SOMMAIRE
APL en colocation : les conditions pour toucher l’aide au logement
Toucher une aide au logement lorsque l’on est en colocation est possible, mais encore faut-il respecter les conditions requises par la Caf. Pour un rappel officiel des règles, vous pouvez aussi consulter la fiche Service-Public sur la colocation.
Cohabitation, sous-location, colocation : un droit aux APL qui diffère
En premier lieu, il est important de ne pas confondre colocation et cohabitation, deux notions qui donnent lieu à des versements différents de la part de la Caf.
Pour la Caf, la colocation correspond au partage d’un logement entre plusieurs personnes qui ne vivent pas en couple, quel que soit leur lien de parenté. La vie en couple, mariée ou non, n’est pas considérée comme une colocation.
La demande d’APL et les droits auxquels peuvent prétendre les allocataires dépendent de ces trois situations :
- En colocation : chaque occupant du logement remplit sa propre demande et indique ses revenus et sa part de loyer, que le bail soit unique (on parle alors souvent de « bail solidaire » lorsqu’il comporte une clause de solidarité) ou individuel (c’est souvent le cas pour les étudiants, consultez notre article sur les aides au logement pour les étudiants).
- En cohabitation ou concubinage : les deux personnes en couple remplissent une demande unique et indiquent leurs revenus cumulés (voir les conditions de l’aide au logement en couple).
- APL en sous-location : le locataire et le sous-locataire peuvent percevoir l’APL si le sous-locataire est déclaré au propriétaire et s’il a moins de 30 ans ou est hébergé chez un accueillant familial. Notez que la sous-location est possible uniquement avec l’autorisation écrite du bailleur (loi du 6 juillet 1989, art. 8). À défaut, vous vous exposez à un refus d’aide et à des risques juridiques.
Attention : il est impératif de bien déclarer votre situation réelle. La Caf considère le concubinage au même titre que le Pacs et le mariage, ce qui ouvre des droits bien spécifiques. Des risques existent en cas de non-déclaration.
Qui peut bénéficier de l’APL en colocation ?
En colocation, vous devez respecter les conditions suivantes pour prétendre au versement des APL :
- Figurer sur le bail : il ne suffit pas de payer un loyer pour être considéré comme colocataire par la Caf. Votre nom doit figurer sur le contrat de location, ou vous devez disposer d’un bail distinct. Il en est de même pour tous les autres occupants souhaitant bénéficier d’une allocation logement.
- Effectuer votre propre demande : l’APL étant, comme son nom l’indique, une aide personnalisée, chaque colocataire doit effectuer ses propres démarches, dans lesquelles seront prises en compte ses ressources et sa situation personnelle.
- Faire une demande pour votre résidence principale : le logement concerné doit être votre résidence principale (vous devez y vivre au moins 8 mois dans l’année).
- Occuper un logement assez grand et décent : la surface habitable doit atteindre au moins 16 m² pour 2 colocataires, puis 9 m² par colocataire supplémentaire (voir les critères de décence du logement).
- Ne pas avoir de lien familial avec votre propriétaire bailleur (en savoir plus sur l’aide au logement si on loue à sa famille) : ni lien d’ascendance ni lien de descendance entre le colocataire et le propriétaire. Cela concerne aussi votre conjoint, concubin ou partenaire pacsé.
- Ne pas dépasser le niveau de ressources fixé par la Caf : l’aide diminue à mesure que les ressources de votre foyer augmentent (voir les ressources retenues par la Caf).
- Habiter dans un logement conventionné : l’APL concerne uniquement les logements pour lesquels le propriétaire a signé une convention avec l’État. Si ce n’est pas le cas du vôtre, vous pouvez vous tourner vers l’ALS ou l’ALF.
Si vous remplissez toutes ces conditions, vous pourrez prétendre au versement des APL. Le montant versé est souvent variable d’un colocataire à l’autre, en fonction de la part du loyer payée par chacun et des situations personnelles et professionnelles de chaque occupant.
Montant de l’APL en colocation : comment se fait le calcul ?
Le calcul de l’APL en colocation est similaire à celui d’une location habituelle : il prend en compte les ressources des 12 derniers mois ainsi que la composition du foyer du colocataire.
Le montant des APL versé à chaque colocataire est calculé en fonction de :
- La nature du bail : dans le cas d’une colocation, deux options sont possibles (voir ci-dessous).
- Des ressources de chaque occupant : quelle que soit la nature du bail, la Caf se base toujours sur les ressources de chaque colocataire pour calculer le montant des allocations versées.
- De la composition du foyer de chaque colocataire : votre vie maritale et le nombre de personnes à votre charge sont pris en compte dans le calcul de l’APL.
Bail solidaire ou bail individuel : quel impact sur le calcul de l’APL ?
Selon la nature de votre bail, le calcul de l’APL en colocation diffère :
- Option 1 – Bail unique, dit « bail solidaire » : chaque colocataire figure sur le même contrat et les occupants sont généralement solidaires du paiement du loyer et du dépôt de garantie lorsqu’une clause de solidarité est prévue. Le propriétaire fournit une quittance unique pour tous, et chacun des colocataires fait ensuite sa propre demande d’aide. La Caf calcule vos droits d’après votre part de loyer déclarée et le nombre de colocataires : le loyer retenu correspond au loyer total divisé par le nombre de colocataires figurant sur le bail. La clause de solidarité, qui engage chaque colocataire sur l’intégralité du loyer vis-à-vis du bailleur, n’a aucune incidence sur le calcul de l’APL.
- Option 2 – Chaque colocataire signe un bail individuel : la procédure d’attribution des APL est alors la même que pour une location classique. Chaque occupant dispose de quittances de loyer à son nom, et la Caf ne tient compte que de vos ressources et des informations contenues dans votre contrat de location.
| Colocation – bail solidaire (bail unique) | Colocation – baux séparés | |
|---|---|---|
| Quittance | Unique, pour tous | Individuelle |
| Part de loyer retenue | Loyer total / nb de colocataires sur le bail | Loyer du bail individuel |
| Solidarité loyers | Oui, si une clause le prévoit | Non |
| Calcul APL | Selon les ressources personnelles | Selon les ressources personnelles |
Attention : une colocation donne souvent lieu à des changements d’occupants assez fréquents. Il est impératif de signaler à la Caf chaque départ et chaque arrivée de colocataire : le changement du nombre d’occupants influe sur le montant de l’aide versée, qui doit être révisé en conséquence.
Les APL versées aux colocataires sont-elles plus basses que celles versées aux locataires ?
Il peut arriver qu’à ressources égales, le montant des APL versées aux colocataires soit sensiblement inférieur à celui versé dans le cadre d’une location classique. Cela s’explique par le mode de calcul de la Caf.
Le plafond de loyer pris en compte est en effet différent pour les colocataires, puisqu’il correspond à 75 % du plafond applicable à un locataire seul. Cette règle découle de l’article D.823-18 du Code de la construction et de l’habitation et de l’article 16 de l’arrêté du 27 septembre 2019 relatif au calcul des aides personnelles au logement. Les montants des plafonds ont été revalorisés de 1,15 % au 1er octobre 2026 par l’arrêté du 28 septembre 2026. Cet écart se justifie par le principe de mutualisation de certaines charges en colocation, qui doit permettre de diminuer les dépenses du foyer pour l’ensemble des occupants. À titre de comparaison, la RLS applique la même règle en colocation pour les locataires du parc social : son montant est lui aussi fixé à 75 % de celui d’un locataire seul.
Plafonds de loyer retenus en colocation en 2026
Voici les plafonds de loyer applicables depuis le 1er octobre 2026 : celui d’un locataire seul, et celui d’un colocataire (75 % du plafond, arrondi au centime).
| Situation du foyer | Zone 1 | Zone 2 | Zone 3 |
|---|---|---|---|
| Personne seule – locataire | 336,97 € | 293,68 € | 275,25 € |
| Personne seule – colocataire | 252,73 € | 220,26 € | 206,44 € |
| Couple sans enfant – locataires | 406,40 € | 359,47 € | 333,67 € |
| Couple sans enfant – colocataires | 304,80 € | 269,60 € | 250,25 € |
| Personne seule ou couple + 1 personne à charge – locataire | 459,32 € | 404,49 € | 374,13 € |
| Personne seule ou couple + 1 personne à charge – colocataire | 344,49 € | 303,37 € | 280,60 € |
Si votre part de loyer dépasse le plafond, la partie en trop n’est pas prise en compte dans le calcul : seule la part de loyer située sous le plafond est retenue.
Quelle différence entre APL colocation et APL pour un locataire seul ?
L’APL en colocation et l’APL pour un locataire seul reposent sur les mêmes règles générales de la Caf, mais le calcul du montant diffère. En colocation, la part de loyer retenue est réduite : la Caf prend en compte uniquement la part individuelle déclarée par chaque occupant. De plus, le plafond de loyer appliqué aux colocataires est fixé à 75 % de celui d’un locataire seul (voir le détail du calcul du montant de l’APL). Cela signifie que, même à ressources équivalentes, l’aide versée en colocation est souvent plus faible que pour une personne vivant seule dans un logement. En revanche, l’avantage de la colocation est que chaque occupant dépose sa propre demande d’APL et ne dépend donc pas des revenus des autres.
Exemple concret : prenons un logement de zone 1 dont le loyer est de 800 € par mois. Un locataire seul déclare la totalité du loyer, et la Caf retient le plafond de 336,97 €. En colocation à deux, chacun déclare 400 € : cette part dépasse le plafond de colocataire de 252,73 €, et c’est donc ce montant de 252,73 € qui est retenu pour chacun. Résultat : deux colocataires reçoivent chacun une aide individuelle, mais généralement inférieure à ce qu’aurait obtenu une personne seule pour le même logement.
Demande d’APL en colocation : comment remplir votre dossier ?
La demande d’APL pour les colocataires s’effectue de la même manière que pour une location classique, directement en ligne sur le site de la Caf ou de la MSA (voir la démarche officielle sur Service-Public). Même si vous étiez déjà allocataire dans votre ancien logement, vous devez refaire une demande à votre nom pour le nouveau.
Vous devrez y indiquer votre part de loyer mensuelle, vos revenus et le nombre de colocataires. Le droit à l’aide commence le mois suivant votre emménagement et votre demande : mieux vaut donc la déposer dès votre arrivée, car le délai de traitement peut atteindre plusieurs semaines. Votre bailleur peut aussi compléter l’attestation de loyer en indiquant le montant acquitté par chaque colocataire.
Avant de vous lancer, vous pouvez estimer votre aide avec notre simulateur d’APL ou avec le simulateur officiel mesdroitssociaux.gouv.fr, comme tous les locataires (ce qui n’est pas le cas de l’APL pour propriétaire, où il faut se tourner vers la Caf pour l’ensemble des démarches). Les résultats restent des estimations : seule la Caf valide votre droit réel.
Questions fréquentes sur l’APL en colocation
Voici les réponses aux questions que se posent le plus souvent les colocataires sur l’APL en colocation, au-delà des conditions et du calcul : refus, cumul, étudiants étrangers, loyers impayés et couples.
La Caf peut-elle refuser l’APL en colocation ?
Oui. Les motifs les plus fréquents sont l’absence du nom du colocataire sur le bail, un logement non conventionné ou non décent, des ressources trop élevées ou une situation familiale mal déclarée, comme un concubinage non signalé. En cas de refus, vous pouvez déposer un recours amiable auprès de la commission de recours amiable de votre Caf.
L’APL en colocation est-elle cumulable avec d’autres aides ?
L’APL ne se cumule pas avec l’ALS ni l’ALF : la Caf verse une seule aide au logement par colocataire. Elle se cumule en revanche avec une bourse sur critères sociaux ou la prime d’activité, qui sont des prestations indépendantes. Le RSA se cumule aussi, mais il tient compte d’un forfait logement qui réduit son montant.
Un étudiant étranger peut-il toucher l’APL en colocation ?
Oui, mais depuis le 1er juillet 2026, un étudiant hors UE, EEE et Suisse ne peut percevoir l’APL que s’il touche une bourse sur critères sociaux, sauf situations d’exception. Il doit aussi avoir un titre de séjour valide, figurer sur le bail et faire sa propre demande. Voir l’APL des étudiants étrangers ou les précisions de la Caf.
Que se passe-t-il si un colocataire ne paie pas sa part d’un bail solidaire ?
Avec une clause de solidarité, le bailleur peut réclamer la totalité du loyer à n’importe quel colocataire, quelle que soit l’APL versée. Cette solidarité ne concerne que votre relation avec le bailleur : elle ne modifie pas le calcul de l’APL, qui reste fondé sur la part de loyer individuelle déclarée à la Caf.
Un couple peut-il toucher l’APL dans une colocation ?
Oui, mais le couple compte pour un seul foyer. Il dépose une demande unique avec ses ressources cumulées, tandis que chaque autre colocataire fait sa propre demande. Pour la Caf, vivre en couple, marié ou non, ne constitue pas une colocation entre les deux conjoints.
D’autres articles sont susceptibles de vous intéresser :
Crédit photo : © Monkey Business / Adobe

Journaliste et rédactrice web avec plus de dix ans d’expérience, Dorothée Pierry a collaboré avec Aide-Sociale.fr de 2017 à 2025. Sa connaissance approfondie des questions juridiques et du dispositif administratif et social en France lui a permis de rédiger 491 articles pour aider les lecteurs à connaître leurs droits et à effectuer leurs démarches.
Vous voulez partager votre expérience ?


