0 % | 0 € |
| Tranche à 11 % (de 11 601 à 21 600 €) | 10 000 × 11 % | 1 100 € |
| Impôt brut dû | — | ≈ 1 100 € |
Ce calcul est ensuite ajusté pour tenir compte de la décote, du quotient familial et, le cas échéant, de l’abattement spécifique aux plus de 65 ans ou aux personnes invalides. Pour obtenir une estimation personnalisée, le simulateur officiel des impôts reste l’outil le plus fiable.
CSG, CRDS et CASA : les prélèvements sociaux sur les pensions
Outre l’impôt sur le revenu, vos pensions de retraite sont soumises à des prélèvements sociaux prélevés directement à la source par votre caisse. Ces prélèvements réduisent le montant net versé sur votre compte bancaire. Si un trop-perçu est constaté à l’issue de votre régularisation annuelle, consultez les dates de remboursement des impôts 2026 pour savoir quand le virement sera effectué.
Les quatre taux de CSG selon votre revenu fiscal de référence
La contribution sociale généralisée (CSG) applicable sur vos pensions dépend de votre revenu fiscal de référence (RFR) des deux années précédentes. Quatre taux coexistent :
| Taux | CSG | CSG déductible | CRDS | CASA |
|---|---|---|---|---|
| Exonéré (RFR faible) | 0 % | 0 % | 0 % | 0 % |
| Réduit | 3,8 % | 3,8 % | 0,5 % | 0 % |
| Médian | 6,6 % | 4,2 % | 0,5 % | 0,3 % |
| Normal | 8,3 % | 5,9 % | 0,5 % | 0,3 % |
Seule la fraction de CSG dite « déductible » (4,2 % ou 5,9 % selon le cas) réduit votre revenu imposable. La part non déductible, elle, est réintégrée au montant imposable, ce qui explique l’écart entre votre « net à payer » mensuel et votre « net imposable » annuel.
La CASA : contribution additionnelle de solidarité pour l’autonomie
Créée en 2013 pour financer la perte d’autonomie, la CASA de 0,3 % est prélevée uniquement sur les pensions soumises aux taux médian (6,6 %) ou normal (8,3 %) de CSG. Les retraités exonérés ou bénéficiant du taux réduit n’y sont pas assujettis. Elle abonde la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA), qui finance notamment l’APA et la PCH.
Abattements supplémentaires et seuils d’exonération en 2026
Au-delà de l’abattement automatique de 10 %, les retraités modestes peuvent bénéficier d’un second abattement lié à leur âge ou à leur invalidité. Savoir jusqu’à quel montant de pension vous êtes non imposable permet aussi d’anticiper votre situation fiscale.
L’abattement spécial pour les personnes de plus de 65 ans
Si vous êtes âgé d’au moins 65 ans au 31 décembre 2025 (ou si vous êtes titulaire d’une carte d’invalidité), vous pouvez prétendre à un abattement supplémentaire appliqué sur votre revenu net global. Pour les revenus 2025 déclarés en 2026 :
- 2 822 € d’abattement si le revenu net global du foyer ne dépasse pas 17 670 €.
- 1 411 € d’abattement si le revenu net global est compris entre 17 670 € et 28 430 €.
- Aucun abattement au-delà de 28 430 €.
Ce montant est doublé lorsque les deux membres du couple remplissent les conditions, atteignant jusqu’à 5 644 €. L’abattement est cumulable avec celui de 10 % sur les pensions : il peut effacer totalement l’impôt pour de nombreux retraités modestes. En tant que propriétaire de plus de 65 ans aux revenus modestes, pensez aussi à vérifier votre éligibilité à un dégrèvement ou une exonération de taxe foncière — ce dispositif est souvent méconnu des retraités qui pourraient en bénéficier automatiquement.
Jusqu’à quel montant de pension n’est-on pas imposable ?
En 2026, un retraité célibataire n’est pas imposable tant que son revenu imposable reste inférieur à 11 600 € par part fiscale. Compte tenu de l’abattement de 10 %, cela correspond à une pension brute annuelle d’environ 12 900 € (soit environ 1 075 € bruts mensuels). Pour un couple sans enfant, le seuil de non-imposition s’élève à environ 32 860 € de revenus imposables.
Questions fréquentes sur les impôts à la retraite
Au-delà des règles générales, certaines situations spécifiques suscitent régulièrement des interrogations auprès des retraités. Voici les réponses aux questions les plus fréquentes sur la fiscalité de la retraite en 2026.
Comment adapter mon taux de prélèvement à la source au moment du départ à la retraite ?
La baisse de revenus liée au passage à la retraite n’est pas automatiquement répercutée sur votre taux de prélèvement à la source. Il faut vous connecter à votre espace personnel sur impots.gouv.fr, rubrique « Gérer mon prélèvement à la source » puis « Actualiser suite à une baisse de vos revenus ». Vous y indiquerez vos revenus estimés : un nouveau taux sera calculé dans les semaines qui suivent.
Le capital versé par un PER est-il imposé comme une pension classique ?
Non. Le capital issu d’un plan d’épargne retraite fait l’objet d’un régime spécifique : la part correspondant à vos versements déductibles est imposée à un taux forfaitaire de 7,5 % (après abattement de 10 %), à déclarer en case 1AT ou 1BT. Les gains (intérêts, plus-values) sont quant à eux soumis aux prélèvements sociaux de 17,2 %. À défaut, l’option pour le système du quotient reste possible.
Puis-je cumuler emploi et retraite sans conséquences fiscales ?
Le cumul emploi-retraite est autorisé mais implique d’être imposé à la fois sur votre pension (en catégorie « pensions ») et sur vos revenus d’activité (en catégorie « traitements et salaires »). Chacun bénéficie de son propre abattement de 10 %. Le cumul des deux peut cependant vous faire franchir une tranche marginale supérieure : une simulation préalable est vivement conseillée.
L’ASPA ou le minimum vieillesse doivent-ils être déclarés aux impôts ?
Non. L’allocation de solidarité aux personnes âgées (Aspa), l’allocation supplémentaire d’invalidité (ASI) et l’ensemble des allocations du minimum vieillesse sont totalement exonérées d’impôt sur le revenu. Elles ne figurent donc ni dans les montants préremplis ni dans vos cases à compléter manuellement. Attention toutefois : elles peuvent être prises en compte pour l’appréciation de votre revenu fiscal de référence.
Comment déclarer une pension de retraite versée depuis l’étranger ?
Les pensions étrangères doivent être déclarées dans votre déclaration française, même si elles ont déjà été imposées à la source dans le pays de versement. La case à utiliser dépend de la convention fiscale signée entre la France et l’État concerné (crédit d’impôt, exonération ou imposition exclusive). Il est recommandé de se référer à la rubrique internationale du site impots.gouv.fr pour les modalités précises.
D’autres articles peuvent vous intéresser
- L’AAH est-elle imposable ?
- La pension d’invalidité est-elle imposable ?
- Abattement fiscal retraite 2026 : plafonds et dispositifs
- Impôts et garde alternée : les règles à connaître
- Les ressources à déclarer sur sa déclaration d’impôts
- Comment faire sa première déclaration d’impôts ?
- Quels effets le mariage a sur les impôts ?
- Tout savoir sur les droits de donation
- Cumul emploi-retraite : mode d’emploi
- Âge légal de départ à la retraite
- Service-Public.gouv.fr – Déclarer les pensions de retraite : fiche officielle sur la déclaration des pensions et l’abattement de 10 %.
- Service-Public.gouv.fr – Indemnités de licenciement, de départ et de retraite : régime fiscal détaillé des indemnités de rupture.
- Impots.gouv.fr – Je pars à la retraite : rubrique dédiée aux démarches fiscales au moment du départ.
- Impots.gouv.fr – Revenus exceptionnels et système du quotient : mode de fonctionnement détaillé et cases à renseigner.
Crédit photo : © Seventyfour / Adobe

Ancienne professeure des écoles reconvertie dans la rédaction web, Sandra Jacques a collaboré avec Aide-Sociale.fr de 2023 à 2026. Elle a mis ses compétences pédagogiques au service de 114 articles pour rendre les aides sociales claires et accessibles à tous.
Vous voulez partager votre expérience ?

