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Qui a droit à l’APL ? Les situations éligibles
Fin 2024, 5,8 millions de foyers touchaient une aide au logement, dont 2,7 millions pour l’APL, soit environ 46 % du total (données de la Drees).
Les 54 % restants sont concernés par les 2 autres aides au logement, à savoir l’ALF (pour les familles avec enfant) et l’ALS (pour les personnes à faibles ressources qui ne peuvent prétendre ni à l’APL ni à l’ALF).
L’APL a pour objectif de faciliter l’accès au logement ou le maintien dans le logement des personnes aux revenus modestes. Plusieurs situations sont éligibles :
- Les locataires : une participation minimale de 40,01 € par mois reste obligatoirement à la charge du locataire, quels que soient sa situation et son lieu de résidence.
- Lors d’une colocation : APL et colocation sont compatibles. Chaque occupant doit faire une demande et le nom doit apparaître sur le bail. Selon la part du loyer, les droits sont étudiés.
- Lors d’une sous-location (découvrez les conditions à respecter pour l’APL en sous-location)
- Résident en HLM
- Résident d’un logement Crous
- Résident en foyer d’hébergement : foyer de jeunes travailleurs, résidence sociale
- Cas particulier si le propriétaire du logement fait partie de la famille : si vous louez à un membre de votre famille, l’APL peut vous être accordée dans certains cas. Il faut pour cela que le lien de parenté ne soit pas direct.
- Dans le cadre du camping : certaines situations permettent de percevoir l’APL en camping. Cependant, le logement ne doit plus être mobile.
Source : Caf.fr
Le droit à l’APL est accordé pour un seul logement par allocataire, celui de la résidence principale. Une seule demande doit être effectuée pour l’ensemble du foyer.
En fonction de la zone géographique du logement et de votre situation familiale (personne seule, en couple…), le montant de vos droits diffère. Sachez qu’en cas de hausse de votre loyer en cours de bail, la réévaluation de vos droits à l’APL n’intervient pas immédiatement, mais lors du recalcul annuel de la Caf.
Les conditions de ressources varient selon la composition de la famille et la nature du logement occupé au titre de la résidence principale. Dans certains cas, vos ressources peuvent être neutralisées par la Caf afin qu’elles correspondent mieux à la réalité de votre situation. C’est notamment le cas si vous êtes demandeur d’emploi depuis 2 mois (en savoir plus sur l’APL et le chômage).
Conditions pour toucher l’APL en 2026 : demandeur, logement et ressources
L’aide personnalisée au logement est attribuée sous certaines conditions liées à votre situation personnelle, à votre logement et à vos ressources. Ces critères sont appliqués par la Caisse d’allocations familiales (Caf) ou la Mutualité sociale agricole (MSA).
Conditions liées à la personne du demandeur
Pour bénéficier de l’APL, vous devez vous trouver dans l’une de ces deux situations :
- Vous êtes locataire d’un logement.
- Vous êtes sous-locataire déclaré, dans un logement loué en totalité ou en partie, à condition d’avoir moins de 30 ans ou d’être hébergé par un accueillant familial.
Source : Service-public.gouv.fr
À noter : l’APL peut être versée à toute personne résidant en France, sous réserve de respecter les règles de séjour, et ce sans condition d’âge. Un mineur émancipé peut toucher l’APL si le bail est à son nom ; pour un mineur non émancipé, les parents doivent signer ou cosigner le bail.
Depuis le 1er juillet 2026, une condition supplémentaire s’applique aux étudiants hors UE, EEE et Suisse : ils doivent percevoir une bourse sur critères sociaux, sauf situations d’exception (précisions sur caf.fr).
Lien de parenté avec le propriétaire. Selon la fiche Service-Public sur le sujet, vous ne pouvez pas toucher l’APL si le propriétaire est :
- votre père ou votre mère, votre grand-parent ou arrière-grand-parent ;
- votre enfant, petit-enfant ou arrière-petit-enfant ;
- un ascendant ou un descendant de la personne avec laquelle vous vivez en couple.
L’aide reste en revanche possible si le propriétaire est votre frère, votre sœur, un oncle, une tante ou un cousin. Même règle si le logement appartient à votre beau-parent, tant qu’il ne l’est pas aussi à l’un de vos parents. Si vous ou vos ascendants ou descendants détenez des parts de propriété ou d’usufruit sur le logement (par exemple via une SCI), l’APL n’est pas versée, sauf exception si ces parts sont minoritaires.
Enfin, l’APL n’est pas accordée si une personne de votre foyer est rattachée au foyer fiscal d’un parent redevable de l’IFI (impôt sur la fortune immobilière).
Conditions liées à la nature du logement
Afin de bénéficier de l’APL, le logement doit être considéré comme décent et respecter des critères de sécurité (voir les conditions d’un logement décent) : surface minimale par personne, installation électrique conforme aux normes, etc. Si le logement n’est pas décent, la Caf peut différer le versement de l’aide jusqu’à la mise en conformité par le propriétaire (voir nos explications sur le logement décent pour la Caf).
Pour que la Caf ou la MSA étudie vos droits à l’APL, vous devez être dans la situation suivante :
- Locataire ou colocataire d’un logement conventionné : le propriétaire a signé une convention avec l’État et s’engage à respecter un loyer maximum. Il doit vous indiquer si votre logement est conventionné. Si ce n’est pas le cas, vous pourrez quand même bénéficier d’une aide au logement (ALS ou ALF).
La superficie du logement est également prise en compte. Elle doit être d’au moins 9 m² pour une personne seule ou 16 m² pour 2 personnes, puis 9 m² par personne supplémentaire.
Conditions d’occupation : vous devez occuper le logement (vous, votre conjoint ou une personne à votre charge) au moins 8 mois par an, de façon continue ou non, sauf obligation professionnelle, raison de santé ou cas de force majeure. Concrètement, un séjour à l’étranger de moins de 4 mois dans l’année ne remet pas en cause votre droit, à condition de continuer à payer votre loyer.
Si l’une de ces conditions n’est pas remplie, la Caf peut refuser votre demande. Pour comprendre l’ensemble des situations qui conduisent à un refus d’aide au logement, consultez notre article dédié.
Conditions de ressources
Ce qui change en 2026 : les plafonds de loyer, le forfait de charges et la participation minimale ont été relevés de 1,15 % au 1er octobre 2026 (arrêté du 28 septembre 2026). Les seuils de ressources (R0), eux, sont restés gelés cette année. Depuis 2021, ce sont les revenus des 12 derniers mois qui sont pris en compte, et non plus ceux de l’année N-2.
L’APL est attribuée sous conditions de ressources, et tous les revenus des personnes vivant dans le foyer sont pris en compte. Il n’existe pas de plafond de ressources unique : l’aide est maximale sous un seuil appelé R0 (en 2026, 5 235 € par an pour une personne seule et 7 501 € pour un couple sans enfant), puis elle diminue à mesure que les ressources augmentent. Le détail figure dans notre guide sur le montant de l’APL.
À noter : ce sont les ressources nettes imposables des 12 derniers mois qui sont prises en compte. Elles sont récupérées automatiquement par la Caf (ou la MSA). En colocation, les revenus de tous les locataires sont pris en compte.
Le patrimoine est également comptabilisé dans le calcul des droits s’il dépasse 30 000 euros. Dans ce cas, votre APL pourra être diminuée, voire supprimée.
Prise en compte du patrimoine (hors résidence principale et biens professionnels) :
- 50 % de leur valeur locative pour les immeubles bâtis
- 80 % de cette valeur en cas de terrains non bâtis
- 3 % du montant des capitaux (livret A…)
Exemple : avec 40 000 € d’épargne sur des livrets, la Caf ajoute 3 % de ce capital, soit 1 200 €, aux ressources annuelles du foyer. Pour en savoir plus, consultez notre article sur l’aide au logement et le patrimoine.
Cette règle ne s’applique pas aux bénéficiaires de l’AAH ni aux personnes âgées hébergées en EHPAD.
Pour savoir si vous pouvez bénéficier de l’APL, la Caf utilise des barèmes complexes difficiles à reproduire. Le principe est que plus les revenus du foyer sont faibles (en fonction de votre situation familiale), plus vous avez de chances de percevoir l’APL.
Questions fréquentes sur les conditions de l’APL
Vous vous demandez qui peut toucher l’APL et sous quelles conditions ? Voici les réponses aux questions que l’on se pose le plus souvent, au-delà des critères détaillés plus haut : étudiants étrangers, logement non conventionné, garde alternée, propriétaires et ouverture des droits.
Un étudiant étranger peut-il toucher l’APL en 2026 ?
Oui, mais depuis le 1er juillet 2026, un étudiant hors UE, EEE et Suisse doit percevoir une bourse sur critères sociaux, sauf situations d’exception. Il doit aussi détenir un titre de séjour valide et respecter les conditions habituelles. Les règles complètes sont détaillées dans notre article sur l’APL des étudiants étrangers.
Peut-on toucher une aide au logement si le logement n’est pas conventionné ?
L’APL est alors exclue, car elle suppose un logement conventionné. Vous pouvez en revanche prétendre à l’ALF ou à l’ALS, selon votre situation familiale : la Caf détermine l’aide applicable. Ces trois aides ne sont pas cumulables. Voir la fiche Service-Public et nos pages sur l’ALS et l’ALF.
L’APL est-elle versée en cas de garde alternée ?
Oui. En résidence alternée, chaque parent peut percevoir l’aide proportionnellement au temps où l’enfant réside chez lui. Chacun doit toutefois remplir lui-même toutes les conditions (logement conventionné, résidence principale, ressources) et déclarer la garde alternée à la Caf pour que le calcul soit adapté.
Un propriétaire peut-il toucher l’APL ?
Non : l’APL n’est plus accordée aux propriétaires. L’APL « accession » a été supprimée pour les nouveaux prêts, et seuls les bénéficiaires historiques peuvent la conserver tant que les conditions sont remplies. Pour le détail des cas encore éligibles, consultez notre article sur l’APL propriétaire.
Quand commence le droit à l’APL ?
Le droit s’ouvre le mois suivant votre emménagement et votre demande, à condition que toutes les conditions soient remplies : l’APL n’est pas rétroactive. Mieux vaut donc déposer le dossier dès l’entrée dans le logement. Le premier versement intervient ensuite selon le calendrier de paiement de la Caf.
Que se passe-t-il si je ne remplis plus les conditions ?
La Caf recalcule vos droits tous les trois mois : si vous ne remplissez plus une condition (revenus en hausse, déménagement, logement non décent), l’aide peut baisser, être suspendue ou prendre fin. Signalez tout changement rapidement : une situation non déclarée peut entraîner un trop-perçu à rembourser.
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Séverine Burel est responsable éditoriale d’Aide-Sociale.fr depuis sa création en 2012. Spécialiste des aides sociales et des démarches administratives, elle totalise 14 ans d’expérience dans le domaine et a rédigé et validé plus de 600 articles. Elle supervise également les simulateurs de droits du site, utilisés chaque année par des centaines de milliers de personnes.
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